‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 164 sur 354 · II13I · texte numérisé non relu

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à chaud qn'J» froid. 11 n'y on a qu'un petit nombre (}iti , telles (juol'liuilo de ricin, se dissolvent dans l'alcool fruid. l/éllier, au contraire, est un excellent dissolvant des huiles , et on s'en sert ilans l'analyse des inatit'^i'es végétales qui contiennent tie l'Iiuile, pour extraire celle-ci , après quoi on l'isole on distillant l'éliier.

Les huiles grassps ne sont point volatiles. Elles supportent une température assez élevée avant de se décomposer. J^a décomposition conunenco dus que l'huile est arrivée au pomt d'ébuUition; toutefois ce n'est pas l'huile réduite en vapeur (pii se volatilise alors, ce sont les piMKiuitsde sa décomposition, d'ile-ci commence de .'iOO" ?\ 320", et ex.ige, poui' continuer, des tempéi'atnres toujours croissantes. Les [)roduits île la décomposition consistent d'abind en vapeur d'eau, puis en une huile volatile qui s'enllanune facilement, en sorte que de l'huile bduillante prend souvent feu; en môme tenq)s il se dégage du gaz carbure d'hydrogène et du gaz acide carbonique. Dans ^éclairage <i l'huile, Ja mèche absorbe l'huile, qui y bout; l'huile volatile empvreumatique qui se forme ainsi, brille et produit la llamme à laquelle les gaz combustibles prennent part. L'huile bouillante se couvre d'écume, et quand elle n'est pas contenue en un vase spacieux, elle se répand souvent au dehors. Les produits de la décomposition varient en raison de la tempéralureà laquelle l'huile est détruite. Lorsqu on môle du l'huile avec du sable, ou qu'on la l'ait absorber par des morceaux de brique qui viennent d'ôtre rougis au feu , et qu'on l'introduit en cet état dans un vase di&tillatoire, il ne se produis point cTécume, et l'on peut, sans obstacle, élever la température aussi rapidement qu'on veut ; dans ce cas , on obtient une grande quantité d'une nulle emjijreumatique particulière {Voleuin lateritium des pharmaciens).

Les huiles se comportent avec les gaz comme les liquides en général ; elles absorbent les gaz et les reçoivent dans leurs pores , d'oil ils sont déplacés par d'autres gaz, par l'action de la chaleur ou par le vide ; mais comme elles sont moins lluides, l'absorption , de même que le dégagement des gaz , se fait très-lentement. Selon de Saus-

sure, l'huile do noix absorbe, h t8°, une fois et demie son volumi; de gaz oxyde niirenx et d(! gaz acide carboniipie. Elles absorbi'Ut d(^ grandes quantités de gaz oxyde nitriipie, deviennent plus épaisses et i>lus denses. L'Iniile d'njive absorbi! 1,22 fois son volume de gaz oléliant. Les huiles n'absorbent qu'une petite quantité de gaz arséniure trihydriquo; ce gaz li's épaissit et leur fait prendre une teinte sombre.

Les huiles pénètrent facilement les corps avec lesquels on les met en contact; mais elles ne les ramollissent pas, comme h; fait l'eau. Lorsqu'on veut graisser avec de l'huile du cuir ou d'autres substances analogues, ahn de leur conserver de la mollesse et de la tlexibilité , il faut d'abord ramollir le cuir devenu dur; à cet effet, on le met tremper dans l'eau, et on le graisse pendant qu'il sèche; l'huile se loge alors dans les pores ouverts par l'eau. L'huile montre beaucoup de tendance à s'introduire dans l'argile, mais cette tendance ne repose pas sur une aflinité chimique. On en a profité pour faire disparaître les taches d'huile répandues sur du papier, des vêtements , ou même sur du bois ou des pierres; à cet effet, on recouvre ces taches avec de la terre de pipe , réduite en pûte ferme avec de l'eau ou de l'esprit-devin. Pendant la dessiccation, l'argile absorbe l'huile, en sorte qu'il n'en reste pas la moindre trace. On peut même enlever avec de l'argile sèche, mais souvent renouvelée, des taches d'huile sur des objets qui, tels que le

Eapiei', ne doivent pas être mouillés. Il est ien entendu que la tache ne doit pas être cHicifcnne ; car l'huile altérée n'est pas absorbée par l'argile.

