HUILES SOLIDES
Huile ou beurre de cacao. — Un l'extrait des semences du theobroma cacao, èoit par expression à chaud, soit par l'ébullition avec de l'eau. Le premier mode d'extraction est préférable au second. L'huile de cacao est jauriâtre, mais en la faisant fondre et l'agitant dans l'eau chaude, on parvient à l'civoir presque incolore. Elle a la même odeur qne les semences, u^e saveur de chocolat douce et agréable, et là consistance du suif. Sa pesanteur spécifique est de 0,91 ; elle entre en fusion à 50°. L'hmle de cacao sé distingué l)ar sa stabilité ; on en a conservé pendant 17 ans, sans qu'elle soit devenue rarice. Aussi s'en sert-on en pharmacie pour préparer des onguents qui ne doivent pas devenir rances.
Huile de palmier. — Elle s'extrait, d'après les uns, du fruit du cocos butyracea; d'après les autres, du fruit de ïavoira elais. Elle est butyreuse etd'un jaune orangé; elle lépand une odeur de violettes. Elle fond à 37°5. On prétend qu'elle est,composée de0,31 de stéarine et 0,69 d'élaïne. Elle devient facilement rance, et blanchit pn môme temps. Elle est peu soluble dans l'alcool anhydre ; qu'elle colore en jaune ; la dissolution dans l'éther est orange. On s'en sert pour faire du savon, parce qu'elle est assez bon marché, et qu'elle fournit un savon dur.
Le suif de piney s'obtient en faisant bouillir avep de l'eau le fruit du vateria indica, qui croît dans le Malabar. 11 est blanc, gras au toucher, d'iine odeur agréable; il est difficile de le couper avec du fil métallique fin. 11 fond de 35° à 36°. Sa pesanteur spécifique est de 0,926. à 15.°,..st. de .0,8965 à 35». lVcooI
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de 0,82 on extrait 0,02 d'élaïne douée d'une odeur aj^réable, plus une matière colorante jaune.
Huile ou beurre de noix muscade. — Cette huile ressemble à du suif, et s'extrait des noix du myristica officinaiis. C'est en Hollande qu'on la prépare ordinairement , et qu'on la verse dans le commerce sous forme de gâteaux quadrilatères aplatis. Elle consiste en un mélange d'une huile incolore, semblable au suif, d'une huile grasse, butyreuse, jaune, et d'une huile volatile, odoriférante. 16 onces de beurre de noix de muscades sont composées, d'après Schrader, de 7 onces d'huile semblable au suif, de 8 J onces d'huile jaune, butyreuse, et de f d'once d'huile volatile. Ce beurre est décomposé par l'alcool et l'éther froid, qui dissolvent ces deux dernières huiles, et laissent le suif, qui conserve néanmoins l'odeur de muscade. Pour séparer l'huile volatile de l'huile jaune qui reste après l'évaporation de l'alcool, on mêle cette dernière avec de l'eau, et on fait distiller l'huile volatile. Par l'ébullition avec k fois son poids d'alcool ou d'éther, le beurre de noix muscade se dissout complètement, et pendant le refroidissement le suif se dépose. Le beurre de noix muscade n'est employé qu'en médecine, et presque toujours à l'extérieur. On l'imite très-souvent en faisant digérer de la graisse animale fondue avec des noix muscades en poudre, colorant la graisse avec un peu de roeou et l'exprimant. Mais cette fraude est facile à découvrir; car un pareil mélange ne se dissout pas dans k fois son poids d'alcool bouillant. Sous la coquille des noix muscades on trouve un tissu particulier, appelé macis. Ce tissu renferme, outre une huile essentielle que l'on peut en extraire par la distillation avec de l'eau, deux huiles grasses dont l'une peut être extraite par l'alcool.
On trouve dans la noix muscade jusqu'à quatre huiles solides , savoir : une huile incolore, semblable à du suif; une huile jaune butyreuse, soluble dans l'alcool bouillant ; une huile jaune butyreuse, insoluble dans l'alcool bouillant ; et une huile rouge, soluble en toutes proportions dans l'alcool.
L'huile de laurier s'extrait par expression des baies fraîches du laurier (fruit du laurus nobitis). Cette huile est verte, d'une consistance butyreuse et légèrement grenue. Elle contient en mélange une huile volatile qui lui donne une odeur particulière, désagréable. Elle entre en fusion h la chaleur de la main. L'alcool en extrait l'huile volatile et la couleur verte, et laisse une huile incolore semblable au suif. L'huile de laurier n'est employée qu'en médecine à l'extérieur; on l'imite quelquefois en faisant fondre de la graisse animale, ordinairement du beurre, avec des baies de lauriers, en y ajoutant une certaine quantité d'une autre graisse, colorée en vert jiar la fusion avec des feuilles de Sabine, et mêlée avec un peu d'huile volatile de metisiu calaminlha. On reconnaît cette
fraude, en ce que l'huile imitée n'est pas grenue, et en ce que son poids est peu diminué par un traitement avec 5 à 6 lois son poids d'alcool froid.
