‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 200 sur 354 · PRODUITE · texte numérisé non relu

PRODUITE

de 0° à — 30'

Idem.

Très-propre à faire en été de la glafce avec économie.

férents endroits des Indes orientales et occidentales. On le rencontre à l'état natif, en globules plus ou moins volumineux, disséminés dans de l'argile endurcie ou du S|)ath calcaire, mais plus souvent en combinaison avec le soufre, et formant le cinabre, quelquefois aussi à l'état de chlorure.

Le mercure est le seul métal qui soit liquide à la température ordinaire. Il est d'un blanc d'argent très-pur. Versé sur une surface solide, il coule en globules arrondis et bien nets, s'il est pur. SI le mercure est itnpur, et ciu'il contienne des traces d'oxyde, ies globules, au lieu d'être nets et arrondis, sont allongés; ils font queue, comme-on dit vulgairement.

A l'état pulvérulent ou de division extrême, le mercure est gris. Il est insipide et inodore. A — 40° il se solidifie, et il bout à 360°. Sa densité est 13,599 à 0°. Il pèse environ 10,000 fois plus que l'air. A l'état solide, il a la malléabilité, la ductilité et la ténacité du plomb. Comme les autres métaux, il conduit bien la chaleur, pour laquelle il a peu de capacité. Le mercure est le plus dilatable des métaux; sa dilatation est régulière. De 0' à 100", il se dilate de 0,0181018 de son volume. Quoique liquide, il mouille un très-petit nombre de corps, comme l'or, le cuivi'e, l'étain; car amalyamer est en quelipie sorte synonyme de mouiller. Comme tous les liquides, le mercure donne déjà des vapeurs à 0° et môme au-dessous ; une lame d'or suspendue sur une cuve h mercu*re blanchit à une température très-basse {Faraday).

Par l'intervention de l'eau, on peut distiller le mercure à 100°, c'est-,^-dire bien au-dessous de la teujpératuro de son ébullition. (L'iode, le soufre et beaucoup d'autres corps sont entraînés, par la vapeur d'eau, à une température bien inférieure ^ la températuro

MER

MKR

(l'éliiillition (lo ces corps.) Il est import;iii(. dt' tenir ((iiniite do cotto circonstiincc (i.iiis lus aiialysivs. Ua vapoiir do iiiorcuri! ost incolore, et d'une densiti^ é^ale à C,97(> {Da- HKi*). Cetto vapeur est très-|tréjuilicial)le à la santé : elle cause un (reuiblenuMit particulier dans tout le corjis, et priiiei|ialeni(int dans les niciubres UirmhlcmciH iiicrrtiricl). Ahsorbù î> l'ctat de vapeur, le mercure doiuie rarement lieu à la salivation. 11 est ^ peu près inaltérable à l'air. Il laut le tiiaull'er longlemps au contact de l'air pour qu'il s'oxyde en absorbant fox y^èno de l'air. « Si la découverte de l'oxydation du nierciu'o h l'air était encore à faire, elle ne serait probablement pas faite aujourd'bui. Les auci(Uis avaient une qualité [)récieuse (|ui manque aux lioruraes de nos jours, cette (puUilé était la persévérance. » ((iay-l.ussac.) Les anciens cliiiuistes avaient la persévérance de maintenir les métaux ou d'aulri's corps exjjosés à des températures élevées, non pas pendant des lieures, mais pendant des semaines, pendant des mois et des années.

Le mercure se convertit, par une longue agitation, en une poudre noire qui n'est autre chose que du mercure très-divisé. Si • le mercure est impur, la poudre noire qu'on obtieut se com|iose des corps étrangers oxydés, môles h du mercure métallique trèsdivisé. (On fait l'expérience en attacliant à l'aile d'un uiouliaà vent un flacon contenant du mercure.) Le mercure mêlé avec de la graisse (onguent napolitain) n'est point du mercure oxydé, mais du mercure très-divisé.

