‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 221 sur 354 · de fécule · texte numérisé non relu

de fécule

1^992 de résine.) + •"""

sur un feutre ou flôtre humide que lui fend r(juvrier coucheur ; ce deijiier jilace ensuite sous une presse les feutres en |iile, de manière ([ue chaque feuille de papier soit entre deux feutres.

Le papier, après avoir été pressé entre les feutres, est étendu sur des perches horizontales et se dessèche à l'air libre. Lors(iuil est sec, on fait un triage jioih- séparer les feuilles oiî se trouvent des défauts, enlever au grattoir les parties saillantes, et remettre dans la pâte les feuilles qui sont trop défectueuses.

Collage du papier à la main. — Ce collage dilfère complètement du collage à la pile : il se fait non pas avec un savon résineux, mais au mojen de là gélatine ou colle forte.

La colle est préparée avec des peaux de lièvres et de lapins tondues, ou avec des peaux d'anguilles, des parchemins, ou des pieds de moutons ou de chèvres. Ces matières hydratées, lavées, trempées dans l'eau de chaux et complètement rincées dans de l'eau acidulée, puis dans l'eau pure pendant deux jours, sont ensuite maintenues en ébullilion dans l'eau assez longtemps pour obtenir en dissolution la matière qui peut se convertir en gélatine par l'eau bouillante.

On emploie 10 parties d'eau pour 1 de matière. L'ébuUition est doucement soutenue durant six heures pendant lesquelles oa saupoudre un peu de chaux au tamis afin d'enlever la graisse à l'état d'écume de savon calcaire. Lorsqu'une goutte de liquide se prend en gelée sur une soucoupe de porcelaine, la colle est préparée ; 100 kilogr. de cette gelée et 3 kilogr. d'alun suffisent pour une cuve. On peut, au reste, se procurer de la gélatine sèche en feuille que l'ont fait hydrater dans l'eau froide, puis dissoudre dans de l'eau chaude. En tous cas, on ajoute de l'alun à la solution gélatineuse dans la proportion du tiers du poids de la gélatine sèche. L'addition de ce sel a pour but de rendre la colle sinon imputrescible, du moins plus résistante aux réactions spontanées, et moins soluble.

Six à huit parties de gélatine et deux ou tro;s parties d'alun dissoutes dans cent parties d'eau forment une solution convenable pour coller le papier d'une cuve. On a soin de maintenir la colle à une température do 25" environ, afin de lui conserver une fluidité convenable. Pour coller le papier, on plonge les feuilles par poignées de 80 dans le liquide, on les étend séparées, puis on les laisse sécher lentement.

La dessiccation doit être bien conduite

pour obtenir un bon colki

iw; e

le doit être

graduée et lente, sans cependant durer assez de lemps jiour que la (léwoiiiposilion spon-

tanée

a se

laliiie ail lieu. Cel accident ar-

rive |),ul(iis en éié, surloiit '(huis les temp.'^ humides et orageux : la colle devient alors

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liqaide, i^ord ses qualités adhésives, et le collage est manqué. Si la dessircalioii est trop rapide, la colle reste disséminée dans toute l'épaisseur du papier; si, au contraire, le séchage s'eirectue avec une lenteur convenable, l'humidité contenue dans la feuille de pajtier arrive successivement à la surface, entraînant la gélatine qui vient former une couihe superticielle imperméable.

11 est facile ne s assurer que le jiapier n'est collé qu'à la superticie en grattant et eh pasun trait à l'encre sur la partie cutanée : le papier collé à la gélatine absorbera le li- ([uide, tandis que le trait resl -ra net sur un pallier mécanique collé à la résine dans toute son épaisseur.

On lient distinguer autrement encore le papier collé à la gélatine (dit à la cuve, à la main ou à la forme) du papier à la mécanique : ce dernier, contenant toujours de la fécule, se colore en bleu indigo, lorsqu'on le met en contact avec une solution ou de la vapeur d'iijde.

La blancheur étant une des qualités principales qu'on recherche dans le papiiT, et le cliilfou, même bien blanchi , conservant toujours une légère nuance jaunâtre, on est dans l'usage d'azurer le jiapier, c'est-à-dire d'y ajouter une petite quantité d'une matière colorante bleue ou violette, complémentaire du jaune : on emploie , par iOO kilogr. de pâle supposée sèche, soit un litre de bleu de Prusse en pâte, soit oOO grammes de bleu de cobalt, soit 500 grammes d'outre-mer, soit entin 500 grammes de cendres bleues.