HUILE DOUCE DE VIN. Voy. Éthers.
HUILE EMPYREUMATIQÛE ANIMALE (huile animale de Dippd , huile de corne de cerf des anciens chimistes). — On donne ce nom à une huile épaisse, brune, d'une odeur fétide, qui se forme pendant la distillation de toutes les matières animales azotées. Son odeur est forte et pénétrante, sa saveur acre et brûlante. D'après un chimiste allemand, Unverdorben, elle contiendrait quatre bases salifiables, huileuses, volatiles, qu'il a isolées et désignées sous les noms d'odorine, d'animine, d'olanine et d'ammoline. Le nom de cette dernière est formé des premières syllabes ammoniaque et oléane.
HUILE DE TARTRE. Yoy. Potasse, carbonate.
HUILE DE VITRIOL. Yoy. Sulfdrique (acide).
HUILE DE BALEINE. — On extrait de plusieurs animaux marins et de certains poissons des matières grasses liquides, qui sont aujourd'hui très-employées dans les arts. Les cétacés, tels que les baleines, les cachalots, les dauphins, les marsouins, les phoques, en fournissent une grande quantité que l'on extrait du lard épais qui se trouve sous la peau de ces animaux. Ce lard, coupé par morceaux , est jeté dans de grandes chaudières avec une quantité d'eau suffisante pour l'empêcher de brûler : l'huile qui se sépare des lardons frits par une cuisson de trois heures, est coulée sur des châssis et un treillage ; elle est reçue dans de grands baquets remplis d'eau , où elle se dépure. On la verse successivement sur plusieurs eaux, pour la puriûer de plus en plus. Une seule baleine a fourni quelquefois jusqu'à 50,000 kilogrammes de lard , qui donnent iO et jusqu'à 100 tonneaux d'huile.
L'huile de baleine non épurée est de couleur orange, trouble, d'une odeur infecte. On l'épure au moyen de l'acide sulfurique, mais ce procédé ne réussit pas aussi bien que pour les huiles de graines. Le problème de la décoloration et de la désinfection de l'huile de baleine a beaucoup occupé et occupe encore beaucoup les chimistes et les industriels ; mais jusqu'ici on n'a pu le résoudre complètement. M. Preisser et M.Girardin ont publié, en 1841, un mémoire sur cette importante question. De toutes les expériences nombreuses qu'ils ont faites, il ressort cette triste vérité que, jusqu'ici, on ne connaît aucun moyen efticace d'enlever à ces huiles leur odeur si forte et si désagréable, malgré toutes les assertions contrah-es ]iubliées par les journaux et recueils scientihques. Ce qu'il y a de mieux à faire, au moins quant à présent, c'est de soumettre ces huiles soit à l'action d'une lessive caustique froide, soit à l'action successive de la ciaie , de la vapeur d'eau et de l'acide sulfurique ; de laisser reposer et de filtrer à lilusieurs reprises sur du charbon animal.
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Par Ifi, ou obtient uiio huile claire, prosquo incolore et d'iun^ odtnir moins re|iouss(inte ; mais (|iiant à l'avoir inodore, il faut y reiioneer. Ia'S épurateurs (^ui se vantent de livrer an conimerce de l'hude eoin|>létenient désinleetiH' se font illusion ou trompent scieuuneni lo publie. Les huiles de [loisson qu'on vend connue tlésinfeet(^es ne sont autre cliose (jne des mélanges il'hnile animale et d'huile de graines, dans lesquels ces dernières entrent au moins pour la moitié ou les trois quarts.
HUILES VOL.VTILES ESSENTIELLES.— Les huiles volatiles se rencontrentdans toutes les plantes odoriférantes, et c'est eu se volatilisant ((u'elles répandent la nonne odeur propre à ces plantes. On en trouve dans toutes les parties des végétaux ; mais chez les uns , l'huile volatile réside dans une partie de la plante ; chez les autres, dans une autre. Certaines plantes, telles que le thym et les labiées odoriférantes, contiennent de l'huile volatile dans toutes leurs parties ; chez d'autres, elles se trouve dans les corolles, ou dans la semence, ou dans les feuilles, ou dans la racine, ou dans l'écorce. Quelquefois il arrive que dill'érentes parties de la même plante contiennent des huiles difl'érentes : ainsi l'oranger fournit trois huiles dill'érentes, dont l'une réside dans les fleurs, l'autre dans les feuilles, la troisième dans le zeste ou épiderme des fruits. La quantité d'huile volatile que foui'uissent les plantes varie, non-seulement avec l'espèce , mais aussi pour la même esiièce, en raison du terrain, et surtout du climat, attendu que dans les pays chauds les huiles volatiles se développent en plus grande quantité que dans les climats tempérés ou froids. Dans plusieurs plantes, l'huile volatile est contenue dans des vaisseaux particuliers, qui la tiennent si bien enfermée, qu'on peut dessécher les plantes, sans que l'huile se volatilise, et qu'on peut les conserver pendant des années entières, sans que l'huile soit détruite sous l'influence de l'air. Dans d'autres epèces, et particulièrement dans les fleurs, elle se forme continuellement à la surface même, et se volatilise à l'instant de la formation.
