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UiiMi n'osl plus facile ; cm' il sullil d'étiulicr l'iiir cdiiliiU! dans ItMiiiel un iuiiiuiil a vécu |M'!ul,uit (juchiuc temps, jiour y rccoiuiaitro les résullats essentiels.
Si, nu inove-i d'un soufflet, on fait barbotter l'air ordinaire dans un verre reni[)ii d'eau de chaux, on u'afieri^'oit pas, ou pres(iue pas (le trouble ; si, au contraire, on y l'ail passer l'ail' sortant des poumons, un trouble manifeste apparaît au uout d'un temps très-court, et la liqueur contient bientôt une quantité trés-considérable tie carbonate de chaux.
lui enfermant jiendant (pieli|ue tem|is un oiseau dans une cloche remplie d'air, on observe le même phénomène.
Mais ce sont là des animaux à sang chaud ; (pi'arrivcrait-il [lour les animaux h sang froid ? La même propriété se manifeste à leur égard.
Une grenouille est-elle placée dans l'air pendant quelques heures, l'air renferme de l'acide carbonique ; l'eau de chaux en donne la preuve.
Des escargots étant enfermés dans de l'air pendant quelques jours, l'eau de chaux se trouble fortement au contact de celui-ci.
Si, au lieu d'expérimenter sur des animaux aériens, on examine ce qui se passe chez les poissons, on constate le môme phénomène ; leurs bronchies agissent sur l'oxygène dissous dans l'eau absolument de la même manière que le poumon de l'homme sur l'air libre qui l'entoure ; le phénomène reste le môme pour le fond, la forme seulement en est changée ; d'ailleurs, la qu'uitité d'acide carbonique est extrêmement diminuée, puisque, pour une tanche, par exemple, d'après M. de Humboldt et Provençal, elle n'équivaut ((u'à la 50,000' partie de celle qui est produite par l'homme , quantité qui paraîtra bien faible néanmoins.
Ilien de plus aisé, du reste, que de prouver la pruduclion d'acide caiboni(iue et la disparition d'oxygène pendant la respiration d» s poissons ; il suflit, pour la mettre en évidence, d'analyser les gaz qu'on obtient par l'ébullition d'une eau qui a contenu des poissons pendant quelque temps.
Ces expériences seraient suffisantes pour démontrer ce que j'ai posé en principe ; on peut cependnnt pousser l'invesiigation plus loin et prouver que, dès l'instant où la vie animale se manifeste, les phénomènes de combustion se présentent : aussi, le dévelojipement du poulet est-il accompagné d'une véritable combustion de matières organiques qui s'etfectue aux dépens de l'oxygène de l'air. La structure de l'œuf fera comprendre quels moyens la nature a mis en œuvre pour mettre le germe en ra|)port avec l'air.
Qu'on examine, en ell'et, la coupe d'un œuf en incubation. L'albumine occupe toujoLU-s la partie inférieure ; le jaune, devenu spéciliquement plus léger, se place toiyours à la partie supérieure, (juello que soit du reste la position de l'œuf; mais, en outre, la cicatricule étant clle-môme spéciliquement plus légère que le reste du jaune, s'élève vers la partie supérieure, de telle façon ({uc
c'est elle (pii vient s'appli((uer sur les jtarois de la co(piille, parois jiaiiaitement [)erméables fi l'air.
Ainsi , l'œuf fécondé des oiseaux arrive d'abord à l'air avec des conditions (jui se modilient à mesure ijue le besoin du développenuml du fiçtus I exige. Le jaune, d'abord de môme densité (|ue le blanc, devient peu à peu pli!s léger, en s'emiiaraiit de l'eau du blanc par endOsmose. La cic.stricule, autour de laquelle cctie eau se rassemble surtout, devient elle-mômc le point le plus léger du jaune. C'est ainsi que les vaiss aux de l'airo veineuse, et plus tard ceux de la véhicule ombilicale, s'appliqiiant sur la coquille, s'y mettent en rapport avec l'air extérieur.
Qu'il y ait, d'ailleurs, formation d'acide carbonique, respiration véritable })endant l'incubation, c'est un fut hors de doute. Aussi le poulet no tarde-l-il pas à périr si l'on essaye de le couver dans des gaz privés d'oxygène.
Chez les animaux ovo-vivipares , dans lesquels le fœtus est sans communication directe avec la mère ou avec l'air extérieur, l'oxygène est mis en rapport avec lui par un mécanisme à peu ['.rèsde môme nature. Dans la coupe par un plan vertical d'une vipère on élat de gest'ition, on voit que le poumon occupe p.resque toute la longueur du corps, des deux côtés de la colonne vertébrale. L'oviducte est placé immédiatement au-dessous, vers la face abdominale : de telle sorte que, dans l'état de repos de l'animal, les œufs viennent s'appliquer sur ks poumons avec les mômes particularités que nous avons rencontrées dans l'œuf de la poule, c'est-à-dire en présentant le germe à l'action de l'air, qui lui arrive alors par l'intermédiaire du poumon, au travers de la paroi amincie de l'oviducte.
Ainsi, dans la vipère, les a^ufs présentent, comme dans l'oiseau, un jaune ijui, devenu plus léger, s'ajiplique à la paroi supérieure de l'œuf, qui elle-même est en rapjjoil intime avec le poumon par l'intermédiaire des parois amincies de l'oviducte.
Ces conditions se retrouvent d'ailleurs dans tous les serpents. Les œufs de coideuvre, au moment de la ponte, renferment des fœtus d'un développement déjà très-avancé. Bien mieux, on peut transformer beaucoup de serpents ovipares en vivipares \)i\r le seul effet de la captivité : un orvet femelle en état de gestation mis dans une caisse, loin de poiiiue ses œufs, comme il le fait en liberté, pondra plus tard, et pondra ses petits vivants. Il y a donc, dans les serpents en général, les conditions convenables au développement de l'œuf, c'est-à-dire, les conditions néc.'ssaires à la respiration dans le corps de la mère elle-môme.
Pour les oiseaux, rien de pareil. Liez l'oviducte d'une poule pour empocher la ponte, maintenez ainsi l'œuf pondant quelques jours dans l'oviducte, et vous n'ohsorverez pas trace do développement du poulet. C'est qu'il n'y a aucun rapport, en otfet, entre l'oviducte et -le poumon ou l'air extérieur.
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Tous CCS faits prouvent , de la manière la plus incontestable , que dans toute l'échelle animale, depuis l'homme jusqu'au germe , les procédés de la vie s'accomplissent par une exhalation d'acide carbonique et d'eau, et par une absorption d'oxygène.