Papiers teints en pâte. — On fabrique des papiers teints de diverses couleurs ou nuances par des matières colorantes ajoutées dans la piie. Voici les doses et le prix de revient de ces diverses couleurs pour 30 kilogr. depiUe supiwsée sèche :

Prix.

Jaune.

Sk.SO sous-acétate de plomb. • ) Kf Kn Oii.io chromate rouge lie potasse. J ' Uleu.

aitiSO sulfate (le fer lifQo

l'',50 prussiuie de potasse , .) ' Vert.

1S05 jaune {"^ ''"

Violet.

liiiOo bois d'Inde (exU-ait) . . 0f,7-2

Rose.

6^ bois de Lima (extrait). . 5', 10

Cluimois.

ù^ couperose de Beauvais. ■)^->! rrt; Sk chlorure do chaux. . . j ' '''^

On mélange souvent dans le papier blanc OU coloré des substances minérales, telles que du sulfate de chaux, du sulfate de baryte ou de plomb. Ces additions constituent une double fraude, car elles rendent plus lourd, à surface égale , le papier qui se vend au poids, et diminuent beaucoup sa ténacité. La [irésence de ces substances est constatée par une simple incinération : en ell'et, le pajiier laissant en moyenne 2 jiour 100 de cendres, une rjuantité plus considérable indique un mélange frauduleux. Certains consomaïa-

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teiifs, afin d'augmenter le poids des enveloppes dont le poids s'ajoute à celui de quelques marchandises, font fabriquerdos papiers colorés et rendus pesants par des argiles, du sulfate de chaux ou du sulfate de plomb, et (les ocres ou teintures.

Papiers divers. — On prépare des papiers moirés ou maroquinés à l'aide d'une forte ]iression exercée par un cylindre en bronze sur un autre cylindre en rondelles de papier: le pi'emier étant gravé, déprime la surfa;.-c du second. En faisant passer le papier eiitr ; ces deux cylindres, il se gaufre dans toutes les cavités. On peut ainsi produire des dessins en relief de diverses form.'S.

Les cylindres en papier sont très-durs et résistent longtemps ; voici comment ils sont préparés : sur un axe en fer, on enlile un grand nombre de disques de papier, que l'on serre les uns contre les autres le plut, fortement possible, ensuite on tourne cette masse, et on obtient ainsi une surface polie et résistante.

Lorsque l'on veut obtenir du papier assez transparent pour calquer, on empli de la filasse de chanvre ou de lin écrue sans la blanchir. Les pectactes interposés rntie les fibres constituent une sorte de colle naturelle qui donne la transparence requise.

Le papier gris ou commun se fabrique avec des mélanges de divers chiiïons colorés et de chiUons de laine et de soie non blanchis.

En Allemagne, on fabrique un papier à gargousses très-rési>tant. Ce papier étant peu perméable à l'humidité, conserve mieux la poudre que les enveloppes eu papier usuel, et ne laisse rien dans les camms après le tir. M. Payeii a reconnu, par des essais Sjiéciaux, que ce papier est composé Ue débris d'intestins, divisés et feutrés par des moyens probablement analogues à ceux qu'on emjiloie pour convertir les chillons an papirr>

Le carton se prépare avec les vieux papiers, que l'on fait pourrir pour détruire les matières étrangères ; on ledésagrége ensuite en le broyant sous des meyles verticales tournant dans une auge. La [>àle, ainsi (iréparée, est mise en feuilles épaisses à l'aide d'une forme spéciale (toile métallique tenilue dans un châssis), puis pressée etséchée à l'air hbre.

Les cartons fins sont recouverts, sur chaque face, de feuilles de papier blanc. C^rtains cartons très-fins sont formés de plusieurs feuilles superposées à l'état humide, fortement comprimés, puis lissées entre des ]jlaques de zinc polies. Eu Angleterre, on fait avec du carton une foule d'objets d'ameublement, tels que tables, nécessaires, etc. Pour donner au carton plus de ténacité et de liant, on ajoute dans la p;Ue une so ution de gélatine, et on l'enduit de couleurs à l'huile et de vernis solides.