Les huiles volatiles s'extraient ordinairement par distillation. A cet eft'et, on introduit la plante dans un appareil distillatoire, on verse dessus de l'eau , et on distille celle-ci; l'huile passe alors en même temps que l'eau. Presque toutes les huiles volatiles employées en médecine sont extraites, par distillation, de [liantes desséchées ; d'autres, telles que les iiuiles de rose et de fleur d'orange, se retirent des fleurs fraîches ou salées.
Il est un petit nombre d'huiles qu'on peut extraire, par expression, des substances qui les renferment ; dans ce cas sont les huiles de citron et de bergamotte, qui se trouvent dans la pellicule extérieure et jaune des fruits mûrs des citrus aurantium et mcdica, c'est-à-dire des oranges et des citrons. L'h'uile s'écoule alors de l'écorce, en même
temps que le suc, et vient nager sur la surface.
Pour extraire l'huile des fleurs odoriférantes qui n'ont pas de vaisseaux particuliei-s pour l'huile, et Ji la surfaire desquels cette dernière se vaporise d(,' suites telles f[ue les violett(vs, le jasmin, la hyacintiie et la tubéreuse, on a recours à un autre procédé : on fait des lits alternatifs de fleurs fraîches et de coton ouaté, préalablement trempé dans une huile grasse, pure et inodore, ou de morceaux de drap trempés dans une huile semblable; et dès qu(! les fleurs ont abandonné toute leur huile volatile, qui est absorbée par l'huile flxc dont le coton ou le drap est imbibé, on les remplace par d'autres, et on continue ainsi jusqu'à ce que l'huile fixe soit saturée. Ensuite on distille le coton ou le drap avec tle l'eau, et on obtient ainsi l'huile volatile. Mais comme ces huiles ne servent que pour parfumer, on emploie ordinairement l'huile grasse qui en est saturée, ou on extrait l'huile volatile au moyen de l'alcool.
Pour extraire l'huile de certaines fleurs douées d'une forte odeur, telles que les lis blancs, il suffit de les faire macérer avec de l'huile grasse.
Les huiles essentielles diffèrent beaucoup les unes des autres , par leurs propriétés physiques. La plupart d'entre elles sont jaunes, d'autres incolores, rouges ou brunes; d'autres vertes, d'autres peu nombreuses sont bleues. Elles ont une odeur forte, plus ou moins agréable, qui, immédiatement après la distillation, a quelque chose de peu suave, provenant de la distillation et disparaissant avec le temps. En général, ces huiles n'ont pas une odeur aussi agréable que la plante fraîche. Leur saveur est acre, irritante et échauffante, ou seulement aromatique quand elle est fortement aftaiblie par le mélange avec d'autres corps. Elles ne sont pas glissantes au toucher comme les huiles grasses, elles rendent au contraire la peau rude. Elles sont presque toutes plus légères que l'eau, quelques-unes seulement tombent au fond de ce liquide ; leur pesanteur spécifique se trouve dans les limites de 0,847 à 1,096, nombres dont le premier indique la densité de l'huile de citron et le second celle de l'huile de sassafras. Quoiqu'on les appelle huiles volatiles, elles ont cependant moins de tension cjue l'eau. Leur point d'ébullition varie, mais s'élève ordinairement à 1(50" ; quelques-unes exigent même une température plus élevée, et on a remarqué que les vapeurs d'huile volatile ramènent quelquefois au bleu le papier de tournesol rougi, sans qu'elles contiennent de l'ammoniaque. Distillées seules, les huiles volatiles se décomposent presque toujours en partie ; et les produits gazeux provenant do la portion décomposée entraînent la jiartie non décomposée. Lorsqu'on mêle une huile volatile avec de l'argile ou du sable , et qu'on la distille , la majeure partie de l'huile est décomposée; et lorsqu'on fait passer les vapeurs d'huile à travers un tubo
