‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 226 sur 354 · IÔ · texte numérisé non relu

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Pendant la germination, la tloraison et la IV'coniiation, les iihi^nonuMies tii^ la respiratiiiii ilans la plante sont conipléloraent nioilitiés; elle ne functionne pins <oiuiue appareil ri^ilnetenr, mais elle hrùle du carbone et de riiydro.^ène, et produit do l'acide carbonique et de l'eau; elle a complètement cliangé de rôle et fonctionne, à l'égard de l'air, comme le ferait un animal.

Quelques expériences vont le prouver do la manière la plus jielte.

Si dans un(! cloclie on expose une (leur à l'action de l'air et de la lumière, on voit l'air qu'elle renferme troubler bientôt d'une manière non é([uivoque l'eau de chaux avec laquelle on le met en contact ; il est même inutile, pour que le pliénouiène soit appréciable, de mettre la plante à l'ombre et d'en sépai'er très-exactement les parties vertes ; car, malgré la quantité d'oxygène que ces parties ont pu mettre en liberté, l'expérience n'a rien de douteux.

La production d'acide carbonique est facile h constater, mais il n'en est plus de même lorsque, comparant la plante h l'animal , on cherche à s'assurer, par l'expérience, que la production d'acide carbonique et d'eau, qui s'est effectuée dans les lleiirs, a été accompagnée d'un déveloi)peaient de clialeur.

Ces observations, en effet, sont très-difTiciles dans la plupart des cas. Cependant cette propriété a été constatée, dans ces derniers temps, sur des fleurs volumineuses, telles que celles de certains arums, et en général des plantes de la famille des aroïdécs ; ces expériences sont tout à fait concluantes.

Ce phénomène remarquable a été observé pour la première fois par Lamark, en 1777, sur Yarum italicum. Senebier en reconnut l'existence sur une plante très-commune dans nos climats, l'arum maculatum. Plus tard, Hubert vit, à l'île Bourbon, le spadice de Varum cordifolium, monter de 20° ou 2a° au-dessus de la température ambiante.

C'est sur cette dernière plante, qui est connue maintenant sous le nom de colocasia odora, que M. Adoljjhe Brongniart a fait des expériences, dans ces derniers temps, et que MM. Vrolik et Vriese ont également opéré à Amsterdam.

M. Brongniart a découvert le fait remarquable, que la température de la fleur s'élève tous les jours, par une sorte de flèvre ou de paroxisme, bien au-dessus de la température ambiante ; le maximum est placé d'abord de midi à quatre heures ; plus tard, il a lieu dans la matinée. La fleur peut offrir 11° ou 12° d'excès sur la température de l'air. A partir de l'épanouissement du spathe jusqu'à son extinction, qui eut lieu six jours après, la fleur présenta les mômes phénomènes tous les jours, k l'intensité près.

En confirmant les observations de M. Brongniart, les savants hollandais y ont ajouté des remarc^ues précieuses et de nature à compléter 1 étude de ce curieux phénomène. Ils ont constaté que la température de la

fleur, qui monte si haut dan3 l'air, s'élève également dans l'oxygène, mais que dans l'azote rien de \k\iv.'\\ ne s(! |irésente. Ils se sont assurés (ju'à mesure que la tem|)érature de la fleur s'élève, il y a formation d'acide carboni([ue, ([uo la productifin de cet acide est proportioinielle .\ l'aixroissement de la température, lin un mot, ils ont reconim, dans ce phénomène, tous les caractères d'une combustion, et ils n'hésitent pas à le caractériser de la sorte.

On peut donc affirmer que, dans le colocasia odora, il y a tous les jours, pendant la fécondation, une élévation de température considérable, déterminée par la combustion du carbone, et d'où réssilte la formation d'une grande quantité d'acide carbonique, ainsi que le développement d'une odeur intense qui paraît liée à ce [)hénomène de combustion.

Ces observations, en ce qu'elles ont d'essentiel, ont été revues et confirmées plus récemment par M. Dutrochet , au moyen d'appareils thermo-électriques.

Ce que l'on vient de dire de la fleur, il faudrait le répéter ou à pou près pour le fruit : quand les fruits commencent à mûrir, quand ils perdent leur couleur verte, en prenant les couleurs que chacun d'eux revêt pendant la maturation, ils développent do l'acide carbonique, et cela jusqu'à 1 époque de leur décom[)Osition. Cette pro[iriété des fruits se constate facilement d'une manière directe par l'expérience ; seulement le phénomène est un peu plus long à se produire.

Le même phénomène se présente pendant la germination. Dans une éprouvettc, où l'on met des grains d'orge en contact avec de l'air humide, les grains germent bientôt. En examinant les gaz produits dès l'apparition des plumules, mais avant le développement complet des feuilles, on y constate la présence de l'acide carbonique.

Ceci explique ce qui se passe dans les germoirs des brasseurs ; si les locaux ne sont pas bien disposés, si l'air ne peut s'y renouveler constamment, il arrive un moment où il devient assez riche en acide carbonique pour causer de véritables accidents d'asphyxie ; et ces accidents sa sont présentés dans une brasserie de Paris, il y a quelques années, avec des circonstances trèsgraves.

Les tubercules offrent les mêmes phénomènes pendant leur germination.

