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niasse, puisqu'î» volume égal il s'y trouve
plus (le pallies solides.
Ou prouve do plusieurs manières tjue C(>tte hypotlièse est fondée : en ellel, si après avoir gAché avec la quantité d'eau utile (1 volume pour 1 volume de plâtre l'ortemcnt tassé) piiur obtenir la bond lie de eonsistance usuelle, on laisse c(mimoneer la prise (ce qui arrivera au liout de dix minutes environ), el qu'alors on ajoute un voluiue d'eau égal au premier, en agitant ou obtiendra une bimillie claire très-lUiide qui, après un repos de deux ou trois minutes, commencera .\ prendre |)our la deuxième fois. On |)0urrait délayei' avec un troisième volume d'eau et obtenir une quatrième et ui;e cinquième nrise en masse. On voit donc bien que la solidification et l'hydratation se sont opérées successivement, et (jue, si l'on n'eût pas brisé les 1", 2", 3" et k' cristallisations, (»n aurait eu chaque fois une prise plus solide que la prise suivante. La première prise abandonnée aux elfets spontanés aurait donc donné une crisiallisation très-compacte et la prise la plus solide.
Un autre genre d'essai prouve encore que la densité ou le peu d'écartement des [)articules est la cause delà solidité du i)làtre, et que cette |)ropriété ne tient pas à la composition chimique. Si l'on soumet, dans un cylindie, à une pression graduée et forte à l'état humide, l'un quelconque des mauvais plâtres qui absorbent beaucoup d'eau ou le bon plâtre détérioré par quatre gâchages successifs, on rapprochera les particules , et, après la jiression et une dessiccation spontanée, tous les plâtres ainsi traités auront acquis une dureté considérable.
Essais des qualités plastiques. — On peut dire que les meilleurs plâtres pour les constructions sont ceux qui, à poids égal, exigent le moindre volume d'eau pour se gâcher au degré de consistance habituelle, et qui, d'un autre côté, pourraient absorber et solidiâerle plus d'eau, si on les délayait plusieurs Ibis et jus([u'à cette limite où la dernière addition d'eau ne laisse plus faire qu'une prise à peine suflîsanle pou" qu'on incline le vase sans faire couler la matière plastique.
Cet essai très-simple peut servir à reconnaître si la cuisson îles plâtres a été bien ou mal dirigée. Cette condition importe beaucoup aux mouleurs qui ont besoin d'un plâtre préparé de telle sorte qu'on puisse le gâcher en bouillie Irès-Uuide pour l'introduire dans tous les détails des moules, sans que ce délayage s'o[)pose à ce qu'il fasse en détinitivo une prise solide. I.e but ne serait pas atteint si, par défaut ou excès de cuisson, on avait laissé une partie du |ilâtre crue, et si une autre partie avait été calcinée trop fortement : chacune de ces deux parties ne pouvant faire prise, reste inerte comme un corps sableux dans le mélange.
Si, par exemple, elles forment ensemble la moitié du volume total, il est évident que le plâtre ne contiendra que moitié de son volume de matière active; celle-ci pouvant so-
lidifier 5 volumes d'eau, Je mélange total ou le plâtre essayé ne solidifiera (jue 5 fuis cette moitié, ou seulement 2 ^ fois son volume. Ainsi la proportion de substance inerte totale sera indiquée par ce sim|)lc essai. Ou conçoit (|u'une partie de la matièri! inert(; pourrait être formée de plâtre saturé d'eau par son exposition h l'air humide.
Effets de la température et action de l'eau sur le plâtre. — Le plâtre cru subit de la part de la chaleur des inlluences importantes à noter : à la température de 80° dans un courant d'air, et de 115" dans des espaces clos, il commence à perdre, très-lentement, une partie de son eau de cristallisation. Cette dessiccation devient plus rapide à mesure que la temjiérature s'élève, mais au delà d'un certain terme, vers le rouge cerise, une modification importante, longtemps inaperçue, a lieu : le sulfate de chaux perd la propriété de s'hydrater ou de reprendre l'eau de cristallisation ; il ressemble alors au sulfate de chaux anhydre qui se rencontre dans la nature, dont on ne peut obtenir de plâtre susceptible de se gâcher et de faire prise avec l'eau.