Ce dernier mot demande une explication , parce qu'il peint la manière dont nous derons envisager l'action de l'oxygène sur la sang. Les plaïUes absorbent de l'acide carbonique par leurs racines ou par leurs feuilles, le décomposent et exhalent l'oxygène; les animaux absorbent l'oxygène, s'en servent pour brûler leurs aliments, et exhalent l'acide carbonique.
Cette définition pourrait être mal comprise, si on ne la rapprochait des deux théories qui sont admises pour expliquer les procédés de la respiration.
La première est due à Laplace et à Lavoisier. Ils avaient cru, ou du moins ils avaient pai-u croire que l'oxygène introduit dans le poumon y brûle directement une partie des éléments du sang , en produisant dans cet organe la chaleur dont l'animal a besoin. Si telle était leur pensée, elle n'était pas juste, et la preuve nous en est donnée par une expérience de Spallanzani, auquel la physiologie doit tant de travaux importants. Cette expérience a été répétée avec beaucoup de soin par M. Edwards.
On place une grenouille dans de l'hydrogène parfaitement pur, en ayant soin de la comprimer sous le mercure , j>our ex[)ulser tout l'air qui se trouve dans ses poumons. Lorsqu'elle a séjourné dans la cloche pendant quelques heures, on reconnaît qu'elle a expiré une quantité d'acide carbonique , qui correspond k peu près à son propre volume : il est bien évident que cet acide préexistait, qu'ilja été défilacé par l'hydrogène, qui n'a pu lui donner naissance.
Ainsi , l'acide carbonique est expiré et l'oxygène est absorbé. Est-il nécessaire d'ajouter que le procédé de la combustion s'opère dans le torrent de la circulation, et que nous devons remettre à étudier ce phénomène, avec tous les détails qu'il comporte , au moment où nous nous occuperons de l'étude du sang lui-même.
Voici quelq"ues nombres, qui indiquent ce qu'un animal Drùle de carbone dans les vingtquatre heures.
S'agit-il d'un homme, la quantité de carbone brQlé varie de 150 à 200 grammes, et de 20 h 30 grammes d'hydrogène. En représentant l'hvdrogène par une quantité triple aumoins de carbone, il faut ajouter aux deux cents grammes de carbone une quantité de 90 grammes , pour représenter l'hydrogène par du carbone. Tout compte fait, on trouve que l'homme consomme par jour une (quantité de combustible représenté par 250 à 300 grammes de carbone.
Voici maintenant les résultats auxquels on arrive pour d'autres animaux , en tenant compte, bien entendu, des erreurs possibles dans les déterminations de ce genre.
En vingt-quatre heures un animal consume:
Carbone. Hydrogène.
Cheval. . . . 2S00 grara. 27 gram. Lapin .... 25 2,7
Cochon d'Inde .6 0,5
Pigeon. ... 7 1,0
Cliien .... 53 5,0
Cluit .... 17 3,7
Grand-duc. . . 15 5,0
Un simple coup d'œil jeté sur ces nombres fait voir que la quantité d'hydrogène brûlé par un Carnivore est beaucoup plus considérable que celle qui est brûlée par un herbivore , comme l'a reconnu Dulong ; cet excès provient des substances grasses que ceux-ci consomment.
Mais comment constater par l'expérience la quantité de carbone et d'hyiirogène brûlés par un animal ? Celui qu'il nous importe le plus d'étudier h cet égard, c'est l'homme. Avant de passer aux moyens d'observation employés, essayons de déûnir les conditions dans lesquelles il faut le placer.
Si, après avoir inspiré de l'air dans son poumon , un observateur voulait l'expirer sur le mercure, l'analyse de l'air recueilli de la sorte donnerait certainement sa composition ; mais celle-ci ne permettrait pas d'en conclure la composition de l'air de la respiration normale. Tout effort modifie nécessairement la composition de l'air sortant des poumons; il faut, pour avoir des données certaines , prendre l'air qui provient d'une respiration libre, indépendante ; il faut examiner l'air libre expiré à difl'érentes époques de la journée , mais toujours dans des moments tels, que la respiration ne soit ni entravée, ni accélérée par des causes extérieures : au moyen de précautions, on peut arriver à des données exactes.
Voici l'appareil (jui a servi à ce genre de détermination: il donne les résultats exacts, quand on s'en sert avec précaution. Il se compose d'un ballon h long col d'une capacité de 500 centimètres cubes environ, exactement gradué sur son col en centimètres ou demi-centimètres cubes; puis d'un tube de verre qu'on engage jusque dans le ballon, et dont le diamètre est calculé de manière à ce que l'espace annulaire, qu'il laisse dans le col du ballon , soit égal ou à peu près à sa section intérieure.
Quand on veut se servir de l'appareil , il faut inspirer l'air par le nez et l'expirer par la bouche; on acquiert aisément l'habitude de le faire : quand j'ai fait des expériences de ce genre sur moi-même , je parvenais très- bien à lire ou à travailler à mon bureau , pendant toute leur durée. Après avoir respiré pendant une demi-heure ou un quart d'heure , on peut être certain que le ballon est complètement rempli de 1 air expiré; alors, en continuant toujours h respirer de la même manière, on enlève, peu à peu, le tube en verre; on bouche le ballon et on le porte sur le mercure; on mesure exactement le volume du gaz, et on absorbe l'acide carbonique par la potasse caustique. Le ballon étant divisé en centimètres cubes,
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division (|u'on lit (r('s-ais('ment sur son col, l't sa wipaciti' étaiil de 500 coutiiiiètres culios , cliaquc dogié d'aljsorplion correspond à ïsT *^u volume lolal ou environ.
1mi opi'rant de la sorte , on trouve que l'horanie sain expire un air qui (^ontient 3 à o f)Our 100 d'acide carbonique ; 3])our 100 jui moins et 5 pour 100 au |)ius : mais clioz les malados , la proportion descend jusqu'à 1 ou 1 \ pour 100, et peut s'ôiever à 7 ou 8.
La quantité normale va nous conduire à poser quelques chitlVes.
Oh peut compter (pi'un homme adulte introduit environ un tiers de litre d'air dans ses poumons, à ciiaque inspiration ; il en l'ait seize à la minute ; lair expiré contient, d'après ce que nous venons de voir, de 3 à 5 [lour 100 d'acide carljoni([ue, et il a perdu de î h 6 pour 100 d'oxygène : ainsi , dans les circonstances ordinaires de température et de pression dans lesquelles nous nous trouvons à Paris , l'homme fait pousser par jour dans ses poumons de 7 à 8 mètres cubes d'air. 11 aura brûlé , terme moyen et en réduisant l'hydrogène en carbone , l'équivalent de 250 à 300 grammes de carbone en vingt -quatre heures. En supposant la dépense au maximum, cette combustion exige une dépense réelle de 800 grammes d'oxygène ; le poids total d'acide carbonique est donc 1100 grammes ou 550 litres; pour le produire, il a complètement privé d'oxygène une quantité d'air représentée par 2750 litres.
