I.AV
fiict, qnoiqno lo vasp roii^rniP enrore uno gr.'iihle (|\iiuitili^ (l'air; mais collo-ci no peut jilus s'nu'w au iiu'tal. D'ailloiii-s la ([iiaiitilô (foxydc tonm'oosl iinipiHiiDiiiu'llcau viiluniu ii(\s vases. Ainsi, ump portion de l'air disparail, landis (pio le niélal ansuifinto do |H>ids par sa caliiiialion, o( la lixalion de cel air oxpliipio l'augniontalion obsorvi^e.
« A cotio opoijuo, M. do Trudaino-Monligny avait doiin(5 h l'Ac^adômio uno lontille de ;4ran(le dinionsinn, oonnuo sous le nom de ionlillc de Trudaino, et Lovoisier avait été cliarg(5 par cotte compagnie d'exécuter une série d'oxpérioncos, à l'aide de ce bel insfrumiMil. La lontillo l'ut placée dans le janlin de rinl'ant', dépendance du Louvre du côté de la Seine.; car alors l'Académie tenait séance au Louvre. A son aide, Lavoisicr fit beaucoup d'oxiiérionces qui ont maintenant pou d'ii;térét pour nous; mais il on fit aussi qiiel- (luos-unes qui en avaient beaucoup pour lui ; je veux parler de la réduction do l'oxyde de mercure par l'action de la chaleur seule.
« Lacalcination dos uu^laux, celle du mercure par conséquent, exigeant lo concours do l'air et n'ayant lieu que par l'absorjition d'un gaz emprunté à l'aii', on devait, par la ri'ductinn de la chaux de mercure exécutée sans intermède et par le seul od'ot de la clialeur, retrouver le gaz que l'air avait fouini. L'expérience consultée , Lavoisier oliiient le gaz oxygène. 11 convient, à la vérité, que cette découverte a été faite en même temps parPriestley. En général, on s'acconie nu^me h attribuer la priorité sur ce point k ce dernier, et nous l'admettrons ici sans difficulté : la gloire do Lavoisier ne repose nidement sur des découvertes de ce genre ; elle en est tout h fait indépendante.
'' Comme Priestley, il voit que l'oxygène est un gaz propre à entretenir la combustion et à l'exciter, propre à entretenir la respiration. Mais il voit peu de temps après que c'est ce gaz qui engendre les acides. Il ])r'opose dès lors de rap|>eler oxyqine, génératour de l'aigrour, vmdant ainsi rap|)oler le rôle qu'il lui attribue, et qui est basé sur ses expériences relatives h la combustion du soufre et à celle du plios!)hore. Mais après avoir adopté cette dénomination, voyant que les autres chimistes ne suivent pas son exemple, il l'abandonne lui-même, et pendant longtemps il se sort comme eux du terme A'air vilul, sorte d'expression neutre, (pii foruiait une liansition nécessaire peutêtre entre Vair <h'plilo(jistiqué de l'anciemio théorie, et Voxygiitc, précurseur de la doctrine nouvelle. Mais qu'on ne s'y trompe jioint, Lavoisier cédait sur le mot, sans céder sur le fond do ses idées; il dédaignait les discussions inutiles; il évitait les polémiques qu'il aurait i)u soutenir avec tant de supériorité; il se contentait d'observer des faits, de les raconter dans son style simple et grave, et il les laissait répondre pour lui.
-.< Lo rôle do l'oxygène comme acidificateur, déjîi clairement indiqué dans la pioductiou des acides du soufre et du phosphore, ne fut pourtant bien établi par Lavoisier que par
LAV or.o
une discussion savante de la nature des composés nitreux. Ici, il onqiloie un coi'tain ens(^mblo de faits, (p:i, connue il ic romar(iue lui-même, ont tous été ob,,ervés par Priestley. Mais, landis ([ue Priestley n'en avait tiré aucune théorie!, Lavoisier en fait sortir une lliéorio |)arl'aito.
'( Quand on met en contact l'acide nitrique et II! mei'curo, il se dégage' du gaz nitrenx et il se foime un sel (jui , forteuicnl chauffé, so convertit en mercure ot en oxygène. Comme le mercure sort de cette exj)érionce tel qu'il y était entré, on peut dire que c'est en |)erdant de l'oxygène que l'acide nitrique agit sur le mercure et se change en gaz nitreux. Lavoisier s'assure en elfet que le gaz nitreux à son tour se transforme on vapeur rouge en s'unissant h l'oxygène; et que la vapeur rouge, unie îi une nouvelle portion d'oxygène, représente l'acide nitrique ordinaire. Comme on voit, le rôle acidificateur de l'oxygène est établi ici, indépondammoiit de la connaissance exacte du radical, car Lavoisier i[i;norait l'existence de l'azote dans l'acide nitrique.
« C'est h peu près vers ce même temps, en 1777, que, mettant à profit les expériences qui précèdent, il exécute son analyse de l'air, aujourd'hui si célèbre, et que tous les traités élémentaires de chimie conservent encore comme un monument de son génie.
Profitantde la i)ropriétéque le mercure possédait seul alors de s'oxyder à une certaine température et de perdre son oxygène à une température plus haute, il parvient à son aide à enlever la plus grande partie de son oxygène à un volume déterminé d'air. Ayant ainsi isolé le gaz azote, il chauffe l'oxyde de mercure produit, et recueille à part l'oxygène. En mêlant enfin les deux gaz, il reconstitue l'air atmosphérique doué de toutes ses propriétés et en volume égal à celui qu'il avait employé.
« Cette analyse et cette synthèse, également remarquables par la finesse du point de vue et jwr la délicatesse dos expériences, lo conduisirent à s'occuper de la respiration des animaux. Non-seulement il reconnut la formation de l'acide carbonique, mais il s'assura que la quantité d'oxygène absorbée était plus grande que colle qui était nécessaire pour former l'acide carboni(iue obtenu. A cette époque, la nature do l'eau n'étant pas connue, il ne pouvait aller plus loin. Cette absorption inexpliquée d'oxygène le conduisit à quelques-uns de ces rapprochements hasardés qu'il se permettait si rarement. Quand on calcine un métal, il y a absorption d'oxygène, dit-il; n'en serait-il pas de même du sang? N'est-ce point en vertu do cotte espèce de calcination que le sang devient rouge, tout comme on voit lo mercure former un oxyde rouge ; le for, le plomb, former des oxydes rouges, comme le mercure?
« Ce rapprochement est hasardé, je le répète, et jiourtant nous ne pourrions pas affirmer, dans l'état actuel de la science, que le changement qui fait passer le sang lileu à
toi