‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 212 sur 354 · NIE · texte numérisé non relu

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NICOTIM':. — Crtle base existi! dans lo lybac, ([iii paruil la conliMiir «^ l'état il'acôlali', et lai d' voii' sou âurolé et sou action iiuiTOti(HU'. Kilo a iHl' drcouvcrle |mr Poss It cl lU'iiuami, (j^ui l'ont extraite do (lilVéïeiites esjit'ces de nuolidiui, savoir : du iiirodana talitutiiii, tiii miicropinilld ntslicn et filitlinosii l'^lie n'existe pas .seulement dans les feuilles; Hueliuer eu a é;;;aleuient Inuivé ilaus la grai'U' du tabac. La uieo ine enlro euvirou pour u■^ millième dans les feuilles de tabac sèches. La i^raine de laliae a l'ourni îi Buchner ôtît ^^^' nicotine, mais elle en contient dav.iutasc- — Nul doute qu'on tiinra par eniplDjer cette base en inédoeine.

MID D'UIUONDELLE. Voy. Salangane.

NILLLHS. — On appi'lle ainsi ces belles imruslatiaus noires sur fond blanc, qui servent à lau'e des tabatièr<s, des garnilures, <les dorures et il'autres objets d'oi'nemenls que la mode a remis eu faveur dei)u s plusieurs annè' s. Ce mode de df^coratinn fut importé , selon toute ajiparence , vers le vu' Siècle , d'Oi-ieut en Italie ; on l'emj)loyait particulièrement à orner les vases sacrés et les armes des chevalieis.

Le niellage ou la niellure consiste à produire, sur des objets en argent, des dessins ((ui ne s'en détacheid que pai' leur couleur foncée, puisqu'ils ne sont ni en relief ni en creux sur la [)ièce métallique. On parvient à ce lésultat en gravant ou ciselant assez profond('meiit les dessins sur la plaque d'argent, et en remplissant ensuite les traits de 1 1 gravtH'e au moyen d'un émail noir. Ou obtient cet émail en fondant dans un creuset 38 parties d'argent, 72 de cuivre, 50 de plondi, a() de borax, et 384 de soufre, coulant les sulfures dans l'eau, pulvérisant la grenaille noiie et la lavant avec une dissolution faible de sel ammoniac, puis avec de l'eau légèrement gommée.

On ai)pliq^ue la nielle, en consistance de pâte, dans les creux de la plaque d'argent préparée, et on la chauOe jusqu'au rouge brun; aussitôt que le mél ^nge est bien fondu sans soufilures et qii'il fait corps avec le métal, on retire la pièce du feu; après son refroidissement , ou ùte à la lime douce la nielle qui dépasse les traits de la gravure, et ou |)olit ensuite la surface par les moyens ordinaires. L'opposition de la teinte de la nielle avec celle de l'argent Ijrillant |)roduit ainsi de très-beaux effets. Ainsi, en définitive, la nielle n'est qu'un triple sulfure d'ai'gent, de cuivre et de plomb, incrusté dans Uiie lame d'ai'gent.

Le niellage était pratiqué par les artistes italiens du xv siècle av. c une rare perfection. La découverte de la giavure en tailledouce fit abandonner cet art jusqu'à ce que B.nvenulo Cellmi s'occnpAt de le ranimer, vers 1550. Mais bientôt il se découragea, et les nielles retombèrent dans l'oubli. Toutefois, les Orientaux continuèrent à cultiv. r chez eux, dans des Umites tiès-restreinles, cet art qu'ils avaient créé ; ils se bornaient à lui faire tracer des arabesques qu'ils in-

crustaient sur l'or de louis armes somptueuses. Les Uusses, tixcités sans doute pai' lo voisin.ige, faisaient aussi (pmlques p>'tites pièces d'orfèvrerie niellée, que Vou rediercliait en Europe coiume, choses curieuses, m iljré leui' excessive gi'ossièreté, lors(]uo MM. WagiKir et Mentiun ouviiicnt ii Paris, en 1S30, un alellcn' tl'où sortirent tnutii cou|) d 'S nielles aussi roriuui]Uid)les cpn^ celles du xV siècle. Ces ai'tisles ont mis à pr'olit les perfeclionneujents iirouis de la nn'canique modm'iie pour- iurpruner' sur' l'argeirt la gravure (|u'ils veulent tiielh'i', pour' repr'oduire, par ce luoye'i , arrt.uit rpr'il leirr' plait , le ruèrire décor, la inèniC euniposilio'i, cl par consé(]rrent réduire considéialileuKMit le pr-ix. Ils ont coiumencé d'abord pai' faire les p èces que nous tournissait l'étr'augm-, vl leur' supi'rioritr'^ a bientôt baniri île Fr'ance les tabatières russes, qu'on s'obstine h nommer très-irniiroprement tabaticrcs de platine.

