‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 193 sur 354 · LL'M · texte numérisé non relu

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coup plus faibles ;iii calorique qu'ils contiennent. On pfut aisément se convaincre de la faculté échauliaiite de ces rayons en se plaçant, durant l'hiver cl dans une chambre froide, devant un feu declieminée; la chaleur se fait sentr souvent à une assez grande distance du foyer, t|uoique l'air do la chambre ne soit point éehautl'é. Ce phénomène tient à ce que les rayons émanés du feu n'aliandonnent pas immédiatement leur calorique à l'air, et ne le funt que quand ils rencontrent un corps opaque. C'est là aussi ce qui fait que la glace se fond sur les vilres dès qu'elle est atteinte par les rayons du feu de la cheminée, quoique la chambre eliemôme continuel être assez froide pour que de l'eau placée à l'ombre puisse encore se congeler entre l'Atre et la croisée.

Les rayons de l.i lumière du feu sont, comme ceux du soleil , susceptibles d'è- Ire réfractés, condensés et décomposés ; mais ils contiennent une quantité beauconp moins considérable de calorique , qu'ils laissent aussi échapper avec une bien plus grande facilité. C'est pourquoi, lorsqu'on essaye de les condenser par le moyen d'un verre ardent, celui-ci s'échaufle, et les rayons lumineux sont t resque les seuls qui le traversent. Une circonstance particulière ici, c'est que les rayons caloriques du feu passent avec infiniment moins de perte à travers un verre ardent assez foncé en couleur pour 6lre opaque ; de manière qu'on pourrait dire que là où les rayons lumineux passent, les rayons calorifiques sont airôlés,et vice versa. Les choses se passent de même avec des miroirs ardents en verre ; mais quand on emploie de bons miroirs ardents en métal, on peut condenser les rayons du feu et, suivant leur degré d'intensité, échauffer ou môme enflammer des corps placés à 1 eur foyer. Par conséquent, les rayons du feu ne sont l'as tout à fait si composés que ceux du so- Ii'il, quoique, de môme que ceux-ci , ils puissent se réduire, en traversant le prisme, a un spectre de sept couleurs principales, lequel toutefois , comme il a déjà été dit précédemment, n'olfre pas les lignes obscures qu'on aperçoit dans l'image produite par la lumière solaire.

On ne sait point encore d'une manière certaine si la présence du calorique est nécessaire ou non pour constiturr un rayon lumineux. Mais qu'un rayon jumineux puisse pcnlre une grande partie de son calorique, sans pour cela cesser d'être, c'est ce que nous voyons, non-seulement dans les rayons du feu qui traversent un verre ardent, mais encore dans la lumière de la lune, due aux rayons sn.aires rélléchis par ce satellite, qui ont laissé leur chaleur et une grande partie de leur lumière sur la surface absorbante de l'astre, et qui ont totalement perdu par là leui propriété échaullanle.

Beaucoup le corps répandent, même sans brûler, une umière faible, mai^ qui, bien que visible, ne suffit pas pour éclairer. Tels sont, par exemple, certains animaux vivants, {es matières animales cl vé^''ta!es en putré-

faction, plusieurs sortes de pierres, lorsqu'on les échautfe doucement, qu'on en choque ou frotte deux morceaux l'un Ciintre l'autre, le sucre quand on le casse, etc. Divers sels, en cristallisant, produisent, au milieu du liquide, des lueurs scinlillantes ipii se succèdent parfois avec vitesse : on dislingue dans le nombre le sulfate potassique et le fluorure sodique. Le gaz oxygène et les gaz qui en contiennent deviennent lumineux pour un instant, lorsqu'on les comprime avec force et rapidité. Nous ne savons pas d'oià la lumière provient alors, de même que nous ignorons si, dans la plupart de ces circonstances, elle contient du calorique.

Les rayons lumineux influent diversement sur la composition de j)lusieurs corps. Ceux du soleil agissent avec jilus de force que tous les autres ; ce qui tient à leur densité infiniment plus considérable. Ils ont pour effet ordinaire de rameiier divers corps ox-ydés ou brûlés à leur éiat primitif do corps couibuslibles, en dé.;ageant l'oxygène sous la forme de gaz. Ainsi, par exemple, ils colorent l'acide nitrique pur et concentré en jaune ou en rouge, landis qu'une partie de l'oxygène de cet acide se dégage sous forme gazeuse. En agissant sur certaines dissolutions d'or , tantôt ils précipitent l'or sous forme métallique, et tantôt ils font prendre une teinte purpurine à la liqueur. Parmi les sels d'argent, les uns sont réduits par eux à l'état métallique, et les autres noircis; cette propriété est surtout prononcée dans le chlorure argentique.

La lumière pâlit et détruit la plup.irt des couleurs végétales. Tous les jours nous voyons celle du soleil alfaiblir les teintes de nos étoffes, et détruire la plupart de leurs couleurs. La teinlui'e verte préparée avec l'esprit-de-vin et les feuilles de cerisier et de tilleul fournit, quand on l'expose au soleil, un exemple remarquable de ce phénomène, à raison de la rapidité avec laqudle on la voit changer; en vin^t minutes elle perd sa couleur, qui, dans un endroit obscur, persiste pendant longtemps sans éprouver d'altération. Kumford présumait déjà que ces effets devaient tenir principalement à la faculté calorifique des rayons. Gay-Lussac et Thénard ont démontré, par des expériences, que les couleurs qui résistent longtemps au soleil peuvent jiàlir en quelques minutes quand on les expose à une température qui surpasse celle de l'eau bouillante, sans toutefois être assez forle pour brûler l'étoffe.

La plupart des plantes qui végètent danl'obscurilé y deviennent grêles, molles, décolorées ; elles ne reprennent leur couleur verte et n'acquièrent de la consistance que quand elles viennent à ressentir l'influence des rayons du soleil. Les végétaux que nous élevons dans nos appartements s'inclinent du côté de la croisée; ceux qui croissent en plein air se dirig nt toujours vers la verticide, et lorsqu'on les couche sur le sol, ils décrivent un coude alin de se redresser, parce que c'est de haut en bas qu'ils reçoivent le mii'iu les rayoïs lumineux. Les ani-

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