La composition des huiles varie beaucoup moins que celle de plusieurs autres corps d'un même genre. Leur composition atomique n'a pu être déterminée , parce qu'elles ne se combinent pas avec d'autres corps sans se décomposer, de sorte qu'on n'a pas pu calculer leur poids atomique. En outre, il n'est jamais possible de les obtenir dans un état de pureté parfaite. Les chimistes qui ont principalement analysé les huiles grasses sont Gay-Lussac , Thénard et de Saussure; les résultats de leurs expériences se trouvent réunis dans le tableau suivant ;

Carbone.

Huile de lin 76,01

Huile lie noix 79,77

Huile de ricin 74,18

Huile d'olive 77,i>l

Stéarine de l'iniile d'olive 82,17

Elaine de l'huile d'olive 76,05

L'huile d'amande 77,40

Suif (le Piney 77,00

Cire blanche 81,61

La même 81,79

Hydrog. Oxygène. Nitrog.

— Saussure.

— G. L.etTh

0,30 Saussure.

— Baliinglon.

— Saussure. !

— G.-L., Th.'

On voit , par ce tableau , que les graisses peu fusibles renferment le plus de carbone Et le moins d'oxygène , et de Saussure admet, comme un résultat de ses expériences, que les huiles sont d'autant plus solubles

dans l'alcool, qu'elles contiennent plus d'oxygène.

Le nombre des huiles grasses vé^gétales est considérable; {ilusieurs d'entre elles- sonit employées dans les arts ou en médecine, rai-

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son pour la([U('lli' nous allons décrire spéeiaicnicnt les plus iiuportantes. Elles seront rangé(;s en trois divisions, savoir : en huiles siccatives, en huiles non siccatives et en huiles solides.

HCILES SICCATIVES.

L'huile de Un s'extrait de la graine de lin {limumisitatissimum), qui en fournit 22 pour 100 de son poids. La meilleure est celle obtenue par l'expression à froid. Elle est d'un jaune clair; celle exprimée à chaud est d'un jaune brunâtre, et devient facilement rance. Ell(^ a une odeur et une saveur particulière^. L'huile de lin est une des huiles les plus cinployées. On s'en sert surtout pour pi-éparer des vernis et des couleurs à l'huile. On obtient du vernis en exjiosant de l'huile de lin, dans un pot vernissé, à une chaleur suffisante pour la faire bouillir pendant 3 à 6 heures. On y ajoute, par 2 litres d'huile, -j à 1 once de litharge en poudre fine, et -j- d'once de sulfate zincique. L'huile devient d'autant plus siccative et se rembrunit d'autant moins que la chaleur a été plus modérée et jilus longtemps soutenue. Par cette opération , l'huile parcourt en peu de temps les changements qu'elle éprouve pendant la dessiccation, en sorte qu'appliquée en couches minces , elle sèche en vingt-quatre heures. Une petite portion de l'oxyde plombique se dissout dans l'huile et peut ainsi contribuer à la dessiccation ; mais la majeure partie de l'oxyde est partiellement réduite et se rassemble au fond du vase, sous forme d'une poudre gris foncé , qu'on sépare du vernis en filtrant celui-ci. Par une ébullition suffisamment prolongée , on peut amener l'huile au point où elle devient presque solide par le refroidissement; on la rend alors liquide en la dissolvant dans l'huile de térébenthine. C'est encore avec l'huile de lin qu'on prépare l'encre des imprimeurs.

Pour la couleur blanche au blanc de plomb, et pour d'autres couleurs claires, on emploie l'huile de lin sans la faire bouillir d'avance avec la liiharge. Elle sèche alors plus lentement, mais sans que cela nuise à l'éclat de la couleur.

Vliuilc de noix s'extrait de la noix, fruit du juglans regin. Fraîche, elle est verdâtre, mais avec le temps elh- devient d'un jaune pAle. D'après de Saussure , sa pesanteur spécifique est de 0,9283 à 12°; de 0,9194 à 25°; de 0,871 à 9k\ Elle est sans odeur, et sa saveur est agréable. A — 15°, elle s'épaissit, et à - 27°,5 elle se prend en une masse blanche. Les noix donnent jusqu'à 50 p. 100 d'huile. L'huile de noix est plus siccative que l'huile de lin, et sert pour cette raison ilans la |ieinture fine.

