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me faire connaître son secret. Il y consentit, mais ù des conditions inacceptables. J'envoyai alors un messager à M. Tutzky, qui avait longtemps travaillé dans mon laboratoire, et le priai de se mettre immédiatement à l'œuvre, en traitant la craie par de l'esprit de nitre (car je savais qu'on s'était servi de ces deux m^atières pour la préparation de l'esprit du monde), de calciner ce mélange fortement , et de m'informer du résultat de l'expérience par le retour du messager. »
L'expérience réussit, comme on le pense bien, au delà de toute espérance, et Kunkel reçut, vers le soir même, un échantillon de son phosphore. Il en fit cadeau à M. Baudouin, eu récompense de sa soirée musicale.
11 est difficile d'être à la fois plus sagace et plus spirituel. Voici maintenant les détails concernant l'histoire de la découverte du phosphore proprement dit, dans laquelle Ruukel a joué un rôle im[)ortant :
« Quelques semaines après la découverte du phosphore de Baudouin, je fus obligé de faire un voyage à Hambourg. J'avais emporté avec moi un de ces tôts luisants , pour le montrer à un de mes amis. Celui-ci , sans paraître étonné, me dit: H y a dans notre ville un homme qui se nomme le docteur Brand; c'est un négociant ruiné, qui, se livrant à l'étude de la médecine, a dernièrement découvert quelque chose qui luit constamment dans l'obscurité. Il me Ut faire connaissance avec Brand. Comme celui-ci venait de donner h un de ses amis la petite quantité de phosphore qu'il avait préparée, il fallait me rendre chez cet ami pour voir le corps luisant récemment découvert. Mais plus je me montrais curieux d'en connaître la préparation, plus ces hommes se tenaient sur la réserve. Dans cet intervalle , j'envoyai à M. Rratrt, à Dresde, une lettre par laquelle je lui fis part de toutes ces nouvelles. Kratft, sans me répondre, se met aussitôt en route, arrive à Hambourg, et, sans que je me doute seulement de sa présence dans cette ville, il achète le secret de la préparation du phosphore pour 200 thalers (environ 800 fr.), et a la condition de ne point me le dire à moi. Je me présentai un jour chez Brand, piécisément au moment où il était en conférence avec Krafft. Brand sortit de sa chambre, et s'excusa de ce qu'il ne pouvait pas me recevoir, alléguant que sa femme était malade, et qu'il y avait encore une autre personne chez lui. D'ailleurs il me serait, ajouta-t-il, impossible de vous apprendre mon procédé ; car ayant depuis essayé plusieurs fois, je ne l'ai plus réussi. Il fallut donc, bon gré mal gré, me préparer à quitter Hambourg sans avoir rien obtenu.
« Avant mou départ, je rencontre par hasard M. Krafft, auquel je raconte naïvement tout ce qui m'était arrivé. Celui-ci m'assura que je n obtiendrais jamais rien de M. Brand, qui est, me dit-il, un homme très-entêté. Je ne savais pas alors que Brand se fVit déjà engagé envers Krall'l, par un serment, à n'ap-
prendre "ce procédé à personne. Je partis donc comme j'étais venu.
« De Wittemberg j'écrivis à Brand en le priant itérativement de me faire connaître son secret. Mais il me répondit qu'il ne pouvait plus le retrouver. Je lui écrivis encore une fois, en insistant de nouveau. Il me répandit alors qu'il avait, pai' l'inspiration divine, retrouvé son art; mais qu'il lui était impossible de me le communiquer. Enfin, je lui adressai une dernière lettre, dans laquelle je lui apprenais que j'allais moi-même, de mon côté, me livrer à dos recherches assidues, et que , si j'arrivais à mon but, je ne lui en aurais aucune reconnaissance. Car je. savais que Brand avait travaillé sur l'uriney et que c'était de là probablement qu'il avaittiré son phosphore.