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chauffé jusqu'au rouge, ou obtient des gaz combustibles, et il se dépose dans le tube un charbon poreux et brillant. En revanche, elles distillent facilement avec l'eau, parce que la vapeur aqueuse qui se forme continuellement à la surface de l'eau bouillante entraîne avec elle la vapeur d'huile, qui se produit en vertu de la tension que possède cette huile à la température de 10.)°. A l'air libre, les huiles volatiles brûlent avec une flamme très-luisante, qui abandonne beaucoup de fuliginosités. Le point de congélation des huiles essentielles varie beaucoup : quelques-unes ne se solidifient qu'au-dessous de 0, d'autres h 0, et il en est qui sont solides à la température ordinaire de l'air. Biles se comportent, sous ce i-apport, comme les huiles grasses , et il est probable qu'elles sont, comme ces dernières, des mélanges de plusieurs huiles dont le point do congélation varie; car en les refroidissant on parvient à extraire de quelques-unes une huile solide à la température ordinaire, et une autre qui reste liquide à des températures plus basses. Nous pouvons donc distinguer ces deux huiles par des noms analogues à coux qui servent à désigner les huiles grasses, et appeler l'huile concrète stéaropti'ne, et l'huile liquide éléoptêne (de tttjivov, volatil; aiiap, suif; et /Xatov, huile). On sépare ces deux corps en comprimant l'huile refroidie et solidifiée entre des doubles de papier gris; le stéaroptène reste sur le papier, et l'éléoptène s'obtient en distillant le papier avec de l'eau. Quelques huiles laissent déposer un stéaroptène quand on les conserve pendant longtemps ; mais on ne sait pas avec certitude s'il y existait ou s'il s'est formé pendant ce temps. Exposées au co'itact de l'air, les huiles volatiles changent de couleur, devieiinent plus fcincées Ot absorbent peu à peu de l'oxygène. Cette absorption commence à avoir lieu dès qu'elles ont été extraites de la plante qui les renferme ; elle est d'abord plus forte , et diminue ensuite sensiblement. La lumière contribue beaucoup à cette réaction, pendant laquelle l'iiuile dégage un peu d'acide carbonique, mais en proportion bien inférieure à celle de l'oxygène absorbé ; il ne se forme point d'eau. L'huile devient de plus en plus épaisse, perd sort odeur, et se transforme en une résine qui finit par durcir. De Saussure a reconnu que l'huile de lavande récemment distillée avait absoibé, dans l'espace de quatre mois d'hiver, et à une température inférieure de 12% 52 fois son volume de gaz oxygène, et dégagé 2 fois son volume de gaz acide carbonique; cependant elle ne s'était pas complètement saturée de gaz oxygène. Lé stéaroptène de l'huile d'anis a absorbé, h la température à laquelle elle est liquide, et dans l'espace de deux ans, 156 fois son volume de gaz oxygène, et dégagé 26 fois son volume de gaz acide carbonique Une huile qiii a commencé à subir une pareille oxydation se compose d'une résine dissoute (ians l'huile non altérée, que l'on peut séparer de la résine en la distillant avec de l'oau. Pour conserver les huiles volatiles sans altération,
il faut les tenir à l'obscurité, dans de petits flacons bouchés à l'éraeri et remplis d'huile. Si , au contraire , on les conserve dans de grands flacons qui ne sont pas pleins, et cjue l'on* ouvre souvent, elles sont bientôt altérées.
Les huiles volatiles sont très-employées en médecine comme excitants, pour préparer les eaux odoriférantes, des pommades et des savons parfumés, etc. On les emploie aussi pour enlever les taches de graisse et de couleur à l'huile de dessus les vêtements et différentes étoffes. On s'en sert pour étendre les vernis gras qu'on emploie en peinture ; et à cet effet on prend celles qui sont les moins chères, savoir, les huiles d'aspic et de térébenthine. Dans le commerce, elles sont souvent falsifiées ; les matières avec lesquelles on les mêle le plus ordinairement sont les suivantes :
Huiles grasses, résines, baume de copahu, dissous dans l'huile volatile. On découvre cette fraude en mettant une goutte d'huile sur du papier, et l'exposant à une douce chaleur. L'huile volatile pure se vaporise sans laisser de résidu, tandis que celle qui est mêlée avec une de ces substances laisse sur le papier une tache translucide. Si c'est avec de l'huile grasse que l'huile volatile a été falsifiée, cette huile reste sans se dissoudre, quand on agite l'huile frelatée avec trois fois son volume d'esprit--de-vin de 0,84. Le baume de copahu peut être découvert de la même manière ; car il en reste une portion sans se dissoudre dans l'esprit-de-vin. La résine, qu'elle ait été produite par l'altération de l'huile ou ajoutée à dessein, est mise à nu par la distillation de l'huile avec de l'eau.