L'Iiuile de rlienevis s'extrait du chenevis, graine du canahis saliva. A l'élat frais, elle est jaune verdAtre, mais elle devient jaune avec le temps. Elle a une odeur désagréable et une saveur fade. Elle se dissout en toutes proportions dans l'alcool bouillant, mais elle exige 30 parties d'alcool froid pour se dissoudre. Elle ne s'épaissit qu'à — 15°, et se

congèle à — 27°,5. Le chenevis donne environ 2o pour 100 d'huile. On l'emploie beaucou]) dans l'éclairage ; mais elle a l'inconvénient de se déposer sous forme d'un vernis J visqueux, difficile à enlever de dessus les 1 liarties extérieures de la lampe avec lesquelles elles est en contact. On a essaj^é de parer à cet inconvénient en faisant fondre dans l'huile I de beurre qui la rend moins siccative. On l'emploie aussi en grande quantité pour préparer du savon vert et du vernis.

L'huile d'œillette s'extrait par expression des graines de pavot [papaver somniferum). Elle ressemble à l'huile d'olive par son aspect et sa saveur, et ne participe en rien aux l)ropriétés narcotiques de l'opium. Sa pesanteur ^spécifique est de 0,924-9 à 15°. Elle se solidifie à — 18°; mais l'huile congelée, amenée à — 2°, ne se liquéfie pas au bout de plusieurs heures. Elle se dissout dans 25 parties d'alcool froid et dans 6 parties d'alcool bouillant. On peut la mêler en toutes jiroportions avec l'éther. Dans le midi de l'Allemagne et dans le nord de la France, en l'emploie comme aliment.

L'huile de ricin s'obtient par expression des semences du ricinus communis. Elle est peu fluide et tantôt jaune, tantôt incolore. Sa pesanteur spécifique est, selon Saussure, de 0,9699 à 12° ; de 0,9575 à •25', et de 0,9081 à 94°. Elle est inodore, d'une saveur fade. A — 18°, elle se prend en une masse jaune, transparente. Exposée à l'air, elle devient rance, plus visciueuse et plus épaisse, et finit par se desséclier. A 265", elle commence à se décomposer. Elle peut être mêlée en toutes proportions avec l'alcool et l'éther, et laisse alors déposer les substances étrangères qui y étaient mêlées. Cette solubilité dans l'alcool établit une différence importante entre l'huile de ricin elles autres huiles. D'après Bussy et Lecanu elle donne, pendant la distillation et la saponification, d'autres produits cjue les autres huiles grasses. Un tiers de l'huile ayant été distillé, il reste une substance particulière, qui est solide à la température ordinaire. Le produit de la distillation est une huile volatile, incolore, qui cristallise pendant le refroidissement, et qui est douée d'une forte odeur ; cette huile est accompagnée de deux acides qui se distinguent par leur âcreté, et par leur propriété de donner, avec la magnésie et l'oxyde plombique, des sols très-soluhles dans l'alcool. L'huile de ricin est un excellent purgatif. On avait attribué ses qualités purgatives à une substance acre contenue dans les semences ; mais Guibourt a fait voir que cette substance Acre était si volatile qu'elle s'échappait à la température nécessaire pour ex traire l'huile par expression ou par l'ébullition avec de l'eau, et irritait, en se volatilisant, le nez et les yeux ; tandis que l'huile restante avait une saveur fade et conservait ses propriétés médicales. Des pharmaciens français ont prescrit d'extraire l'huile par l'ébuUition avec de l'eau, et non par expression , ou ilu moins de la faire bouillir avec de l'eau, après l'avoir exprimée, afin

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qu'elle n'ii^isso pas trop viDiciiiiiiciit. Sou- Ix'iran a essaye'' de l'aiic voir iiiiç les cpialil(Vs laxativos ilo l'Iiuileiiu ricin provenaient d'une résine ilero , dont il a constaté la jirésence pur li^ procédé suivant : on traite riniiie avec la (piantité d'hydrate potassiipu; exacteuu'nt nécessaiie pouc la saponilier; on |)récipito la solution tio savon [lar le cliioruie calcique, et on dissout le |irécipité dans l'alcool bouillant. Pendant le ret'roidisst'uient. il s(^ précipiter du savon calcaire. On évapore la liciueur entière, et on traite le résidu par l'éthor, cpii dissout la résine sans toucher au savon calcaire. Mais Souboiran n'a pas fait voir jus(iu'à quel point la substance dissoute dans l'éther était purgative.