NITRATE DE POTASSE. Voy Nitue.

NITRATE D'AMMONIAQUE. Voy. Ammo-

MAQLK.

NITRATE D'ARGENT. Voy. Arckist.

NIIRATE DE BIS1IUTH. Voy. lirsMUTH.

NITRATE DE CHAUX. Foy. Chaux.

NITRATE DE SOUDE. Voy. Solde.

NITRATE DE STRONTIANE. Voy. Stuon-

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NITRE (nitrate de potasse , azotate de potasse, sel de nitre, salpêtre). — • On le trouve abondamment à la surface de la ter'r'e, dans l'Inde, dans l'Egypte et dans quelques contrées méridionales de j'Afi'iqire. il se présente cristallisé en aiguilles ou en filaments soyeux, qu'on peut recueillir avec des balais ou des houssoirs ; il porte alors le nom de salpêtre de houssaye.

En France , en Espagne et aux Indes orientales, on en trouve dans le calcaire secondaire, d'oii l'on peirt l'extraire avec avantage [)ar la lixiviation. On pr-étend qu'il se reproduit au bout de quelques ; nnées dans la pierre dont on l'a tir-é par le lavage, de sorte que ce:le-ci peut en donner plusieurs fois de suite. J.Davy, cjui a examiné la pierre à nitre de l'ile de Ceyian, | ai ait cr-oire que l'aciiie nitr'iqire se i'or'Uie aux liépens oes éléments de l'air, dans une roche poreuse et humide, composée ue car'bonate de cliaux mêlé avec du feldspath, et dairs laquelle on tr'ouve depuis 2f-jusqu'h Spoi.r iOO de nitre. Il a reireontré dans cette roche des iraces légères de matièr'es animales ; mais il ne croit pas que ce soit cette matière qui ait fou. ni l'azote nécessaire pour la prodrrction du nitre, lequel en outre ne se trouve qir'k la snr'face où l'air avait lafacrrliéde pénétrer dans la r'oche. Cependant on peut oiiposer ii cette corrjecture torrtes les expériences (|ui (n;t été laites relalivement à la production artificielle du nitre, et c|ui s'accorderrl dans ce réstrilat, qrre ce n'e.4 pas l'a/.ote de l'air qrri dorme naissance à lacide nitr-.que, mais qu'il faut pour cela des matières organiques nitrogènes. Si dans les grottes à iiilre visitées par J. Davy, le sel ne se trouve; qu'à la surface, cela peut dépendre de ce que la

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roche (pendant que des nitrates se forment avec le tciups dans l'intérieur de sa masse, aux dépens des matières organiques qu'elle renferme ) se dessèche peu h peu à la superficie, par l'effet du contact de l'air; de sorte que la capillarité amène petit à petit les liquides de dedans au dehors, et que ces liquides laissent à la surface, ou près de là, le nitre qu'ils contiennent.

La production artiticielle du nitre a lieu ordinairement aux dépens des matières animales qu'on expose à l'influence de l'air, après les avoir mêlées avec de la cendre et de la terre calcaire. La plupart des matières d'origine animale renferment de l'oxygène, du carbone, de l'hydrogène et de l'azote, avec un peu de soufre et de phosphore. Lorsqu'elles se putrétient dans un endroit clos, ou après avoir été mises en tas, les corps combustibles se combinent entre eux, et l'azote produit de l'ammoniaqvie avec de rhydro^ène ; mais si l'accès de l'air n'est pas limité, ces éléments s'oxydent et se transforment en acide carbonique, en eau, etc.; tandis que l'azote passe à l'état d'acide nitrique, qui se combine ensuite avec les alcalis et les terres, de manière à donner naissance à des nitrates. Les endroits oii l'on veut produire du nitre doivent être couverts d'un toit, pour que la pluie n'entraîne pas le sel.