Quelques mots feront comprendre ce qui arrive quand, au lieu de faire respirer un homme dans les circonstances ordinaires de pression, on moditie ces circonstances.
Si on se transporte sur le sommet d'une montagne élevée , à mesure que la densité de l'air diaunue , la respiration s'accélère et Je nombre des pulsations du pouls augmente. Dans la cloche du plongeur au contraire , dans laquelle , outre la pression ordinaire , on supporte celle de toute la colonne d'eau qui la recouvre , la respiration est retardée. Dans les appareils de M. ïabarié, où on peut soumettre l'homme à des pressions très-furtes , on observe aussi le ralentissement de la respiration.
Dans une .circonstance remarquable , qui s'est présentée dans l'un des accidents dont le tunnel sous la Tamise a été l'objet , on a reconnu qu'un homme qui plongeait , après avoir rempli son |)oumon dans la cloche du plongeur, sous une pression égale à près de deux atmosphères, pouvait rester sous l'eau bien plus longtemps qu'à l'ordinaire : résultat très-naturel de la densité de l'air inspiré dans de telles circonstances.
La quantité d'oxygène inspirée demeure donc à peu près constante dans l'état normal ; on diminue ou on augmente le nombre des inspirations pour compenser l'excès ou le défaut de densité de l'air. Si un homme inspire trop vite de l'air trop dense, la température s'élève bientôt ; s'il respire tro[) lentement un air trop rare, la température s'a-
jjaisse.
Quand un animal à sang chaud passe à l'état (rhyberiiation,sa respiration devit^nt rare et sans ampleur. 11 <'st facile de vérilicr que, dans cet état, la marmotte, le hérisson, bri'ilent bien moins de carbone que dans leur l)ériode d'activité.
Quand au contraire les animaux à sang iroid deviennent capaliles de produire de la chaleur, comme le python femelle, à l'époque où elle couve, on voit leur respiration s'accélérer, et leur dépense en aliments s'accroître.
Tout ce que les physiologistes ont constaté, tout ce que les chimistes savent relativement à la respiration, se traduit donc en définitive en une seule pensée : combustion lente des matériaux du sang par l'oxygène de l'air ambiant.
Les faits que nous venons de citer, les nombres que nous avons donnés sur la respiration normale, conduisent à conclure que l'homme consomme deux sortes de produits : comme combustible, du carbone et de l'iiydrogène ; comme comburant, l'oxygène qui brûle ces matières. Mais ces corps doivent être présentés les uns aux autres dans .un certain état , si on veut satisfaire aux exigences de la vie.
Ainsi il paraît démontré qu'au moment de l'expiration, l'économie sent instinctivement le besoin de se débarrasser d'un air trop chargé d'acide carbonique, et qui agirait par cela même comme poison, princioalementsur les animaux à sang chaud.
Cette considération conduit à rechercher quelles sont les quantités d'air dont un homme a besoinpour vivrependant nn temps donné. On peut admettre que l'homme fait passer 7 à 8 mètres cubes d'air par jour dans ses poumons ; dans un air raréfié ou condensé, la respiration, accélérée ou ralentie, s'arrange de manière à fournir au poumon , dans un temps donné , une quantité d'oxygène toujours égale à celle que ces 8 mètres cubes représentent ; mais on commettrait une erreur grave, si on pensait qu'un homme, réduit à ne recevoir par jour ([ue 8 mètres cubes d'air , continuerait à vivre sans souffrance.
Supposons, en effet, qu'un certain nombre d'hommes étant réunis dans une salle exactement fermée, chacun d'eux ait 8 mètres cubes d'air à sa disposition : au lieu d'y respirer à l'aise pendant vingt-quatre heures, on verrait, après un temps très-court, des symptômes d'asphyxie seuéclarersuinombred'entre eux, et certes, au bout d'un jour, il en est peu qui sortiraient vivants de cette épieuvc, puisque tout l'air de l'enceinte renfermerait alors la dose d'acide carbonique contenu dans l'air môme que notre poumon rejette à chaque instant comme nuisible.
De là le besoin de ventiler. Des expériences nombreuses prouvent que, si on cherche par le tâtonnement à préciser le volume d'air qu'il convient de fournir à des hommes réunis, un augnientant ou diminuant la ventilation , selon l'impression éprouvée , on
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trouve qu'un homme a besoin de 6 à 10 mè- " très cubes d'air frais par heure. ^■
M. Péclet, qui s'est beaucoup occupé dans ces derniers temps de la ventilation des salles d'assembh^e, des écoles, etc., est arrivé, après quelques tâtonnements, à adopter ces nom- Bres , comme pouvant servir de base à un système de ventilation efticace. A ce taux , là température ne s'élève pas d'ime manière incommode ; et les émanations animales , dont on ne saurait contester l'existence dans l'air non renouvelé, n'exercent pas d'influence appréciable sur l'odorat.
Cette quantité d'air est énorme; elle est vingt ou trente fois supérieure à celle qu'un homme vicie complètement dans la journée.
En conséquence , on se trouve amené à conclure qu'indépendamment de l'acide carbonique , dont l'elfet nuisible ne peut être contesté, il y a dans les grandes réunions , et en g-néral dans les lieux habités, d'autres causes : telles que l'accumulation de la vapeur aqueuse, l'élévation de la température, la production des émanations animales , qui rendent indis^jensable un prompt renouvellement de l'air.
La recherche de l'acide carbonique , dans l'air des lieux habités, n'en demeure pas moins le premier et jusqu'ici le seul moyen de mesurer l'étendue des altérations que l'air a subies , et d'apprécier l'efticacité des méthodes par lesquelles on cherche à y porter remède.
\'oici les résultats obtenus par M. Leblanc, dans une série de recherches relatives k la composition de l'air, dans ces diverses circonstances. Dans quelques salles d'hôpitaux de P. iris il a trouvé, au bout d'une nuit de clôture, l'airdes dortoirs chargés d'une quantité d'acide carbonique s'élevant jusqu'à 1 pour 100. A coup sûr, une pareille proportion d'acide carbonique annonce dans l'air une altération qui ne permet pas de le considérer comme salubre, même pour un temps peu prolongé. Pour s'en convaincre , il suffit de se rappeler que l'air expiré des poumons renferme de 3à 4 pour 100 d'acide carbonique, et qu'à cette dose il parait réellement exercer une action nuisible sur nos organes , puisque la nécessité de l'expulser se fait sentir impérieusement.