L'huile de croUm, tirée de la semence de croton tiglium, connuence à être emi)loyée en médecine. On l'obtient, soit par expression, soit en traitant par l'alcool la semence, qui en contient la moitié de son poids. Cette luiile est d'un jaune de miel, et de la consistance de l'huile de noix. Elle répand une odeur semblable à celle de la résine de jalap ; sa saveur est acre et elle produit une forte irritation dans le gosier. L'alcool et l'éther la dissolvent. Elle parait consister en un mélange d'une huile grasse avec une substance acre, à laquelle elle doit des propriétés purgatives si violentes, qu'une seule goutte de cette huile est suffisante pour purger fortement. Si l'on épuise les semences par l'éther, on obtient, d'après Nimmo, 60 p. 100 de leur poids d'huile ; l'alcool en dissout I quijouissent dos propriétés purgatives, et laisse un tiers dont la saveur est fade. La substance acre parait être un acide, que l'on peut isoler en ayant recours à la saponilication de cette hiîile.

Huile de la belladone (atropa hella-donna). — On l'extrait, en Souabe et dans le Wurtemberg, de la graine de cette plante vénéneuse. Elle est limpide, d'un jaune doré, d'une saveur fade et sans odeur ; sa pesanteui- spécifique est de 0,9250 à la température de 15°. A — IG" elle s'épaissit, et à — 27%5, elle devient solide et d'un blanc jaunâtre. En préparant cette huile dans les moulins à l'huile, il faut prendre quelques précautions ; car les vapeurs qui en émanent étourdissent les ouvriers. Au reste, le principe narcotique de la plante est retenu dans les tourteaux, raison pour laquelle ceux-ci ne peuvent servir de nourriture aux bestiaux, tandis que les tourteaux des autres semences sont employés avantageusement à cet effet. Dans le Wurtemberg, l'huile de belladone est employée à l'éclairage et comme aliment.

Huile de tabac [nicotiana tabacum). — La graine de tabac fournit de 31 à iiî p. 100 de son poids d'huile. Celle-ci est limpide, d'un jaune verd;\tre, inodore et fade Sa |)esaiiteur spécifique est de 0,9232 à la température de 15°. Elle conserve sa fluidité à — 15". Elle ne fie'it rien de l'âcreté du tabac.

Huile de fleurs de soleil [heliunthus annuus). — Les semences de cette ]i!ante four-

i:issent 15 p. 100 d'une huile limpide , jaune clair; cette huih^ a inie odeur agréable, une saveur fade ; sa pesanteui' spéciliipie est iW 0,9202 à la températine de 15". A — IG" elle se soliditie. On peut l'employer comme aliment, ainsi (pie dans l'éclairage.

Iliiilc du iiiiiii.i ubics. — Dans la forêt Noire, en Allemagne, ou extrait celli! huile en grande quantité de la semence épluchée, qui en donne 2V poiii' 100 de son poids. l'ille est lim|)ide, d'un jaune doré, d'une odeur <[ui rappelle celle de la térébenthine, et d'une saveur résineuse. Sa pesanteur spérilicpio est de 0,9285 à la température de 15". Elle est très-tluide et se dessèche rajiidement. A — 15° elle s'é])aissit, et à — 27°5 elle se solidifie. Elle mérite d'être employée |)lus généralement dans la préparation des vernis et des couleurs.

Huile du piiius sylvestris. — Elle est d'un jaune brunâtre, d'une odeur et d'une saveur analogues à celles de l'huile précédente. Sa pesanteur spécifique est do 0,9312 h la température de iS". A — 27° elle commence k se troubler, et à — 30° elle se solidifie. Elle se dessèche tout aussi facilement que l'huile précédente.

Huile de raisin {vitis vinifcra). — La graine do raisin donne 10 à 11 p. 100 de son poids d'huile. Elle est d'un jaune clair, mais se rembrunit avec le temps. Sa saveur est fade; elle n'a point d'odeur. Sa pesanteur spécifique est de 0,9202 à la température de 15°. Elle se solidifie à — 16°. Elle est peu propre à l'éclan-age, mais dansquehpies localités on l'emploie comme aliment.

