‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 183 sur 354 · I,AV · texte numérisé non relu

I,AV

K est une v(''ntnblo combustion, et qii'r'lle en K pr(^.sente tons \.-s pliénomènes.

« La secon le , e'est que la propricHé de « brûler, d'être inflammable, peut se Irans- « mettre d"iin cor|is à l'autre. Si l'on mêle, « par exemple, du cliarbon, (jui est combus- « tible , avec de l'acide vilriolique , qui ne « l'est pas, l'acide vitriolique se convertit en « soufri'; il acquiert la pro;iriélé de brûler, « tandis que le cliarbon la perd. 11 en est de « même des substances métalliques : elles « perdent jiar la calciiialion leur qualité « combustible; mais si on les met en contact « avec du charbon , et en général avec des « corj)s ([ni aient la |iropriété de brûler, elles « se revivilient, c'esl-à-dii-e ((u'elles repren- « nent, aux dépens de ces substances, la « propriété d'être comliustibles. »

n 11 est aisé de voir que Lavoisier et Stalil, en les supposant contomporaiiis , n'auraient pas tardé h se deviner et à s'entendre.

« Mais à cette époque Macquer, Baume et bien d'autres chimistes s'étaient façonné chacun un phlogistique h leur taille , ]iour répondre aux exigences nouvelles de la science. Ce n'était donc plus au phlogistique de Stahl que Lavoisier avait aU'aire, mais bien à une foule d'êtres de ce nom qui n'avaient aucune qualité commune , si ce n'est qu'ils étaient tous insaisissables par aucun moyen connu.

« Eh bien ! dans ce Mémoire qu'on lit encore avec un vif intérêt , Lavoisier trouve l'art d'ex|)Oser lesthéoiiesde ses adversaires modernes avec une netteté et une précision telles qu'on p ut croire que leurs inventeurs en comprireiit jiour la [)i'emière fois le véritable sens. Ce n'est qu'après les avoir ainsi épurées et rehaussées, comme pour les rendre dignes de sa colère, qu'il les discute et les renverse à jamais.

« Chacune de ces déllnitions modernes du phlogistique, qu'on pourrait appeler la monnaie avilie de l'antique pièce d'or de Stahl , chacune de ces délinitions est évoquée à son tour et vient tomber sous les coups de Lavoisier, qui s'écrie enhu :

« Toutes ces réflexions confirment ce que --' j'ai avancé , ce que j'avais pour objet de « prouver, ce que je vais répéter encore, que « les chimistes ont fait du phlogisticpie un « principe vague , qui n'est point rigoureu- « sèment défini, et qui, en conséquence, s'a- « dapte à toutes les ex[]lications dans les- « quelles on veut le faire entrer : tantôt ce « principe est pesant et tantôt il ne l'est pas; '( tantôt il est le feu libre et tantôt il est le « feu combiné avec l'élément terreux; tantôt « il perce à travers les pores des vaisseaux « et tantôt ils sont impénétrables pour lui : « il explique à la fus la causticité et la non- « causticité , la diajihanéité et l'opacité , les « couleuïs et l'absence des cnuleurs. C'est un « véritable Protée qui change de foi'uie à « chaque instant. »

« Prenez la note de 1772 oij il établit l'augmentatiou du poids des corps qui biûlent, et ;a mémoire de 1783 où sont ramassées en faisceau toutes les conséquences des expériences

qui l'ont occupé dix années, et vous aurez les deux ternies extrêmes de cette admirable série de mémoires. Le dernier est un résumé plein de vie de ce vaste ensemble, et il offre un parfait modèle d'imp.\rtialité et de bon goût. Il est impossible de ti'iompher avec plus de modestie et de simplicité, et pourtant le triomphe avait coûté de i)ien grands etforts de génie, et jiromettait à la science un avenir dont l'imagination de Lavoisier, mieux qu'aucune autre, pouvait se former un tableau aussi magnifique qu'exact. .« Mais si la tâche de Lavoisier était accom- [ilie, la nôtre ne l'est point encore. 11 est d'autres aspects sous lesquels il faut l'envisagLi-, |iour vous donner une idée juste de ses travaux. Après s'être montré avec tant d'éclat comme expérimentateur, il va reparaître d'une manière non moins remaripiable comme écrivain, dans la rédaction de sou Traité de chimie, ouvrage éternel, dans lequel en deux petits volumes il établit, sans négliger aucun détail, les bases de sa chimie nouvelle; dans lequel ses idées se formulent à l'aide d'un style si pur, si transparent, qu'il efface tous les ouvrages qui l'ont jirécédé, et qu'il les etface même d'une manière qu'on a le droit d'appeler nuisible.

« En effet, pendant la période qui a suivi Lavoisier, vous voyez tous les ouvrages qui lui sont antérieurs tombi-r dans un uiexprimable abandon. La science, pour la généiation qui s'élève, ne date que de Lavoisier; ce n'est que dans Lavoisier qu'on étudie la chimie. Cependuit avant lui bien des faits avaient été observés, mais ces observations se trouvaient tellement i-abaissées par la grandeur de ses découveites, que la lecture des ouvrages antérieurs était Uevenue intolérable à ceux qui avaient étudié le sien. Parmi les faits obsei'vés |)ar les anciens, tous ceux que sa théorie expliquait n'avaient plus d'intérêt, et ceux qu'elle n'expliquait pas répugnaient à l'esprit d'une jeunesse, formée à l'étude de cette chimie, qui ne voulait désormais laisser passer aucun fait, aucun détail sans explication, et qui procédait en tout avec une rigueur géométrique. Dans ce traité de chimie, comme je le disais tout à l'heure, Lavoisier nous apparaît comme un écrivain d'un style très-renmrquable : c'est ce style noble, ce style simple et clair qui convient à la science. On reconnaît partout cet élève de Condillac (jui honore son maître, ce logicien parfait qui n'emploie jamais un mot sans !• bien définir; qui n'énonce aucune idée ([ui ne soit en harmonie avec celle qui pi'écède et avec celle qui doit suivre.

« C'est le même style, le même ordre, les mêmes vues élevées et i)hilûsophiques qu'on rencontre dans l'exposition du la nomenclature chimique, ouvrage que vous trouvez maintenant sur les quais, chez tous les bouquinistes, et dont le soi't semble bien audessoas de son mérite. C'est qu'aujourd'hui la nomenclature est passée dans le langage. Cet ouvrage est une grammaire dont personne n'a besoin. Ouvrez ce livre cejiendaut, et vous y trouverez un discours ploiu

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