L'expérience a jirouvé que l'effet de la ventilation naturelle par les jointuics des portes et des fenêtres , dans un lieu clos et qui ne renferme pas des foyers de nature à déterminer un appel actif, est moins marqué qu'on n'est généralement porté à le croire; il est , dans le plus grand nombre des cas , tout à fait insuflisant pour neutraliser les effets nuisibles de la raspiration dans les lieux habités qui ont une capacité restreinte.
11 est facile de voir, d'après cela, combien la construction de la plupart de nos amphithéâtres laisse à désirer. A l'exception des théâtres dans lesquels la ventiiction s'est établie d'abord par hasard par l'ouverture placée au-dessus du lustre, et pratiquée pour
se débarrasser de l'odeur des lampes , on peut dire que les salles de réunion sont mal disposées. Les architectes sont d'autant plus blâmables à cet égard qu'on connaît aujourd'hui les règles qui doivent guider dans les applications de la ventilation.
Il ne suffit pas de rendre à l'homme l'oxygène qu'il consomme, mais il faut le lui offrir convenablement délayé dans de l'air pur.
Partant des nombres qui précèdent , il devient facile de calculer la ventilation qui est nécessaire pour des écoles, des casernes, des hôpitaux, etc.
Prenons pour terme de comparaison une chambre à coucher, et rappelons-nous qu'un homme a besoin de 6 à 7 mètres cubes d'air par heure au moins. En admettant qu'il passe neuf heures dans sa chambre à coucher, il lui faudra un espace de 63 mètres cubes, ou une chambre représentant un cube de k mètres de côté ou de 12 pieds environ ; et certainement ces conditions sont loin d'être remplies pour la jilupart des individus.
Jusqu'à présent, nous avons regardé l'acide carbonique comme le moyen de donner la mesure des effets nuisibles qu'un air vicié fait éprouver à la respiration. En effet, sa proportion nous indique pour quelle portion l'air déjà respiré intervient dans le mélange qu'on examine. Cependant il est bien clair que l'acide carbonique n'est pas le seul produit nuisible qui se rencontre dans l'air vicié. 11 faut tenir compte de la présence incontestable de l'hydrogène sulfuré, et des matières animales puantes que l'air des lieux habités renferme toujours. Il y a tel lieu de réunion publique, oiî le conducteur de cuivre d'un paiatonnerre, placé près des tuyaux de dégagement de l'air vicié par la respiration, se trouve transformé, au bout de quelques mois, en sulfure de cuivre. J'ai vu, dans une fête, des pompiers jeunes et robustes, placés dans une galerie, à la partie supérieure d'une immense salle de bal, être tellement incommodés par l'air vicié qui leur parvenait, qu'ils ne pouvaient guère y rester que dix ou quinze minutes.
Si nous ajoutons à ces faits la conversion plus ou moins rapide du carbonate de plomb des peintures de nos appartements en sulfure de plomb par l'hydrogène sulfuré de l'air, l'odeur nau>éabonde qui nous frappe quand nous pénétrons le matm dans le dortoir d'une caserne, ou d'un hôpital mal aéré, quand nous entrons le soir dans ces ateliers où l'industrie accumule souvent un trop grand nombre d'ouvriers,' il ne reste aucun doute sur la présence de ces matières nuisibles, ainsi (jue sur la nécessité de s'en débarrasser promptemeiit.
Les besoins de la ventilation sont donc incontestables. 11 faut l'effectuer, soit par des cheminéi^s, soit par des poêles bien disposés pour les petits appartements, soit enûn par des appareils particuliej-s pour les lieux consacrés aux grandes réunions, c'est-à-dire, les écoles, les casernes, les hôpitaux et les amphithéâtres.
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(irAi'(> h l'heureuso tendance de l'administnitioii puliliquo, nous verrons, sans nul doute, s'améliorer bientôt, sous ce rap|)ort, la ventilation do tous les lieux de réunion, celle des ateliers, et surtout celle de tous les lieux (jui recueillent la population ouvrière flottante des grandes villes.
Du pain et de la viande en (lunnlité suftisante, île l'air pur, do l'eau pure , tels sont les aliments (jni, en maintenant la santé do l'individu, améliorent la raccliumainc, et oii elle |)uise, par conséquent, ces conditions de bonheur qui résultent d'tni écjuilibre convenable entre les forces physiques et les forces morales clles-mônies.
Toute dégradation physique est bientôt accom[)agnée d'une dégradation morale jirofonde ; et je no connais rien, à cet égard, qui puisse être comparé aux ell'ets résultants d'une habitude de vie dans des lieux mal aérés et privés de lumière. Il suffit de jeter un coup d'œil sur la population ouvrière de Birmingham, de Manchester, de Lyon ou de Lille, pour être convaincu de l'imporiance qu'une administration vraiment politique doit mettre à soustraire la race humaine à des conditions physiques qui portent avec elles le germe de tous les désordres comme celui des all'ections héréditaires les plus incurables.
L'existence des phénomènes de combustion qui ont lieu dans les êtres organisés étant reconnue, les produits généraux de celte combustion étant constatés, voyons maintenant un peu plus en détad ce qui se passe dans l'homme et dans les animaux analogues, relativement au renouvellement du C(jmbustible qui se trouve sans cesse consommé par leur respiration.
11 y a bientôt dix-sept ans que, dans un cours fait à l'Athénée, je m'exprimais de la manière suivante : « Un homme à l'état de « santé dépense l'équivalent de huit onces « de carbone par jour ; cette quantité corres- « pond à vingt onces d'aliments quelconques. « Il dépense une demi-once d'azote par jour, K ou trois onces d'aliments azotés ; l'écono- « mie se débarrasse du carbone et de l'hydro- « gène par les poumons ; de l'azole par les « urines.
« Il est évident que ces matières provien- « nent de son sang, quels que soient le modo « et la cause première de ces transforma- « tions.
« Il ne l'est pas moins que le sang est « nécessaire à l'entretien de la vie; que c'est « sur lui que porte la perte pàncipale, que « c'est lui qu'il s'agit de renouveler. »
Ces bases une l'ois posées de la sorte, les idées que je professais sur la digestion, et <jui sont celles que j'admets encore aujourd'hui, s'en déduisaient tout nalureilement.
11 est clair que si un homme perd 8 onces de carbonne et une demi-once d'azote pris dans les aliments, il est impossible ou au moins diflicile d'admettre que cette énorme quantité de matière détruite ail été véritablement assimilée ; il est diflicile do croire que ce travail immense et inutile dans l'organismo se soit e^'ectué; car il faut bien
entendre par assimilation une fonction qui forait entier dans les organes <le l'individu les |irinci|ies qui les constituent. Dans l'iiyl>olliès(? (|ue nous exposons, ces princiiies n'y feraient qu'un séjour momentané, les procédés de la vie venant les reprendre ensuite pour les détruire.