Le mercure se rencontre dans la nature sous (juatre états différents ; 1° à l'état natif, il se trouve dans la plupart des mines mercurielles, disséminé en petits globules liquides, mais en trop petite quantité pour qu'on l'extraie; 2° allié à l'argent, il forme un amalgame solide en lames ou en cristaux octaédriques ou dodécaédriques , qui est composé de 3 parties de mercure sur une d'argent; ce composé est assez rare, il a été trouvé en Suède et dans le Palatinat; 3° combiné au soufre ou à l'état de sulfure, il constitue la mine de mercure la plus abondante qu'on ex|5ioite dans les arts, et qui est connu sous le nom de cinabre natif; 4-° enfin à l'état de chlonu'e; cette combinaison a été remarquée dans les mines du Palatinat et à Idria.

L'extraction du mercure se pratique en décomposant le sulfure de mercure naturel par l'intermède de la chaux ou par sa calcination à l'air dans des appareils particuliers.

Dans le, premier procédé, après avoir trié et broyé la mine, on la môle avec le quart de son poids de chaux éteinte, et on exfiose ce mélange ilans de grandes cornues de terre ou de fonte, au col desi|uelles on a adapté un récipient en terre, rempli d'eau iiis(ju'aux doux tiers. Par l'action de la chaleur, la chaux décompose le sulfure de mercure; il en résulte du sulfure de calcium et du sulfate de chaux qui restent dans la cornue avec la gangue, tandis que le mercure volatilisé vient se rendre dans le récipient au fond de l'eau. On peut substituer à la chaux

le fer réduit on copeaux. L'exploitation de ci!s mines di^ mercure ne peut être avantageuse (}u'autaiit qu'(ilh's peuvent fournir do sejit à six millièmes de ee métal.

Le second procédé, que l'on suit en Kspagne <i Almaden, et dans le Frioid ii Idria, consiste h mêler le udnerai broyé avec une petite quantité d'ai'gile poui' en faire de jietiti^s unisses (lue l'on plac^t^ de distance en distance dans uu fourneau ilonl le sol est l)ercé de plusieurs trous. Une suite de tuyaux en terre appliiiués h's uns sur les autres termine supérieurement le fourneau et conduit les proiluits dans une cliambre qui sert de récipient; dès que la t(;mpéi-atui'e est élevée, le soufre brûle par l'oxygène de l'air et passe à l'état de ga acide sulfureux, tandis c]ue le mercure, réduit en vapeur, se rend par les tuyaux en terre dans la chambre oi^ il se condense et coule h la partie inférieure. Ce procédé a été modifié : au lieu de mêler le minerai avec de l'argile comme ci-dessus, on le place en morceaux sous des voûtes disposées les unes au-dessus des autres, et dans lesquelles on dirige un courant de flamme et d'air. La dernière de ces voûtes communique avec des conduits qui apportent le mercure volatilisé et l'acide sulfureux dans plusieurs chambres. Le |iremier se liquéfie, et le dernier se dégage par les cheminées qui terminent l'appareil.

Réduit à l'état solide, sa pesanteur spécifique, d'après Schuize, est de 14-, 391 ; il est malléable sous le marteau, mais il no tarde pas à fonLice en absorbant promptement du calorique aux corps environnants ; lorsqu'on le touche avec le doigt, il fait éprouver une sensation vive et subite, analogue à celle occasionnée par une brûlure, et le point qui a été mis en contact blanchit et perd sa sensibilité pour quelque temps.

Celte congélation ne peut se faire qu'en exposant de petites quantités de mercure enfermées dans une ampoule mince de verre, ou dans un creuset de platine, au milieud'un mélange de i]eu\ jiarties de chlorure de calcium cristallisé, et d'une partie de neige, préalablement refroidis l'une etl'auti'oh plusieurs degrés au-dessous de 0, nu en plongeant le vase dans de l'acide sulfureux liquéfié, qu'on volatilise sous le récipient de la machine pneumati(iue.

Deutoxyde de mercure. — Cet oxyde, désigné |)ar les anciens chimistes sous le nom de précipité perse , se préparait autrefois en chauffant le mercure dans des matras, au contact (le l'air ; mais cette opération longue ne fournissait qu'une petite quantité de cet oxyde cristallisé en petites paillettes rougeàtres et micacées.

On le prépare aujourd'hui d'une manière plus prompte, et plus facile en décomposant le pioto on le deutonifrate de mercure à une chaleur voisine du rouge brun, dans des ballons de verre.