M. Roiuagnési prépare depuis longtemps à Paris une pâte dure, désignée sous le nom de carton-pierre: cette sorte de cartonnage est formée avec de la pâte à papier, uneso.utioii de gélatine, du ciment, de l'argile et de la craie. Ce mélange moulé donne des ornements

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li^gers ot solides pour la décoration àos à[f |iarti'iiioiits.

On pourrait fabriquer (économiquement dos l'ar'liMis avec dos |iui|)os do pouuuos do torro ou do holloravos i'|iuroos à l'aiido sult'uri(|uo T'Ioiidu ; oos pulpes lavtk's, puis inipi'(''ij;n('os d'un (lu do doux coiitiiNnios (rauuui>uia(|iio, ucquioroni, parla tbi'iualion ilu [lootalt! d'auinionia(pu\ uuo propriiHô adhôsivo rouiar- (luai)li'; Il serait, ulilod'y ajoutorSou lOptiur 100 do pilto à papier ou do délilé, aliu do les roudio i)lus rosistautos.

PAPIl'lK. Vol/. FiDRE VÉGÉTALE.

PAPIEK AZOTIOIM':. Vuij. Coton i-ounnE.

PAKACELSK nai]uiton U9;J, à Einsiodoin, raulon do Schwilz. Celait, si l'on s'en rapporte à riii.stoiro, un lioniino remplidevicos, ilébauciio, ivrof^no, crapuleux, ne hantant que les cabarets ol les mauvais lieux. On ne conçoit pas counuont, avec de telles habitudes, il a pu acquérir la haute réputation dont il a joui. « Mais il est constant par la tradition, nous dit \m do ses apologistes, que Paracelse, quoiipio un pou ami du vin, comme étant Suisse do nation, a été un médecin merveilleux, et qu'il guérissait facilement les maladies réputées incurables. »

A|ipelé par la ville de Bâle pour occuper la première chaire de chiane qui ait été fondée dans le momie, car c'est à lîàle qu'elle fut établie, en 1327, il remplit quoique temps cette charge, et on sortit à la suite d'un démêlé d'une nature assez singulière.

Tout en professant la chimie , Paracelse exerçait la médecine. Mandé pour soigner un chanoine gravement malade, avant de commencer la cure, il eut soin de l'aire son marché, ot le patient [)romit une récompense magnitique j)our prix de sa guériso'i. Les conditions fixées , Paracelse lui administra deux pilules d'opium, au moyen desquels celui-ci se rétablit en quelques jours. Guéri si rapidement, le chanoine trouva que le salaire promis était exorbitant , et refusa de le payer. De là procès, recours à l'arbitrage des médecins, qui sont d'avis que Paracelse a guéri si vite son malade, qu'une légère rétribution doit lui sui'iiro. En conséquence il perd sa cause, ot la fureur qu'il en éprouve le mot en hostilité avec les magistrats ; ce qui l'oblige à s'exiler du pays.

Privé do toutes ressources, il erra pendant quoique temps, ot Unit par mourir à Salzbourg, dans un cabaret, à l'âge de 4-8 ans : dénoûment triste et naturel d'une vie crapuleuse, qui vint donner un éclatant démenti aux j)roniosscs témérau'os dont il berçait ses disci[ilos. Ceux-ci ne demeiirèrent pourtant pas muets on face d'un événement si positif, et pour en atténuer les fâcheuses conséquences qui rejaillissaient sur leur propre considération, ils ne manquèrent pas de dire que les ennemis de sa doctrine l'avaient empoisonné « on une débauche do vin, à quoi il n'était que trop facile de le porter. »

Paracelse, abandonnant la route des alchimistes ses [irédécoss.jurs, s'occupa bien moins de la pierre iihilosophale que clo la nanacée

~ universelle, c'est-h-dire d'un moyen propre à prolonger indélinimcnt la vie. Pour cola, il avait dos essences et des (piint(!Ssonces, des ai'canos,dos spéiili(iu(.'s ot dos élixirs, parmi les(piels l'élixir des ([uinlosscMicos .se fait rcmaripioi' par son nom audiitioux. De tout cola il nous reste ViUi.rir dr propriété dr J'iiriicclse, ])i'é|iaration pou usitée aujourd'hui, mais conservée néanmoins dans nos pharmacoj)éos.

