‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 198 sur 354 · MAR · texte numérisé non relu

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despièct'S beaucoup plus petites. Leur nombre est encore très-considérable, on les dislingue par la couleur do la pâte, par celle dos fragments, et on nomme brèches universelles celles qui offrent des parties isolées de toutes couleurs. Les bièclios les plus renommées sont le grand deuil et le petit deuil (Aubert, Ariége, Carcastel, Aude, Sauveterre, Basses-Pyrénées), qui offrent des éclats blancs sur un fond noir ; la brèclte d'Aix (Alet et Tolonet, Boucbos-du-Rhùne), à fragments jaune et violet ; la brèche violette (antique), à fond violàtre avec grands éclats blancs, un des marbres les plus riches; la brèche de Vilette (Tarentaise), à fond violet un peu cendré avec des taches blanches ou jaunâtres; la brocatclle d'Espagne, à pâte lie de vin avec des petits grains arrondis, d'un jaune Isabelle, etc., etc.

Les marbres composés sont des roches calcaires qui renferment des substances étrangères, disposées tantôt en feuillets plus ou moins ondulés, tantôt en nids plus ou moins volumineux, qui souvent donnent h la masse l'apparence fragmentaire, ce qui les fait encore désigner sous le nomde brèches. La matière étrangère est tantôt de la serpentine (le vert antique, marbre de la plus grande beauté, firme de calcaire saccaroide et de ser|)entine verte, l'un et l'autre en rognons anguleux ; le vert d'Egypte, le vert de mer, le vert de Suze, le vert de Florence, où la serpentine est plus abondante), tantôt du mica disséminé (cypolins) ou en feuillets ondulés {marbre campan, dans les Pyrénées, etc.).

Les marbres lumachelles, ainsi désignés de l'italien lumaca, limaçon, sont ceux qui renferment des débris de coquilles ou de madrépores, tantôt entassés confusément les uns sur les autres, tantôt disséminés dans une pâte plus ou moins homogène; il on existe un grand nombre de variétés (drap mortuaire, à fond noir, avec des coquilles coniques, blanches ; lumachelle deNarbonne, fond noir et belemnites blanches; lumachelle de Lucy-le.-Bois, à fond noirâtre avec des lignes courbes, qui sont des coupes de coquilles bivalves; le petit granité, dont on se sert aujourd'hui pour tous les meubles, à fond noir, avec une immense quantité d'encrinites, des Ecaussines près Mons ; lumachelle d'Astracan, à pâte peu abondante, Ijrune, et coquilles nombreuses d'un jaune orangé, qui est une des plus recherchées, mais qui ne se trouve dans le commerce qu'en petites plaques).

Les marbriers distinguent dans toutes les variétés les marbres antiques et les marbres modernes : les premiers sont, en principe, ceux dont les carrières sont perdues ou abandonnées, et qu'on ne trouve jilus que dans les anciens monuments ; les seconds sont ceux qu'on exploite encore on différents lieux. Mais cette délinition théorique est loin de conserver son exactitude dans la pratique ; on donne journellement le nom de marbres antiques à des marbies tirés des carrières actuelles, pour en augmenter la valeur. On peut dire en général qu'on nomme

aniiqurs tous les marbres qui, par leur beauté, peuvent rivaliser avec ce que les anciens ont employé de plus beau dans chaque espèce.

MARBRES DURS. Voy. Feldspathiques (roches).

MARBRE ONYX, MARBRE AGATE. Voy.

Albâtre calcaire.

MARGARIQUE (acide).— Découvert par Chevreul. 11 se produit dans l'action des alcalis sur les huiles. 11 exisie dans la graisse d'homme et dans plusieurs huiles végétales. Il a été rencontré à l'état de liberté par MM. Lecannu et Cassoca , dans l'huile retirée de la coque du Levant [cocculus tnenispermum).

MARNES. Voy. Aluminium.

MAROQUIN. —C'est de la peau de chèvre tannée et mise en couleur du côté de la fleur ou de la chair. On teint le rouge avant , et le jaune , le bleu ou le vert après le tannage. C'est du royaume de Maroc que l'art d'apprêter ces sortes de cuir a été importé en Europe. La France a ravi à l'Orient son industrie des maroquins vers le milieu du siècle dernier, grâce surtout au chirurgien Grangt'r , qui publia , en 1735 , la description complète de l'art du maroquinier, tel qu'il l'avait vu apprêter dans le Levant. C'est surtout depuis une cinquantaine d'années que la maroquinerie a pris de grands développements chez nous; on ne peut rien voir de plus paifait que les peaux maroquinées qui sortent des fabriques parisiennes, et notamment de la belle manufacture de MM. Fauler, à Choisy-le-Roy, qui présentaient déjà de très-beaux produits à l'exposition de l'.an IX.(l8ul). L'exportation du maroquin français en Belgique , en Italie, en Suisse et en Amérique , s'élève à plus d'un million de francs par an. L'usage des peaux préparées et colorées est bien ancien , car Moïse parle , dans l'Exode , chap. XXV, vers, k et 5, de peaux de moutons teintes en orangé et en plusieurs autres couleurs. Le cuir de Russie , remarquable par sa souplesse, son inaltérabilité à l'air humide, sou imperméabilité à l'eau, et surtout son odeur particulière, qui en éloigne les insectes, doit ses qualités à i'iuiile empyreumatique de bouleau, dont on l'imprègne.

Tous les cuirs colorés sont tannés avec le sumac ou la noix de galle. Mais ceux qui doivent rester blancs , tels que les peaux minces de chevreau , de mouton , d'agneau, qui sont destinées à des ouvrages délicats , et qui , par conséquent , n'ont pas besoin d'avoir une grande résistance , sont rendus im[)ulrescililes par leur séjour dans une solution d'alun et de sel commun, après avoir été préalablement écharnés et débourrés. Il se produit un chlorure d'alum.niutn qui se couibme au tissu animal et le rend inaltérable à l'air. C'est là ce qui constitue Vart du mégissier.

■ MARSH , procédé de Marsh. Voy. Arsenic.

MASTIC. — On extrait cette résine par incision du tronc et des branches du pista-

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