Le deutoxyde de mercure est rouge orangé, en masse, d'une saveur un |)eu Acre et désagréable, d'un aspect micacé et cristallin lorsque ie nitrate qui a servi Ji l'obtenir était cris-

lois

MER

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tallisé. Il prend une teinte jaunAtre par la pulvérisation. Soumis à une chaleur rouge brune, il est réduit en mercure métallique et en ga/! oxygène. La plupartdes corps combustibles simples le décomposent, soit en s'emparant de son oxygène, soit en enlevant tout à la fois celui-ci et se combinant au mercure.

En pharmacie, on le connaît sous le nom de précipité rouge, oxyde rouge de mercure. C'est un poison ; on l'emploie seulement à l'extérieur comme un léger escarrotique ; le plus souvent on incorpore cet oxyde dans des onguents et des pommades.

Protochlorure de mercure. — Ce composé, que l'on distingue encore par les dénominations de mercure doux, calomel, calomélas, sublimé doux, panacée mercurielle, s'obtient en combinant au deutochlorure de mercure une quantité de métal égale à celle qu'il contient déjà , ou en faisant réagir par la chaleur le prolosulfate de mercure et le chlorure de sodium.

Le protochlorure de mercure est blanc, insipide, volatil et indécomposable par la chaleur. Lorsqu'il a été sublimé, il est en masse blanche, demi- transparente et pesante. Il est inaltérable à l'air , insoluble dans l'eau ; il noircit peu à peu par suite de son exposition à la lumière. Le soufre et le phosphore le décomposent, en s'unissant tout à la fois à ses deux éléments.

Ce composé est formé de :

Mercure .

Chlore. .

2 atomes.

2 atomes.

On l'emploie en médecine comme léger

purgatif.

Deutochlorure de mercure oubichlorure. — Ce composé, connu depuis longtemps, a été d'abord' désigné sous le nom de sublimé corrosif, muriate oxygéné de mercure, oxymuriale de mercure.

On le prépare par plusieurs procédés. Celui qu'on pratiijue aujourd'hui dans les laboratoires consiste à dissoudre le mercure dans son poids d'acide sulfurique concentré, à dessécher le deutosulfate de mercure qui en provient, et h le mêler intimement avec son poids de chlorure de sodium décré|)ité (sel marin privé d'eau). Si, après avoir introduit ce mélange dans un matras de verre placé sur un bain de sable, on chauffe peu à peu, il y a décomposition des deux substances et formation de deutochlorure de mercure et de sulfate de soude. Le premier se sublime à la voûte du matras, et le second reste au fond.

Le deutochlorure de mercure obtenu par sublimation est sous la forme d'une masse blanche, pesante, demi-transparente, formée ])ar la réunion de petites aiguilles. Il est inodore, d'une saveur slyptiipie très-prononcée et désagréable. C'est un des poisons les plus caustiques. Administré à l'intérieur, à la dose de quelques grains, il occasionne de vives douleurs, en déterminant une vive inflammation et corrodant ensuite les parties qu'il

a touchées. La mort en est souvent la suite.

Exposé à l'action du calorique, il n'éprouve aucune altération, il se volatilise et cristallise en aiguilles sur les parois du vase. Chauffé à l'air, il répand d'abondantes vapeurs blanclies, acres, très-dangereuses à respirer. L'eau à la température ordinaire en dissout -,', et l'eau bouillante -J de son |)Oids. L'alcool et l'éther sulfurique en dissolvent une beaucoup plus grande quantité.

Le deutochlorure de mercure s'unit à l'hydrochlorate d'ammoniaque , et forme un composé qui est connu depuis longtemps sous les noms de sel alembroth, sel de la sagesse. On l'obtient en sublimant Ci's deux corps mélangés à parties égales, ou en les dissolvant dans l'eau et les faisant cristalliser. Ce composé salin, à proportions définies, est plus soluble dans l'eau que le deutochlorure de mercure, il cristallise en prismes rhomboidaux.

Le deutochlorure est composé, d'après les analyses qui en ont été faites, de :

Mercure .

Chlore. .

1 atome.

2 atomes.

