FLUOR
PHYTÉLÉPHAS. Voy. Ivoire végétal.
PICNIÏE {lonaze bacillaire; scliorl blanc prismatique ; feucolite d'AIIenibnff ; béni
PIË
PIE
lliH
schorliforme. — La picnite n'est encore oonmio qu'en petites masses formées de fibres parallèles de la grosseur du doigt, qui se détachent avee assez de facilité et offrent des espèces de prismes striées ou cannelées sur leur longueur. On y observe une espèce do clivage peu distincte perjiendiculaire à l'axe. Haiiv a cité un cristal qui pourrait bien ôtre une véritable topaze, et ne pas se rapporter à la picuite proprement dite. La couleur est le lilanc jaun;Ure, quelquefois salie de rougeAtre et de verddtre.
Cette substance se trouve dans les gîtes de minerais d'étain à Altenbcrg en Saxe , oii elle remplit des fentes, h la paroi desquelles les fibres sont perpendiculaires , au milieu des matières micacées et quartzeuses qui forment la partie principale de ce gîte métallifère, On l'indique aussi à Schlachenwald en Bohème , dans un gisement semblable , où elle présente des prismes hexagones de couleur verdàtre. "
PICROTOXiNE (de ^ly.çô; , amer, et de Inxicum, poison, venant de toïi^o? , sagillnriits, car on empoisonnait les flèches). On l'a extraite des baies du menispermum coccultis (coque du Levant).
La picrotoxine est très-vénéneuse; elle cause des vertiges , des convulsions et la mort. Dix grains ont suffi pour tuer un chien en moins de trois quarts d'heure. Son emploi pour étourdir les ]5oissnns est connu.
PIERRE PHILOSOPH.\LE.— La pierre philoso[>hale des alchiinisles était le centre autour duquel gravitaii'ut toutes les opérations du grand œuvre. C'était le mercure des sages, la panacée universelle, ou, en définitif, santé et richesse; tel était le côté pratique du grand œuvre, tandis que le côté théorique se rattachait aux mystères de l'astrologie, de la cosmogonie, h toutes les connaissances spéculatives de l'homme.
La pierre iihilosouhale était tantôt le cinabre, tantôt le soufre ; f)our les uns, c'était l'arsenic, qui blanchit le cuivre; i our les autres, c'était le cadniio, qui le jaunit; pour d'autres, c'était quelque chose de surnaturel qui ne pourrait être saisi que dans certaines conditions [ihysiques, enveloppées de mystères. Pour tous, c'était une substance ayant la vertu de transformer les métaux imparfaits en or ou en argent et de procurer immédiatement la richesse.
Mais comme la richesse n'a aucune valeur si celui qui la possède ne peut en jouir, la pierre philosophale avait en môme temps pour but de rechercher le secret do guérir toutes les maladies et de prolonger la vie.- C'est ]h. la i)ierre philosophale, jionr ainsi' dire îi l'état liquide, qui porte le nom d'cli-xir philosophil ou de panacée universelle,] que les uns plaçaient dans une teinture mer-' ciuielle, les autres dans une teinture d'or ou'd'argent. Atteindre le bonheur suprême dans ce monde, tel était le but de ceux qui s'occupaient exclusivement de la recherche do* la pierre philosophale etdo la panacée univcr-, selle. Mais comme le plus grand nombre ne' trouvaient point dans ce 'monde le Ijonheur
qu'ils y cherchaient, il fallait absolument franchir les limites de la sphère terrestre pour venir ])lanerdans lesrégions supérieures de la vie s|)irituelle. C'est alors que l'adepte cherchait ,\ s'identifier avec Vdme du monde, cette troisième pierre phdosophale, que l'on pourrait appeler la pierre pliilosophale h l'état spirituel.
En résumé, on peut distinguer trois catégories de l'art sacré ainsi que de l'alchimie : 1° la pierre philosophale; 2° \a panacée universelle; 3° Vdme du monde. Dans la première, on cherchait la richesse mitérielle; dans la seconde, une longue vie ; et dans la troisième, le bonheur au sein de la Divinité ou dans le commerce avec les démons.
Au reste , ces trois catégories sont loin d'être toujours bien tranchées et faciles h démêler. Le ciel et la terre, tout se confond dans le labyrinthe des doctrines néoplatoniciennes. Toutefois, au milieu de cette confusion même, on remarque toujours un principe fondamental : la suprématie de Vesprit sur la matière. Avant do rien entreprendre, l'opérateir invoque le Saint des saints pour la réussite de son œuvre. Aussi l'œuvre qu'il pratique s'appelle-t-il grand; et l'art qu'il cultive, sacré et divin. Les derniers commentateurs païens de Platon et d'Aristote sont comptés au nombre des maîtres de l'art sacré; mais ils appartenaient plus particulièrement à la troisième catégorie qui avait pour objet l'âme du monde ou la félicité suprême au sein de la Divinité. (Voy. Hoefer, Hisl. de la Chimie, t. L)
Dans l'antiquité, et même au moven âge, toutes les connaissances étaient réunies et confondues ensemble sous la dénomination générale de philosophie. Transportons-nous un moment par la pensée dans le laboratoire de Zozime, ou d'un des grands maîtres de l'art sacré.
1° On chauffe de l'eau ordinaire dans un vase ouvert. L'eau bout, elle se réduit en un corps aériforme (vapeur) et laisse au fond du vase luie terre pulvérulente, blanche. Conclusion : l'eau se change en eau et en terre. Supposez que nous n'eussions aucune idée de l'existence des matières que l'eau tient en dissolution, et qui, après la vaporisation, se déposent au fond du vase, qu'aurions-nous à objecter contre cette conclusion, qui a certainement prêté son appui à la fameuse théorie de la transmutation des éléments. Il ne manquait plus que le feu pour que la transmutation fût complète.
2" On por'e un fer rougi au feu sous une cloclie maintenue sur une cuvette pleine d'eau : le volume d'eau diminue; une bougie portée sous la cloche allume aussitôt l'air qui s'y trouve. Conclusion : l'eau se change en feu. Cette conclusion était toute naturelle à une époque oi!i l'on ne savait pas encore que l'eau se compose de deux corps aériformes (oxygène et hydrogène) ; que l'un, l'oxygène, est absorbé parle fer, et que l'autre, l'hydrogène , s'échappe sous la cloche en prenant la place de l'air atmosphé rique qui s'y trouve, et que c'est l'iiydro-