« A cette lettre, il me fit la réponse suivante : « J'ai reçu la lettre de monsieur, et je vois avec regret qu'il est d'assez mauvaise humeur, etc. J'ai vendu ma découverte à Krafft pour la somme de 200 thalers. J'ai appris depuis que Kralft a obtenu une gratification de la cour de Hanovre. Si je ne suis pas content de lui, je serai disposé à traiter avec vous. Dans le cas oii vous iriez vousmême découvrir mon secret, je vous rappellerai votre promesse, votre serment. »
« Cela avait-il le sens commun? s'écrie Kunkel, justement indigné. Jamais de ma vie je n'avais supplié un homme avec des prières aussi instantes que ce M. Brand, qui se donne le titre de doctor medicinœ et pliilosophiœ. Il a encore l'audace de me demander une somme d'argent, si je parvenais moimême à faire la découverte que je l'avais tant supplié de me communiquer 1
« Enfin, de guerre lasse, je me mis moimême à l'œuvre. Rien ne me coûta; et au bout de quelques semaines, je fus assez heureux de trouver, à mon tour, le phosphore de Brand. Voilà , mon cher lecteur , toute l'histoire du phosphore : on voit par là que Brand ne m'en a pas appris la préparation.
« J'ai, depuis, ai)pris que ce docteur tudesque {doctor teutonicus) s'est exhalé en invectives contre moi. Mais que faire d'un si pauvre docteur qui a complètement négligé ses études, et qui ne sait pas même un mot de latin? Car je me rappelle un jour que son enfant s'étant fait une égratignure au visage, je recounnandai au père de mettre sur la plaie olemn ccrœ. Qu'est-ce que cela? me ditil. — Du cérat, lui répondis-je. — « Ben, ben, reprit-il dans son patois hambourgeois;j'aurions dû y penser plus tôt. » C'est pour cela que je l'appelle le docteur tudesque. Son secret devint bientôt si vulgaire, qu'il le vendit par besoin, à d'autres personnes, pour dix thalers (environ quarante francs). Il l'avait, entre autres, fait connaître à un Italien qui, étant venu à Berlin, l'apprenait, à son tour, à tout le monde pour cinq thalers (environ dixhuit francs).
« Quant à moi, je fais ce que personne ne sait encoie : mon phosphore est pur et transparent comme du cristal, et d'une grande force. Mais je u'en fais plus mcùnteuaut,
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parce qu'il pnut donner lieu à beaucoup d'accidonls lu.dluîuroux. »
r,(>s faits se passaient vers l'année 1669 à
Kiinkel ne fut pas aussi intéressé et ne fit pas le mystérieux comme Brand;. car il communiqua gratuitement son procédé k plusieurs personnes . entre autres à Homberg, en présence duquel il fit l'opération en 1079.
Le phosphore se retire des os des animaux, oii i\ existe à l'état de phosphate de cliaux. Le procédé d'extraction est fort long et demande une grande habitude dans l'art de manipuler. On choisit des os de mouton et de veau, et on les calcine à l'air jusqu'à ce que toute la matière organique soit détruite, et qu'il ne reste plus que la partie minérale de l'os. Celle-ci est broyée avec soin, tamisée, puis délayée avec de l'eau dans une terrine de grès, et transformée en une bouillie liquide sur laquelle on verse les cinq sixièmes de son poids d'acide sulfurique concentré. Comme les os calcinés sont formés de 76 à 77 parties de phosphate de chaux, de 20 parties environ de carbonate de chaux, d'une petite quantité de chlorure de sodium et de quelques traces d'autres principes, l'acide sulfurique, en agissant sur eux, transforme le carbonate de chaux en sulfate de la même base, et en dégage l'acide carbonique. 11 agit sur le phosphore neutre en s'emparant de la moitié de la base de ce sel, de manière à le transformer en sel acide, c'est-à-dire en phosphate acide de chaux. Son action sur le chlorure de sodium donne lieu à la formation de sulfate de soude et d'une certaine quantité d'acide chlorhydrique qui forme quelques vapeurs blanches.
Pendant que cette réaction se passe, la masse se boursoufle et prend de la consistance ; cela provient de l'absorption de l'eau par le sulfate de chaux (plâtre) qui s'est formé ; on y ajoute une nouvelle quantité d'eau, puis, après vingt-quatre heures, temps pendant lequel on a soin de remuer la masse, on ajoute encore de l'eau, et l'on sépare la liqueur du dépôt par décantation. Cette liqueur est filtrée, puis évaporée dans une chaudière de plomb jusqu'à ce qu'elle (irenne la consistance sirupeuse. Sous cet état, la petite quantité de sulfate de chaux qui avait été dissoute peut être isolée en jetant sur la masse trois ou quatre fois son poids d'eau bouillante, filtrant la liqueur, et l'évaporant de nouveau dans la chaudière de plomb, comme précédemment. La masse que l'on obtient alors est entièrement composée de bi phosphate de chaux : c'est;,de ce sel qu'on extrait le phosphore.
