I.AV
nii>ps en prosonco et le rt''>uUjit dhlonu, coimnp uiu' i'(|iiution al;,M''bii(|iio; et m supposant sitcirssh'cmvnt (hacuii des l'IémcnCs de celle équation iiieonnas , j'en puis tirer %me valeur et reetifier ainsi l'espérience par le cilvul et le caleul par re.ri)érienee. J'ai nouvi'iit [H'oliti' ilu crtlo iiuHli()<lo poui' corrij^er Jos [ircmicrs rt^sultats de luos c'xprrieiiccs, et j»)ui' 1110 y;ui(ier dans les précautions à [ircuîlie pour les rocoumiciicer. »
« Tel est le premier essai de ces é(iuations ali)iui(pies (jue nous écrivons si souvent aujourd'hui; sculeinenl , par suite des )irogfés de la (•liiuii(S nous avons introduit des atomes là où Lavoisier |)arlait d'un poids ([uelconque. Mais c'est toujours la munie idée, le même point de vue.
« La |)ensée première de Lavoisier reparaît donc toujours dominante et agissante : rien ne se perd, rien ne se crée; la matière reste toujouis la môme; il peut y avoir des transformations dans sa forme , mais il n'yajtimais d'altération dans son ]ioids. J'emploie ces termes à dessein, ce sont ceux qu'il employait lui-môme. Personne encore n'a présenté Lavoisier comme ayant introduit ce point de vue dans l'étude de la chimie , cependant je crois pouvoir vous assurer que c'était chose à latpieile il attachait une haute importance. Mais s'il est clair que les idées de Lavoisier sur la iiermanence de la pesanteur des cor[)s qui se combinent ou qui se séparent, s'il est clair , tlis-je , que ces idées sont générales et justes, ses vues sur l'oxygène et sur le rôle qu'il joue dans la nature ne le sont pas moins, et elles ont eu l'avantage de se traduire en expériences éclatantes , qui , décrites en un langage nouveau et d'une clarté sans égale, ont eu le privilège d'absorber longtemps l'attention publique.
« La formation de l'eau est si fréquente, sa décomposition se présente si souvent dans nos phénomènes , qu'il est difficile de comprendre que Lavoisier ait pu , pendant bien des années , travailler au développement de sa théorie, sans connaître la nature de l'eau. A cette époque critique de sa vie, ses travaux sont vraiment curieux à étudier; car on voit à chaque instant des décomnositions ou formations d'eau troubler les pnénoinènes qu'il observe , sans que jamais sa raison fléchisse. 11 explique ce (ju'il comprend ; ce qui échappe à sa pénétration, il l'enregistre, confiant dans l'avenir.
« On voit paraître enfin le Mémoire qui couronne l'édilice, celui oii il établit la composition de l'eau. 11 expose comment il a été amené à reconnaître cette composition; il y rappelle comment Laplace a été conduit à jienser que les métaux devaient décomposer l'eau, quand ils donnent naissance <i des sels en dégageant du gaz intlammable. C'est ainsi qu'il est conduit lui-inôine à tenter une expérience fort simple; il met sur le mercure, dans une cloche, de l'eau et de la limaille de fer, (pii , au bout d'un certain temps , s'est convertie on oxyde noir de fer. L'eau s'est décomposée, et son hydi'Ogèiie s'est dégagé ; t'est là le premier fait relatif à la dcuomvosi-
lion de l'eau. Maïs celle expérience est beau, coup trop lente; et comme, dès cette é|)oqne, on savait (juo la chalo'ir est un moyen d'augnienhu' l'ac'livité ilo:^ actions chimiques, il en conclul (ju'on faisant passer la vapeur d'eau dans un Inlni do fer naigi , la décomposition luarolioi-ait beaucoup plus vile. De \h l'expc'rienco célèbre dans larpielle il exécuta, conjointement avec, Meusnier, une analyse de l'eau (jui levait tous les doutes (pie .sa synthèse laissait encore à ijuchpies esprits.
« Dès lors, Lavoisier put ap|)rofondii' tous ces phénomènes compliqués dont il avait d'abord ébauché l'étude. Il put se rendie compte de ce qui se passe dans la respiration, dans la combustion; partout enlin où il y a formation d'eau. Une lumière soudaine vient éclairer tout ce (ju'il a fait ; les anomalies qui l'ont arrêté autrefois ne l'arrêtent plus; il en voit la cause, il en voit la nature. Il s'était perdu tant de gaz, il s'était fait tant d'eau , il avait eu tort de n'y point faire attention, de ne pas suivre ce fil qui l'eilt dirigé. Mais ce qu'il faut admirer, c'est que toutes ses expériences anciennes qui semblaient inexactes et imparfaites deviennent par là tout à fait précises , sans qu'il y ait rien à modifier, dans le jugement général qu'il en avait porté.
« C'est ainsi qu'il est amené à reconnaître la nature des corps organiques , à établir qu'ils contiennent de l'hydrogène, de l'oxygène et du carbone, éléments auxquels, plus tard, Berthollet ajoute l'azote en ce qui concerne les matières de nature animale. C'est ainsi que Lavoisier se trouve conduit à imaginer sa méthode d'analyse pour des substances organiques, qui consiste, comme on sait, à les convertir en acide carbonique et en eau, en les brûlant avec une quantité déterminée d'oxygène : méthode si féconde, qui est encore la nôtre , quoique les moyens d'exécution aient changé.
« Sa théorie était complète alors , et rien n'eût expliqué un plus long silence à l'égard de la doctrine du phlogistique.
« Enfin , en 1783 , Lavoisier se livre à une discussion approfondie et décisive de la théorie de Stahl, et, dès son début, il caractérise les découvertes du chimiste allemand avec une noble impartialité.
« De ce que quelques corps brûlaient et « s'enllammaient , dit-il, Stalil en a conclu « qu'il existait en eux un principe inflamma- « ble. S'il s'était borné à cette simple obser- « vation, sou système ne lui aurait pas mé- « rite , sans doute , la gioire de devenir un « des patriarches de la chimie et de faire « une sorte de révolution dans cette science. « Rien n'était plus naturel , en elfet, que de « dire que les corps combustibles s'eidlam- « ment, parce ([u'ils contiennent un principe « inllainmable; mais on doit à Slald deux « découvertes importantes , indépendantes « do tout système , de toute hypothèse , qui « seront des vérités éternelles.
« La première , c'est c|ue les métaux son « des corps combuslijiles; (jue la ca/çina<(v>
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