‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 167 sur 354 · GG · texte numérisé non relu

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' Carbone . .

I Azote. . . .

Ilyilrogène .

La présence de l'acide hydrocyanique peut être facilement démontrée par les sels de peroxyde de fer et les sels de deutoxyde de cuivi'e. Si à une portion d'eau contenant do petites quantités d'acide hydrocyanique, ou ajoute quelques gouttes de' solution de potasse, et qu'on verse ensuite du persulfate de fer, il se produit un précipité brun verdâtre, qui devient d'un bleu toncé par l'addition de quel(|ues gouttes d'acide sulfurique ou hydrocrilorique. L'emploi du deutosulfate de cuivre, dans les mêmes circonsta.nces, donne un précipité blanc, qui rend l'eau laiteuse, par suite de la formation du cyanure de cuivre.

Le premier de ces réactifs permet de reconnaître laii» d'acide hydrocyanique dissous dans l'eau, ou tout autre liquide incolore; le second accuse la présence d'une quantité d'acide moitié moins grande c^uela première, c'est-à-dire -ïooôâ-

Ces caractères dévie iment précieux pour des recherches dans certains cas d'empoisonnement par cet acide.

L'acide hydçocya nique n'a encore été trouvé que dans le règne végétal, uni à quelques huiles essentielles'. Il existe dans les feuilles du laurier-cerise , dans les amandes amères, dans les fleurs de pêcher, etc. On peut le démontrer en soumettant ces parties de végétaux à la distillation avec une petite guantité d'eau. Le produit distdlé donne des indices certains de la présence de l'.ncide hydrocyanique par les réactifs que nous avons indiqués. Certaines liqueurs de table en contiennent de très-petites quantités , comme le kirschwasser; mais une partie de leur odeur est due aussi à une huile volatile particulière.

Action de l'acide hydrocyanique sur l^co' nomie animale. — L'acide hydrocyanique pur est, de toutes les substances vénéneuses , la plus énergique. Une seule goutte portée dans

la Kiienle d'un chien le fait périr en moins dr (piclipu'S secuiidos. l'orté dans les veines à la uiénie iloso , il agit si promptement, (pie l'animal tombe mort conuni,' frappé jiar la fondre. Mis en coidactavcc h.'s muqueuses de r(ril, il lue de même en un es|)uce île temps Irrs-iourt. Sa va|)eur n'est jias moins redoutable, surtout si elle n'est pas mélangée avec une i;i'ande (piantité d'air. Lu jjiéscntaiit des oiseaux ti l'ouverture d'un llacon conliMiant de l'acide hydrocyaniciue, ils nieurunt (^n moins de deux inspirations. On i|»! saurait (lonc recommander trop de [irécautions lors- (pi'on opère sur cet acide. Les dangers auxquels on s'expose, en les négligeant, sont d'autant plus grands, que les eiîets primitifs que produisent sa vapeur sont peu appréciables.

Usage médical. — 11 résulte d'expériences fartiis par M. Magendie , que l'acide hydrocyanique , administré à très-petites doses dluis une grande masse de véhicule, peut produire quelques efifets palliatifs dans la phtliisie au premier degré. Connue, en raison de son action, cet acide ne pourrait être employé tel qu'on l'obtient par les procédés indiqués, les dispensaires prescrivent de l'étendre de trois à cinq fois son poids d'eau distillée. On le connaît alors, en pharmacie, sous le nom d'acide hydrocyanique médicinal au quart ou au sixième , c'est-à-diie renfermant un quart ou un sixième d'acide pur. Cet acide , ainsi ail'aibli , n'est encore administré qu'à la dose de quatre à six gouttes dans une potion appropriée. L'énergie avec laquelle il agit commande la plus grande circonspection dans son emploi.

Suivant le docteur Murray, les effets toxiques de cet acide peuvent être combattus par l'administration de l'ammoniaque. Bien que plusieurs expériences tentées sur les animaux autorisent à admettre cette conclusion, cet antidote doit suivre de trop près l'ingestion du poison, pour qu'on puisse beaucoup compter sur un tel résultat.

M. Siuiéou , pharmacien interne de l'hôpital Saint-Louis, a démontié que le chlore, que l'on faisait respirer aux animaiix soumis à l'action de cet acide , était avantageux pour combattre ses effets funestes.

