MALADIES DES POMMES DE TERRE
Yoy. Pommes de terre.
MALIQUE (acide ). — Acide découvent en 1783, par Schéele , en môme temps que l'acide citrique. L'acide maliquo abonde surtout dans le suc des pommes aigres , dans les baies d'épine-vinette , les prunelles, les cormes, et les fruits du sureau, où une trèspetite quantité d'acide citrique l'accompagne. Il est contenu à parties égales avec cet acide, dans la groseille , la groseille à maquereau , les fruits de l'airelle et de l'aubépine, les cerises, les fraises et les framboises , dans le suc de joubarbe à l'état de malate acide de chaux , et surtout dans les fruits gelés du sorbier, d'où on l'exprime ordinairement. On le trouve dans les fourmis, combiné avec de l'acide formique , et généralement dans la plupart des sucs de plantes ; c'est l'acide végétal le plus répandu. Il est presque pur dans le fruit de l'épine-vinette.
Si l'on soumet , dans une capsule posée dans un bain de sable, l'acide malique cristallisé à une température de 130° ou liO°, il entre bientôt en fusion ; mais au bout de quelque temps on voit se former, dans le liquide, des lamelles cristallines dont la quantité augmente jusqu'à ce qu'enfin le tout se trouve transformé en une masse sèclie. L'eau froide en extrait l'acide malique non altéré ; mais la portion qui ne se dissout pas dans l'eau froide n'est autre chose qu'un acide identique à celui que l'on retire delà plante appelée fumeterre, et qu'on a désigné pour cela sous le nom d'acide fumariqiie.
L'acide malique cristallise sous forme mamelonnée, et quelquefois en lamelles prismatiques. 11 a une saveur fort agréable; mêlé avec du sucre et dissous dans 1 eau, il donne une excellente limonade. Il fond à 00°; à une chaleur plus élevée (vers 200°), il forme deux acides nouveaux, l'acide inaléique, qui se volatilise, et l'acide paramalique, qui reste dans la cornue. L'acide malique a beaucoup d'analogie avec l'acide citrique. Il est soluble dans l'eau, dans l'alcool et l'élhcr. Il ne précipite pas l'eau de chaux , parce qu'il forme un bimalate très-soluble dans l'eau , mais insoluble dans l'alcool. Il e^t isomère de l'acide citrique ; sa composition s'exprime par la formule : C» H' O' -f HO ( acide malique cristallisé).
M.\LTHE {bitume glutineux, poix minérale , goudron minéral , pétrole tenace , pissalphate). — Substance molle, glutineuse , d'une odeur de goudron, se durcissant dans les temps froids , et se ramollissant ordinairement pendant l'été ; se durcissant cependant quelquefois de manière à résister à la température ordinaire, mais se fondant toujours dans l'eau bouillante.
La malthe se trouve quelquefois à peu près pure ; elle s'écoule par les fissures dis roches et en couvre la surface et le sol environnant, soit de pélicules onduleuses,
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soit do inanielons ou de stalactites ; mais , 311 j^oiioral , elle iinpr^giio îles iiiatièros terreuses ou ar(?nac6es dont elle réunit les fruf^uienls elles grains, et constitue ce ([u'ou iiouuuo grès bitumineux, argile bitumineuse.
Il serait possible que cette espèce do bitume commençât à se rencontrer dans les terrains secondaires , et nuhue dans le ^rès houiller; mais, dans les localités les plus connues , il appartient aux terrains tertiaires.
Il sortqnelquefoisde terre avec une jj;rande quantité d'eau, à la surface de laquelle il se rassemble , et on cite un grand nombre do lieux h cet égard , en Grèce , au Japon , au royaume d'Ava , etc. ; dans ce cas la mallhe est beaucoup plus mélangée de naplite (lue dans tous les autres. 11 en existe également dans toutes les localités où nous avons cité le naphte.
La malthe est exploitée dans un grand nombre de localités. Celle qui s'écoule des roches n'a besoin que d'être recueillie immédiatement ; celle qui imprègne les sables et les aigiles n'otl're pas beaucoup de didiculés de travail. On exploite ces matières, et on les jette dans de grandes chaudières d'eau bouillantes, à la surface desquelles le bitume vient bientôt se rassembler; dans d'autres cas , on amoncelle ces terres bitumineuses, ou y met le feu vers le centre, et la maltlie, devenant plus fluide, s'écoule de toutes parts dans des bassins où on la recueille.