Les deux composés de chlore et de mercure que nous venons de faire connaître sont très-usités en médecine. Ils ont des actions différentes : le protochlorure est employé comme purgatif; son action sur l'économie animale est bien moindre que celle du deutochlorure, qui est très-vénéneux, même à la dose de quelques grains. Celui-ci ne s'emploie qu'avec circonspection à l'intérieur ; on l'administre à de très-petites doses et associé souvent à des matières qui peuvent corriger sa trop grande activité. Il est employé avec succès pour combattre les affections syphilitiques. Dissous dans l'eau, il forme la base d'une solution qui est connue soqs le nom de liqueur de Yan-Swieten. On la prépare en dissolvant 4 décigrammes (8 grains) de deutochlorure de mercure dans 300 grammes (1 livre) d'eau distillée. Cette liqueur ne s'administre qu'à la dose d'une demi-once ])ar jour dans du lait ou dans une tisane appropriée ; ce qui porte la quantité qu'on en jirend à f de grain.

La solution de deutochlorure de mercure pour lotion contient 32 grains de deutochlorure pour 500 grammes (1 livre) d'eau dislillé'e. Cette dernière ne s'emploie qu'à l'extérieur.

L'eau phagédénique est encore une préparation pharmaceutique qu'on forme en traitant 32 grains de deutoclilorure de mercure par une livre d'eau de chaux. L'oxyde de calcium décompose le deutochlorure de mercure d'oiî résulte du deutoxyde de mercure hydraté qui se précipite peu à peu en Jlocons jaunes rougedtres, et du chlorure de calcium soluble dans l'eau.

Cette eau est particulièrement usitée pour laver et déterger les ulcères et chancres vénériens. Lorsqu'on s'en sert, on doit fortement lagiter, pour remettre en susjiension Je di'uîoxyde de mercure qui s'est précipité,

MER

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Lu (loutof'liloruro est souvent employc^ h rextiM'iour coiuiiiu caustique. On on t'ait priu- (•ipalonient usage dans la méiicciuo viUériiiaire. Il est préféré, dans quelques maladies externes, au\ autres cautères.

Di- liuilesles préparations niercurlelles, le (Icutocliiiirure est la plus active , aussi no doit-oii l'a laiinistreri|u'avec prudence à l'intérieur : car il ne tarde pas à corioiier les parties avec lest[uclles il se trouve en con- (acl, et délerniiue la mort dans d'iiurribles soutl'rances, lorscpi'il est introduit dans les voies digestives, même h petite dose. 11 résulte des expériences toxicologiipies de M. Orlila (jue le blanc d'œul' jouit de la proliriélé de se combiner avec le deutochlorurc, et de former un composé insoluble, tout à l'ait sans action sur l'économie animale, ce qui le constitue un antidote sûr de l'empoisonnement par le sublimé corrosif. Les expériences directes entreprises sur des chiens qui, après avoir été sous l'influence de cette substance vénéneuse, ont été rétablis par l'administration de blancs d'œufs délayés dans l'eau, ne laissent aucun doute à cet égard, surtout quand cette dernière solution suit de près l'introduction du poison dans les organes digestifs.

La propriété dont jouit le deutoclilorure de mercure de se combiner avec les tissus animaux, et de les rendre imputrescibles, le rend propre à la conservation des cadavres, des pièces anatomiques ou pathologiques, comme Chaussicr en a fait le premier l'application. Le procédé est simple : il consiste à vider et à nettoyer le cadavre qu'on veut conserver, et à le plonger dans de l'eau qu'on tient toujours saturée de deutochlorure de mercure. Les chairs, en se combinant avec le chlorure, deviennent de [dus en plus solides, et finissent par contracter la dureté du bois ; e les sont alors imputrescibles et inattaquables par les insectes ; elles résistent môme i)endanl un grand nombre d'années aux agents physiques ordinaires qui déterminent la putréfaction.

Protuiodure de mercure, deutoiodure de mercure. — L'iode se combine directement en deux proportions avec le mercure. Ces deux composés correspondent aux deux oxydes et aux deux chlorures.

On les obtient facilement en faisant agir l'iodure de potassium sur les sels de protoxyde et de deutoxyde de mercure. Us sont tous les deux insolubles dans l'eau.

Le deutoiodure, en raison de sa belle couleur , counuence à être employé dans les arts. On est parvenu à l'apiiliquer sur les toiles peintes. En médecine, on en fait usage dans le traitement desalîections syphilitiques. Protosulfure de mercure. — Le protosulfure, que l'on ne pourrait former directement, paraît, d'.q>rôs les observations de M. (jiuil)ourt, |)eu stable dans sa composition. On iii'ut le produire en décomposant le jiroloiiilrate acide de mercure par l'acide hydrosulfurique. Ainsi obtenu, il est noir, insoulile dans l'eau.

