‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 166 sur 354 · HYDROCHLORATE D'AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

HYDROCHLORATE D'AMMONIAQUE

Voy. Ammoniaque.

HYDROCHLORIQUE (acide). Voy. Chlo-

RHYDRIQUE.

HYDROCYANIQUE (acide); syn. : acide cyanliydriquc , acide prussique. — Cet acide a été obtenu, en 1780, parScheele et désigné par ce chimiste sous le nom d'acide prussique, parce qu'il l'avait retiré du bleu de Prusse, dont on ignorait la composition, et qu'elle en était im des principes constituants. Bien que cet illustre chimiste ait reconnu la plupart des propriétés caractéristiques de cet acide, on ignora sa véritable composition jusqu'en 1787, époque à laquelle Berthollet, un des plus célèbres chimistes dont la France s'honorera toujours, répéta les expériences du chimiste suédois. Eu cherchant à reconnaître les parties constituantes de l'acide prussique, il fut amené, par une séria d'expériences directes, h démontrer que c'était un composé triple de carbone, d'azotcï et d'hydrogène dans des proportions qu'il n'a-

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vait pu déterminer. Assurément ce nouveau résultat dut étonner, à une époque où l'oxygène était regardé, dans la théorie admise, comme le principe acidifiant des corps ; mais il appartenait au génie de Berthollet de repousser les limites de la science, et il était réservé à l'un des élèves distingués qu'il avait formés, de résoudre le problème sur la nature de cet acide. Gay-Lussac fut conduit, par sa découverte du cyanogène, à reconnaître que ce composé binaire de carbone et d'azote était le radical de l'acide prussique , et que ce dernier était une combinaison à proportions définies d'hydrogène et de cyanogène, analogue par sa composition aux acides hydrochlorique et liydriodique. C'est encore aus recherches ingénieuses de ce chimiste que l'on est redevable d'un procédé simple pour préparer cet acide à l'état de pureté.

On obtient l'acide hydrocyanique pur en faisant réagir à une douce chaleur le cyanure de mercure avec les deux tiers de son poids d'acide hydrochlorique un peu concentré.

Ces deux corps se décomposent réciproquement et se transforment èli deutochlorure de mercure et en acide hydrocyanique. L'appareil qu'on emploie pour cette opération consiste en une petite cornue dans laquelle on introduit le mélange de cyanure de mercure et d'acide hydrochlorique. On adapte au bec de la cornue un tube de verre horizontal d'un demi-pouce de diamètre sur M pouces environ de longueur. Le premier tiers de ce tube, du côté de la cornue, contient de petits morceaux de marbre blanc; les deux autres tiers . sont remplis de fragments de chlorure de calcium fondu. Les uns sont destinés à retenir l'acide hydi'ochlorique qui pourrait se dégager avec l'acide hydrocyanique, les autres à s'emparer de la vapeur d'eau que pourrait entraîner cet acide. L'extrémité opposée du tube horizontal communique avec un tube recourbé, qui va plonger au fond d'une petite éprouvette longue et étroite, où le tube lui-même est renflé en boule à sa partie inférieure, et fait l'olfice d'un petit récipient convenable pour lecueillir l'acide; cette partie de l'appareil doit être entourée d'un mélange de glace et de sel marin pour en condenser une plus grande quantité. On ferme enfin le récipient ou l'éprouvette par un tube recourbé, qui peut s'engager sous le mercure.

Propriétés. — L'acide hydrocyanique ainsi préparé est un liquide i'icolore, roussissant faiblement le tournesol, et ayant une odeur forte qui, en petite quantité, est analogue à celle des amandes amères ou des fleurs de pêcher. Sa saveur, d'abord fraîche, produit une sensation brûlante à l'arrière-bouche. Sa densité à 4- 7" est de 0,7058; elle est un peu plus faible à -\- 15". Cet acide est si volatil qu'il produit en s'évaporant assez de froid pour se congeler de lui-même en le laissant exposé à l'air, même à -H 20°. Son point d'ébuUition es] à 26,5. Il se solidifie et cristallise en une masse fibreuse à — 15°.