Pour cela on ajoute au phosphate le quart de son poids de charbon pulvérisé, et l'on porte le mélange à une température rouge dans une bassine de fonte, afin de le dessécher ; on s'arrête quand on voit apparaître des lueurs phosphorescentes, et l'on introduit ce mélange dans une cornue de grès lutée, que l'on remplit aux trois quarts. Cette cornue, placée dans le laboratoire d'un fourneau à réverbère, est munie d'une allonge
très-inclinée que l'on fait rendre dans un flacon rempli d'eau. Tout étant bien disposé, et les luts étant bien secs, on chauH'e l'appareil avec précaution. Lors(pio la cornue est portée au louge, il se dégage du gaz oxyde de carbone, de l'acide carbonique et du gaz hydrogène carboné ; ce dernier provient do la décomposition de l'eau contenue dans le phosphate acide par le charbon porté à une haute température. Les vapeurs du phos- })hore ne commencent à se dégager que plusieurs heures après le commencement de l'opération, si toutefois elle a été bien conduite, et si la cornue a été maintenue constamment au rouge : ces vapeurs se condensent dans l'allonge ou dans le récipient. Sur la fin de l'opération, il se dégage de l'oxyde de carbone et du gaz hydrogène phosphore, ce que l'on peut concevoir avec lacdité en remarquant que l'eau, dans sa décomposition par le carbone, met de l'hydrogène en liberté, qui se trouve à l'état naissant avec des vapeurs de phosphore Ce qui prouve que les gaz dégagés contiennent du phosphure d'hydrogène, c'est que, recueillis ddus une éprouvette, ils peuvent s'enflammer spontanément à l'air, à la température ordinaire.
Lorsqu'il ne se dégage plus de gaz, l'opération est terminée : le phosphore est solidifié dans le fond du récipient, mais il est impur et coloré en rouge-jaunâtre par un peu de soufre et par quelques ^traces de phosphure de carbone, au dire "de quelques chimistes. Pour le purifier, on le place dans une peau de chamois, dont on fait un nouet bien solide que l'on place dans une terrine contenant de l'eau ch4ufl"ée à 50 ou 60°. Le phosphore entre en fusion et passe à travers les pores de la peau de chamois, quand on comprime celle-ci entre les branches d'une pince en fer ; les matières qui la coloraient restent dans le nouet. Le phosphore est alors transparent, et peut être façonné en cylindres; pour cela on se sert d'un tube de verre creux, ouvert par les deux bouts, et dont la cavité intérieure est toujours sensiblement conique ; on plonge l'une des extrémités dans la .masse de phosphore fondu et recouvert d'eau, et l'on aspire d'abord de l'eau, puis le phosphore, afin que celui-ci ne puisse atteindre la bouche, puis on ferme l'extrémité inférieure avec un doigt, et l'on porte le tube, anisi rempli en partie de phosphore, dans une cuve d'eau froide. Le phosphore, en se solidifiant, se contracte et n'adhère plus aux parois intérieures du tube, de telle sorte qu'il devient facile de l'en faire sortir en le secouant, ou bien en poussant le phosphore avec une petite tige en fer. On obtient ainsi de longs bâtons de phosphore, que l'on coupe en morceaux ou que l'on replie sur eux-mêmes pour les introduire dans des flacons remplis d'eau distillée, où ils se conservent très-bien. Nous ne pouvons trop recommander à ceux qui voudraient mettre en pratique toutes ces manipulations, d'éviter avec le plus grand soin de mettre le phosphore fondu en contact avec l'air, afin d'éviter sou
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inflammation ; car alors ils seraient exposés à (Hre atteints par le phosphore, dont les brûlures sont très-dangereuses, à cause des douk'urs aiguës qu'elles occasionnent et par la difliculté où l'on se trouve d'éteindre Je phosphore.
Dans l'extraction du phosphore, le charlion n'agit que sur un équivalent d'acide phosphorique du biphosphate ; il s'empare de son oxygène et met en liberté le jiliosphore qui se dégage. Ce qui prouve que le charbon agit seulement sur la moitié de l'acide du sel, c'est qu'il reste dans la cornue du phosphate neutre, sur lequel le charbon est sans action. Il est important de constatcrque, si l'on faisait agir le charbon sur de l'acide phosphorique, il y aurait très-peu de phosphore mis en liberté; cela proviendrait de fa volatilité de l'acide, è la température de laquelle on serait obligé d'opérer. Si dans l'action du charbon sur le biphosphate il y a un é(juivaleut d'acide décomposé, cela tient h ce que la base retient l'acide et l'empêche de se volatiliser avant d'avoir atteint la température nécessaire pour être décomposé.
