‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 188 sur 354 · I.IG · texte numérisé non relu

I.IG

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taie par l'iniier, l'alcool, l'eau, .os aciduj, ntlaiblis tH lus alcalis caustiques en dissolution L^ti'iulue , jiour liissoudro toutes les nialit^ri'.s soluliles da<iis ces aj;cnts.

Le Hiyneiu- proprement dit constitue le sifuelelte des troncs, des brandies et des rameaux, des arbres et d(;s arbustes. 11 varie dans los dili'érentes espèces sous le rapport de la texture, de la couleur, do la dureté, du la pesaiîteur spéeilique, etc., et en raison du C-'S diirérences sa composition varie probablement aussi. La texture du ligneux est toujours poreuse, parct; qu'il renferme des vaisseaux longitudinaux ; aussi est-il facile de le fendre dans la direction que prennent SOS vaisseaux. Ses pores renferment, loi'scju'il est frais, des sucs conteiianl en dissolution différentes matières; pendant la dessiccation du ligneux, l'eau se vajiorite et laisse les matières qu'elle tenait en dissolution. C'est pour celte raison que le bois se contracte, en séchant, dans le sens de la largeur et se fend dans le sens de la longueur, mais il conserve sa longueur. On croit avoir reconnu que le bois sec do nos arbres ordinaires se compose de 96 pour cent de ligneux et de 4- pour cent de substances pouvant être dissoutes par les dissolvants précédemment cités. Mais la quantité des matières contenues dans le suc varie avec les saisons. C'est à une partie de ces matières qui restent après l'évaporation de l'eau , que les ditîérentes espèces de bois

J)araissent devoir leurs couleurs ; dans ce cas a matière colorante de la plante se fixe, sur le ligneux, en vertu d'une aftinité chimique, et nous imitons cette coloration lorsque nous teignons du lin. Après avoir été séché à l'aide de la chaleur, le ligneux est nonconducteur de l'électricité, mais il redevient conducteur par l'exposition à l'air, dont il absorbe l'humidité ; cette absorption est favorisée par l'état poreux du ligneux et par la présence des substances déliquescentes qui s'y trouvent contenues. Le bois sec recouvert d'un vernis n'alisorbe [las l'humidité atmosphérique. Tout le monde sait que le bois nage a la surface de l'eau ; néanmoins la pesanteur spéeilique du bois est plus grande que celle de l'eau, et dans le vide le bois tombe de suite au fond de l'eau. Si le bois paraît plus léger que l'eau, cela tient c^i la multitude de tes porcs remplis d'air, d'où l'air n'est chassé (lar l'eau qu'après un contact prolongé. La pesanteur spéeilique du bois exempt d'air varie de 1,4-6, pesanteur du bois de sapin et d'érable, h 1,53, pesanteur des bois de chêne et de hêtre.

Les phénomènes qu'olfre la combustion du bois sont assez généralement connus, pour que je puisse me dispenser d'en parler ici. Le bois est détruit peu à peu sous l'iniluence simultanée de l'air, de l'eau et de la lumière. 11 devient d'abord d'un gris clair, et la lAuio commence à en détacher des portions isolées; ce qui s'aperçoit très-bien sur du bois vieux partiellement peint à l'huile ; les parlies non peintes simt peu h peu corro iéos, se délaclionl et tomboni. Si le hoi>. n'c-t pns

