‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 181 sur 354 · I.AV · texte numérisé non relu

I.AV

,.'i!'liU do sang rouge ne tienne point h une oxydation, mais à une oxy.dation qu'il faudrait envisager tout autrement que ne le faisait Lavoisier.

f( A peine Lavoisier a-t-il reconnu ce qui so passe dans la respiration, qu'on le voit découvrir par une analyse également exacte ce qui se passe dans la combustion des corps gras, de la cire, du bois. Il trouve qu'il y a formation d'acide carbonique et disparition d'une certaine quantité d'oxygène, qui s'emploie d'une manière inconnue, circonstances analo-'ues à celles qu'il avait observées dans la respiration.

« Ainsi , vous voyez qu'à cette époque toutes les expériences de Lavoisierdeviennent autant d'occasions de découvrir ou de développer sa théorie. Bientôt il essaya cette théorie sur une expérience si simple ànosyeuxjgrûce à l'heureux succès de ses efforts, que nous aurions môme quelque peine à comprendre l'importance qu'il y attachait. 11 s'agit de la théorie de la préparation de l'acide sulfureux. Priestley venait de découvrir cet acide, mais il exprimait si mal sa production, que Lavoisier crut nécessaire de l'étudier la balance à la main; il découvrit bientôt que l'acide sulfurique perd, jiour se changer en acide sulfureux, une certaine quantité d'oxygène, précisément égale à celle ([ue prend le mercure qui se convertit eu sulfate.

« Lavoisier cherche en même temps avec le plus grand soin à se rendre compte d'un phénomène d'une telle simfilicité pour nous, qu'il semblerait qu'on n'ait jamais eu besoin de l'expliquer ex professa, je veux parler de l'action des pyrites, du sulfure de fer naturel, sur l'air humide. Celte action était alors doublement intéressante à étudier, car le changement de ce sulfure eu sulfate sous l'influenco de l'air olïrait à la fois un point de théorie et une question de chiuiie industrielle à approfondir.

« Il arrive à prouver que, dans cette action, les pyrites absorbent l'oxygène de l'air, et qu'en même temps elles augmentent de poids. Il montre qu'il en est de même dans la combustion de pyrophore de Homberg, phénomène dont il donne la théorie exacte.

0 Enfin , Lavoisier ( et c'est là un de ses plus beaux travaux), comprenant toute l'importance d'une exacte connai'^sance de la composition de l'acide carbonique, qu'il voyait reparaître dans tant de phénomènes naturels; persuadé que cet acide est la base de l'édifice qu'il veut construire, se livre à un travail d'une admirable précision, dans le ,-but de connaître la nature exacte de cet acide. .;;Et nous voyons, avec une surprise sans égale, - qu'à cette époque où l'art de l'analyse naissait à peine, en combinant ensemble les divers procédés et les corrigeant l'un par l'autre, Lavoisier arrive à connaître si bien la composition de l'acide carb(ini(jue , qu'on n'y a rien changé depuis. Quand la théorie atomique est venue plus tard critiquer ces résultats, une connaissance plus ai^profondie des combinaisons du carbone est venue consacrer les chiUVes établis par Lavoisier, Ce

mémoire est certainement un des jilus beaux qu'il ait laissés, un de ceux, où l'on voit le mieux son exactitude extrême comme expérimentateur, et où l'on peut juger le mieux de sa singulière sagacité dans l'art de combiner les expériences.

« A cette époque, on expliquait mal la dissolution des métaux dans les acides. C'est même avec un vif intérêt qu'on voit un géomètre illustre, Laplace, soupçonner le premier qu'en mettant un métal avec un acide et de l'eau, celle-ci se décompose, et fournit l'hydrogène qu'on recueille avec le zinc ou le fer. Il soupçonnait donc aussi que l'oxygène était un autre élément de l'eau, qu'il produisait la modification du métal et qu'il déterminait sa dissolution dans les acides. Voilà une idée nécessaire à sa théorie, une idée importante que Lavoisier a certainement empruntée à un autre. Mais s'il fallait dire la part qu'a prise dans l'invention de cette idée chacun de ces deux grands hommes qui se voyaient tous les jours, qui se faisaient part mutuellement de leurs connaissances, avec tant d'abandon, compensant ce qui manquait à l'un par ce que possédait ! 'autre, il serait difficile de le faire aujourd'hui, si Lavoisier lui-môme n'avait pris le soia de rendre justice à Laplace.

« Guidé par ce point de. vue, Lavoisier analyse avec soin et la balance en main, selon son usage, les phénomènes de la dissolution du mercure dans l'acide azotique, ainsi que ceux de la dissolution du fer dans le même acide ou dans l'acide sulfurique. Il donne la théorie exacte de ces diverses réactions.

« Tout en s'occupant de la dissolution des métaux dans les acides, il ne néglige point d'examiner ce qui se passe, quand un métal en |)récipite un autre de ces dissolutions, et il y trouve un moyen de reconnaître la quantité d'oxygène qui se combine avec ce métal. A la vérité, les résultats qu'il donne à cet égard ne sont pas exacts, mais la science n'était pas assez avancée pour un pareil travail.

« Enfin, et toujours dans le môme groupe de mémoires, vous trouverez une table des affinités de Voxyyène, fondée sur ses pro|)res expériences , et un travail très-approfondi sur l'oxydation du fer.

« Fort de cette longue suite d'expériences, après tant d'épreuves décisives qui ont toutes confirmé ses idées, Lavoisier demeure convaincu que dans toutes les réactions la quantité de matière employée se retrouve toujours dans les produits, sous une autre forme sans doute, mais avec le môme poids. Il conçoit alors la possilnlité d'établir inio - équation, dans laquelle , en mettant d'un côté toutes les matières employées, de l'autre côté toutes les matières produites, on aura toujours l'égalité dans les poids.

« Et non-seulement il conçoit cette vue nouvelle , mais il en tire immédiatement tout le parti qu'on peut en obtenir. « En effet , dit-il , je puis considérer les matières

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