On ue connaît point cependant d'antidote certain de l'acide hydrocyanique, c'est-à-dire que, jusqu'à ce jour, on n'a encore découvert aucune substance pouvant être avalée sans inconvénient à forte dose, qui neutralise et annule les funestes eUets tle cet acide. D'après les expéiiences entreprises par M. Orlila, il est seulement permis d'agir avec succès contre la maladie développée par l'acide hydrocyanique , lors uièmo que l'enipoisoiniement serait assez intense pour faire péiir l'individu au bout de quinze à vingt minutes.

Tous les moyens proposés par ditl'érents auteurs ont été essayés par M. Orlila sur des animaux soumis à l'action de petites quantités de ce pois m. 11 lésulte de son travail les louclusions suivantes (Journal de cliimic médicale, t. V, p. 'i-Ol) •

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r L'inspiration d'une eau ammoniacale faible (1 partie d'ammoniaque et 12 parties d'eau) peut guérir l'empoisonnement par l'acide hydrocyanique, en stimulant te système nerveux profondément affaissé. Toutefois, l'usage de ce médicament ne serait suivi d'aucun succès s'il était employé trop tard , ou si la dose d'acide ingéré était assez forte pour tuer les animaux, dans un très-court espace de temps.

2° L'inspiration de l'eau faiblement chlorée (1 partie de solution saturée de chlore et 4 parties d'eau) constitue un excellent moyen de faire cesser les symptômes de l'empoisonnement par l'acide hydrocyanique, lors môme que ce moyen n'est employé que uatre à cinq minutes après l'ingestion June proportion d'acide capable de faire

Eérir les animaux au bout de quinze à dixuit minutes.

3° Les affusions d'eau froide ou glacée sur la tète, sur la nuque et sur le trajet de la colonne vertébrale , recommandées par M.

Herbst, sont aussi, d'après M. Orfila, un bon moyen de remédier aux effets funestes déterminés par l'acide hydrocyanique, que l'on devra mettre en usage simultanément avec ceux indiqués dans les paragraphes 1 et 2.

On devra, toutefois, si le poison a été introiluit dans le canal digestif, se hâter d'administrer un émétique ou un purgatif.

Ces moyens, mis en pratique dès l'invasion des symptômes, réussissent presque toujours, à moins que la dose du poison n'ait été assez forte pour porter une atteinte fu'ieste au système nerveux avant qu'on ait pu les employer.

HYDROGÈNE (CS^p, eau, et yiyvoixat, je deviens) ; syn. : air in/lammable, gaz inflammable.

L'hydrogène est un gaz incolore, insipide et inodore. Une pression de 100 atmosphères, et un abaissement de température de 100', ne le font pas changer d'état. L"hydrogène est le plus léger de tous les gaz connus. Sa densité est 0,0688 ; il pèse environ 14,535 moins que l'air. Son pouvoir réfringent est 0,470, celui de l'air étant 1. L'hydrogène est, de tous les corps simples non métalliques, le plus électro-positif. 11 est très-peu soluble dans l'eau. 100 htres d'eau ne dissolvent que 1 -f- litre d'hydrogène; ou (en poids) 1 kilogramme d'eau dissout 0, kilog. 000,001 d'hydrogène.

Lliydrogène se combine directement avec le chlore, le brome, l'iode et le ffuor. Il en résulte dos acides de com]iosition analogue. Un mélange de gaz chlore et d'hydrogène, à volumes égaux (dans un ballon de verre), peut être conservé indétlniment dans l'obscurité, sans que ces deux gaz, qui pourtant ont une grande afûnité l'un imur l'antre, se combinent entre eux. Mais, dès qu'on y fait arriver un rayon de soleil, la combinaison s'opère brusquement, avec explosion, sans que le volume du mélange soit changé. A la lumière diffuse du soleil, la combinaison s'effectue également, mais lentement et sans

