‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 187 sur 354 · LEM · texte numérisé non relu

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nous unu noiioti plus (^tendue que dans les Traitiez du rray sel secret des pliilosoptics et de l'esprit (/énénd du monde?

Le nioiidc, dit-il, n'est pas sculcmont corporol, mais iiarlicipant d"iîitolli,^riico, car il est pk'ind'idt'i'souinilbrmes. C'est son esprit qui (•oinmuni(iue la vie à to\itcc qui respire, vil et croît. Le soleil est le [lèrede cet es[)rit du monde, de cet esprit universel ; la lune en est la mère. I.'air l'a \Miv\.é dans son ventre, et la terre lui a servi de nourrice. 11 se rorporilie, se change en terre, et dans cette terre il conserve sa vertu.

Vous reconnaissez facilement dans cette idée le fond des dogmes du panthéisme ; et du reste, si l'alchimiste nous laissait lemoindre doute à ce sujet, le poëte se chargerait de les lever tous, quand il s'écrie :

Pan le fort, le siiblil, l'ontier, rtiiiivorsol, Toui ;iir, loul eaii. loiil terre et tout f(';i immortel, Germe du feu, de r;iir, de la terre et de ronde, (îratiil esprit avivaiu tons les membres du monde; Tour aine miiverselle en tous corps te logeant. Auxquels tu donnes être, et vie, et mouvement. . .

Si les chimistes de ce temps avaient connu l'oxygène, ils y auraient certainement vu leur grand Pan, et, chose bizarre, il s'est trouvé de nos jours un chimiste illustre, poëte aussi, dont le penchant pour les idées panthéistiques ne s'est pas déguisé, et qui, néanmoins, antagoniste de Lavoisier, a toujours cherché à faire prévaloir la doctrine du phlogystique.

LE\1EIIV (Nicolas). — Transportez-vous dans la rue Galande, dit M. Dumas ; suivez la foule bruyante d'étudiants quise précipite; ne vous inquiétez ni des équipages dorés qui amènent les seigneurs et les prinses, ni des chaises à porteurs qui transportent les grandes dames. Faites-vous faire place, allez toujours. Vous trouverez une cour, au fond de la cour une porte basse, un escalier raide, au moyen duquel vous descendrez, vous tomberez peut-ôtre dans une cave éclairée par la lumière rougeâtre des fourneaux. Bientôt vous distinguerez, à son aide, les ustensiles de la chimie du tenqis, et vous verrez la foule empressée, attentive, écoutant les leçons d'un jeune homme qui compte tout au plus trente années.

Ce jeune homme sur lequel tous les regards sont lixés, aux paroles duquel toutes les oreilles prêtent unes si vive attention, vous le devinez : c'est une révolution personnifiée ; c'est Nicolas Lémery.

Pour((uoi ce grand cours et cet empressement ? C'est qu'a de profondes connaissances il sait unir l'ait de les exposer d'une manière simple, accessible à tous, et d'éclairer ses leçons par des expériences brillantes et précises, (.'est que, abandonnant le langage énigmatiqueet voilé de ses devanciers, il consent à |)arler chimie en français; c'est, pour écarter toute figure, qu'il consent à professer une chimie sage et réservée, qui tient tout ce qu'elle promet, qui ne pronu't que ce qu'elle peut tenir. Innovation à jamais mémorable qui , arrachant la science aux régions du mensonge et de l'erreur, en a

fait cette science positive et féconde, dans laquelle un fait en amène un autre, dans laquellele présent s'appuye avec conliance sur le passé, pour s'élancer dans l'avenir. »

D'ailleurs Lémery, qui était alors établi comité pharmacien à Paris, avait su se concilier les esprits par d'autres qualités qui 1q rendirent en peu de temps po[iulaire. Ainsi, pour les dames, il -ivait un blanc de fard Irès-estimé. Pour les étudiants il avait une multitude de bons procédés de chimie^ |)ratiquc. Pour les hommes graves, il avait une chimie qu'on pourrait appeler nouvelle ; il se recoaimandait par une philosophie sag-a et éclairée.

Nicolas Lémery n'avait pourtant pas reçti une éducation brillante. Né à Rouen, en 1G45, élevé d'une façon très-modeste, il entra dans une pharmacie en qualité d'élève. Cherchant d'un esprit curieux à approfondir les pratiques de cet art, il y trouvait beaucoup de problèmes à résoudre, mais il n'en voyait pas la solution.