IIUiLES NON SICCATIVES.

Huile d'amande. — On l'extrait di'S amandes douces et des amandes amères (aiui/f/dalus coinmunis). Elle est d'un jaune clair, très-fluide, d'une saveur agréable et sans odeur. Sa pesanteur spécifique est de 0,917 à 0,92 cà la leiniiérature de 15°. Refroidie jusqu'à — 10°, elle donne, selon Braconnot, 0,24. de stéarine, qui fond à 6", et 0,76 d'élaïne, qui ne se congèle pas par le plus grand froid. Schubler assure, au contraire, qu'elle ne devient trouble et blancliAtro qu'à —20°, et qu'ellese solidifie totalement à— 25°. Gusserow ne parvint pas à en extraire de la stéarine, et en exprimant les amandes d'abord à la température de — 12°, puis plus fortement à — 4°, et enfin à quelques degrés an-dessus de 0, il obtint toujours la niôme huile; d'où il conclut que l'huile d'amande ne contient point de stéarine.

Hicite d'olive. — On l'extrait du i)éri(:ar|ie des olives (fruits do l'otea europœa). Elle est tantôt d'un jaune verdâtre, tantôt d'un jaune pâle. Selon de Saussure, sa ))osantour spécifique est de 0,9192 à 12"; de 0,9109 à 25'; de 0,8932 à 50°, et de 0,8625 à 9i°. Déjà à quel([ues degrés au-dessus de 0, elle commence à déposer des grains blancs de stéarine , et dans l'huile exprimée à chaud, ce dépôt est plus abondant et se forme plus tôt que dans l'huile exprimée à froid. A — 6° l'huile d'olive déjiose, 0.28 de

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stéarine qui est fusible à 20'", et laisse 0,72 d'olaïne. D'après les expériences de Gusserow, la stéarine fond déjà à 10° quand on la uiaintient assez longtemps à cette température. D'après Kerwyck, on obtient del'élaïne d'une rare beauté, en mêlant 2 parties d'huile d'olive pure avec 1 partie d'une solution de soude caustique dont la force n'est pas indiquée, et faisant macérer le mélange pendant vingt -quatre heures, en le remuant souvent. On y ajoute ensuite de l'esprit-devin faible ou de l'eau-de-vie, pour dissoudre le savon de stéarine, opération pendant laquelle l'élaïne, qui n'est pas encore saponifiée, se sépare et vient nager à la surface du liquide. On la décante et on l'agite de nouveau avec un poids égal d'eau-de-vie. Elle a une légère teinte jaune, dont on la débarrasse en la faisant digérer pendant vingtquatre heures, à l'aide de la chaleur, avec du charbon animal. En tiKrant l'huile on obtient de l'élaïne limpide et incolore, qui ne s'épaissit pas par l'action du plus grand froid, et n'attaque ni le fer ni le cuivre que l'on y introduit.

Oii trouve dans le commerce trois espèces d'huile d'olive. La meilleure, l'huile vierge, s'obtient par une douce pression k froid. Ensuite on obtient par une plus forte pression, et à l'aide de l'eau bouillante , de l'huile d'olive commune; enfin on se procure une nouvelle qualité d'huile en faisant bouillir le marc d'olives avec de l'eau, opération pendant laquelle l'huile vient se rendre à la surface de l'eau, d'où il est facile de l'enlever. Cette dernière huile sert uniquement à la préparation des savons. On obtient une huile plus mauvaise encore, en laissant fermenter les olives entassées, avant de les exprimer. L'iiuile d'olive est de toutes les huiles la plus employée, et comme l'olivier est très-délicat et ne croît que dans une petite partie de l'Europe, l'huile qu'il fournit est plus chère que beaucoup d'autres huiles grasses. L'huile d'olive, qui sert d'aliment, est souvent falsifiée avec de l'huile d'œillette, et celle employée dans les arts est sophistiquée avec de l'iiuile de navette. Il est très-important de pouvoir découvrir ces falsifications. Poutet recorumande la méthode suivante pour reconnaître la présence de l'huile de graines : on dissout à froid 6 parties de mercure dans 7 -J- parties d'acide nitrique d'une densité de 1,35. On mêle 2 ])arties de cette dissolution avec 9G parties d'huile, et on agite bien le mélange toutes les quinze ou trente minutes : si l'huile est pure, le mélange se prend, dans l'espace de sept heures , en une bouillie épaisse , et au bout de vingt-quatre heures en une masse solide assez dure pour opposer de la résistance à une baguette de verre qu'on cherche à y enfoncer. D'autres huiles végétales grasses ne jouissent pas de cette propriété, de se combiner avec le nitrate mercureux , et si l'on en a ajouté à l'huile d'olive, celle-ci se prend en bouillie, mais elle ne forme pas une masse dure et résistante. Si la quantité d'huile étrangère s'élève li plus de 4-, cette huile se