Les éléments de cet acide sont si peu

stables, qu'on ne peut le conserver sans altération pendant longtemps, même hors du contact de l'air et de la lumière. Il se décompose en moins d'un jour quelquefois; , dans d'autres circonstances, il persiste plusieurs jours. Il se colore d'abord ; la teinte brunâtre qui s'est développée se fonce, et il est alors entièrement converti en une masse noirâtre très-légère, qui dégage une odeur vive d'ammoniaque. Les produits de cette décomposition spontanée sont de l'ammoniaque en excès, de l'hydrpcyanate d'ammoniaque et un chaibon azoté. La chaleur en opère aussi la décomposition. Si l'on fait passer dans un tube de porcelaine, rougi au feu et contenant des fils de fer, une certaine quantité de vapeur d'acide hydrocyanique, il y a dépôt de charbon autour des fils de fer, et l'hydrogène et l'azote restent mélangés à l'état de gaz dans des rapports égaux en volume.

La vapeur d'acide hydrocyanique est décomposée par l'oxygène à une température élevée ou par l'intluence électrique. Il y a toujours détonation, formation d'eau, d'acidecarbonique, et l'azote redevient libre.

L'eau dissout l'acide hydrocyanique en toutes proportions; il en est de môme de l'alcool; ces liquides retardent beaucoup sa décomposition spontanée.

De tous les corps que nous avons étudiés jusqu'à présent, il n'y a que le chlore qui agisse directement sur cet acide ; en absorbant tout son hydrogène, il le fait passer à l'état de chlorure de cyanogène (Sérullas). L'iode volatilisé dans la vapeur d'acide hydrocyanique ne lui fait éprouver aucune altération sensible. Plusiems métaux chauffés dans cette vapeur la décomposent en absorbant le cyanogène et mettant l'hydrogène en liberté. C'est ainsi qu'agissent le potassium et le sodium, qui sont convertis en cyanu res. Le volume d'Iiydrogène qui reste après cette décompositioù est égal à la moitié de la vapeur d'acide hydrocyanique.

On voit dons que le potassium agit sur cet acide comme sur les acides hydrochlorique et hydriodique, puisqu'il dégage des uns et des autres la moitié de leur volume d'hydrogène, et que le cyanogène, quoique corps composé, joue, relativement à ce métal , le même rôle que le chlore et l'iode dans leurs combinaisons avec les métaux.

Une autre preuve qui rend évidente la composition de l'acide hydrocyanique se trouve dans les produits de la combustion de sa vapeur par l'oxygène ; 100 parties en volumes de vapeur d'acide iiydrocyanique exigent pour leur combustion complète 125 volumes d'oxygène. On obtient pour résultat 100 volumes d'acide carbonique et 50 d'azote, rapport que donne le cyanogène.

Comme dans l'acide carbonique il y a un volume d'oxygène égal au sien, 100 volumes d'oxygène ont été employés à la formation de 1 acide carbonique, et les 25 volumes d'oxygène restant ont dû absorber 50 volumes d'hydrogène [lour produire de l'eau;

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û'où il s'rnsiiit ([ue 100 volumes de Viipoiir d'uciilc liydrocviiiiil'"- -^'"d fouiiiusés do :

60 volumes de vapeur de caibone,

BO volumes île g:u a;£Ote,

50 volumes de «az liydiogène,

condtMisés on 100 vohuiios par loiir combinaison; ou, 00 qui levionl au môme, do :

5Q volumes de eyano^'éne, ou 1 aiome, 50 volumes d'hydrogène, ou } alouie.

Tous cos résultats peuvent cneore être reconnus en luisant passer l'acide hydrocyatiique sur le deutoxyde de cuivre iiorté au rouge. Cet oxyde est réduit |)a.r les éléments de cet acide, en les transformant en eau, eu gaz acide carbonique et en azote, dans le rapport de 2 : 1.

L'acide hydrocyanique est donc composé en poids de :

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Cyanogène.

Hydrogène.

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