!1 voulut donc étudier à fond la chimie, et dans ce but il se rendit à Paris. Glazer, à qui il s'était adressé, lui fit, heureusement peutêtre, un accueil peu bienveillant et le dégoûta bientôt de ses leçons par son caractère dur et maussade, 11 ne trouva dans cet hommequ'un maître mystérieux, ombrageux, craignant toujours, non-seulement de dire, mais même de laisserdeviner ce qu'il croyait savoir.

Lémery se décida à courir le monde, et visita successivement les principales villes de Fiance. Arrivé à Montpellier, il y parut d'abord comme élève; mais bientôt il débuta comme professeur de chimie, et obtint un éclatant succès.

Ramené à Paris, en 1672, il y professa pendant vingt-cinqans avec une vogue inexprimable. Ce fut à tel point qu'après avoir rempli sa maison d'élèves, il linit par occuper presque toute la rue Galande, pour loger ceux qui se présentaient encore. 11 lui fallait chez lui, une espèce de table d'hôte pour donnera dîner aux étudiants qui briguaient l'honneur d'être admis à sa table.

En 1675, il publia son Cours de chimie. Cet ouvrage acquit une immense célébrité et obtint un succès si extraordinaire, que sans compter les contre-façons, il y en avait une édition nouvelle presque chaque année.

D'ailleurs, il se répandit ciieztous les peuples civilisés, et fut traduit en latin, en anglais, en allemand, en espagnl, en italien, et peut-être encore en d'autres langues. L'auteur eu fut appelé le Grand Lémery. Sa gloire était à son comirle ; son succès égalait tout ce que l'imagination peut présenter de plus brillant : sa pharmacie olfrait l'un des plus beaux établissements de Paris ; sa prospérité était la digne récompense de ses travaux. Tout cela dura dix ans !

En 1681, obligé d'abandonner sa pharmacie et son enseignement, parce qu'il était protestant, il s"enluit en Angleterre. Pressé par le désir de rentrer dans sa patrie, il revient en France en 1683. Exclu, pour ses

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crowmces religieuses, de l'enseigncmelA et cleres.ereicc de la pliamiacie, il se fait recevoir médecin, dernier refuge qu'il ne conserva pnslongtem|is. En lG85,rédit de Nantes est révoqué; l'exercice de la médecine est interdit aux protestants, et levoilhà quarante ans, sans fonctions, sans ressources, la misère à sa porte, et entouré d'une famille éplorée, à qui semblait naguère promis le sort le plus digne d'envie.

En liiSG, réduit aux abois il embrassa le catholicisme, lui et les siens.

Dès lors son existence redevint calme, et il reprit tous ses droits. Peu après, il publia sa pharmacopée universelle et son traité universel des drogues simples. En 1G39, il entrai! l'académie; son dernier ouvrage, letraité dô l'antimoine, traité que l'on consulte encore quand on veut s'occuper de ce métal, nous montre un observateur d'une habileté consommée. Ce n'est qu'une réunion de faits détac'iés, mais qui attestent un nombre prodigieux d'expériences faites par une main assurée, et dont la description écrite dans le laboratoire porte un cachet de réalité et de simplicité tout nouveau en chimie.

Comparé à Le Fèvre, Lémer^; nous oure, conformément à la marche habituelle de l'esprit iiumain, l'homme positif succédant à l'honnne d'imagination. On remarquera, en effet, que toutes les fois que deux hommes très-distingués dans une science paraissent successivement sur le môme théâtre, le second, par un penchant naturel et irrésistible, cherche à se présenter sous un point de vue dilférent de celui où le premier s'était placé. L'un avait-il brillé par son imagination, l'autre fonde sa gloire sur l'observation attentive c( judicieuse des faits.

Ce qui caractérise le cours de Le Fèvre, c'est l'étendue des idées ; ce qu'on remarque dans le cours de chimie de Lémery, c'est la clarté de ses descriptions. Les opérations sont simples, les détails exacts, les termes nets, sans obscurité ni détour. Sa physique est mauvaise ; mais il y en a sii>eu 1 ses opinions théoriques sont à peu près celles de Le Fèvre, mais il met beaucoup plus de réserve dans leur énoncé. L'esprit universel est toujours le premier principe des mixtes, mais il le trouve un peu métaphysique : comme ce principe ne tombe point sous les sens, il juge a propos d'en établir de sensibles : ce sont l'er'.u, l'esprit, l'huile, le sel et la terre, admis par Le Fèvre. Mais il a bien soin d'établir que le nom de principe ne doit pas être pris aans une signiîication exacte; que ces principes ne le sont qu'à notre égard, et en tant que nous ne pouvons aller plusloin dans in division des corps.