placé de manière ijui' 1 1 |iuriio 'raidie puisse se séparer du reste, il se couvert t ricuàpeu en une niasse brune, qii se réduit en une poudre grossie e, (|uaiul on y touche. Daîis ce cas le bois absorbe i:e l'oxygène et dégage (lu gaz acide carlxjiiiciu^; ; mais ce changement s'opère également sans le secours de l'oxygèiK! et de la lumière, par exemple dans l'intérieur du Ironc des aibres vieux, surtout des chênes. Si l'air n'a pas libre accès, 1 1 partie pourrie ne brunit pas, elle devient b'andie ou grise. L'e8u enlève à ces produits de la décomposition ])uli'iile du bois, de nouvenux corjis, soiubles dans l'eau, dont la nature n'a pas encore été étudiée. Par suite d'une autre déconipo.-ition moins fré- (juente, qui est connue sous le nom de putréfaction sèche, le bois coupé, même conservé dans un endroit sec et aéré, devient friable et impropre 5 l'usage. En Angleterre on a eu des exenifiles de vaisseaux, qui ont été détruits de celte manière, dans l'espace de quelques années. On ne connaît pas la cause de cette réaction destructive, et une fois qu'elle a commencé, elle s'étend comme par contagion sur le bois intact, placé à côlo de celui qui est attaqué. Sous l'eau, le boi? se conserve indéfiniment; et à cet é:ard c peut citer comme des preuves incontestablb. les poutres placées dans l'eau et les troncs d'arbres tirés du fond des tourbières où ils se trouvent probablement depuis une époque antérieure à notre histoire. En Suède il existe des maisons en bois, qui sont habitées depuis trois cents ans et dont le bois a été préservé contre l'action de l'air et de l'eau par la couleur rouge (oxyde ferriquc) qui le recouvre ; les cercueils des momies égy|)tiennes, dont quelques unes ont plus do 3()03 ans, fournissent un exemple plus positif encore, pour prouver que le bois conservé dans l'air sec et à l'abri de la pluio se maintient pendant un espace de temps très-considérable et conserve assez bien sa cohésion.

Le bois soumis 5 l'action du chlore devient d'un blanc de neige, mais il ne se dissout pas. L'acide sulfurique concentré le transforme à froid en gomme, et si l'on mêle In niasse ainsi obtenue avec de l'eau, et qu'on la fasse bouillir, la gonmie se convertit en sucre de raisin. Si l'on cliaull'o un mélange d'acide sulfuriquo concentré et de sciure do bois, il se dégage du gaz acide sulfureux, la masse devient noire et se prend en un magma, qui, trailé [lar l'eau, donne, selon Hatclicît, 0,'i38 de son poids d'un n's du insoluble charbo neux, difliciie h brûler. L'acido nitrique coiicentré jaunit le bois et déiruil après quelque tem|is sa cohérence, en sort.!'qu'il se réduit en une masse pulvérulente, qui finit par se dissoudre et se couvert' acide oxalique. Par l'ébullition avec d hydrochlorique concentré, le boises l'acide se colore d'abord en rouge, brun, et le bois noircit, sans devcni dans l'acide ou dans l'eau; après la\ cation il briMe avec flamme. Lesalcal • iqni's fn dis5nliili< n élendne n'ex

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qu'une faible action sur le bois ; mais si l'on chaiilTc de la sciure de bois avec un poids é^'al d'hydrate potassique en dissolution concentrée , jusqu'à ce que la masse soit dissoute en un liquide homogène, expérience j)endant laquelle la masse se boursoulle et dégage une eau douée d'une odeur empyreumatique, on obtient, après le refroidissement, une dissolution brun noirâtre, qui contient de l'acide oxalique et de l'acide acétique, et d'oii les acides précipitent une substance, qui a la plus grande analogie avec l'extrait de terreau ou avec la subst.ince qui se dissout ]ors(iu'i)n traite la suie par un alcali. Le bois soumis à ce traitement se dissout presque sans laisser de résida. Si ]'on chautfe [c mélange de sciure et de potasse à l'abri du contact del'air, par exemp'e dans une cornue, la niasse jaunit, et forme avec l'eau bouillie une dissolution jaune, qui absorde l'oxygène lie Fair.

La composilion du bois a été examinée par Gay-Lussac et Thénard, et par Prout. Les deux premiers chimistes ne se sont occupés que des deux espèces de bois, qui ont beaucoup d'analogie, savoir du bois de chône et du bois de hêtre, raison pour laquelle les résultats do leurs analyses se rafiîiroclient beaucoup. Ces chimistes ont trouvé dans 100 parties de iiO s séchés à la température de 100° :

Gurbone. .

Hydrogène. Oxygèîie. .

B.iis (le chêne. Bois de Iièlre.

i-A,iù

Prout a reconnu que l'oxygène et l'iiyùrogène se trouvent, dans le bois, dans la môme proportion que dans l'eau. Dans le bois de saule il a trouve 0,50 et dans le buis 0,193 de carbonne; le restant consistait en oxygène et en hydrogène.

il serait d'autant moins possible de calculer la composilion atomique du bois, d'après les analyses précédentes, que très-probableineut la masse du bois, qui se compose de tissu cellulaire et de vaisseaux entrelacés, contient plus d'un principe immédiat.

