‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 168 sur 354 · APPLICATIONS · texte numérisé non relu

APPLICATIONS

Chalumeau aérhijdrique. — On appelle ainsi un appareil construit en cuivre, doublé de plomb intérieurement, renfermant de l'eau acidulée avec do l'acide sulfurique et dans laquelle on introduit une certaine quantité de zinc en rognures. Cet appareil donne un jet continu d'hydrogène, ffue l'on fait passer par un tube tlexible et que l'on réunit près d'un bec de chalumeau avec un courant proportionné d'air que fournit un soufflet; le mélange de ces gaz enflammés produit un dard de feu que des tubes flexibles en caoutciiouc permettent de diriger à volonté. On applique avec un grand succès ce moyen d'élever localement la temj)érature et de promener un feu vif, à opérer des soudures entre de grandes tables en plomb; il suflit de fondre leurs bords, mis en contact, d'y ajouter un peu de plomb fondu par le môme dard agissant à la fois sur les deux bords et sur un petit prisme de plomb promené devant la flamme. On comprend que cette fusion, toute locale, permette de réunir DicTiONN. DE Chimie.

des tables ou de souder des joints fort étendus, sans emiiloyer aucun alliage.

On réunit, par ce moyen, des tubes en plomb bout h bout, et on obtient une solidité égale îi celle qu'auraient les objets coulés d'une seule i)ièce. Cet ingénieux procédé, aipelé soudure autogène, a été- invenlé par . Desbassayns de Richemond; il a rendu ainsi plus économiijues, jikis solides et plus résistants, les immenses vases en iilomb dai s lesquels on fabriiiue l'acide suliuricjue. Le chalumeau aérhydrique est en usage aujourd'hui pour braser et souder le iilnnib, le cuivre, l'or, le platine dans une foule d'opérations et pour des objets de toutes dimensions.

Chalumeau à gaz oxyhydrogène. — En faisant arriver de deux gazomètres un volume d'oxygène et d'hydrogène vers un tube commun terminé par un bec do platine, et enllammant le courant des deux gaz , on produit une température excessive : si l'on expose dans cette flamme un fragment de chaux , il s'échauffe au rouge blanc et rayonne au point de produire la plus vive lumière artiticielle. On se sert de ce moyen pour éclairer des vues microscopiques , dans les expériences publiques dites au microscope à gaz.

Ballons. — Les premiers aérostats imaginés par Montgolfier furent formés d'une enveloppe légère , hémisphérique à la partie supérieure , et terminée en forme ellipsoïdale ; une large ouverture circulaii'c à la partie inférieure recevait librement les produits gazeux d'étoupes imbibées d'alcool et d'essence , allumées au-dessous et maintenues par des fils métalliques. Bientôt le ballon , gonflé par un mélange d'air, de gaz échauffés et de vapeur , devenait en somme plus léger que l'air ambiant , dès lors il avait acquis une force ascensionnelle notable et s'élevait dans les airs.

On comprend tout ce que de pareils aérostats avaient d'irrégulier dans leur marche , par suite des variations d'intensité et de direction de la flamme, de la condensation des vapeurs, de la faible résistance d'une enveloppe très-mince, des chances d'incendie par les oscillations occasionnées par les mouvements de l'air.

L'emploi d'un gaz beaucoup plus léger que l'air dilaté permet d'éviter la plupart de ces inconvénients : l'hydrogène appliqué aux aérostats par des procèdes simples, que nous allons brièvement décrire, eut aussi d'autres inconvénients , qui l'ont fait abandonner depuis dans les grandes ascensions, et remplacer par le gaz hydrogène carboné , tel qu'on peut l'extraire de la houille.

On prépare économiauement le gaz hydrogène imjmr applicable aux aérostats, en substituant au zinc des rognures de tùle et autres débris de fer; on obtient, dans ce cas, du sulfate de fer, au lieu de sulfate de zinc : la réaction est d'ailleurs la môme. L'appareil simple et économique dont on se sert se compose de tonneaux bien cerclés, conte nant la ferraille et l'eau ; un tube droit en .plomb, plongeant dans le liquide, permet de

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