Cette sorte de bitume est employée à un grand nombre d'usages : d'une part , pour enduire les cordages et les bois qui doivent servir dans l'eau, comme le goudron végétal artificiel. On s'en sert pour graisser les voitures, en Auvergne, en Suisse , dans toute l'Allemagne et la Hongrie; on la mélange avec des sables , des calcaires en poudre , pour faire des tuyaux de conduite, des dalles qu'on emploie à couvrir les terrasses, à garnir les réservoirs ; on imprègne des toiles pour faire des auvents , des couvertures légères ; on la fait entrer dans la composition des vernis dont on recouvre le fer, et dans des peintures grossières qui présentent beaucoup de solidité.
MANGANÈSE. — On rencontre ce métal , en quantités considérables , dans un grand nombre de minéraux , parmi lesquels celui dont on se sert pour la préparation du gaz oxygène est un des plus riches. On en trouve aussi dans quelques matières organiques. Fourcroy et Vauquelin l'ont trouvé dans les os, et on le rencontre souvent dans les cendres des plantes.
Le minéral qu'on désigne ordinairement sous le nom de manganèse est connu depuis longtemps déjà, mais sa composition est restée cachée .jusqu'aux temps de Scheele. Ce dernier le décrivit dans les Transactions de l'Académie des sciences de Stockholm, année 1774., comme une terre particulière qui, pour se conformer au langage du temps, se combinait en diaérentes proportions avec le combustible. J.-G. Gahn démontra ensuite que cette terre pouvait être réduite en un DiCTiONN. DE Chimie.
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métal qu'il appela magnésium , parce qu'en latin le manganèse était désigné sous le nom de tnagnesia niyra. Plus tard on craignit (pii^ ce nom ne fût confondu avec celui de magnesia, et on lui donna le nom de rnanganesium, et en français manganèse. Les chimistes allemands 1 appellent manganiura, le nom de manganesium ayant trop de rapports avec celui du radical métallique de la magnésie, le magnésium.
Le manganèse est d'un blanc grisAtre , d'une texture grenue. Il est très-cassant et ne peut être ni laminé ni tiré en lils. Sa densité est de 8,013. II ne peut être fondu qu'au plus haut degré de chaleur que l'on puisse produire dans les forges ordinaires alimentées par un courant d'air. Sa fusion est évaluée à 160 degrés du pyromètre de Wegwood , ce qui correspond à peu près à 11,118 degrés du thermomètre centigrade.
Peroxyde de manganèse. — Cet oxyde existe en si grande quantité dans la nature qu'on ne le prépare pas ordinairement : on se contente de le puriher des substances étrangères avec lesquelles il se trouve.
Le peroxyde de manganèse est le seul des oxydes de ce métal qui soit employé. H sert principalement à la préparation du chlore, des chlorures et des sels de mniganèse. Cet oxyde se trouve non -seulement dans plusieurs provinces de France, mais encore en Angleterre , en Boliôme et en Saxe. Celui fourni par ces derniers pays est plus pur et préféré.
L'usage qu'on faisait de ce minéral dans les verreries pour faire disparaître la couleur verte jaunâtre que les matériaux ferrugineux communiquent au verre , lui a fait donner autrefois le nom de savon des teinturiers.Cel oxyde, encore employé pour cet objet, agit en brûlant, à l'aide d'une porti(m de son oxygène, les matières charbonneuses qui peuvent troubler la transparence du verre. Lorsque sa proportion est trop grande , il colore à son tour le verre en violet. Un centième de cet oxyde suffit pour donner au verre fondu une teinte violette très-belle et foncée ; aussi fait-on usa^çe de cet oxyde diins l'art de colorer le verre ou de fabriquer les émaux. Cetie action de l'oxyde de manganèse était déjà connue des anciens : Pline dit qu'à l'aide du lapis magnes , on débarrasse le verre du fer et des couleurs qui le troublent : c'est peut-être à la confusion de ce nom avec celui de l'aimant naturel que le manganèse doit sa dénomination.
L'améthyste doit sa couleur à la présence de quelques parcelles de deutoxyde de manganèse.
Les sulfures et les chlorures de manganèse sont sans importance.
SELS A BASE d'oXYDE DE MANGANÈSE.
Protocarbonate de manganèse. — Ce sel se rencontre dans la nature ; on l'a trouvé à Nag.\ ac , en Transylvanie. Il est en masse compacte, d'une couleur blanche ou rosée.
Prolosulfate de manganèse. — La solution do ce sel peut servir à marquer le linge. Si,
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après avoir imprégné un morceau de toile de solution de carbonate de soude, on trace des caractères avec une solution de ce sel , ^ les traits formés brunissent peu à peu à la ' lumière, et deviennent ineffaçables par l'eau et les solutions alcalines.