Il parait donc plus probable que les matières détruites chaque jour \wuv l'ontretieu de la vie, ne font, en grande partie du moins, que passer dans le sang, à l'état pour ainsi (lire inorganique.
Dans les procédés de la respiration, une grande partie de ces matières, c'est-à-dire (le cellesque le sang charrie, agit comme combustible à l'égard de l'oxygène puisé dans les poumons ; et le travail de l'assimilation proprement dite ne se passe très-probablement (pie sur une petite quantité des aliments ingérés.
H y a donc deux manières d'envisager la digestion; la première est celle dont je viens de donner un aperçu; la deuxième, adoptée par les physiologistes les plus illustres, consiste à dire que tous les matériaux qui passent dans Je sang sont assimilés par l'organisme pour être détruits ensuite peu à i)eu.
Je ne puis accepter cette dernière opinion.
Je crois que l'acide carbonique, l'eau ^ l'ammoniaque, expulsés par l'homme, proviennent en grande partie de la combustion; des produits rendus solubles par la digestion, et versés dans le sang, et non de la dissociation de la matière môme de nos organes. La digestion a donc deux formes essentielles : l'une a pour objet la réparation des matériaux du sang, consommés par la combustion, qui vient exhaler ses produits dans la respiration pulmonaire ou cutanée ; l'autre, au Contraire, se rapporte à la restitution des; parties de l'organisme que l'exercice de la vie a détruites. Dans mon opinion la i eslau^ ration «lu sang est, de ces deux tins de la. digestion, celle qui consomme la plus fortO' proportion de produits tirés do nos aliments. J'en donnerai facilement la preuve.
En elfet, dans les aliments de l'homme^ par exemple, c'est l'amidon, le sucre, qui prédominent : or, ce sont là des aliments, absolument impropres à l'assimilation. Convertis en produits solubles dans le sang et oxydables, ils sont entièrement consomméspar la respiration proprement dite. Ainsi,, dans les aliments de l'homme, l'assimilalioii porteiait tout au plus sur les matières azotées neutres et sur les matières grasses; et nous allons voir qu'une jjorlion considérable de ces produits lui écuappe, et qu elle se brûle uirectemenl dans le sang.
Pour s'en convaincre, il suliit d'aj)profondir ces faits. Or, nous verrons ailleui s que le sang où s'opèrent manifestement ces phénomènes de combustion, qui caractérisent si hautement le règne animal, est un liquide très-compliqué. Nous y remarquerons entre autres substances : la lîbrine, l'albumine, le caséum, la gélatine, des ma-
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tières grasses, des sels à acide organique, des majières colorantes.
Nous retrouvons, dans les solides de l'économie, toutes ces matières, et de cela seul nous pourrons tirer une conclusion. Supposons, en efifet, que le sang perde toute sa fibrine; si l'animal n'en meurt pas, son sang devra en reformer promptement, et il pourra en conséquence, en emprunter une partie à la fibrine toute faite que ses organes renferment. Le sang se dépouille-t-il d'albumine, il devient propre à en dissoudre qu'il emnrunte à toutes les parties de l'économie.
Il en serait de même des matières grasses, des matières colorantes. En général le sang doit être considéré, relativement aux matériaux solides de l'économie, comme une dissolution saturée de ces mômes matériaux.
Dès qu'il en perd une portion, il la remplace en puisant pour cela dans le réservoir que lui olfre l'économie tout entière : de telle façon que , si le sang se brûle sans être réparé par la digestion, il en résulte que l'économie tout entière est appauvrie, puisque c'est en elle que le sang trouve les matériaux à l'aide desquels sa réparation s'effectue. Les solides de nos organes se brûlent donc, non pas directement, mais par l'intermédiaire du sang où ils se dissolvent.
Dès lors tout prouve que la fibrine, l'albumine, le caséum, le gluten, la gélatine, fournis au sang par la digeslion, se brûlent, en grande partie, directement ; qu'il en est de même des matières grasses que nos aliments lui fournissent. L'excès seul de ces substances profite à l'assimilation. Quant aux matières végétales neutres, elles se brûlent tout entières, et l'excès, s'il y en a, s'écbappe par les urines.
Mes opinions n'ont pas changé au sujet de la digestion. Evaluée en mesures décimales, la ration du cavalier français se compose de :
Matière Matière MOI. sèche, uon azolOe sèche.
Viande fraîche, 1258' TO»' )8r
Pain de munition, 750 ^^^^.,, g^ ggg
Id. blancdesoupe, S16
Léguniineux, 200 20 150
Carotte, clioux, navets, etc., 125 (pourméni.)
154 gr. de matières azotées sèches correspondent à 22 gr. 5 d'azote, et 7'(6 gr. de matières non azotées correspondent à 328 gr. de carbone. Il faut remarquer qu'on n'a rien «ompté pour les carottes, les navets, etc. ; ces matièrrs contiennent beaucoup d'eau , servent d'assaisonnement, et sont plutôt des moyens de tromper la faim que de la satisfaire.
Sans entrer dans de longs développements, il me suffit de dire que quatre parties de viande fraîche contiennent trois parties d'eau. On a déterminé la quantité d'eau et de gluten du pain. Pour les légumineux, on a fait les mêmes déterminations. Ajoutons que la
viande, le gluten du pain, le caséum des lé- , gumineux coiitiennent environ 15 pouir 100 d'azote , et que les matières amylacées contiennent environ 44 pour 100 de carbone.
On voit, en tenant compte de ces notions, que le cavalier mange bien au delà des 300 gr. de carbone qu'il expire, et que sa nourriture journalière contient de plus 22 gr. environ d'azote.
Voyons maintenant ce que devient cet azote.
Il y a longtemps qu'on l'a dit, il disparaît: par les urines; telle était l'opinion profesi^ée-par Fourcroy. Il est même à regretter ijue les premiers essais de chimie physiologique de ce célèbre professeur aient été perdus de vue pendant quelque temps, car ils méritaient plus d'attention qu'on ne leur en a accordé.
Fourcroy avait envisagé, en médecin et en naturaliste, les études de chimie organique. Il avait essayé de passer en revue tous les. phénomènes de l'organisation; et, dans cette: ardeur de curiosité générale qui le caractérisait, peut-être n'avait-il pas assez fait ressortir les grands principes de la science, donnant trop de valeur aux détails, et par les erreurs inévitables que ces détails entraînent, s'exposant à laisser dans les esprits des doutes sur la solution des questionsfondamentales. Mais, dans le cas actuel, il avait bien vu: c'est par l'urine que s'éfimine l'azote.