explosion. L'hydrogène se combine avec l'oxygène, à l'aide de l'électricité; il y a détonation et formation d'eau. Pour que la combinaison des deux gaz qui forment le mélange explosif soit complète, il ne faut pas dépasser certaines proportions (Gay-Lussac et Humboldt). Quand on dépasse la proportion de 1:9, l'étincelle électrique n'a plus d'action sur le mélange explosif. Les boules de platine de M. Doebereiner (faites avec une partie de noir de platine et k parties d'argile), portées à l'extrémité d'un fil de platine ou de fer, dans un mélange explosif, produisent une combinaison complète, quelles que soient les proportions des deux gaz. Cette combinaison s'opère graduellement et sans explosion. Les boules de platine pourront remplacer avec avantage l'emploi de l'électrophore et de l'étincelle électrique. Le platine en éponge, sur lequel on fait arriver un courant d'hydrogène, devient incandescent au bout de quelques instants. 11 y a formation d'eau aux dépens de l'oxygène de l'air. C'est de ce fait que M. Doebereiner a déduit l'heureux emploi des boules de platine dont nous venons de parler. Le rhodium, l'iridium, le palladium, et probablement d'autres métaux encore, ont, à cet égard, la même propriété que le platine. Quand on fait passer un mélange explosif ( 1 vol. d'oxygène, 2 vol. d'hydrogène) par un tube étroit, et qu'on l'allume, la température de la flamme qui se produit est si élevée, qu'elle fait fondre en quelques instants les substances les plus réfractaires, et qu'on avait jusqu'ici regardées comme infusibles ou apyres, comme la pierre à fusil (silice) et le platine. De là la découverte et l'emploi du chalumeau. Pour prévenir les dangers d'une explosion qui pourrait être causée par la rétrocession de la tlamme, on a disposé, dans l'intérieur du tube que traverse le mélange gazeux, une grande quantité (100 à 150) de toiles métalliques très-fines, qui s'opposent à la pénétration de la flamme dans l'intérieur du réservoir. La grande légèreté, le mélange explosif que l'hydrogène produit avec l'oxygène et avec le chlore, et la propriété qu'il a de brûler à l'air avec une flamme très-pâle en donnant naissance à de l'eau, tous ces caractères suffisent pour distinguer l'hydrogène des autres corps. Quand on enveloppe la flamme pâle de l'hydrogène, jiroduite à l'extrémité d'un tube effilé {lampe des philosophes), avec un large tuyau de verre, on entend une série de sons ayant beaucoup d'analogie avec les sons d'un orgue {harmonica chimique). 11 est facile de produire successivement l'octave, la tierce majeure et la quinte, enfin les sons de l'accord partait, en élevant ou en abaissant lentement le tuyau.

L'hydrogène ne se trouve pas dans la nature à l'état de liberté. Les anciens cJiimistes croyaient que ce gaz existait dans les hautes régions de l'atmosphère, et que sa combinaison avec l'oxygène de l'air produisait les phénomènes de l'orage. Gay-Lussac, dans son voyage aérostatique, dans lequel il s'est

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i\k'\6 h. 6,000 métros aii-dossus ilo la surface Je la terre, n'a pas trouvé de trac(! (J(! co ^'az daus les hautes régions de ratnios|)hére. l/liydroi;ène i!St très-ré[)audu à l'état de comliiuaison. 11 existe ainsi daus l'eau, daus l'aïuinoniaque, dans les liydraeides (aeide e!di>rlivdii(iue, aeide broniliydrique, aride i(Hlliydri(iue, etc.). et dans (irescjne toutes les substances animales et végétales.

Le gaz hydrogène, étant hii-méme combustible, ne peut enti'ctiMiir ni la combustion des autres corps combustibles, ni la respiration des animaux. Une allumette en ignition qu'on y {ilonge s'étt'iiU sur-lechamp. Un animal (ju'on y renferme ne meurt pas de suite; mais son sang n'éprouvant plus, pendant la respiration, \v, changement que l'air atmosphérique lui fait subir, il ne tarde pas à éprouver du malaise et h succomber. Si on le retire avant que tout signe de vie soit éteint en lui, on peut le ranimer, surtout en lui faisant respirer du gaz oxygène pur. Une atmosphère composée de gaz oxygène et de gaz hydrogène substitué au gaz nitrogène , rend, au bout de quelque temps, lourd et comme engourdi, mais ne produit pas d'autres signes de malaise. Allen et Pepys ont vu des cochons d'Inde qu'on avait laissés au milieu d'une pareille atmosphère, unir par tomber dans un sommeil profond. On a des exemples d'hommes qui , après avoir respiré pendant longtemps un mélange de gaz hydrogène et d'air atmosphérique, se trouvaient pris chaque fois de sommeil. Si le gaz hydrogène n'est pas pur, si, par exemple, il est chargé de carbone ou de soufre, les animaux y périssent à l'instant même, et rien ne peut plus ensuite les rappeler à l'existence. L'homme peut, sans inconvénient, respirer du gaz hydrogène pendant longtemps, surtout lorsque ce gaz contient un peu d'air atmosphérique.

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