‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 213 sur 354 · MIT · texte numérisé non relu

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tlo cluuiv t't (te iiiaj^iu'^sio en azotate de potasse : il sullit du les traiter par lo carbonate ae la niCiiie hase.

A Paris, et dans toutes les grandes villes, on choisit les phUras des parties basses d(^s vien\ biUiiiients ipie l'on démolit; ces pl;\tras ont une savent' IVaii'he et iiicpiante, i^t contiennent au plus 5 pour 100 d(î leur poids d'a/.otales, nitMes avec des chlorures d(^ calcium, de magnésium, d(.' potassium et de sodium. Ou écrase ces plAtras avec des battes (le huis , puis on les pass(! h travers une claie, et ou les inirotluil dans des tonneaux ou cuviers (|ui sont jil.ués sur trois ranj;s. Cluujue tonneau est [lei'cé latéralement, [irès de sonlbiul, d"n'i trou fermé par un robinet, et au-des,soLis du(iuel se trouve une rigolo oui aboutit à nu réseivoir. Tout étant bien disposé, on verse de l'eau dans les tonneaux de la première bande; après quelques heures de contact, on ouvre les robinets pour donner issue à la lessive, que l'on met à part, et on ajoute plusieurs fois de l'eau jusqu'à ce qucles lessives ne marquent plus, pourainsi dire, que 0 degré à l'aréomètre; on obtu'iit de cette manière plusieurs solutions à dilférents degrés de concentration. Les eaux qui marquent 5 degiés à l'aréomètre sont mises ji jiart et désignées sous le nom d'eaux de cuite , celles qui marquent de 3 à 3 degrés sont nommées eaux-fortes, et entin celles qui sont au-dessous de 3 degrés prennent le nom d'eaux faibles et d'eau de lessivage. Les eaux fortes et les eaux faibles , moins chargées de sels que les eaux de cuite, sont successivement versées sur les plâtras de la seconde bande, que l'on é|)uise de sels comme ceux de la première ; enlin on agit de même sur ceux de la troisième. Par ce procédé ingénieux et continu on transforme successivement les eaux fortes et faibles en eaux (Je cuite.

Les eaux de cuite étant ainsi obtenues, on les fait évaporer dans une chaudière en cuivre; il se forme alors pendant l'évaporation, des écumes et un dépijt très-abondant de boues qui sont formées par du carbonate de magnésie , du carbonate et du sulfate de chaux; on les enlève à l'aide d'un chaudron placé au fond de la chaudière, et que l'on peut soulever de temps en temps avec une corde qui se meut sur une poulie ; ensuite on concentre la liqueur jusqu'à ce qu'elle marque 23 degrés à l'aréomètre de Kaumé. C'est alors que l'on verse dans celte liqueur une solution concentrée de potasse du commerce, jusqu'à ce qu'il ne s'y forme plus de précipité. Le carlionate et le sulfate de potasse, qui constituent la potasse du commerce, décomposent les azotates de chaux et de magnésie, et produisent , par double décomposition, de l'azotate de potasse qui reste en solutu>n, des carbonates de chaux et de magnésie et du sulfate de chaux qui se précipitent ; les chlorures de caicmm et de magnésium sont décomposés par la potasse et transformés en chlorure de potassium soluoie, en carbonate calcaire et magnésien, et en sulfate de chaux insoluble.

[.ors(pu; la précipitation est toute faite, ou lorte la li(puuir dans un grand cuvier do lois , appelé réservoir , où elle s'éclaircit d'elle-même par la dé[)osilion des sels insolubles; ou la tire ensuite au (;lair jiar le moyiîude robinets adajité.s à ditlérenles hauteiu's du cuvier, et on la concentre à chaud jus([u'à ce ([u'elle maripu! !i'2".

Cell(! Ii(pieur,au moment où on la décante, contient en solution une forte proportion d'azotate de potasse, une «piantité notable de chlorure de sodium et de chlorure de [lotassium, un peu d'azotate do chaux et de magnésie, une p(!tite (juantité de chlorure de ces mêmes bases et une f)ropoition encore l)lus faible de sulfate de chaux. Lorst[u'elle est concentrée à '13', la plus grande |)artie du chloi'ure de sodium et du sulfate de chaux cristallise; on l'enlève avec des écumoirs, et on continue l'évaporation jusqu'à 45°. Alors on porte la liqueur dans des réservoirs en cuivre peu profonds, trè.s-longs et trèslarges, où elle cristallise par le refroidissement. On décante l'eau-mère, on lave le sel, avec de Teau, qui en est saturé à froid; on l'écrase, et on le livre, soit au commerce, soit à l'administration centrale de la fabrication des poudres, sous le nom de salpêtre brut, nitre de première cuite.

Le sel ainsi obtenu n'est pas pur, car il contient encore un huitième de son poids des sels étrangers que je viens de nommer. Pour le puriûer, on le soumet à l'opération du raffinage, qui consiste à le traiter par la cinquième partie de son poids d'eau bouillante qui dissout l'azotate de potasse, l'azotate de chaux et de magnésie, et qui ne dissout pas les chlorures de sodium et de jiotassium , lesquels se précipitent en grande partie au fond de la chaudière; on enlève ces sels avec soin, et lorsqu'il ne se fait plus de dépôt, on ajoute à la liqueur une quantité d'eau égale à celle qu'elle contient déjà, [uiis on la clarifie par la colle; lorsqu'elle est bien claire, on la porte dans des cristallisoirs en cuivre, très-larges et peu profonds, où elle est agitée avec des râteaux pour hâter son refroidissement et pour obtenir le salpêtre en poudre. Ainsi obtenu, il n'est pas encore pur ; on le soumet à des lavages réitérés avec de l'eau saturée d'azotate de potasse, qui ne peut plus agir sur ce sel, mais qui peut dissoudre les sels étrangers. Toutes les opérations que nous venons de détailler sont pratiquées avec lo plus grand soin dans Paris, à l'Arsenal, pour les besoins du département de la guerre.

Le nitrate de potasse est employé en médecine comme sédatif, rafraîchissant et diurétique. On l'administre pour l'homme à la dose d'un grain à 72 grains. Il agit en général en diminuant la chaleur du corps et excitant la sécrétion urinaii'e et le tube intestinal ; à haute dose, il détermine des accidents graves , à la suite desquels peut survenir la mort. En médecine vétérinaire ses usages sont très-élendus; onl'administre aux grands animaux domestiques, à la dose d'une demionce à deux onces , soit en solution dans

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