sépare delà masse et forme une couche particulière dont l'épaisseur dépend de la quantité d'huile ajoutée, en sorte que si on a mêlé les deux huiles à parties égales , le volume de riiuile séparée est égal à celui de rhui|e coagulée. 11 convient de faire l'essai à 20°, température à laquelle l'huile et le coagulum se séparent le mieux. Si l'huile d'olive est falsiliée avec de la graisse animale , le mélange se coagule ordinairement en cinq heures ; le coagulum consiste alors en graisse animale, et la majeure partie de l'huile d'olive nage à la surface et peut être décantée. La graisse ainsi coagulée répand, dès qu'on la cliautîe , une odeur de suif fondu. Mais cette épreuve présente beaucoup moins de certitude depuis qu'il a été démontré , par Boudet , que l'huile de l'icin , et par Lescalier,que l'huile d'œillette et l'huile d'amande se coagulent , comme l'huile d'olive, avec le nitrate mercureux. L'huile de lin et l'huile de noix, au contraire, ne sont pas coagulées par ce sel. Rousseau a proposé une autre méthode pour reconnaître la piircté de l'nuile d'olive, qui est fondée sur la propriété de l'huile d'olive, d'être meilleur non-conducteur de l'électricité que les autics huiles végétales. A cet effet, Rousseau a inventé un instrument particulier, qui consiste en une pile galvanique sèche , constrtiite avec des plaques de zinc et de cuivre très-minces , entre lesquelles on place , ftu lieu d'un èonducteur humide , des rondelles de paipier trempées dans de l'huile d'œillette. Un des pôles est mis en contact avec la terre, l'autre peut être mis en communication , à l'aide d'un conducteur métallique , avec une aiguille f\iblement aimantée et très-môbile. L'aiguille isolée porte à sa pointe une rondelle ; une autre rondelle, de môme grandeur, est également fixée par un fil métallique au support de l'aiguille. Le pôle de la pile est mis en communication avec cette dernière rondelle. Pour faire usage de l'instrument, on place l'aiguille de manière qu'en vertu de sa polarité la rondelle qu'elle porte vienne coller contre la roildelle immobile. L'électricité que celle-ci reçoit de la pile se communique aussi à l'autre rondelle, qui par conséquent est repoussée. Maintenant, si une couche d'huile, d'une épaisseur déterminée, interrompt en un point le courant d'électricité qui arrive du pôle, on peut voirjusqu'à quel point l'huile interposée diminue la déviation ; celle-ci n'atteint cjue lentenient son plus haut degré. Moins l'huile est conducteur de l'électricité , plus la déviation est lente, et Rousseau a démontré que l'huile d'olive conduit l'électricité 673 fois moins bien que toute autre huile végétale. Deux gouttes d'huile d'uillette ajoutr>es ;i .3 gros d'huile d'olive quadruplent la conductibilité de celte dernière. Mais en faisant cet essai il faut se souvenir que la stéarine de la graisse animale se comporte comme de l'huile d'olive.

L'huile d'olive se conserve mieux et plus longtemps que les autres huiles végétales sans devenir visqueuse ; aussi les horlogers

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lViii|iloicnl-ils, i\|irrs l'iivoir soumise îi la ()iiriticntinii suivaiilc On vi'i'SC rimilc dans iiiir bouteille, (m y iiitrodiiil une lame de plumb, rtii homlie la bouteille , et ou la met hune l'eniMro où elle |uiisse recevoir les rayons du soleil. Peu h jieu l'huile se couvre d'une masse caséiforme , qui se : dispose en j)arlie au fond , tandis mie l'buile perd sa couleur cl devient limpide. Dès ([ue 1(( plomb ne <li'lermiiie plus la formation de cet sidjstance blaucde, on décante l'huile devenue limpide et incolore» Ces changements deraanderuieut un examen scientifique.