L'huile est mêlée avec de l'esprit-de-vin. Pdiir reconnaître cette fraude, on agite l'huile avec de l'eau dans un vase gradué. La litfilëur devient laiteuse, et l'huile occupe, qdîihd elle s'est enfin séparée, un volume moindre, l'ead un volume pius grand qu'auparavant.
Les huiles chères sont mêlées avec des huiles d'une moindre valeur. Il est difficile de découvrir cette fraude autrement qu'à l'odeur et à la saveur.
§ 1". — Huiles volatiles non oxygénées.
Huile de térébenthine (essence de térébenthine).— On l'extrait de plusieurs espèces de térébenthine, qui est une sorte de résine liquide provenant de différentes espèces du genre pinus. Pour l'obtenir, on distillé ces résines avec de l'eau. L'huile de térébenthine est de toutes les huiles volatiles là moins chère, et conséquemment la plus employée. Telle qu'on la rencontre dans le commerce, elle contient plus ou moins de résine formée par l'action de l'air; et pour l'avoir jiure, il faut la rectifier, c'est-à-dire la distiller avec de l'eau.
L'huile de térébenthine est un produit qu'on rencontre partout dans le commerce. La fragilité des vases de verre, et la facilité avec laquelle l'huile qui s'en écoule prend
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fou, son! canso iiu'oti n'airno pas J» la cnnseivcr ilans des boutoillos (riino Rraiulu capacU('. OrilinaiiniU'iU On la ronsorvf? dans des vases en bois, qili ont cependant l'ineonvi^nient de se dessécher facilement et de laisser suinter l'huile. Pour (■elt(^ raison, on met les vases qui la renfcrniont dans d'autres vases en bois, et on remplit avec de l'eau l'espace (jui sépare les deux vases. L'huile de térébenthine est employée en peinture, ainsi que nous l'avons déjà dit, pour étendre les vernis à l'huile. On s'en sert aussi pour dissoudre le copal, lorS(iu'on veut avoir du vernis do copal clair, et, en général, pour préparer les vernis à l'essence de térébenthine. En médecine, on l'emploie, enti-e autres, à l'intérieur, crimme un excellent moyen contre le ver solitaire.
En Suède, on a préparé une espèce d'huile de térébenthine h l'aide de la résine des pins et des sapins, qui a été versée dans le commei'ce sous le nnmd'Css(Micede térébenthine {oleum pini). Elle ressemble, sous tous les rapports, à l'huile de térébenthine, et n'en diirère que par son odeur, qui est si désagréable qu'on ne pourrait pas l'employer généralement à la préparation des couleurs à l'huile, raison pour laquelle on a cessé d'en [)réparer.
Éuile de citron. — On l'extrait par pression de la partie jaune de l'éeorce de citron, [j'huile de citron est employée comme parfuia, et ne sert que rarement en médecine.
Huile (h bergamotte. — On l'extrait par la pression du zeste de la bergamotte (fruit mûr du citrus bergamium et aurantium). Son odeur est analogue à celle des orangers; elle est limpide, jatinâtre, fluide.
§ II. — Huiles oxjjgéne'es aromatiques.
Huile d'anis. — Elle s'extrait des semences d'anis {pimpinella anisum). Elle est incolore ou faiblement jaunâtre , d'une couleur et d'une saveur d'anis.
On assure que l'huile d'anis du commerce est quelquefois falsitiée avec de l'huile d'olive dans laquelle on a fait fondre un peu de blanc de baleine.
La semence de badiane (illicium. anisatum) et ses capsules fournissent par ladislillatiou une huile qui a une saveur et une couleur analogues à celles de l'huile d'anis.
Huile de cajepul. — On la prépare dans les Moluques en distillant les feuilles sèches du mclaleuca leucadendron. Le nom de cajeput signifie, dans le langage du pays, arbre blanc. Cette huile est verte; elle a une saveur brûlante et une forte odeur de camphre, de térébenthine et de Sabine. L'huile de cajeput est quelquefois falsiliée avec de l'huile de térébenthine, de romarin ou de sabine, dans Lupielle on dissout du camphre et de la résine de VachiUea millefoliuiii, qui la colore en vert. L'huile de cajeput est employée en médecine.
Huile d'anetli. — Elle s'extrait de Vanetlium yraveolens. Elle est jaune pâle, d'une odeur pénétrante analogue à celledel'aneth,
d'une saveur douceâtre el brûlante. Sa dissolution saturée dans r(^au est connue eu pharmacie sous le nom iVeau d'anelh.