Le sulfure noir de mevcme, Ùhiopsminéral,

qu'on prépare dans les pharmacies, en tritii r.int dans un mortier de fer deux parties do siiufre sublimé et lavé avec une partie de mercure jusqu'à extinction ])arfaite de ce dernier métal, ne doit pas être regardé comme un sulfure <\ ])ropoitions définies, mais bien comme un mélange de deutosu'fure de mercure et d'un grand excès de soufre.

Deutosulfure de mercure. Voy. Cinaube.

Cyanure de mercure. — Le cyanogène gazeux ne s'unit pas au mercure. On forme ce composé en dissolvant le deutoxyde de mercure dans l'acide hydrocyanique étendu d'eau, ou en faisant agir cet oxyde sur le bleu de Prusse (hydroierrocyanate de fer). C'est ])ar ce dernier qu'on l'obtient dans les laboratoires. On fait bouillir pendant quelques minutes dans un ballon de verre, un mélange d'une partie de bleu de Prusse en poudre fine, d'une demi-partie de deutoxyde de mercure pulvérisé et de trois parties d'eau. La couleur bleue disiwraît et jjrend une teinte jaune verdâtre. On filtre alors la liqueur, et on lave le résidu avec de l'eau chaude; par l'évaiioration et la cristallisation de la liqueur, on obtient le cyanure de mercure, c[u'on purifie par de nouvelles solutions. Dans cette opération, le bleu de Prusse, qui est un composé d'acide hydrocyanique, de cyanure de fer et de peroxyde de fer, est décomposé par le deutoxyde de mercure; l'oxygène de celui-ci s'unit tout. à la fois à l'hydrogène de l'acide et au fer du cyanure, pour formerde l'eau et du tritoxycle de fer insoluble qui s'ajoute à celui qui était tout formé, tandis que d'une autre part le cyanogène de l'un et de l'autre se combine au mercure pour produire le cyanure de mercure qui se trouve dans la solution, et qu'on obtient par évaporation et cristal/isation.

Le cyanure de mercure est solide, incolore, inodore, d'une saveur styptique trèsprononcée; il est plus soluble dans l'eau chaude que dans l'eau froide , et cristallise aisément en longs prismes quadrangulaires qui retiennent de l'eau combinée. Soumis à l'action de la chaleur, il donne des produits différents, suivant qu'il est sec ou hydraté; dans le premier cas, il se décompose en fournissant du cyanogène gazeux, mêlé d'une petite quantité de gaz azote de mercure métallique, et un résidu noir fixe formé de carbone et d'azote; dans le second cas, l'eau qu'il contient est décomposée, ses éléments s'unissent à ceux du cyanogène, d'oii résulte de l'acide carbonique, de l'ammoniaque, de l'acide hydrocyanique, et très-peu de cyanogène libre. Ce qui e\pli([ue la nécessité de bien dessécher ce composé dans la préparation du cyanogène gazeux.

Comme toutes les préparations mercurielles solubles, le cyanure de mercure jouit de propriétés vénéneuses assez énergiques. Ce composé a été préconisé contre la syphilis. Son usage à l'inté.ieur ne donne pus lieu, d'après le docteur Parent, aux douleurs épi gastriques que fait naître le deutochloruro Il n'est point altéré, comme celui-ci, nar les

MER

MER

principes organiques azotés. On l'administre au début des affections syphilitiques de Ji à ^ de grain par jour, qu'on porte jusqu'à I grain. Il est employé dans les lalioratoires pour obtenir le cyanogène et l'acide hydrocyanique.

' Usages du mercure. — Ce métal est trèsemployé, ainsi que plusieurs de ses combinaisons. Dans les laboratoires, c"est en raison de sa liquidité et de son inaltérabilité qu'on s'en sert pour recueillir certains lluides élastiques solubles dans l'eau. Sa diiataltilité, plus grande ijue celle des autres liquides, la marche uniforme de sa dilatation, sa moins grande volatilité, sont autant de causes ])our lesquelles on l'emploie dans la construction des thermomètres. Sa densité particulière le rend aussi [jIus propre que tout autre liquide h mesurer sur une échelle moins longue les difîY'rentes |>ressions de l'atmosphère.