Le phosphore est un corps solide à la température ordinaire, d'une densité de 1,77; il est transparent lorsqu'il est pur, flexible, facile à être rayé par l'ongle et à être coupé par les instruments tranchants. Dans l'obscurité et au contact de l'air, il est toujours lumineux ; on le voit alors répandre des vapeurs blanches, signe de sa combustion. Ces vapeurs sont encore visijjles au jour. 11 entre en fusion h i3" : chauffé jusqu'à 60 ou 70% puis refroidi subitement, il devient noir, ressemble à de la corne et peut redevenir incolore par la fusion. H est bon de prévenir que ce curieux phénomène ne peut être produit qu'avec du phosphore bien purifié par l)lusicu-s distillations. Ce phosphore noir et corné a évidemment la même nature chimique (}ue celui qui l'a produit : et il est proîjable que c'est un arrangement différent des molécules qui est la cause de ce phénomène; c'est ici comme pour le soufre fondu et refroidi dans l'eau, un état physique particulier, un véritable cas de dimorphisme.
Le iihosphore, dont nous venons d'(^aminer les propriétés avec tant de détails, est un corps qui commence à avoir une assez grande importance commerciale, à cause de ses nombreux usages. Plusieurs fabriques de Paris en versent de grandes quantités dans le commerce, et tout fait penser que cette industrie nouvelle n'a pas encore atteint son j.lus haut degré de croissance. La
lus grande partie du phosphore est employée
la fabrication des briquets phosphoriques et des allumettes chimiques.
Les allumettes chimiques françaises et allemandes, dont la fabrication est tenue secrète, contiennent du phosphore mélangé av'ec d'autres corps inflammables.
Pour terminer l'étude du phosphore, il nous reste à dire que ce corps administré inconsjdéréraent est un poison très-violent ; qu'il ai^it en désorganisant les parties avec les(iue».es il se trouve en con!,-""!, et que,
donné à haute dose, il agit comme un excitant très-puissant dont l'action très-prompte, mais peu durable, paraît principalement se porter sur le système nerveux. C'est en raison de cette propriété qu'on lui attribue une vertu aphrodisiaque. Comme il est insoluble dans l'eau, on l'administre dissous dans l'éther sulfurique, à la dose d'un demi-graia à un grain par jour; toutefois cette administration doit être faite avec prudence, en raison des accidents qui peuvent survenir à la suite de son emploi.
L'acide phosphorique, L'acide hypophoS|)horique L'acide phosphoreux.
L'acide hypophosphoreux, L'oxyde rouge du phosphore.
Acide phosphorique. — Cet acide, le plus oxygéné des quatre acides du phosphore, peut s'obtenir de plusieurs manières ; en faisant brûler le phosphore dans l'air ou l'oxygène, ou en le traitant par des composés oxygénés qui lui en cèdent - une partie.
Lorsque la combustion s'opère dans J'oxygène, la lumière qui se dégage pendant cette combinaison est si vive, que l'œil peut à peine la fixer sans en être blessé.
Si, quand il est fondu, on le coule dans un vase de platine ou d'argent, il se solidifie et fournit un verre transparent, incolore, (acide phosphorique vitrifié), qu'on doit conserver à l'abri de l'air.
Ainsi fondu, cet acide éprouve des modifications dans ses propriétés, car.étant dissous dans l'eau, il précipite l'albumine et forme avec le nitrate d'argent un précipité blanc, tandis qu'avant la calcination, il ne jouit point de ces propriétés. Ces effets difl'érenls sont dus à une disposition particulière des molécules déterminée par une simple action physique, car l'acide n'est point altéré dans sa coui|iosition par l'action du feu.
L'acide phosphorique est formé des proportions suivantes :
Oxygène 56,03 5 atomes.
ou Pliospliore .... 43,97 2 atome.
Cet acide n'existe point à l'état de liberté dans la nature; mais on le trouve fréquemment combiné à la chaux, ou à plusieurs autres oxydes métalliques. La première combinaison se rencontre surtout dans les os des animaux, et en constitue la base.
