I.AV
(J'iiiti'nM, oTi Lavoisier exiuiiino le caraclCrc l't la furmaliuii îles laiigiu'S, ol leur liaison avec la iiatiiio des choses qu'elles expriment; co morceau est un do ceux qui l'ont le plus d'Iioniieur à la plume de I.avoisier, considéré connue écrivani ou couuiie jiliilosoplie.
« Si maintenant uous laissons de côté les travaux cliiniiipies de Lavoisier, nous aurons encore ii le [irésenter sous un point do vue qui n'a pas moins d'iuiportance; je veux parier de l.avoisier pliysicuMi. No vous attendez jias qui', soitaul de mon objet, j'aille vous entretenir ici de st's recherches concernant la [)hysii|ue pure; s'il ne s'était occuiié que de travaux de ce genre, je laisserais aux pliysi(-iens le soin d'en faire connaître le niél'ite. Mais il s'est occupé de la chaleur d'une manière tellement iuqiortante, tellement nécessaire à l'établissement de son système, qu'il est indis|)ensable do faire comiaitro les idées sur les(iuelles il s'est appuyé.
« Lavoisier commence par établir quo la chaleur accuumléo dans les corps n'en altère nullement lo poids. Elle doit donc être considérée connue un fluide iiupoudérable. Ce tluide se présente sous deux formes : tantôt il est libre, et aloi's il est dans un état do mouvement continuel , il tend à se mettre en équilibre dans les corps qui avoisinent celui qui le renferme ; tantôt il est combiné et en repos.
« Quand il est libre, sa présence se révèle par son action sur le thermomètre; mais quand il est combiné, le thermomètre devient insensible à son action.
« Partant de là, il fait voir que ((uand un corps se transforme eu va[)eur, il absorbe toujours beaucoup de chaleur; que l'eau, l'alcool, l'éther en exigent une grande quantité. 11 fait voir que cette absorption est d'autant plus remarquable que l'évaporatiou du corps est plus rapide.
« Ainsi des vapeurs sont les corps liquides ou solides transformés en gaz ou tîuides élastiques , par l'absorption d'une grande quantué de chaleur. Il veut Je faire voir d'une manière tout à fait décisive, il veut |irouvcr que les vapeurs sont absolument de la môme nature que les ga/; conclusion qu'à la rigueur on n'eôt pu tirer des expériences dont nous venons do rendre compte, puisque les vapeurs ne se voyaient point, et qu'elles ne devenaient sensibles qu'aux yeux du physicien, par la pression qu'elles exerçaient sur le mercure du baromètio. Il imagine, pour démontrer cette identité, des procédés ingénieux. Il fait voir, .par exemple, qu'au ujoyen d'une cuve remplie d'eau il peut obtenir l'éther sous forme de gaz, et qu'il suflit pour cela que celte eau soit maintenue à une température de 4-0 degrés. Par conséquent, si l'éther n'o^t jjoiut gazeux, à Paris, par exemi)le, c'est que la tempéi'ature est un peu trop basse et la pression un peu tiop forte. Mais l'éther devient un vér, table gaz sur les plateaux élevés de rAmérii]ue du Sud.
« Il prouve lo même fuit pour l'alcool et
pour la vapeur d'eau, au moyen d'un bain d'eau-mèro du nitre chanIVé à 110", à l'aide du(picl il peut développer ces vapeurs dans un ;r;pareil semblable à celui dont M. (îay- Lussac a fait usage plus lard pour piendre leur densité.
« Qn'arrivei'ait-il donc aux dilférentcs substani'es cpd (-(Hiiposent notre globe, si la tenqiéralure en était bruscpuMuent changée, se demande alors Lavoisier? « Qvie la terre soit tiansportéo lout à coup dans une; région hoauciiup plus chaude du syrtème solaire, dil-il, et bientôt l'eau, les lluides analogues et le mercure lui-mèun^ eidierrmt en expansion ; ils ses transformeront en lluides aériformes ou gaz qui deviendront [larties de l'atmosphère. Ces nouvelles espèces d'air se mêlant avec celles déjà existantes, il en résultera des décompositions , des combinaisons nouvelles, jusqu'à ce que, les nouvelles aflînilés étant satisfaites, les principes de ces différents gaz arrivent à un état d'équilibre ou de repos. >-
« Ainsi, pour lui les vapeurs sont des gaz ou quelque chose d'analogue; et en pressant les conséquences, il est conduit à conclure que les gaz no sont eux-mêmes autre chose (juo des corps primitivement liquides ou solides, réduits en vapeurs; des corps qui, par leur combinaison avec lo calorique, ont iiris l'état gazeux.
« Ainsi, quand il prend du gaz oxygène, qu'il le combine avec un corps quelconque qui le solidilie, le gaz oxygène |ierd la clialeur qui , combinée d'abord avec lui , le maintenait à l'état de gaz; et cette chaleur qui se perd et se dissipe rend compte à Lavoisier des phénomènes de la combustion.
« Les corps solides sont donc des gaz dépouillés d'une partie de leur chaleur, et Lavoisier ne manque pas d'en tirer une conséquence qu'il oppose à celle qui iirécède.
« Si la terre se trouvait tout à coup placée dans une région très-froide, dit-il en ell'et, l'eau qui forme nos tleuves et nos mers, et le plus gi-and nombre des fluides que nous connaissons se transformeraient en montagnes solides, en rochers très-durs, d'abord diajihanes, homogènes et blancs, comme le cristal de roche, mais qui, avec le temps, se mêlant avec des substances do diU'érente nature, deviendraient des pierres opaques diversement colorées. »
«L'air, dans cotte supposition, ou au moins une |iartie des gaz qui le composent, perdant leur état élastique, reviendraient à l'état de liquidité, produisant ainsi de nouveaux liquides dont nous n'avons aucune idée. ».
« Or, vous savez comment cette belle conclusion a été vérifiée par M. Faraday et par M. Thiloj'ier dans ces dernières années.
« En général, et l'on nt; peut manquei'd'en être frappé, tout co que Lavoisier a écrit sur la chaleur, soit uans le rocued de ses Mémoires, soit dans sa Chimie, est rempli do. verve et de venté. S'agil-il de faits, ils sont observés , mesurés avec une délica