- Passons donc à l'étude des circonstances de celle élimination. L'homme sain rend» par jour, 15 à 16 gram. d'azote par les urines, c'est-à-dire la plus grande partie de l'azote qui est absorbé par les aliments en vingtquatre heures. Cet azote est rendu à l'état d'urée, la seule matière azotée importante de l'urine humaine, contenue en foite proportion dans l'urine qu'on trouve dans les reins, et à plus forte raison dans celle que renferme la vessie.
La première question qui se présente est celle de savoir où elle a été fabriquée. Le rein la sépare ; mais est-ce dans le rein qu'elle se forme ?
Revenons , pour en juger , sur des faits que j ai déjà mis en évidence, afin de mieux faire comprendre combien le plan de la nature est régulier et .uniforme dans tous les , phénomènes que la vie nous offre.
Nous avons vu que l'acide carbonique est absorbé par les pores corticaux de la plante; mais ce n'est pas là que se passent les phénomènes de réduction. Nous avons vu le poumon absorber l'oxygène et exhaler l'acide carbonique, mais ce n'est pas dans son in- ]| térieur que se passent les phénomènes d'oxydation; l'expérience faite par M. Edwards sur la grenouille qui, placée dans l'hydrogène parfaitement pur, exhale uri volume d'acide carbonique qui dépasse le sien, nous l'a prouvé de la manière la plus complète. Ainsi , l'animal se sature d'oxygène , se sature d'acide carbonique; il absorbe le premier et rejette le second, dont la prc-
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duclion n'a i»as lieu dans lo poumon soûl, mais bien dans la masse du san^ lui-nuMue.
lîh hien ! les mêmes «""i^les , les nu^mes idtVs président h la tbrnuUiou do l'urée : do même que les poumons sont le siège d'un simple travail d'échange entre l'acide carbonique exhalé et l'oxygène absorbé , de même le rein est le siège de la séparation de l'urée.
Comment concevoir, en elTet, que cet organe soit chargé de fabriquer l'urée? Comment concevoir que 100 grammes de matière azotée, supposée sèche, y arrivent chaque jour pour s'y détruire et s'y détruisent?
Mais supposez un instant que la ])roduotion de l'urée se fasse dans la masse du sang ; alors la fonction du rein devient facile à comprendre : il est à l'urée ce que le poumon lui-même est à l'acide carbonique : un ëmonctoire, un organe d'élimination.
Prenez le sang d'un animal sain , examinez-le, et vous serez sans doute très-surpris de voir, après ce que je viens de dire, qu'il ne renferme pas une trace de cette substance; au moins tous les chimistes qui ont examiné le sang d'un animal sain, dans ce but, n'en ont-ils pas découvert.
On se croirait certainement autorisé, d'a-
Frès cela, à tirer une conclusion conlraire à opinion précédente; mais une expérience bien simple, que j'ai faite avec mon ami le docteur Prévost de Genève, va résoudre cette didiculté. Nous enlevions d'abord un rein à un chien, par exemple; quand l'animal était guéri, on en enlevait le second. Avec un rein l'animal vivait; mais après qu'on les lui avait enlevés tous les deux, il présentait des symptômes morbides intenses, et périssait ordinairement après trois jours. Quelques-uns de ces chiens néphrotomisés résistaient pendant huit jours, mais ces cas étaient rares. En saisissant l'instant convenable pour le saigner, et cherchant l'urée dans leur
Acide carbonique.
Eau.
Ammoniaque.
Acide lactique.
Alcool.
Ether.
Dans les animaux, et en général dans le dédoublement qui s'opère par l'emploi des forces chimiques, le ligneux se transforme, au contraire, successivement en sucre et acide lactique, enfin en eau et acide carbonique. L'oxydation est un cas particulier de ce dédoublement produit par l'emploi des forces chimiques.
Oxydez une molécule d'acide acétique, elle en produira deux d'acide formic(ue; continuez l'oxydation, vous en obtiendrez quatre d'acide carbonique. Oxydez une molécule de sucre, elle en produira douze d'acide oxalique; continuez l'oxydation, vous en aurez vingt-quatre d'acide carbonique. Oxydez une molécule de camphre, elle en produira deux d'acide camphorique, etc.
On voit qu'en général l'oxydation des matières organiques les ramène vers l'état minéral, et qu'il doit en être ainsi dans la vie animale, puisque le phénomène chimique
sang, on en trouve une quantité notalih,'.
Ces expériences ont élé répétées jiar Ségalas et Vauqueliii, par Mitsclierlich et Tie- (lomaim, par Marchand, avec le même résultat.
On voit qu'il est impossible de ne pas conclure que l'urée se forme indé|)endamment des reins, comme l'acido cari)onique et l'eau se formeraient indépendanmient des poumons. On est donc amené h conclure que toute l'urée rojetée par -l'homme se forme dans la masse du sang, par 1# procédé de la respiration, c'est-à-ilire par cette combustion lente qui s'y opère, et dont les produits sont l'acide carbonique, l'eau, l'urée, la matière de la bile, que nous retrouverons plus tard dans les produits nécessaires à la digestion, et quelques autres substances qui vont se loger dans différents organes spéciaux, dont nous ne nous occuperons pas ici.
C'est donc dans le sang que nous plaçons les phénomènes les plus intéressants de la chimie vivante.
Avant de pousser plus loin cet examen des effets de la combustion' lente des matériaux ■du sang, je vais donner la preuve qu'en partant des principes posés précédemment , et s'appuyant sur quelques-unes des règles de la chimie organique, on peut entrer fort avant dans le domaine de la physiologie.
On verra bientôt, en effet, quel parti nous tirerons des deux théorèmes suivants ;
1" Dans toute matière oxygénée, la volatilité diminue h mesure que le nombre de molécules d'oxygène augmente.
2° Dans toute matière organique, si on remplace une molécule d'hydrogène ou do carbone par une molécule d'oxygène, la matière tend à passer dans une classe de produits moins complexes.
Ainsi, dans le tableau suivant, les substances passeront de la d;vi,si(jn là k, dans lo travail qui s'opère au sein des végétaux verts.
Sucre. Fibrine.
Acide nitrique. Ligneux.
Gommes. —
qui caractérise la vie animale est un phénomène d'oxydation.
Si on cherche à répondre maintenant à cette queslion : Y a-t-il ou n'y a-t-il pas assimilation d'azote de l'air pendant la respiration de l'animal? Personne n'hésiterait à ré.'iondre par la négative.