Acide hypophosphorique. — Cet acide se produit toutes les fois que le phosphore brûle lentement à l'air humide.
L'acide hypophosphorique ne i)eut s'unir avec les oxydes sans se décomposer en acide phosphorique et en acide phosphoreux, ce qui empêche de le regarder comme un acide aistinct. Sa composition, déterminée avec soin par M. Dulong, offre le rapport suivant pour cent :
riiospliore.
riio
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6 atomes.
Oxygène .... 55,57 13 alonies.
Toutes les propriétés roconmics h cet acide peuvent s"ex.|ili(iuer liaus lasuppDsitioii d'une n>nii;)inaisun à proportinns délinies d'acide iilio.s(iiiori(iue et d'acitle plH)s[)lu)reux, dans le 'rapport de '•■ atonies du [ireniicr, et un atome du second.
Acide phosphoreux. — Cet acide ne jieut s'obtenir qu'en mettant le protocldorure de piiosphore dans l'eau; ce composé, en se dissolvant dans ce liquide, s'y convertit en acides hydroclilorique et pliosplioreux.
L'acide phosphoreux s'unit aux oxydes, et forme un genre de sels désignés sous le nom de phosphites. 11 est composé de :
Pliospliore. . . . 50,67 2 atomes.
ou Oxygène 43,53 3 atomes.
Acide hypophosphoreux. — La découverte ae cet acide est due à M. Dulung. Il l'obtint pour la première fois en IHlti, en faisant réagir le phos[)imre de bariuin sur l'eau.
Il décompose plusieurs des oxydes métalliques qui ont peu d'aflinité pour l'oxygène; tels que l'oxyde d'argent, l'oxyde d'or, etc., et s'unit à un grand nombre d'autres pour former dessels particuliers (hypophosphites). Il est composé de :
Phosphore .... 75,53 4 atomes.
ou Oxygène 27,66 3 atomes.
Lorsqu'on brûle du phosphore dans l'air ou le gaz oxygène, il reste sur la capsule un résidu rougeàtre ou jaune orangé que l'on regarde comme un acide de phosphore. 11 est insipide, inodore, plus dense que l'eau, ne répand pas de lumière dans l'obscurité, môme par le frottement; il ne s'enllamme qu'à une température voisine du rouge obscur.
Composition. — L'oxyde rouge de phos- Dhore est formé de :
Phosphore. .
Oxygène. . .
85,5 3 at. phosphore.
ou li,5 l.at. oxygène.
Sa formule est donc Ph + O.
Combinaisons du phosphore avec l'hydrogène. — L'hydrogène se combine en deux jiroportions avec le phosphore, et pioduit deux composés gazeux, auxquels on a doiuié le nom de gaz hydrogène protophosphore' et hydrogène perphosphoré.
Ln fait curieux se remarque lorsqu'on fait passer l'hydrogène perphos[)horé dans l'air sous forme de petites bulles ; à mesure que la combinaison a lieu, les vapeurs blanches qui en résultent s'élèvent sous la forme d'un nuage blanc, annulaire, qui s'élargit peu à peu dans son ascension, de manière à
DlCTlONN. I>E CUUIIE.
avoir bientôt un diamètre 10 h 15 fois plus grand (pi'au moment de sa formation. Lor— (jue ce gaz brûle dans l'oxygèiu; pur, l'inflanunation est si vive (!t si rapide, (jue la vue n'en soutient l'éclat ([u'aver peine.
Ces deux composés de jihosphore et d'hydrogène sont sans usages, iN f)euvent se lotmer .iccidentelleinent dans la nnlure. Lors- (pie les matières animales, surtout cèdes qui contiennent du phosphore, conniK! la ii.atière cérébrale, les nerfs, etc., sont enfouies dans un terrain humide, elles produisent par leur |iutréfaction une certaine (pi.intité de gaz hydrogène perphosphoré. L'inllam-. niation à l'air de ce gaz, qui tend toujours à s'échapper, avec les autres produits gazeux, par les tissures de la terre, donne une exjdication assez satisfaisante de ces feux qui se dégagent du sein de la terre dans les cimetières, ou tout endroit où des matières animales ont été inhumées. Ces feux, qui ordinaireiuent sont la terreur de heaucoup d'habitants des campagnes, sont connus sous le nom de feux follets.