Comme homme positif, Lémery a été éminemment utile, et tous les chimistes dutcmps et de l'Europe entière ont été formés à son école. Le nombre des procédés qu'il a mis en circulation est énorme, et cependant il s'en élait réservé beaucoup pour son couunerre. •ln>là, pourluiun moyen de se procurer une »\islencc très-dnuce.

Il mourut en 1715. laissant un iils, i[\v ,

comôie lui, s'est occu])é de chimie, mais avec bien moins d'originalité et de travail.

LEUCITE. Voy. Amphigène.

LEUCOLITE. Voy. Picmte.

LEVAIN. — C'est le nom de la substance qu'on ajoute à la pAtc, avant sa cuisson, pour lui faire éprouver cette feimcntation qui en détermine le boursouflement et la légèreté. Tout le monde connaît la différence qui existe entre le pain avec ou sans levain : ce dernier est lourd, compacte, moins agrérble au goût.

Le levain est tantôtdela pAte (}u'o-i a laissée aigrir ou fermenter, tantôt de la levure de bière. Ce n'est pas sans peine que l'usage de cette dernière substance a prévalu dans les boulangeries des villes. La Faculté de méaecine s'opposa môme par un décret du 24 mars IGGS, à son emploi, en déclarant que l'usage en était nuisible... 11 est difficile d'établir à quelle époque on commença à faire entrer du levain dans la pAte destinée à la confection, cette coutume est fort ancienne. Nous savons seulement que le pain fermenté était coînudu temps de Moïse, puisqu'il ordonna aux Hébreux de faire la Pàque avec du nain sans levain (1), ce qui suppose qu'oi en l'aisait avec le ferment. Quelque portion depAte oubliée dans le pétrin et incorporée avec l'eau et la farine a dû être l'origine de cet importani perfectionnement (2^.

LEVURE DE BIÈllE, Voy. Fermext et Fermentatiox.

LIGNEUX. — Entre la moelle et lé.orce des plantes se trouve un tissu poreux , par lequel une grande partie des sucs sont conduits de la racine vers les branches de l'arbre ou de la plante. Ce tissu reçoit le nom de ligneux , chez les arbres , et celui de fibre ligneuse chez les plantes d'une texture moins solide. Ce tissu se propage depuis le tronc et les branches jusque dans les pétioles et dans les feuilles, et d'un autre côté il arrive, par le pédoncule, jusque d;ms ks organes sexuels, et après la fécondation il se développe dans le fruit. On ignore quelles sont les différences que ce tissu peut présen ter, en passant d'une partie végétale à l'autre, et je ne puis que répéter que ce qu'on ea sait jusqu'à présent.

On considère comme du ligneux ou do h fibre végétale, la substance qui reste, après qu'on u traité une plante ou une partie végé-

(1) Exode, chap. xii, v. 15. — L'usDge du pain s.'ïiiS levain, dit pain azijmc, existe encore chez les juifs.

(2) L'institution des boulangers est fort ancienne. Ceux de la Gaule avaient choisi pour leur patron Mcrcure-Ariaïus, ainsi noiiinié du grec arlos, (pii signifie pain, et ils lui av:'.i<'nt bâti un leniple dont Chorier (Histoire du Daupliini') assure qu'on voyait encore dos ruines, au x\ii' siècle, dans l'endroii où se trouve aujourd'hui le Nillage d'Artai, à un niyriamotre de Grenoble. Le nom île boulanger vient, selon Du Gange, de ce que le pain avait dans l'oiigiiie la forme de hotiles. Il est question de his-ciiU, ou pain cuil deux lois, dans une ancienne chroniiiuc du legrie de Ciiarleniagne. Abbon en parle aussi dans sa relaljim du siège de Paris, par les Normands. Gc pain é ail employé sur les vaisseaux, fonin;c de 111 dl.iMO jjarrie que le pain, ordinaire.

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