Protohyposulfate de manganèse. — Ce sel est princii)alement employé pour obtenir l'acide hyposulfurique.
Protophosphate de manganèse. — La nature offre ce sel , mais il est mêlé au phosphate de fer, et constitue un minéral qui a été découvert aux environs de Limoges.
Manganates. Voy. Manganique (acide).
Permanganates. Voy. Permakganique (acide).
MANGANÉSIATE DE POTASSE. Foy. Manganique (acide).
MANGANIQUE (acide). — On ne connaît cet acide que combiné avec les bases, et notamment avec la potasse. Dès qu'on cherche à l'isoler, il se décompose en acide permanganique et en peroxyde de manganèse.
Quand on calcine du peroxyde de manganèse avec de la potasse ou avec du nitre , on obtient une matière d'un vert très-foncé, qui devient rouy;e par l'addition d'un acide, et repasse au vert par l'addition d'un alcali. C'est cette matière qui était depuis longtemps connue sous le nom de caméléon minéral. On sait aujourd'hui que ces phénomènes de coloration tiennent aux différents degrés d'oxydation que le manganèse est susceptible de subir sous l'influence de certaines circonstances. Dans cette masse verte {caméléon), le manganèse existe combiné avec 3 éq. d'oxygène (Mu 0'), couibinaison acide («(■/(/cjnanganique)qu'\ forme, avec la potasse, dumanganate de potasse. Il y a différents moyens de prépaier le luanganate de potasse. On le prépare en chauffant, au contact de l'air, parties égales de potasse et de peroxyde de manganèse, ou 1 p. de peroxyde avec 3 p. de nitre. On continue à cliaulfer, jusqu'à ce qu'un échantillon de la matière colore l'eau en vert. Dissous dans l'eau , le manganate de potasse (caméléon vert) passe (à mesure qu'il se décompose) par différents degrés de coloration. La dissolution, d'abord d'un vert foncé, devient bleue, puis violette, purpurine , rouge clair, puis enfin incolore. Il se dépose du peroxyde de manganèse. Le meilleur procédé pour obtenir le caméléon vert (mauganate de potasse) consiste à calciner un mélange de peroxyde de manganèse , d'oxyde rouge de mercure et de potasse. En traitant la masse calcinée par l'eau , on ne dissout que le caméléon pur. En évaporant la dissolution, qui est d'un vert foncé, on obtient des cristaux de manganate de potasse, qu'on dessèche en les pi-essant entre deux feuilles de papier brouillard , pour enlever l'excès de potasse. Ces cristaux sont des pyramides hexaèdres, semblables aux cristaux du sulfate de potasse ( Mitscherlich). 11 faut conserver le manganate de potasse à l'abri du contact de l'air; autrement il se colore en rouge en se décomposant : une portion d'aeide manganique passe à l'état de peroxyde,
en cédant de l'oxygène à une autre portion d'acide manganique qui passe à l'état d'acide permanganique. Voy. Permanganique (acide).
Les matières organiques décomposent promptement le manganate de potasse et en précipitent du peroxyde de manganèse. C'est d'après cette propriété qu'on a conseillé l'emploi du sous-nianganate de potasse pour marquer le linge. Lorsqu'on trace des caractères ou des ciiiffres sur la toile avec une solution concentrée de ce sel , ils deviennent îi l'instant bruns; au bout de quelque temps, on remarque qu'une portion de i)eroxyde de manganèse est intimement combiiK'e au tissu, et ne peut en ôtre enlevée ni par les solutions alcalines chaudes ni par les acides affaiblis, à l'exception de l'acide sulfureux , qui les efface en décomposant le peroxyde de manganèse, qu'il dissout ensuite. Ce moyen de marfjuer le linge peut trouver néanmoins quelques applications utiles.
MANNE. — La manne est un suc concrète à l'air, qui dcicoulc soil spontanément, soit par des incisions pratiquées à l'écorce d'une espèce de frêne désignée par Linné sous le nom de fraxinus ornas ; elle est formée do trois principes: de sucre incristallisable, d'un autre princijie sucre cristallisable (mannite), et d'une matière nauséeuse incristallisable. Ce produit sucré, suivant sa pureté, est connu sous trois noms différents dans le commerce : on donne le nom de manne en larmes à celle qui est en morceaux oblongs , cassants et cristallins, d'une saveur douce et sucrée; on distingue sous le nom de manne en sorte celle qui est < n masse molle , noirâtre, résultant d' l'agglut, nation d'un grand nombre de petites larmes ; enfin, on connaît sous le nom de manne grasse celle qui se présente en masse gluante , mêlée de plus ou moins d'impuretés.