Huile de genièvre. — Ou l'obtient en distill nt avec de l'eau les baies do genièvn; pilôos. L'huile contenucdans les baies se trouve dans de petits réservoirs, qu'il faut ouvrir pour que l'huile puissese vaporis(!r. t/liuilo de genièvre est limpide et incolore, ou quelqui'fois d'un jauin; vei'dâtre. Sa pesanttuir spécitique est de 0,911. Elle a l'odeur et la saveur du genièvre. L'eau n'en dissont qu'une très-petite quantité; elle n'est pas beaucoup plus soluble dans l'alcool. L'eaude-vie à laquelle on a ajouté une petite quantité de cette huile, forme le (/e;u'è»re ou gin dos Anglais. L'huile de genièvre est employée en médecine, et regardée comme un excellent diurétique; de môme que l'Imile de térébenlhine, elle communique à l'urine une odeur de violettes. L'huile de genièvre qu'on rencontre dans le commerce est souvent mêlée avec de l'huile de térébenlhine, que l'on introduit avec les baies dans l'alambic. Cette fraude peut être découverte par la pesanteur spécifique de l'huile, qui est beaucoup moindre quand elle contient de l'huile de térébenthine.
Huile de fenouil. — On l'extrait de la semence de / anethum fœniciilum. Elle est incolore ou jaunâtre; son odeur et sa saveur sont analogues à celles du fenouil. L'huile de fenouil et sa dissolution aqueuse sont employées en médecine. En Angleterre, on se sert fréquemment de l'huile de fenouil pour parfumer les savons.
Huile de sureau. — Elle s'extrait des fleurs de sureau [sambucus nigra). Elle a la consistance du beurre ; sa dissolution aqueuse, connue sous le nom à' eau de sureau, est employée en médecine.
Huile d/iyssope. — On l'extrait de Vhyssopus officinaiis. Elle est jaune et devient rou^e avec le temps. Sa saveur est acre et analogue à celle chi camphre. Sa dissolution aqueuse constitue Veau d'hyssope employée en médecine.
Huile de roseau aromatique. — Elle existe dans la racine de l'acorùs calamus ; elle est jaune, (init par devenir rouge, et a là même saveur et la même odeur que cette racine.
Hiiile de camomille. — Elle s'extrait des fleurs de camomille [matricaria chamomilla) . Elle est d'un bleu foncé, presque Opaque et épaisse ; son odeur est analogue à celle des camomilles et sa saveur aromatique.
On obtient d'autres huiles bleues, qui ont beaucoup d'analogie avec l'huile de camomille, en distillant les plantes suivantes : la camomille romaine [anthémis nobilis), les fleurs de l'arnique de montagne {arnica mon^ tana), celles de la mille-feuille {achillm millefoiium ; cette dernière demande un sol graS; sans quoi elle fournit une huile verte.
Huile de cannelle. — Elle s'extrait de Ik cannelle (écorce du laurus cinnamomum) .C'est à Ceylan qu'on la piépare, en employant pour cela des fragments de cannelle impropres à être versés dans le commerce.
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L'huile de cannelle est fréquemment employée en médecine, soit seule, soit en méhuige avec de l'esprit-de-vin, de l'eau et du sucre laqua cinnamomi). Comme elle est d'un prix élevé, on la falsifie souvent avec une huile qu'on extrait par la distillation des boutons do fleurs du cannellier. Cette huile a beaucoup d'analogie avec celle de l'écorce, sous le rapport de la couleur, de l'odeur, de la saveur et de la pesanteur spécifique ; cependant sa saveur est moins agréable, et son odeur tient de celle du storax.
Huile de menthe crépue, extraite du mentha crispa. — Récemment préparée, elle est d'un jaune pôle ; mais avec le temps elle devient plus foncée et d'un rouge jaunâtre. Elle a l'odeur et la saveur de la menthe. Sa pesanteur spécifique est de 0,975. Exposée à un froid considérable, elle se fige quand on l'agite. On l'emploie en médecine
Huile de carvi, extraite de la semence du carumcarvi. — Elle est jaune pâle, et a l'odeur et la saveur du cumin. Les graines du cuminum cyminum fournissent une huile dont l'odeur est analogue à la précédente, quoique moins agréable. Cette huile, connue sous le nomd'huile de cumin, est jaune pâle, trèsfluide, d'une saveur plus brûlante que la précédente. L'huile de carvi est employée en médecine , elle entre aussi dans la composition de l'eau-de-vie de cumin.
Huile de lavande. — On l'extrait de la lavande {lavandula spica). Elle est jaune et très-fluide, sent la lavande, et a une saveur brûlante. Cette huile est surtout employée dans la parfumerie, el sa dissolution alcoolique, connue sous le nom d'eau de lavande, est une des eaux odoriférantes les plus employées.