L'animal brûle les matières qu'il digère, qu'il reçoit : il n'en crée pas. Comment donc s'assimilerait-il un [iroduit animal dont il ne saurait tirer aucun parti?
Mais, dira-t-on, s'il n'y a pas d'assimilation d'azote, ne se peut-il pas que la respiration brûle une certaine quantité de matières azotées, de manière à mettre leur azote en liberté, et è produire, une exhalation d'azote?
Si l'on consulte les résultats de l'expérience acquise jusqu'à ce jour, ils paraissent favorables à cette dernière supposition, mais en même temps ils donnent la; preuve de^ la diûiculté qu'on rencontre à>4i6ciiler ce poinli.
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En effet, trois cas se présentent : parfois la quantité d'azote trouvée dans l'air qui a servi à la respiration ne change pas; parfois elle diminue, c'est le cas le plus rare : le plus souvent on trouve qu'elle a augmenté. Enfui, on a des expériences qui donnent pour les jnémes individus, tantôt une augmentation d'azote, et tantôt une perle, selon la saison dans laquelle on opère. Si j'ajoute maintenant les noms des expérimentateurs, l'indécision augmentera encore : car les résultats de Lavoisier, Davy, de Humboldt, Berzélius, BerthWlet, Spallanzani, Ed\vards,'ne s'accoident pas sur ce point. Dans ces derniers temps , MM. Dulong et Des[)retz ont trouvé tme exhalation dans presque toutes leurs expériences. M. Boussingault est arrivé à la même conclusion, mais par des moyens indirects.
La foi-nie la |)lus convenable sous laquelle ces exi)érieuces puissent être exécutées, celle qui permet le mieux de conclure avec certitude, est due à M. Dulong.
Son appareil se compose de doux gazomètres qui couuuuniquent entre eux par des tuyaux, et d'une boîte de cuivre rouge, où l'on peut enfermer un animal eu le si''parant complètement de l'atmosphère extérieure.
Supposez un des gazomètres rempli d'air, ot le deuxième rempli d'eau : vous pouvez déplacer l'air du i>remier, en le romi)lissant avec de l'eau, et faire remlre cet air d.uis le deuxième gazomètre; mais, dans ce trajet, il est obligé de passer à travers la boîte, dans laquelle il sert à la respiration de l'animal, qu'on y a renfern.ié.
D'une part donc, on emploie de l'air ordinaiie; d'autre part, on recueille de l'air qui a SiTvi à la respiration. L'air est exactement mesuré avant et a|)rôs l'expérience; on peut apprécier inunédiateinent les changements de volume qu'il a subis, et l'analyse donne les propurtiiins de cliucun des j)rincii)es qui s'y trouvent, et fait connaître leurs moditications.
Mais voici quelques causes d'erreur qui peuvent inlluer sur les résultats de l'expérieiic-e faite de cette manière : l°La dillicidté de l'analyse des mélanges gazeux, quand elle est exécutée par la méthode des mesures, où il faut tenir compte de la pression, de la te siou, de la vapeur d'eau et de temi)érature; -2° la nécessité de conclure l'azote par dilférence : d'où il suit qu'il est atïeclé de toutes les erreurs inévitablement commises dans la mesure des autres gaz; 3° l'impossibilité de tirer une conclusion certaine par. la compaiaison entre le volume du gaz ingéré et celui du gaz expiré. On pirt, en ell'et, du raisonnement suivant : l'animal a reçu tant de mesures d'air d'une composition connue : donc les deux analyses indiquent le changement dû à la respiratirui. Mais dans la respilation, l'animal se sature d'oxygène et il exhale de l'acide carbonique. L'acide carbonique exhalé ne provient donc pas immédiatement de l'oxygène qui est absorbé. 11 n'y a pas proportionnalité dans les échanges de gaz pendant la resiùration, et encore moins est-
il permis de su[)poser que l'oxygène dissous soit identique avec celui qui fait partie de l'acidecarbonique dégagé. Cette identité admise a pu induire en erreur.
En particulier, si on fait l'analyse de l'air expiré dans la respiration de l'homme, il est impossible de décider si l'excès d'azote qu'on observe ])rovient d'une exhalation réelle, ou bien s'il est dû l\ la disparition de l'oxygène qui correspond à l'hydrogène brûlé.
Eu résumé, nous croyons qu'on peut dire avec raison qi'C l'économie élimine l'azote pris dans les aliments par quatre voies différentes : 1° par les mucus divers; S" par la bile et les excréments; 3° par les poumons et la peau; '«•' par l'émonctoire principal do l'azote, qui se trouve placé dans le rein.
Les trois premières voies n'en rejettent qu'une quantité assez faible.
Examinons maintenant sous quelle forme l'azote est surtout éliminé. Nous l'avons déjà dit, c'est sous la forme d'urée. Cette substance existe dans l'urine du rein, dans l'urine de la vessie et dans l'urine fraîche ; mais dans l'urine pourrie, on n'en trouve plus; elle a disparu, et à sa place nous trouvons du carbonate d'ammoniaque.
En effet, .si à l'urine putréfiée on ajoute un acide, on voit s'effectuer tout à coup un dégagement considérable d'un gaz qui n'est autre que l'acide carbonique; si l'on ajoute un alcali, de la potasse, de la chaux, par exemple, le pa|jier de tournesol rougi passe au bleu. Une baguette mouillée d'acide chlorh vdrique, exposée aux vapeurs qui s'échappent du verre, occasionne des vapeurs intenses dues à la formation du sel ammoniac.
Ainsi, pour en arriver de l'urée qu'on trouve dans la vessie au carbonate d'ammoniaque , il s'est passé quelque phénomène digne de toute notre attention.
;■ Si l'on abandonne l'urine à elle-même pendant jieu de temi)s, elle devient le siège d'une s 'conde vie, d'une fermentation qui est le résultat de la vie de certains êtres qui IJeuvent exister dans un milieu pareil. C'est donc par une suite plus prolongée des phénomènes de la vie que la transformation s'elTectue. Prolonger la vie, c'est, nous l'avons ré|iélé souvent, ramener les matériaux dmt elle fait usage, aux derniers termes de son action, eau, acide carbonique, ammoniaque.
Il y a donc un acte de la vie générale qui se passe hors du corps de l'animal. La vie a un tem|)s d'arrêt, molivé sur ce que nos organes n'auraient pu résister à une sécrétion de carbonate d'ammoniaque. La nature a dû chercher les moyens de le fabriquer en dehors des animaux.
Rien n'empêche que, dans la combustion lente des matières azotées du sang, la formation de l'urée n'ait été précédée de celle du cyanate d'ammoniaque. On n'a pas cherché jusqu'ici la présence de ce corps dans les analyses du sang, et certainement il faudra le faire avec tous lés soins possibles.