Les usages du bois sont généralement connus. L'avenir f',-ra voir si l'on pourra s'en servir avantageusement à préparer du sucre et de la gomme. Autenrieth a annoncé, il y a quelq .es années, que de la sciure de bois réduite en poudre farineuse et moulôe en giteaux, après avoir été raèl'-''e avec une quantité de f irino suflisante pour la rendre cohérente, pouvait SiTvir avantageusement h nourrir des cochons, cl il assure l'avoir réellement employée ù cet eftVt. L'exactitude de cette donnée assez im]iortanle pour l'étonomie rurale n'a jias encore été confirmée. Si elle venait à IV-tre, il faudra t admettre que les organes de digi'sliou de 1 animal ont fait subir au bois un changement analogue à celui qu'il éprouve par l'action de l'acide sulfurique. Voy. Fihhiî végétale.

LIGNITE (bo's bitumineux , houille compacte, houille sèche, jayet). — Matière noire (tn bru.'ic, opaque, s'alluraant et brûlant avec

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facilité, avec (lamme, fumée noire, odeur bitumineuse, souvent fétide, et sans boursouflement. Donnant, lorsqu'elle a cessé de flamber, un charbon semblable à la braise qui conserve la forme des fragments.

On ne sait pas quelle est la nature de l'espèce de matière qui s'est produite ici par la décomposition des bois. Il est seulement remanpiable que le goudron qu'on obtient par la distillation ne donne pas de naphtaline, ce qui distingue éminemment ces matières de la lîouillo.

Los grands depuis de lignitos se trouvent en général, comme ceux de houilles, dans des bassins ]3articuliers, dans les gorges et les vallées que les montagnes plus anciennes laissaient entre elles. Ils se composent de plusieurs couches séjiarées les unes des autres par des matières pierreuses, qui sont aussi très-mélangéesde charl>onetde bitume, tantôt en masses terreuses, tantôt schisteuses. Ces couches sont fréquemment ondulées, mais jatnais repliées en zig-zag. comme celles de houilles, et elles sont moins sujettes aux failles.

Les matières qui accompagnent les dépôls de lignites sont fréquemment remplies de débris de coquilles, dont h' lest, devenu blanc, se dessine agréablement sur le f ni coloré de la pâte qui les envelojjpe. On y distingue clairement des lymnées et des planorbes, qui sont des coquilles (luviatiles, mêlées avec des coquilles turriculées, dos coqudles bivalves, dont l'habitation i st plus douteuse. On y trouve aussi des débris végétaux, et il est remarquable qu'ils appartiennent à des plantes dicotylédones ; ce sont des branches et des troncs d'arbres, des feuilles de diverses sortes, qu'on est toujours tenté de comparer à des fouilles de peupliers, de l)Ouleaux, d'ormes, de châtaigniers, etc.

L'emploi des lignites est beaucoup moins étendu q le celui de la houdle, mais c'est encoi'O un combustible extrêmement |irécieux, qui peut servir, et sert on elfet, dans une multitude de circonstances. Les variétés qui ne répandent auciuie mauvaise odeur par la combustion , sont d'un usage trèsagréable pour les appartements, et me paraissent avoir un avantage marqué sur la houilla, par suite de leur tlamme claire, par leur n'ducîion en braise semblable à celle du buis, qui, comme elle, continue à brûli.T lentement, lorsque la llamme et la fumé sont passées. Elles ont encore sur la houille l'avantage de ne pas répandre une fumée aussi épaisse, el surtout de ne pas remplir les appartements d'une poussière fine, dont rien ne peut être à l'abri, même dans les meubles les mieux fei'uiés.

Tous le'! lignites peuvent être employés dans les usines oii il s'a;;it de chauii'r ou d'évaporer des liquides, pour la cuisson de la chaux, des poteries communes, etc. Ils donnent, h ce qu'il parait, une chaleur plus forte que celle du bois, mais mo ns foilo pourtant que celle ilc la houille, ce qui, di'ou, em[)ôcbe df les employer dans les fonderies. Cette dernière a3>ci'lion est ceneu-

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