On trouve dans le commerce, sons le nom d'huile d'aspic, une espèce d'huile de lavande qui s'extrait par distillation d'une variété non cultivée de lavandula spica, qui a des feuilles plus larges , raison pour laquelle on l'appelle latifoiia. C'est dans l'Europe méridionale qu'on prépare cette huile. Son odeur de lavande est moins prononcée que celle de l'huile ordinaire, et tient un peu de celle de l'huile de térébenthine, avec laquelle on la falsifie souvent. Elle est si bon marché, qu'on s'en sert souvent en place d'huile de térébenthine.
Huile de girofle. — Elle s'extrait des clous de girolle, qui sont les boutons des fleurs du caryophijllus aromaticus. Elle est incolore ou jaunâtre, a une forte odeur de clous de girofle et une saveur brûlante. C'est une des huiles les moins volatiles et les plus difficiles à distiller.
L'huile de girofle qu'on rencontre dans le commerce est brune et d'une saveur brûlante insupportable ; elle n'est pas pure, et contient en mélange de la teinture d'œillet, dont la résine acre se trouve ainsi introduite dans l'huile. Quelquefois on la falsifie aussi avec d'autres huiles. On l'emploie en médecine, et comme remède populaire contre les maux de dents.
Huile de fleur d'oranger ou néroli. — Elle
s'extrait des "fleurs d'oranger fraîches (citrus aurantium). Récemment préparée, elle est jaune, exposée pendant deux heures aux rayons du soleil, ou pendant plus longtemps à la lumière difl'use, elle devient d'un rouge jaunâtre. Elle est très-fluide, plus légère que l'eau et d'une odeur très-agréable. La dissolution aqueuse, connue sous le nom de fleurs d'oranger, est employée comme substance aromatique. On l'obtient, soit en dissolvant l'huile dans l'eau, soit en distillant des fleurs fraîches ou salées avec de l'eau.
Huile de menthe poivrée, extraite du mentha piperita. — Elle est jamiâlre et douée d'une saveur brûlante, campiirée, beaucoup plus acre que celle de l'huile de menthe crépue. L'huile de menthe poivrée, et surtout sa dissolution aqueuse dans l'eau ( eau de menthe poivrée) sont employées en médecine. Cette dissolution se distinguo par la sensation agréable de fraîcheur qu'elle excite dans la bouche.
Huile de rose [attar, o«o), extraite par distillatio'i des pétales des roBa centifoliaelsempervivens. — Les roses indigènes en fournissent de si petites quantités que les frais ne sontjjas payés par l'huile qu'on obtient. On assure que dans les Indes orientales on se procure de l'huile de rose, en plaçant les feuilles de roses par couches alternatives avec la graine d'une espèce de digitale, appelée gengili, et très-riche en huile grasse, dans des cruches qu'on laisse ensuite pendant quelques jours «lans un endroit frais. L'huile contenue dans la graine absorbe alors l'huile de rose. Si l'on répète ce traitement en employant la môme graine et de nouvelles quantités de roses, la graine finit par être gonflée, soit par le suc aqueux, soit par l'huile volatile des roses; c'est alors qu'on les exprime. La liqueur trouble, ainsi obtenue, est abandonnée au repos dans des vases bien bouchés, où elle se clarifie. La couche d'huile qui nage à la surface est décantée à l'aide d'une mèche de coton : c'est une huile grasse, saturée d'huile de rose, d'oi^ cette dernière peut être extraite par la distillation avec de l'eau.
L'huilo de rose est incolore et jouit d'une odeur de rose qui n'est agréable qu'autant / qu'elle est très-étendue, mais qui, quand elle est concentrée comme celle de l'huile pure, est désagréable à cause des maux de tête et des vertiges.
L'huile de rose est employée comme parfum. Les pliarmaciens font usage d'une dissolution aqueuse de cette huile connue sous le nom d'eau de rose, lis l'obtiennent en distillant 1 partie de pétales frais ou salés du rosa centifolia avec '* parties d'eau, et retirant 2 parties de produit liquide.
Huile de romarin , extraite du romarin {rosmarinHs officinalis), et appelée en pharmacie oleum anthos. — Cette huile est limpide comme de l'eau, répand une odeur de romarin, el a d'ailleurs beaucoup d'analogie avec l'huile de térébenthine. On l'emploie en médecine, et on la falsifie quelquefois avec da l'eau de térébenthine.
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Huile dr iabiuf, extraite dos fouilles du junipcru): saliiiia. — Kilo est liiu|)i(l(^ et a l'odeur et la saveur île la saliiuo. Cette |)laiite douiio plus d'huile ([u'aueuue autre. Cetli! huile est rej:;ardée eouuue uue des plus diui'étii.[ues, et sert sous ee rapport eu UK^decine.