A|)rès ce coup d'œil sur la vie do Paracelse, examinons en (pioi consistent ses opinions on chimie. Il admettait, outre les quatre éléments d'Aristoto, une cinquième soi1o de matière résultant tlo la réunion dos quatre autres .sous leur foiino la plus parfaite ; car l^our lui, [)ar exemple, le fou n'est [las tout à fait la (7(«/ei«r, l'eau n'est pas VhumidUé, et il regarde comme chose possible de dégager la qualité de la forme. C'est en ce sens qu'il croit possilile, au moyen dos quatre éléments élémentants, comme on disait alors, d'en former un cinquième qui réunisse leurs qualités dépouillées de leurs formes. C'est là Vêlement prédestiné, c'est la quintessence de Kayinond Lnlle, quinta essentia.

Ainsi, par quintessence il entendait ce qu'il y avait de plus pur dans les quatre éléments, et il cherchait à découvrir l'élément prédestiné lui-même, on du moins une chose qui en approchût. C'est ce qu'il croyait fairi^ quand il voyait s'exalter une quàliié quelconque dans un corjis, s'y accioitro une propriété médicale, parexem{)le. Ainsi, pour lui, la quintessence du vin c'est l'alcool ; la quintessence du drap bleu, c'est la couleur bleue. Et de fait, tant qu'il parle des matières organiques, on le comprend très-bien. S'agit-il des métaux ? Voici la ligure qu'il emploie.

Dans une maison habitée, il y a deux choses, l'homme et la maison ; l'un qui va, vient, s'agite, qui veut et qui peut ; l'autre immobile, qui ne change d'aspect ou de forme qu'autant que l'homme le veut bien. Tel est le mercure ot tels sont les minéraux métalliques ; ils ont en eux la maison et Ihabitant animé, qui en est la quintessence. Si vous pouvez extraire ce dernier, vous avez la pierre philosophale et la panacée ri'unies.

Mais, hélas I comment saisir cet homme

qui se barricade eu son logis, sans abattre la maison et sans l'écraser sous les décombres ? Comment isoler cet esprit caché des métaux, sans traiter ceux-ci par dos dissolvants de nature trop brutale,. qui l'étoignont ou l'omprisonnont sous de nouvelles écorces ?

Or, il serait aussi facile de faire bûtir une nouvelle maison par un homme mort (juo d'oblenir une transmutation, au moyen de la quintessence des métaux dont res[irit s'est évanoui sous la main de l'artiste ignorant.

Dirigé par ce princi[)0 que, dans tous les objets do la nature, il devait y avoir une matière essentiel le, une (juiiil essence, Paracelse, qui avait toujours ou vue de l'obtenir, s'eifoiçait donc trélaguor des mélanges naturels les coips les moins actifs et d'un retirer

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les substances les plus énergiques. Ces idées, a[)rès tout, le guidaient d'une manière juste, car <''est comme s'il avait dit, par exemple : l'opium, la ciguë, renferment en petite quantité des composés très-actifs auxquels ces médicaments doivent leur puissance; il faut les isoler; si on y parvient, ils représentent à dose très-faible les propriétés d'une quantité considérable de la matière d'où ils proviennent. C'est comme s'il avait dit : pour les métaux , certains dissolvants peuvent exalter leurs pro])riétés en ouvrant la maison, d'autres les alfaibîissent en la fermant. Peu importent les théories, si l'on arrive à comprendre qu'il y a des préparations métàlli(]ues qui peuvent devenir très-actives.

Voilà comment il savait tirer des remèdes un parti éminemment utile ; voilà pourquoi il doit être considéré comme l'auteur de cette direction de la chimie médicale , dans laquelle on se propose d'écarter des matières médicamenteuses les substances inertes , pour ne s'attacher qu'aux substances actives, ou d'augmenter l'énergie de celles-ci en leur communiq lant la solubilité qui leur manque. Ce qui pourra étonner, c'est que Paracelse, outre les quatre éléments élémentants, outre l'élément prédestiné, reconnaît trois principes des corps tout à fait distincts. Les termes devenus célèbres de sel, de soufre et de mercure, qui désignent les trois principes des mixtes admis déjà par Basile Valentin, . prennent une place éminente dans les doctrines de Paracelse, et deviennent le signal d'une scission qui se dessine de plus en plus entre les idées des chimistes et celles des philosophes. Il faut voir dans le sel, le soufre et le mercure, trois éléments que l'expérience des chimistes reconnaît et oppose aux quatre éléments d'Aristote; et si l'on ajoute cette nouveauté à celles que Paracelse mettait en avant à tant d'autres égards, on comprendra comment cet homme bizarre a pu remuer si profondément les imaginations et faire une révolution durable dans les esprits. On com[)rendra les titres de roi des chimistes, de monarque des arcanes, dont ses sectateurs ne manquent jamais de le décorer, et dunt sa vanité semble s'être assez accommodée.