Mais, en admettant cette identité de l'urée et du cyanate d'ammoniaque , nous sommes
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conduits à faire un pas de plus dans la discussion qui nous O(î(;upo. lîn ell'ut, les doux (•ori>s (pii constituont w. sel sont do vûi'ilables produits d'oxydation.
L'acide cyaniqne est l'oxyde d'un corps G* A/.*, le (;vanoi;;i'iie; l'auniioniaune , dans les sels (pi'elh^ forme, représente, clant unie an\ (MéuuMils de l'eau , l'oxyde d'un corps A/* H* ou l'aïunioniiun.
Ainsi, l'urée rentre dans le |)i'incipe f,'t''néral auquel nous avons raltaché cnnstaininent les fonctions de la vie animale. Klle dérive manifestement de l'oxydation des matériaux azotés du san^ et de leur ti'udance à se cnuvertir en acide cyani(pie et oxyde d'ammonium, produits d'un ordre tel, ipie pour les déliasser, il eût fallu brûler leurs éléments, et ilormer naissance à de l'acide azotique, jiar la combustion de l'azote lui-môme. Or, il en serait résulté une grandi; consommation d'oxygène pour une production de clialeur très-faible, ou même nulle. L'opération était donc inutile. La nature l'a évitée. La combustion des matières azotées s'arrôte, quand elles sont converties en cyanate d'ammoniaque, qui est transformé lui-môme tout à coup en urée, par un changement isomérique, au fur et à mesure de sa production.
A la vérité, le cyanogène et l'ammoniaque
Fourraient être brûlés d'une autre manière, un en produisant de l'acide carbonique, l'autre en donnant naissance à de l'eau, et tous les deux en laissant dégager leur azote, circonstance qui expliquerait l'exhalation d'azote que M. Dulong, M. Desprotz et M. Boussingault croient avoir constatée.
L'examen que nous venons de faire nous
firouve donc que la production de l'urée dans e corps d'un animal a lieu en vertu du même principe auquel se rattachent la formation de l'acide caroonique et celle de l'eau.
En un mot, l'animal produit toujours des corps oxydés; un oxyde d'hydrogène , un oxyde de carbone, un oxyde de cyanogène, un oxyde d'ammonium.
C'est dans ces corps que se résolvent tous les produits qui ont passé dans h; sang et qui ont pris part au mouvement de la vie. Le poumon élimine, avec le concours de la peau, l'oxyde du carbone, c'est-à-dire l'aciile carbonique. L'oxyde d'hydrogène, ou l'eau, partage le sort de l'eau de nos boissons. L'oxyde d'annnoniLim, qui aurait pu nuire à nos organes, est converti par l'oxyde de cyanogène en un produit soluble, dont les reins débarrassent l'économie : telle est la cause finale de la production de l'urée, tel est son rôle dans les phénomènes de la vie.
PHLOGISTIQUE. Voij. Combustion.
PHOCÉNIQUE (acide).— Découvert par M. Chevreul dans la phocénine ou huile de marsouin. M. Chevreul a aussi constaté sa présence dans les brins de viburnum opuliis.
PHOSPHATE DE POTASSIUM. Voy. Potasse.
PHOSPHATE D'AMMONIAQUE. Voy. Am-
MOMIAQUE.
PHOSPHATE DE SOUDE. Voy. Soude,
piio n;;i
PHOSPHATK Dl<: CHAUX. Voy. CALCtuM.
PHOSPHATE DE MAGNIÎSIE. Yoy.Mx-
<;M';stK.
PliOSPHOHE. ( yr:.;, himicrc, et yo/^if, 71a porte). —Kunki'] nous a laissé, sur la découverte (l(ï ce corps singulier, les détails les plus circonstanciés et qu'on ne peut lire sans un vif intérêt de curiosité. Laissons-le d'abord raconter la découverte du |)hos|)h(ire de Haudouin,([uiselit^ peu près vers le môme temps que celle du véritable phosphore.
« Il y avait à Crossenhayn en Saxe un savant bailli du nom de Kaudouin, qm vivait dans la plus grande intimité avec le docteur Friiben. Un jour il leur vint à tous deux l'idée de chercher un moyen de recueillir l'esprit du monde (spiritum muiuU). Dans ce dessein ils prirent de la craie pour la dissoudre dans de l'esprit de nitre; ils évaporèrent la solution jusqu'à siccité, et exposèrent le résidu à l'air, dont il attira fortement l'eau (humidité); par la distillation ils obtinrent cette eau absorbée à l'air. C'était là leur esprit du monde , qu'ils vendaient douze groschen le loth. Tout le monde, seigneurs et vilains, voulait faire usage de cette eau. —On peut bien s'imaginer que la foi a opéré ici des miracles, car l'eau de pluie aurait été tout aussi bonne. »
Baudouin cassa un jour une cornue où il avait calciné de la craie avec l'esprit de nitre, et remarqua que le produit qui y restait luisait dans l'obscurité, et qu'il n'avait cette propriété qu'après avoir été exposé à la lumière du soleil.
« Aussitôt Baudouin, continue Kunkel, courut à Dresde pour communiquer ce résultat au conseiller de Friesen, à plusieurs ministres de la cour, et enfin à moi. Je fus, je l'avoue , émerveillé de cette singulière expérience; mais ce jour-là je n'eus pas le bonheur de toucher la substance de mes mains. Pour obtenir cette faveur, je fis une visite à M. B;iudouin, qui me reçut fort poliment,
"et me donna une belle soirée musicale.
Bien que j'eusse causé avec lui toute la journée, il me fut impossible d'en tirer le lin mot de l'histoire. La nuit étant venue, je demandai à M. Baudouin si son phosphorus (car c'est ainsi qu'il avait appelé son produit de la cornue) pouvait aussi attirer la lumière d'une bougie, comme il attire celle du soleil. Il se mit aussitôt à en faire l'expérience. Toutefois je n'eus pas encore le bonheur de toucher la substance en question. Ne serait-il pas, lui dis-jo alors, plus convenable de lui faire absorber la lumière à distance, au moyen d'un ndroir concave? — Vous avez raison, répondit-il. Sur-le-champ il alla luimême chercher son miroir, et cela avec tant de préci|iilation, qu'il oublia sur la table la substance que j'étais si curieux de toucher. La saisir de mes mains, en ôter un morceau avec les ongles et le mettre dans la bouche, tout cela fut l'alfaire d'un instant. » M.Baudouin revietit , l'expérience commence, et Kunkel ne dit pas si elle réussit.
« Je lui tiemande enlin s'il ne veut x'as
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