Ihtile concrète de Tonku, extraite des fi^-vcs de 'l'oiika {dipterix odorata Wdil.).— Cette huile volatile, doui''ed'uue odeur agréable, a été exauiiuée par Houllay et Houtrou-Charlard.qui lui outdoiuié le tioiude coumarine. Ces chimistes exli-aieut cette huile [)ar le procédé suivant : on l'ait macérer les lèves grossièrement concassées avec de l'éther, qui dissout une huile grasse et le stéaropténo, substances qui restent aprèsl'évaporalion de l'éther. On les traite par l'alcool de 0,8'i-, qui dissout le stéaroptène et laisse l'huile grasse. Après l'évaporation spontanée de l'alcool, il reste des cristaux, salis par un peu d'huile grasse ; on les obtient purs et incolores en les dissolvant dans une petite quantité d'alcool et évaporant celui-ci.
Les lèves concassées se mettent quelquefois dans le tabac à priser, qui s'empare du stéaroptène volatil et prend ainsi l'odeur agréable qui lui est propre.
§ III. — Huiles oxygénées acres et vésicantes.
Jusqu'à présent on ne connaît qu'un petit nombre d'huiles qui appartiennent à cette classe. Elles se distinguent par la propriété qu'elles possèdent d'enflammer la peau et de produire des vessies, et en ce qu'il entre du soufre dans leur composition. Les suivantes sont les seules qui présentent quelque intérêt.
Huile de raifort sauvage, extraite du raifort sauvage (cochlcaria armoracia). — Elle est jaune clair, et a la môme consistance que l'huile de cannelle. L'huile de raifort sauvage est la partie active du raifort; c'est elle qui produit l'irritation dans le nez et provoque les larmes quand on mange du raifort ; enfin, c'est à la présence de cette huile que le raifort, râpé et appliqué sur la peau, doit la propriété de produire des vessies..,
Huile volatile de moutarde. — Elle s'obtient en distillant de la graine de moutarde broyée dans l'eau. D'après /u/ta Fontanelle, e'Ué est d'un jaune-citron, et sou odeur est aussi irritante et aussi pénétrante quo celle de 1 ammoniaque caustique. Mise en contact avec la peau, elle produit des vessies avec une rapidité surprenante, et sa dissolution, appliquée sur la peau au moyen de compresses, fait venir des vessies en moins de deux minutes. Une petite quantité, par exemple I de gros d'huile volatile de moutarde, ajoutée à 3 litres de jus de raisin, récemment exprimé, retarde la fermentation de celui-ci, en sorte qu'il se conserve pendant plusieurs mois. Aucune autre huile volatile ne jouit de cette propriété.
IV. — Huiles vénéneuses contenant de V acide hijdroct/nnique.
Certaines huiles volatiles se distinguent par leur odeur et leur saveur d'amandes
amères, fpii, comnui ou sait, provient do ra(-i(le liydro(-yanique. Cet acide, qui les rend véném^uses, y est retenu on vertu d'une |iuissant(ï afiinité.
Huile d'amandes amères. — On peut l'obtenir en distillant des amandes amères avec de l'eau.
Les parfumeurs emploient de grandes quantités d'huile d'amandes amères, surtout pour parfumer le savon. Selon Bonastre, un seul fabricant di; parfums à Paris prépare tous les ans plus de trois quintaux de cette huile. L'huile d'amandes amères est un poison dangereux.
Ou obtient des huiles analogues à la précédente en distillant les substances suivantes avec de l'eau, savoir : les feuilles de pêcher {amijgdalus persica), les feuilles du lauriercerise (prunus laurocerasus), l'écorce du prunier à grappes (prunus padus), et les noyaux piles des cerises et des grappes du prunier à grappes. Toutes ces huiles contiennent de l'acide hydrocyanique, qui les rend vénéneuses, et produisent de l'acide benzoique en absorbant l'oxygène de l'air. Selon Schrader, l'huile volatile de l'écorce du prunier à grappes donne, par le moyen indiqué plus haut, 19,2 pour 100 de bleu de Prusse, et l'acide contenu dans l'huile provenant du laurier-cerise donne 16 p. 100 de bleu de Prusse. En médecine, on emploie de faibles dissolutions de ces huiles dans l'eau, qu'on obtient en distillant des amandes amères ou des feuilles de laurier-ceriseavec de l'eau ; onles appelle eau d'o/rtonrfes amères et eau de laurier-cerise. Enfin, on ajoute de petites qiwntités de ces huiles aux liqueurs et à certains mets, pour leur donner un léger parfum d'amandes amères.
HUMUS. Voy. Nutrition des plantes.
HYACINTHE. — Espèce de grenat d'un rouge tirant plus ou moins sur l'orangé.
HYDRATES. Voy. Métaux.
HYDRATE DE SOUDE. Voy. Soude.
HYDROCHLORATE DE POTASSE. Voy.
Potasse, chlorure de potassium.