Phosphore et chlore. — Ces deux corps s'unissent en deux proportions et forment ainsi deux composés, qui ont reçu les noius de protochlorure de pliosphé.re et i^erchlorure de phosphore. Le premier est liquide, et le second solide. Ces combinaisons peuvet s'obtenir directement à la température ordinaire.
Le protochlorure de phosphore est composé (Je :
Phosphore. . . . 22,81 1 atome.
ou Chlore. ..... 77,19 3 atomes.
Le
sente neige ainsi nesol Le de:
100,00 deutochlorure de phosphore se préen une masse solide, d'un blanc de et d'une grande volatilité. 11 rougit, que sa vapeur, l'e papier du tour-
perchlorure de piiosphore est formé
Phospliore
Chlore . . ,
. 15,00 1 atome.
ou . 8i,94 5 atomes.
Ces deux chlorures ont été étudiés par Thénard, Gay-Lussac et Davy.
Le phos[ihore forme encore avec l'iode plusieurs iodures, dont un est employé pour jiréparer le gaz hydriodique, et, avec le brome, deux bromures sans importance.
PHOSPHORE DE BOLOGNE. Voy. Sulfate de baryte, au mot Barium.
PHOSPHOREUX (acide). Voy. Phosphore.
PHOSPIKJRESCENCE. — Lorsque les molécules des corps sont soumises à des actions mécaniques, chimiques ou spontanées, ou exposées à l'inlluence de la lumière solaire, de la luui'ère électrique ou autre, ou à l'action de la chaleur, il en résulte, la plu])art du temps, outre un d.égagenient d'électricité, des effets lumineux ou de phosphorence,qui sont de nature à jeter quelque jour sur les
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forces qui président à la constitution moléculaire des corps.
Nous, nous bornerons h étudier dans cet article la phosphorescence par insolation, la phosphorescence spontanée, et la phospliorescence des lamj)}res.
Phosphorescence par insolation. — Beaucoup de corps jouissent de la propriété d'émettre de la lumière après une courte exposition à la lumière solaire ou diffuse. Pour bien analyser les effets produits, Foliservateur doit se tenir constamment dans l'obscurité et placé de manière à exposer à volonté les corps à la lumière et à les retii-er. Une chambre noire, disposée de la manière suivante , remplit parfaitement ce but. Cette chambre est une guérite en bois d'un mètre de large sur un mètre cinquante centimètres de long, et deux mètres de haut. Une trappe en coulisse, en avant de laquelle se trouve une tablette, permet à celui qui se trouve dans la chambre de présenter à la lumière les substances sur lesquelles il veut expérimenter; après une expérience plus ou moins longue, il les retire, referme la fenêtre et observe. 11 doit tenir les yeux fermés tant que la trappe reste ouverte, atin que la rétine soit sensible au moindre rayonnement lumineux.
Les effets de phosphorescence par insolation paraissent dépendre , très-probablement, soit d'un changement momentané dans l'équilibre des molécules, soit de réactions chimiques entre ces molécules, telles que celles que la lumière exerce sur les couleurs végétales et sur certains composés ; soit peut-être encore d'un dérangement dans l'état d'équilibre des fluides impondérables qui se trouvent dans les espaces intermoléculaires. Les substances qui possèdent au plus liaut degré la phosphorescence par insolation sont les phospliores de Canton et de Bnudouin, c'est-à-dire le sulfure de calcium et le nitrate de chaux calciné. Le premier émet une couleur jaune, le second une couleur blanche. A part les phosphores artificiels, les composés à base de chaux sont en général les plus phosphorescents par insolal.ition, de même que par !a chaleur. Placidus Heinrich les a ainsi classés : 1" Chaux fluatéo; 2° chaux carlionatée; 3° diverses pétrihcations; 4" tests des animaux marins; 5" les ])erles; 6° chaux jihosphatée, arséniatée, etc. L'intensité du phénomène varie suivant la nature de l'acide. Ainsi, les lluorures paraissent occuper le iiremier rang; viennent ensuite les carbonates, etc. Quand le spath-Uuor n'a pas été altéré par une trop grande élévation de température, il brille après quelques minutes d'exposition au soleil. La craie est lés-lumineuse par insolation; il est à croire que des masses de calcaire et de craie, particulièrement celles qui lestent exposées des journées entières à l'action d'un soleil ardent, peuvent, à la chute du jour, répandre au loin une faible lueur phospiiorique. Ne serait-ce pas à cette cause qu'il faudrait rapporter la phosphorescence de quelques mon-
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tagnes, que des voyageurs ont observée dans l'intérieur de l'Afrique"?