Nous avons admis que la plante, dans toutes ces circonstances, brûle du carbone et de l'hydrogène. Les expériences les plus simples ne laissent aucun doute sur la production d'acide carbonique ; avec quelques précautions on constate qu'en môme temps il s'est brûlé de l'hydrogène. L'expérience exige des analyses rigoureuses. En effet, si on exécute l'analyse des graines avant la germination, et si on répète la même expérience après qu'elle s'est effectuée, l'examen comparatif des résultats ne laisse aucun doute à cet égard.

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C'est piéciséœent ce qu'a fait M. Boussingault ; voici les résultats qu'il a obtenus :

Carbone. Hydrogène. Azote

1000 p.irlies de graine de trèfle, renfermant .'iOS

se rédnisent par la germination, à 93"2 parties, renfermant 480 et après le développement des feuilles séminales, à 853 parlies, renfermant SM

D'où l'on voit, en tenant compte des erreurs possibles de l'expérience, que la graine du trèfle, en germant, perd du é'arbone et de

l'oxygène d'abord, puis l'hydrogène.

du

Oxygène.

carbone

et de

Carbone.

1000 parties de grains de froment, renfermant 466

se réduisent , après l'apparition des radicules, à 974 parlies, renfermant 458

et lorsque les tiges eurent acquis la longueur des grains, à

966 parties, renfermant 439

enfin, quand les parties vertes dominaient, à 841 parties

qui contiennen .

En définitive, perte de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, mais perte de carbone prédominante.

Nous pouvons résumer ces faits en un théorème qui rappelle une de^ plus belles vérités que les expériences chimiques aient constatées dans ces derniers temps.

Toutes les parties vertes des plantes absorbent les rayons chimiques de la lumière ; elles absorbent de la chaleur, de l'électricité; elles décomposent l'eau, l'acide carbonique; elles fixent le carbone, l'hydrogène, en dégageant l'oxygène ; elles agissent comme appareils réducteurs. Les parties non vertes des plantes n'absorbent pas les rayons chimiques de la lumère; el es produisent de l'électricité; elles exhalent de la chaleur; elles brûlent du carbone, de l'hydrogène. En un mol, dans toutes les circonstances où la plante a besoin de la chaleur, et quand elle n'en reçoit pas du dehors, elle agit comme le ferait un animal : elle était appareil réducteui , elle devient appareil de combustion, et on peut dire, sans métapiiore, que dans ces périodes la plante devient animal et fait réell ment partie du règne animal, au point de vue de la physique générale du globe.

Nous n'avons pas à nous occuper, pour le moment, de rechercher au moyen de quels matériaux la plante produit cet acide carbonique et cette eau ; nous reviendrons sur cet objet en parlant des sources de la chaleur animale ; il suffit de rappeler que certaines parties des plantes contiennent des matières qui, pendant leur germination et leur développement, disparaissent des réservoirs oi^i elles étaient accumulées : les betteraves perdent du sucre, les pommes de terre de l'amidon, les graines oléagineuses des matières grasses.

Ajoutons, enfin, que de même qu'un animal a besoin d'oxygène pour vivre, de même ^a jjlante qui germe, qui fleurit, qui se féifonde, en a besoin ; 1 oxygène lui est tout aussi indispensable, dans ces périodes de sa vie, qu'à l'animal lui-même.

Mais si la plante produit de l'acide carbonique et de l'eau sans doute, dans les organes tels que la fleur ou le fruit, où elle a besoin de développer de la chaleur, que

HjJrogène.

Azote.

Oiygène.

faut-il penser du développement de clialeur qui aurait lieu dans les parties vertes ellesrhêmes, au milieu du jour, et par conséquent précisément à l'heure où le soleil vient de les frapper?

M. Dutrochet a exécuté, en effet, des expériences très-délicates, d'où il résulte qu'une fjlante verte possède, vers le milieu du jour, une température sujiérieure d'un tiers ou d'un quart de degré à celle d'une plante semblable placée dans les mêmes circonstances, mais morte. La difiiculté de telles expériences, la petitesse de la différence qu'il s'agit de mesurer, en rendraient les résultats très-incertains. Mais il faut dire que M. Dutrochet s'est entouré de toutes les précautions qu'il a pu imaginer, et qu'il a reconnu que la plante vivante éprouve tous les jours une élévation semblable de température, quand elle est exposée à l'air libre. Il a vu de plus que, si la plante est maintenue dans l'obscurité, le môme paroxysme se manifeste pendant trois jours ; mais l'excès de température va en s'aflaiblissant, et le phénomène finit par disparaître.

On peut certainement admettre, sans répugnance aucune, même en adoptant pleinement les vues que je professe U'i, qu'à côté du phénomène général en vertu duquel les parties vertes des plantes décomposent l'acide carbonique en s'emparant de la chaleur et de la lumière solaire, il se passerait un autre phénomène, une véritable combustion dans les liquides de la plante, au sein même des vaisseaux' qu'ils parcourent. C'est à celle-ci qu'il faudrait attribuer la faible élévation de température observée.

Après avoir cherché à faire comprendre le rôle de la plante dans ces circonstances purement accidentelles, et qui ne sauraient en rien modifier l'opinion sur leur mode d'action au point de vue général de la statique chimique des êtres organisés, il reste à étu^ dier la respiration des animaux.

L'animal, dans sa respiration, absorbe de l'oxygène, produit de l'acide carbonique, de l'eau, de la chaleur, de l'électricité, et perd du carbone et de l'hydrogène : ce phénomène a lieu dans toute la série animale. .11 faut le démontrer et l'étudier avec soin dans quelques espèces.

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