La manne est surtout employée en médecine comme un purgatif doux et laxatif, à la dose d'une once à trois onces ; on l'associe souvent à d'autres substances médicamenteuses.
MANNITE (sucre de manne). —On le trouve dans différentes plantes , mais surtout dans le jus sucré que l'on extrait du fraxinus ornus et rotundifolia , espèce de frêne qui croit dans l'Europe méridionale. 11 existe aussi ilaiis le suc des ogiions, des betteraves, du céleri, des asperges, dans l'aubier de plusieurs esjièces de piuus , principalement du larix , et il est probable que beaucoup d'autres plantes douces en contiennent , quoiqu'on ne l'y ait |)as encore trouvé. Proust est le premier qui ait reconnu que la saveur sucrée de la manne provenait d'une espèce de sucre diflérente du sucre or.iinaire.
En été il s'écoule des espèces susmentionnées de fraxinus et du pinus larix un sirop limpide, épais, très-doux, qui se solidifie sous forme de gouttes blanches ou légèrement jaunâtres, et que l'on recueille. Ce produit, connu sous le nom de manne, constitue une drogue employée en médecine. La manne tirée des frênes est la meilleure;
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ccllo provonaiit du larix est nppon^e manne (If llridiiçon, o" l.i tc^i'élioiilliiiie tjii'olli^ conl'oul lui (loiMie une savour si dcsaj^n'ablu , ([u'oii l'iMuplDin rai'ouioiit. Laïuauiit! stscoiiipose priiicipalriueut de sucre de uianne; elle KUilioul aussi une iietitc quantité de sucre de caune , et une matière jauiiAtre ^ exlraotive, (jui est le princi[ie actif île la manne, et lui communique des [)ropii6l6s laxatives. Pour obtenir du sucre de mamie, on dissout la maiMie dans l'alcool bouillant , d'où le sucre (cristallise par le refroidissement. Ou l'exprime et on le fait cristalliser une seconde fois. I.a umnne coutient un peu [ilus de \ de sucre de manne.
Pour extraire le sucre de manne du jus des oi;nons, betteraves, etc., qui contiennent en niOme temps une ceitaine (juanlité des espèces de sucre précédemment décrites, il faut d'abord détruire ces dernières par la fermentation vineuse ; le sucre de manne reste , et peut ensuite être obtenu à l'état cristallisé.
M. Stenhouse vient de trouver la raannite dans un très-grand nombre de plantes. Il i'oliti. nt en traitant différentes espèces de latninnria, de fucus, de rhodomcnia, delialydris , etc. , par l'eau , et reprenant l'exti ait aqueux par l'alcool bouillant. M. Stenhouse conclut de ses recherches que la mannite , beaucoup plus abondante dans la nature qu'on ne l'a cru, paraît remplacer, dans les plantes marines, le sucre de canne ou le sucre de raisin , si fréquents dans les végétaux terrestres. Voy. Manne.
MARBRES. — Toute espèce de pierre calcaire en grandes masses, à grain fin , d'un tisvu homogène, susceptible de recevoir lé poli, peut être désignée sous le nom de marbre, et employée comme telle avec plus ou moins de succès. Tous les dépôts calcaires peuvent en fournir, et ceux du Jura en offri'ïit à la marbrerie commun-dans les villes voisi.^es de leurs lieux d'extraction; on en a même extrait jusque dans les terrains tertiaires (pierre de Montrouge, pierre de Saillancourt, cliquart dur de Luzarches, calcaire à lymnée de Château-Landon, près de Nemours). Mais ce sont là plutôt d s objets d'utilité que des objets de décoration; les marbres de décors doivent être choisis avec plus de soin; il ne suftit pas qu'ils soient susceptibles d'un beau poli, il faut qu'ils présentent soit des couleurs vives, uniformes, soit un assortiment agréable de couleurs diverses ou de dilférentes teintes de la même couleur. Cependant, malgré tout ce qu'on exige dans ces marbres, on peut en trouver presque partout ; les terrains secondaires eti fournissent une nudtitude des plus agréables, et les terrains intermédiaires et primitifs beaucoup d'autres encore. La France est extrêmement riche en cette sorte de [)roduction, et peut rivaliser avantagensôment avec l'Italie, sur laquelle elle l'emporte certainement |>ar la variété; 11 ne faut que se donner la peine de faire quelques recherches, pour y trouver la plupart des marbres que les anciens ont employés, et iju'on ar-