Les coml)inaisons oi^i se trouve l'acide phospiiorique sont moins aptes à produire la phosphorescence i)ar irradiation que les autres.
Les terres siliceuses paraissent inaptes h. ce mode de phosphorescence ; et si quelques silicates sont faiblement phosphorescents, tels que la lazulite, l'agate, l'opale, la calcédoine, on ne doit l'attribuer qu'à des mélanges.
Le sel gemme et le sel ammoniac sont bien lumineux , ainsi que le sulfate de magnésie, l'alun, le nitrate de potasse naturel, etc.
Les diamants sont les corps sur lesquels on a étudié le plus la phosphorescence par insolation. Tous ne jouissent pas de cette propriété. Ceux qui la possèdent la manifestent après une courte exposition à la lumière. Une forte calcination la leur fait perdre. On cite des diamants qui sont restés phos])horescents pendant une heure, après quelques secondes d'exposition à la lumière. Parmi les substances minérales combustibles, le succin seul est phosphorescent : le soufre ne donne aucune trace de lumière.
Les composés de fer et de cobalt sont plus faibles dans leur phosphorescence par insolation que ceux de plomb, de zinc et d'antimoine. La blende et l'oxyde blanc d'arsenic sont très-lumineux.
Le règne végétal est très-pauvre en composés phosphorescents ; les différentes parties des plantes ne donnent qu'une faible lumière; mais elles le deviennent davantage par le dessèchement. L'écorce l'est plus que le bois ; l'aubier l'est très-bien. Les bois des pays chauds sont plus phosphorescents quo ceux des régions tempérées. Les vieilles cannes à sucre, les dattes, la substance intérieure du coco, sont bien phosphorescentes. Les étoffes blanchies faites de tissus végétaux se distinguent des étoiles écrues par une phosphorescence très-prononcée.
Les substances animales qui contiennent du carbonate de chaux sont plus phosphorescentes que celles qui renferment dos phosphates; mais il faut les dessécher auparavant. Exemple : les coquilles d'œufs, les coraux, les perles, les arêtes de poisson, les dents, l'ivoire, le cuir. Dans tous les corps cités ci-dessus , la phosphorescence varie en durée et en intensité : dans les diamants et fluors, elle dure une heure; dans d'autres corps, ce n'est que quelques minutes; dans d'autres, quelques secondes seulement.
La durée et la vivacité de la lumière ne se trouvent pas toujours réunies : le sj)alh-fluor et les stalactites en sont un exemple. La couleur émise par la lumière des fossiles est blanche. Le diamant, au commencement, paraît quelquefois rouge de feu. If n'en est pas de même dans les préparations artificielles. Les rayons solaires agissent jjIus puissamment que la lumière diffuse, et celle-ci plus que celle émise quand le ciel est couvert de nuages. La lumière des chandelles, les lumières concentrées artificielles sont impuis-
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sautes, ou du moins agissent très-l'aiblenicnt, sur le (liiunant et le s|iatii-niiur verl, poutôirc à cause "lio leur faible iiitiinsiti';.
Los corps blaïK^s sont plus lumineux ([ue les corps colorés de mémo espace; ceux-ci mieux que les bruns et les noirs : il tant en excepter cependant le spath-tluor, et peutiMre le diauiant. Dès l'instant ([ue la pluisporescence est coumiencée, elle n'est pas interrompue ni par h; contact, ni par la friction, lu par la compression. L'action continue môme dans l'eau toutes les fois que les corps ne sont pas dissous.
La chaleur augmente l'intensité et diminue la durée de la phosphorescence ; l'abaissement de température produit un elTet contraire. Les minéraux sont plus phosphorescents en niasse qu'en i)Oudre. La lumière qui émane des minéraux placés dans l'obscurité est toujours blanche, soit que le rajon ihuminant soit bleu ou d'une autre couleur, mais pourvu qu'il renferme des rayons phosl)horogéni(iues. L'action idiosphorescente pénétre ilans les cor[)S à une certaine profondeur, comme il est facile tle s'en assurer. Le poli nuit à la i)hosphorescence : un marbre est beaucoup plus phosphorescent sur la cassure récente que sur une partie polie.