Dans lesai-ts, il n'olfrt^ pas moins d'utilité; il sert particulièrement à l'extraction de l'or, de l'argent, et à l'application de ces métaux sur le cuivre. Plusieurs de ces alliages présentent des usages plus ou moins étendus. On désigne par le nom d'amalgame les combinaisons du mercure avec les métaux. Parmi ceux-ci, nous distinguerons Is amalgames d'étain et de bismuth: le premier fait la base lie l'étamage des glaces. On exécute celte opération en étendant, sur une table horizontale, une feuille mince d'étain, et y versant ensuite une certaine quantité de mercure; dès que l'étain a formé une couche épaisse et unie sur toute la surface, on fait glisser la glace, qui a été polie exactement sur ses deux faces, puis on la recouvre d'une couvertuiede laine pliée et chargée de poids pour en expulser la portion de mercure en excès.

La combinaison de Vargent avec le mercure a beaucoup de tendance à cristalliser. On la rencontre dans le règne minéral, tantôt à l'état liquide, mêlée avec des cristaux; tantôt cristallisée, soit en octaèdres régulieis à angles tronqués, soit en dodécaèdres rhomboïdes. On obtient la même combinaison cristallisée en mêlant trois parties d'une dissolution saturée d'aigent dans l'acide nitrique, avec- deux parties d'une dissolution également saturée de mercure dans le même acide, et plaçant, au fond du vase qui contient le mélange, un amalgame de sept parties de mercure et d'une partie d'argent en feuilles. Au bout de vingt-quatre à quarantehuit heures, ou trouve dans la liqueur une multitude de cristaux, doués du brillant métallique, qui s'étendent, sous forme de ramification, jusqu'à la surface du liquide, et produiseiU ainsi une végétaticm qu'où appelait autrefois arbre de Diane. La formation de ces cristaux est due à la précipitation de l'argent parle mercure; elle n'a lieu que quand il y a plus de mercure qu'il n'en faut pour la précipitalion complète de l'argent, sans que toutefois il y en ait assez pour que la végét.itiun métallique en soit dissoute. L'amalgame cristallisé est composé de G5 parties de mercure et de 3a d'argent.

Les doreurs et les miroitiers .tombent quelquefois, après avoir été exposés pendant des années aux vapeurs de mercure métallique, dans un état particulier de faiblesse du système musculaire, qui est accompagné d'uix tremblement continuel de tous les muscles soumis à la volonté, et qu'on parvient rarement à guérir. 11 est donc de la plus haute im|)ortance que ces personnes évitent, autant que possible, de toui-her le métal avec les mains nues, et que les vapeurs mercnrielles soient conduites hors des ateliers : pour atteindre ce demi r but, Darcet a inventé un fourneau particulier, à l'aide duquel les vapeurs, après avoir été conduites au dehors, se condensent de manière qu'on perd trèspeu de mercure.

SELS A BASE d'OXYDE DE MERCURE.

Protosulfate de mercure. — Ce sel est principalement employé pour la préparation du protochlorure de mercure.

Deutosulfate de mercure. — On prépare ce sel en traitant à chaud le merctu'e par son poids d'acide sulfurique concentré.

Ce sel, mis en contact avec l'eau, est peu à peu décomposé ; ce liquide enlève d'abord l'acide qui est en excès, et transforme ensuite le deutosulfate en deutosulf.ite acide qui se dissout , et en sous-deutosulfate insoluble qui se précipite en poudre jaune. Cet elfet est instantané quand on verse de l'eau chaude qui réagit plus promptement que l'eau froide. C'est le sous-deutosulfate de mercure obtenu dans cette action de l'eau sur le deutosulfate, que les anciens c .imistes et médecins désignaient sous le nom de turhith minéral, à cause de sa couleur jaune analogue à celle de la racine qui porte ce nom.

Le deutosulfate neutre de mercure est usité pour la préparation du deutochlorure de mercure. Le sous-deutosulfate est employé en médecine : il entre tians quelques pré|iarations externes.