L'huile de navetle s'extrait des semences dos brasfica râpa et napus. Elle est jaune et douée d'une odeur particulière; .^ la température de — 'i^l5, elle se ])rend en une masse jaune, et, d'a|irès Braconnot, elle se compose de 0,V6 parties de stéarine , qui se fond à 7"5, et de 0,5i d'élaïne, qui ccuiserve l'odeur de l'huile de navette. La pesanteur spécilique «le l'huile extraite du brassica napus est de 0,9128 à 13", et celle provenant du brassica râpa est.de 0,9167. Exposées à la température de 6°, l'une et l'autre de ces huiles déjioscnt des globules blancs de stéarine, et à ([uelques degrés au-dessous elles se prennent en une masse butyreiise. La graine du brassica napus donne 33 pour cent d'hdile ; celle du brassica râpa en fournit beaucoup moins.

Huile de colza. — On ddhne ce nom a une espèce d'huile de navette, de meilleure cjtlalité, qui s'extrait du brassica campeslris, var. (jhifera. Elle peut t^ès-bien servir h l'éclairage, sans une purification préalable. Sa pesîiriteur spécifique est de 0,9136 ;t la température de 15°, et elle se congèle à — 6°25. Les graines donnent jusqu'à 39 pour cent d'huile.

Biiite de moutarde. — On l'çxtrait de la graine de moutarde [sinàpis alba et nigra). La grriirtb de mdutardë jaune , réduite en pâte , donne 36 , celle de iuoutai-de noire 18 pour lOi) d'huile. Cehe huile est inodore, fade, plus épaisse que l'huile d'olive , d'un jaune de succin ; à la température de 13°, la densité de l'huile extraite de la graine de moutarde noire est de 0,9170; tandis que celle provenant de la graine de moutarde jaune n'est que cje 0,9142 ; elle se congèle au-dessous de 0. Elle se dissout dans i parties d'éther et dans lOOO parties d'alcool de 0,833. L'alcool eiilève à la graine de moutarde, entre autres substances , dont il sera question plus tard, une graisse particulière; en évaporant convenablement la solution alcoolique, cette graisse se déjiose en cristaux lamelleux, blancs, doués de l'éclat nacré, qui fondent à 120° et cristallisent par le refroidissement. Cette graisse ne forme point de savon avec les alcalis caustiques ; l'acide nitrique l'attaque difficilement et la transforme, sans donner naissance à de l'acide oxalicpie, en une matière jaune cl résineuse, qui d(!vient rouge cinabre ([uand on la traite par la potasse. L'Iiuile de moutarde donne facilement uu savon très-solide. Cette huile commence

à ètrf) employée aux mêmes usages (pio l'huile de navette.

L'Imite des noyaux de prune (prunus do mestica) se lu-éjiare surtout dans le Wurtem bei'g. Les noyaux débarrassés des coquilles donnent 33 pour 100 d'huile. Elle est limpide, d'un jaune bruiiAtrc, et d'une saveur analoL'ueà celle des amandes. A la températurc^ de 15", sa pesanteur S|ié('ilique est de 0,9127 ; elle sé congèle h —9°. Elle devient facilement rance. C'est une des meilleures huiles d'éclairage. Dans le Wurtemberg on extraitaussi de l'huiledes noyaux de cerises.

Vhuile de faîne s'extrait par expression des graines du fagus silvatica, qui donnent tout aii plus 12 pour cent d'une huile limpide , et 5 pour 100 d'une huile trouble. L'huile de faîne est jaune clair, inodore, fad(! , l't très-consistante. A la température de 15°, sa densité est de 0,9225. A — 17°,5, elle se congèle en une masse blanc jaunâtre.

Huilé de noisette. — On l'extrait dé l'amande du corylus avellana , qui en fournit 60 pour 100. Elle est limpide , jaune clair, inodore, et d'une saveur douce et agréable. Sa pesanteur spécifique est de 0,92.V2 à la température de 15° ; à — 19° elle se congèle.

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