On peut en général ranger dans la môme catégorie , comme corps non phosphorescents par insolation, tous les corps ijuns conducteurs de l'électricité. Les corps mauvais conducteurs présentent de grandes différences dans l'intensité des effets produits ; quant à ceux qui sont de médiocres conducteurs, on les regarde comme très-phosphorescents.
En général, les corps isolants résistent longtemps à la phosphorescence; mais une fois qu'elle y est développée, l'émission lumineuse est durable. Dans les corps médiocres conducteurs, au contraire, la cause qui produit la luaière est ébranlée facilement; mais cette faculté n'a qu'une courte durée. Qui ne voit là des rapports immédiats avec les effets du dégagement de l'électricité dans les corps bons et mauvais conducteurs?
Il paraît exister une différence entre les effets de la chaleur et ceux de la lumière, relativement à la production de la phosphorescence. Les corps les plus lumineux par insolation ne brillent pas quand ils sont chauds : ainsi le carbonate de chaux, le sulfate de baryte , le phosphate de chaux artificiel , et quelques autres sels , luisent parfaitement nprès leur exposition au soleil, lors môme qu'ils n'émettent plus de lumière ou qu'une très-faible par l'action de la chaleur.
Phosphorescence apontunée . — Dans le règne animal nous citerons les poissons et les int'usoires marins vivants ou morts : parmi les premiers, on distingue les poissons à écailles, le pholade, la méduse phosphorique et divers mollusques; le merlan, le hareng, le maquereau.
Les poissons d'eau douce deviennent aussi lumineux, mais moins facilement que les précédents. Pour les poissons marins, il leur laut une température de 8 ou 10°, une hutuidité soutenue et le contact do l'air. On
voit parlh pourquoi la phosphorescence n'est (pie siiporlicielle. Les parties muqueuses sont les i)lus phospiioi'esc('ntes.
La (Oiairde<iuelquesqua(iru|)èdes est aussi ipielipiefois pliosphorescente; mais le cas est rare.
Parmi les insectes, il en est plusieurs qui jouissent de ceUe propriété : entre autres, les fiilgores ( ixjrle-lanterne), les lampyres ou vers luisants. La scolopendre éleclri(}uo est une espèce de crabe nommée cancer fult/rns.
On a observé que la quantité de lumière émise par les substances animales en putréfaction n'était pas en proportion avec cet état, mais que, bien au contraire, plus la putréfaction était grande, jjIus la quantité de lumière était faible; de sorte que la phosphorescence ne se manifeste que lorsque ces substances se trouvent dans un certain étade décomposition qui précède la putréfaction. Il j)araîtrait qu'elle se montre particulièrement dans la lutte qui a lieu entre les forces de la nature organique et celles de la nature inorganique, imisqu'elle cesse tout à fait (luand celles-ci l'emportent.
Si l'on prend des harengs, et qu'on les suspende dans un endroit quelconque, mias frais, ils commencent assez promptement à devenir lumineux à l'obscurité. Leur surface se revêt d'une matière lumineuse qu'on enlève facilement avec un couteau. La lumière diminue à mesure que le hareng se putréfie, et finif par s'éteindre tout à fait.
Pour hâter la phosphorescence des poissons, on prend environ 12 grammes de chair de hareng, que l'on met dans une solution composée de 6 grammes de sulfate de magnésie et de 48 grammes d'eau. On place la tout dans im bocal, et on l'abandonne aux actions spontanées. Le second jour, on voit distinctement un anneau luisant sur la surface du liquide, tandis que la partie inférieure reste obscure. En remuant le bocal, le tout devient lumineux et reste dans cet état. Le troisième jour, la lumière se rassemble de nouveau à la surface, mais l'anneau lumineux paraît moins vif; en secouant le bocal, le tout devient encore lumineux. Avec une solution de sel marin, on obtient les mômes effets.
La laite du hareng, le maquereau et sa laite, produisent aussi la phosphorescence. On a remarqué que les laites de ces deux poissons émettaient plus de lumière que le poisson lui-môme ; cette lumière atteint son jnaximum d'intensité vers la troisième ou quatrième nuit.
Hume, qui a beaucoup expérimenté sur la phosphorescence spontanée , a recherché quelles étaient les substances qui éteignaient la matière lumineuse; il a trouvé que l'eau de chaux, l'eau chargée d'acide carboniqu d'hydrogène sulfuré, produisaient cet Il y a, au contraire, des substances la propriété de devenir lumineuses q les môle avec la matière enlevée de hareng préjiaré dans la solution de de magnésie, telles que les solutid