Protonitrate de mercure. — Ce sel est blanc, d'une saveur acre et très-sty[itique; ïl rougit le tournesol. Mis en contact avec l'eau froide, il est décomposé en protonitrate aciile qui se dissout, et en sous-jirotonitrate insoluble; l'eau chaude produit le même ellet; seulement lejirécipité est jaune verdâtre, et désigné alors en pharmacie sous le nom de turbilh nitreux.

^,e sel est employé pour la préparation du deutoxyde de mercure. Dissous dans l'eau aiguisée d'acide nitrique, il sert aussi à obtenir le précipité blanc (protochlorure do mercure).

Dcutonitrate de mercure. — Le deutonitrate de mercure est blanc, acide, plus Acre et plus caustique que le protonitrate. Mis en contact avec l'épiderme, il le tache en noir en ]ipu de temps. Exposé à l'air, il en absorbe l'humidité, et se résout en un liquide incolore très-caustique. L'eau chaude agit sur ce sel comme sur le précédent, et le transforme en sous-tleutonitrale blanc insoluole, et en nitrate acide soluble. Suivant MM. Guibourt et Henry, le sous-sel obtenu dans

celte circonstanro csl jaimo , lorsque le deutoiiitralc ([iiVin iMiiploic roiitienl du protoDi- (rntc. Les auttnirs (luc nous venons de citer ex|ili(iii('nt ainsi eoiuineiit on avait admis généralement (|ue le (ieutonitrati! doiniait avec l'(>au un |iri''i'i|)ité jaune nounué turbith niireux. (>el ell'et, (jui est dû à l'action de l'eau sur le [)iolouitiate qui i)eut contenir le drulunilrate, [irouvc ijuecc nom ii(> convient réellement (ju'au sous-jn-oloincrate de mercure, qui est jaune par lui-même.

Ce sel, dis<ous dans l'eau, est oiiiplo\é comme caustique dans un grand nombre de cas clurury,icaux; il forme la base de Veau mrrcurielle, employée à l'extérieur, comme phagédéuique, |)0ur laver les ulcères ou chancres vén6ri(Mis; il entre aussi dans la composition de la [)ommaile citiine, qui n'est qu'un mélange de ce sel et d'axonge de porc. Ou s'en sert pour feutrer les jioils de lièvre et de lapin. Les doreurs eu font usage pour appliquer l'or et l'argent sur le cuivre, etc.

MÉTAL D'ALGER. Voy. Antimoine, alliages. '

MÉTAL DE CLOCIJE. Voy. Étain, alliage.

MKTALLUKGIE.— On donne le nom de métallurgie à l'art d'extraire les métaux de ïeurs minerais.

Les travaux métallurgiques se divisent en préparations mécaniques et en procédés chimiques. Les premières ont pour but de débarrasser les minerais des matières étrangères qui communiqueraient au métal des propriétés nuisibles, uu qui rendraient la fusion de ces minerais diilicile et coûteuse, quelquefois même impossible.

Un minerai étant donné, voici la série des opérations auxquelles on le soumet généralement.

On commence par le trier, au sqrtir de la mine, c'est-à-dire qu'on sépare les morceaux qui contiennent assez de métal jiour être exploités, d'avec ceux qui sont trop pauvres.

On bocarde le minerai trié , c'est--à-dire qu'on le pulvérise dans un bocard ou mortier de bois, à l'aide de pil ms de ruôme matière, dont l'extrémité inférieure est garnie d'une calotte de fer-.

On lave ensuite la poudre obtenue, afin de séparer les particules métalliques des matières terreuses qui y sont mêlées. Le lavage a lieu , soit sur des tables , soit dans de grandes auges, au moyen de courants d'eau qui entraînent les parties les plus légères, et opèrent ainsi une concentration du métal dans une moins grande quantité de sable ou de terre.

La preiuièie opération chimique qui succède au lavage est l(.'(/J77/aje, qui a pour but tantôt de chasser les matières volatiles que renferme le minerai, telles que l'eau, l'acide carbonique, le soufre, l'arsenic, etc. ; tantôt de diminuer la cohésion du minerai, et par là de le rendre plus attaquable par les agents métallurgiques cjui doivent en isoler le métal. Le grillage s'opère à l'air libre ou dans des fourneaux dont la forme varie beaucoup.