On donne le nom de nitrières artificielles à ces emplacements. On met sous le toit une terre meuble que l'on mêle avec du déchet de matières animales et végétales, de la cendre et de la chaux ou de la marne, au milieu de laquelle on place quelquefois des ramilles, qui entretiennent la porosité de la masse. Du reste, on dispose le mélange par petits rangs ou par petits tas, qu'on remue fréquemment, ou dans lesquels on pratique de petits trous, afin de donner plus d'accès à l'air. De temps à autre il faut arroser le mélange avec de l'urine, qui contient plus d'azote qu'aucune autre substance animale. Au bout de deux ou trois ans, l'acide est converti en acide nitrique, et le nitre est formé. On s'en assure en lessivant une petite quantité de la terre, et évaporant la liqueur pour la faire cristalliser. Quand le terrain est bon à exploiter, il donne quatre onces de nitre par pied cube.

Dans ce cas, il est facile de se rendre compte de la formation du nitre; car c'est un fait certain et qui résulte de nomlireuses obseï valions, que la présence des matières azotées favorise singulièrement la production du nitre. Alors on peut admettre que l'azoti' du la matière azotée s'est transformé à 1 état naissant, sous rinllueiice de Fox;, gène de l'air , en acide azotique , et (\ue cette combinaison est favorisée par l'aliinité que les alcalis des plâtras ont pour l'acide azotique.

Cependant il résulte des observations de plus eurs chimistes distingués, suitout de celles qui ont été annoncées par .M. Gaultier de Claubry, que le nitrate de polass(; peut prendre naissance dans beaucoup de terrains

où il ne se trouve pas la moindre trace do matières azotées. Il faut donc, dans ces circonstances, que l'acide azotique se forme par l'union directe de l'azote et de l'oxygène de l'air, sous lintluence des bases ; ii faut admettre que l'influence des pierres calcaires humides et poreuses peut suffire pour déterminer lentement la nitrification.

Quelques chimistes prétendent que l'électricité atmosphérique joue un très-grand rôle dans la formation du nitre. Celte opinion séduit d'abord, car elle paraît fondée sur des expériences positives. Ainsi, lorsqu'on fait passer un courant d'étincelles électriques dans un récipient qui contient de l'oxygène et de l'azote, ces deux gaz peuvent se combiner en présence de l'humidité et former de l'acide azotique. On est conduit naturellement à penser qu'il doit se passer quelque chose d'analogue pendant les orages, puisque toutes les conditions nécessaires à la production de l'acide azotiq'ue sont alors réunies. N'est-il pas raisonnable d'admettre que la petite quantité d'acide azotique qui se forme alors, tombant sur la terre avec la pluie et s'intlltrant dans le sol, doit se combiner avec les alcalis qu'elle y rencontre, et faire à la longue une 'quantité assez notable de nitre'? Cette cause doit agir avec d'autant plus d'évidence, que les orages sont plus fréquents dans un pays ; et il est possible d'expliquer de cette manière la grande abondance du salpêtre dans l'Inde, où il n'y a pas plus de matières animales que dans notre pays ; mais où lair est plus chargé d'électricité. En Egypte, à la vérité, il y a peu d'orages, et cependant le pays est riche en nitre. On peut expliquer l'abondance de ce corps dans cette contrée par les débordements périodiques du Nil, qui laisse sur toutes les terres une couche de limon contenant des matières orgniisées qui doivent beaucoup favoriser la nitrification par leur décomposition lente.

Cepentlant une grave objection peut être faite à cette théorie très-siuifile et très-ingénieuse de la nitrilii-ation. On peut réellement et avec quelque raison ne pas concevoir la formation de la grande quantité d'azotates à la surface de la terre pai- l'électricité atmosphérique; car les quantités d'azotates qui se produisent dans les lieux pendant une année ne dépendent pas des orages qui sont accompagnés de phénomènes lumineux dans l'atmosphère. Pour terminer ce que nous avons à dire sur le nitre naturel, nous dirons qu'il existe des plantes contenant de l'azotate de potasse, appelées nitreuses , et qui sont la bourrache, la ciguë, la pariétaire, la graine de lin, etc.

Dans les pays qui, comme l'Inde et l'Egypte, sont riches en terres sal[iêlrées, il siiifit de laver ces terres et de concentrer convenablement la liqueur pour faire cristalliser le sel. En Europe , et particulièrement en France, où l'azotate de potasse est peu commun, et où les azotates de chaux et de magnésie existent iilus abondamment dans les plAtras salpêtres, ou suit un procédé qui a pour but de transformer les azotate»

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