‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 174 sur 354 · J.VS · texte numérisé non relu

J.VS

de l'éléph.int. La [iliipai-t ducos dents d'éhij>liaiits viennent de la côte ih- (iniiiée'; il en nriiv(( aussi des Indes orientales, surtout de Ceylan. Les di^feiises d'ivoire brut sont eoniHii's sous le nom de morfil : on eu a trouV('> du poitlsdeSO kiloj^. Les dents d'Iiii)- [loiiotanie , du morse et du narval , Iburnisseiit aussi des espi'^ces d'ivoire très-estiirii^es. Celte maticïri^ préeituise , (pii est susceptible de recevoir un très-beau poli, esttravailhH' avee. une rare habileté à Dieinie ; malheureusement elle ]ierd birntèt sa blancheur et son éclat au contact de l'air et de la poussière. Speny;ler , de, Co[)enliayue , a reconnu 3u'il sullit de la renl'ei'uier sous une ca;j;o e verre lierniétiijuement close i)0ur l'empûcher de jaunir ; ainsi conservée et exposée aux rayons solaires, elle acquiert môme une blaniheur plus grande que celle qu'elle avait primitiveuient. Il a été conduit par cette observation à un procédé fort simple pour blanchir l'ivoire jauni ; il sullit de le brosser avec de la pierre ponce calcinée et délayée, puis de le renfermer encore humide sous une cloche de verre que l'on expose journellement au soleil. — On teint l'ivoire de différentes couleurs , en le plongeant dans un b.iin de brésil , de safran ou d'épinevinette , de vert-de-gris, de campêche et de sel de fer , selon qu'on veut avoir le rouge , le jaune, Je vert, le noir; mais auparavant on le laisse tremper pendant 6 à 8 heures dans une solution d'alun ou dans du vinaigi'e.

L'ivoire était connu des peuples de l'antiquité, (jui l'employaient soit pour ormu" leurs maisons et leurs temples , soit pour sculpter les images de leurs dieux. Avant qu'on employAt la pierre , le marbre et les mé(aux pour les ouvrages d'ait , on exécutait en ivoire toutes sortes d'ustensiles, des poignées et des fourreaux d'épécs , etc. , qu'on ornait de plaques d'or. Heyno fixe

l'époque h laqnellt! les artistes grecs commencèrent h faire! usag(! ilr l'ivoire^ au retour de r(\x[iéditi()n(le Troie. Il e^t probable quo les Phéniciens a|iprirent aux (irccs l'art do travailler cett(\ matière. Les Hébrcaix en décoraient aussi leurs meubles et jusqu'aux nnn's de leurs palais , comuiK! le iirouvent plusieurs pas.sages de l'Lcrilure sainte. Salomon , dont les vaisseaux apportèrent do l'ivoire d'Afrique , s'en tit construire un troue (jui fut incrusté d'or.

IVOIRE-VÉGÉTAL.— Depuis quelques années, les; tourneurs substituent à l'ivoireaninial une substance éburnacée , d'une grande blancheur, qu'on nomme ivoire végétal, et qui n'est autre chose que la substance intérieure de la semence d'un arbrisseau des grandes forêts du Pérou, Xaphytéléphas à f/ros fruits , ne les indigènes nonnnent tabua et cahiza i negro (tète de nègre). Les graines do ihytéléphas arrivent en Angleterre et en "èigiifue à bon marché , puisque le cent ne coitte h Anvers que 4 h 5 francs. On les appelle noix de tagua , et improprement marrons ou noix de cocos. En France elles sont fra[)pées d'un droit d'entrée de 3S fr. 50 c. les 100 kilog. On les travaille au tour, et on fait actuellement , à Paris , une foule d'objets élégants , qu'on ne paye très-cher que parce qu'on les vend comme ivoire animal , ivoire dont le prix ordinaire est de 14 h 15 fr. le kilog. Il y a un moyen trèsfacile de distinguer les ileux sortes d'ivoire, qui a été indiqué par M. V. Pasquier , de Liège. L'acide sulfurique concentré développe au bout de 10 à 15 minutes , sur l'ivoire végétal, une teinte rose qu'un simple lavage à l'eau fait disfiaraître , tandis qu'il ne produit aucune coloration sur l'ivoire animal.

IVRESSE , comment on peut la dissiper.

Yoy. Ammomaquiî.

JARGON DE CEYLAN. Yoy. Zirco?».

JASPE. — Cette jiierre entre dans la composition de beaucoup de montagnes. On trouveordinairement lejaspeen masses amorphes formant des lils, des fdons et quelquelois en morceaux arrondis ou anguleux. Il est communément opaque , de couleurs variées.

On distingue le jaspe commun en masse rouge brun, d'un éclat tirant sur le mat, cassure conchoide , opaque , peu dur , infusible au chalumeau , et tinit par y devenir blanc , susceptible de prendre un très-beau poli. 11 se trouve principalement en liions.

Jaspe égyptien. — Ce nom lui a été donné ])arce qu'on l'a trouvé |)rimi(ivement en Egypte ; depuis on l'a nmioidré dans une ou Jeux contrées de l'Allemagne. Ou connaît deux sortes de jaspes égyptiens, le brun et le rouge.

Le jaspe égyptien brun se trouve en Egypte

au milieu d'une brèche dont les couches constituent la plus grande jiartie du sol de cette antique contrée ; sa couleur est le brun marron, qui varie du brun jaunâtre au gris jaunâtre : cette dernière Couleur est vers le centre, et par conséquent est recouverte par les autres. La co'uleur brune donne lieu à des dessins rubanés concentriques entre les quels le minéral est tacheté de noir.

Jaspe égyptien rouge. — On le trouve aussi dans le royaume de Bade , dans un lit d'argile rouge. Sa couleur tient le milieu entre le rouge écarlate et le rouge de sang ; celle de la superficie est souvent jaunâtre ou d'un gris bleuâtre. Ces couleurs présentent des dessins zonaires.

Jaspe ruhané. — Toujours en masse et en lils dans les collines qu'il constitue môme. Ses couleurs sont le gris de perle , les gris verdâlre et jaunâtre, les jaunes de crème et de paille, le vert poireau, le vert de mon-

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