Une fois le minerai ainsi préparé, on le soumet à la fusion, c'est à-dire qu'après l'a-

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voir m(^lé à des proporlions convenables de charbon et de fondants, on l'expose à une chaleur plus ou moins violente et conlinuo dans des fourneanv appropriés. Le, cliarbon, en raison de sa grande allinilé pour l'oxygèn", réduit à l'oxyde métallique, met en liberté le métal, (jui s'isohi des matières terreusiis et des autres oxydes (pie les fondants convertissent en verre, deux-ci viennent à la surface du bain métallique et s'y concrètent sous la forme de scories on de laitier.s.

Le cliarnon dont on se sert pour ces réductions est tantôt du charbon de bois, tantôt du coke. Les fondants sont ordinairement des oxydes terreux ou alcalins de peu de valeur, comme l'argile, le carijonate de chaux, et souvent aussi le sable ou acide silicitjue, le tluorurede calcium.

Habituellement les métaux obtenus retiennent en combinaison une certaine proportion de ci'arbon, mais sa quantité n'est toutefois jamais assez grandipour moditiersensibJement leui's propriétés et les rendre impropres aux usas(3s auxquels on les destine.

JIETAUX (de fj^tz «!>«, parce que les minerais forment souvent des filons et semblent se suivre à la file les uns après les autres). — Les métaux sont des corjis combustibles, opaques, conducteurs de l'électricité et de la chaleur, qui, lorsqu'on les polit, acquièrent un brillant |>articulier, qu'on désigne par l'épithète de métallique. La découverte de la composition des alcalis et des terres S donné une tout autre direction aux idées que nous nous formions d'eux. Elle nous a montré des corps auxquels manquent ([uehjues-unes des propriétés principales des métaux connus jusqu'alors, et qui néanmoins appartiennent indubitablement à la même classe.

Les qualités physiques que l'on considère en général comme caractères distinctifs des métaux, sont les suivantes :

1° L'opacité, tant à l'état liquide q,u'à l'état solide. Une feuille d'argent tle ,|,|,'„|,, de pouce d'ép'aisseur ne laisse pas [lasser un .seul rayon de lumièie. Cependant cette [)ro- ])riété n'est point absolue; car une feuille d'or épaisse de rô^ôF? '^^ pouce paraît verte quand onla regai(ie par ti'ansparence; ce qui n'aurait pas lieu si les rayons verts de la lumière ne pouvaient point la ti'averser.

2" L'éclat métallique. Celte propriété dépend de l'opacité des métaux, qui fait que la lumière est réfléchie par leur surface plus comi)létement qu'elle ne l'est par celle d'autres corps. Cependant les métaux n'en jouissent pas tous au même degré. Parmi les métaux ordinaires, le pl-aline est celui qui a le plus d'éclat. Viennent ensuite, d'après les expériences de Leslie, l'acier, l'argent, le mercure, l'or, le cuivre, l'étain et le plomb.

3° La fusibilité. Tous les métaux peuvent être fondus. Dans cet état, ils conservent leur opacité; mais ils exigent, jiour se li([ué- Uer, des températures tellement inégales (jue, tandis que le mercure se liquéfie à —38 degrés, le platine exige, pour entrer en fusion, le |ilus haut degré de chaleur que nous puissions produire par le chalumeau à

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gaz oxygène, ou au loyer d'un miroir propr-e aux ell'ets de combustion. Le fer et le platine se ramollissent avant de se fondre, ce qui permet de les braser. Presque tous les métaux prennent une forme cristalline régulière, quand ils passent lentement et sans trouble do l'état liquide à l'état solide. Le meilleur moyen pour mettre cette cristallisation en évidence, consiste à décomposer des dissolutions métalliques étendues parl'action d'une faible pile électrique. Le métal se dépose en cristaux brillants sur le conducteur négatif. On aperçoit souvent cette texture cristalline en attenant légèrement par un acide faible la surtace d'un métal refroidi après avoir été fondu, mais qui n'a été soumis ni au marteau ni au laminoir; l'acide dissout seulement la couche extérieure, celle qui s'était solidifiée la première, et met à nu la texture cristalline. Quelques métaux se volatilisent, aune légère chaleur ; d'autres exigent, au contraire, unfeu violent; et les plus réfractaires, l'or et le platine, par exemple,

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