La recherche des ciuintessences, les discussions sur les trois principes ne sutTisaient pas à l'imagination de Paracelse. C'est parmi ses partisans que l'on voit apparaître une nouvelle idée fantasque, la recherche d'un dissolvant sans égal, du raenstrue universel, en un mot,' de Valcaest. Est-ce le corps alcalin par excellence, alcali est? est-ce un être tout esi)rit, allcn r/eist? Nous n'en pouvons rien savoir, tant il y a de confusion dans les idées de \anhelmont sur cet olijet, et c'est lui qui s'en est le jilus occupé. Paracelse s'est, pour ainsi dire, borné à en signaler l'existence , berçant ainsi limagination de ses élèves de l'espoir de découviir un corps capable de récompenser les travaux les plus longs et les plus assidus, par ses merveilleuses propriétés.

Au surplus, et les détails qui précèdent

le laissent prévoir, Paracelse avait en horreur les Arabes et les scolastiques; il professait pour eux un profond m'^p"is. Son bonnet, disait-il quRnd, échauffé par le vin, il se livrait à ses déclamations obscures et furibondes, son bonnet en savait plus long que Galien et Avicenne. Ce dédain pour l'école arabe remit Hippocrate en honneur dans les études médicales. Mais notre enthousiaste lit payer cher ce service par l'opinion exagérée du pouvoir de la chimie en médecine , qu'il chercha à communiquer à ses élèves, et il exerça une marche très-fâcheuse sur la marche "de cette science. Boerhaave blâme Paracelse d'avoir imposé la chimie à la médecine comme une maîtresse impérieuse, au lieu de la laisser à ses ordres comme une esclave obéissante.

A partir de Paracelse commence une ère nouvelle pour la chimie, car en lui ouvrant un enseignement public, il en a assuré la perpétuité. Nous voyons après lui les chimistes se succéder régulièrement et se diviser en trois branches : les philosophalistes ou alchimistes, les médico-chimistes et les hommes d'expérience et de bonne foi.

Dès lors se dessine nettement en effet une ligne de démarcation entre les chimistes ])roprement dits et les hommes qui poursuivent la recherche de la pierre philosophale, esprits vains, absurdes, très-obscurs du reste , qui s'éloignent continuellement des notions scientiûques, et qui s'évertuent à substituer des supercheries à une science réelle. Ils ont passé presque inaperçus.

PARAFFINE {parum a f finis). — La paraffine est un bicarbure d'hydrogène, isomérique par conséquent avec le gaz oléûant. La parafline se trouve mêlée à l'eupione dans le goudron de la houille, et dans celui que fournissent à la distillation les matières organiques et les schistes bitumineux. Sa préparation est extrêmement longue : c'est eu distillant du goudron de bois qu'on prépare ce composé; on obtient trois produits liquides de nature différente, et c'est du liquide le plus pesant qu'on extrait la paraffine.

La paraffine est solide, cristalline, blanche, inodore, insipide, douce au toucher; elle fond à 43°, et forme un liquide oléagineux, transparent, qui bout à une température plus élevée sans se décomposer et sans laisser de résidu; mais elle ne fait pas tache comme la graisse. Elle s'enflamme facilement quand elle a été fondue à l'approche d'un corps en ignition, et brûle avec une lumière blanche et pure; elle est insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool même bouillant, mais plus soluble dans l'éther. surtout à 25°. Ses meilleurs dissolvants sont : l'essence de térébenthine, l'huile de goudron et l'huile de naphte.

PARATARTRIQUE (acide). — On a donné ce nom à un acide qui se rapproche, par sa composition, de l'acide tartrique (de la pai-ticule grecque, 7t«,<;« qui signifie proche). Il existe conjointement avec ce dernier acide dans le tartre de certains vins, et sa coim'O-

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