En cliaufl'ant à une température plus élevée, on parvient à fritter, jiuis à fondre le sulfate de chaux, et, dans cet état, on avait dès longtemps reconnu qu'il ne pouvait directement reprendre son eau de cristallisation.
Action de l'eau. — Le sulfate de chaux cristallisé, naturel ou employé dans les constructions, peut être attaqué par l'eau qui en dissout 2 pour 1000 de son poids à 0", et 2,5i à -|- 35°; il ne doit donc pas entrer dans les matériaux constamment exposés à l'action de l'eau ou de l'humidité extrême : la solubilité du sulfate de chaux, quoique faible, est suftisante |lbur désagréger assez promptement les matériaux de construction constamment exposés à l'action de l'eau.
Inconvénients des eaux séléniteuses. — Cette snlul)ilité restreinte explique la présence du sulfate de chaux dans beaucoup d'eaux naturelles (appelées pour cette raison séléniteuses], et ses effets nuisibles dans diverses ciiconstances. Ces eaux coagulent ou précipitent en partie le savon dissous, parce que les sels gras qui constituent le savon sont décomposés : il se forme un savon calcaire insoluble et un sulfate alcalin. Lorsque par l'ébullition les eaux séléniteuses laissent déposer le sulfate calcaire, ce .épôt adhère aux surfaces en contact avec l'eau : c'est ainsi qu'il peut incruster les graines de légumineuses (haricots, pois, lentilles] et par là empêcher leur hydratation. De là cette distinction entre les eaux douces, qui prennent 1er savon et cuisent les légumes, et les eaux crues ou séléniteuses qui coagulent le savon et ne cuisent pas les légumes.
Les incrustations séléniteuses acquièrent parfois un énorme développement dans les générateurs si généralement appliqués îi l'industrie; alors elles forment des couches dures, résistantes sur les parois des chaU'
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dièrcs, dirainuont la conductibilité, nécessitent do plus grandes quantités de combustible [lour produire la vapeur; elles peuvent enfin occasionner des explosions lorsque le niétal delà cliaudière, chaulfé au rouge, fait fendiller ces croûtes : l'eau alors atteint la p.iroi surcliauffée, se vaporise sul)iteuient, et les issues par les soupapes devenues insuffisantes ne peuvent empêcher que la cliaudière éclate.
On peut adoucir les eaux crues en y ajoutant du carbonate de soude en quantité éciuivalente au sulfate calcaire dissous (ai de carbonate sec poiu' 88 de sulfate hydraté) : alors une double décomposition a lieu, il se forme du carbonate de chaux qui se préci- ])ile presque en totalité, et du sulfate de soude qui reste dissous. L'eau éclaircie prend le savon, ne forme jilus d'incrustations ( à moins de la rajiprocher juscju'à préciiàtcr le sulfate de soude). Dans les préparations alimentaires , elle pourrait avoir une légère propriélé laxative.
Moyen (le prévenir les incrustaliom dans les chaudières. — On est parvenu à prévenir les incrustations que le sulfate de chaux occasionne, par divers moyens qu'on peut ranger dans trois classes : dans la première se place l'action des matières solubles ou trèsdivisées, capables de s'interposer entre les particules au fur et à mesure qu'elles se précipitent, de les lubrélier et d'empêcher l'adhérence entre elles et avec les parois des générateui-s ; dans la deuxième sont coml)ris certains agents mécaniques dont les chocs ou le frottement divisent le dé[)ùt et s'opposent à sa réuuioa en couches continues ; dans la troisième se présentent les réactifs chimiques qui décomposent le sulfate de chaux. Le tableau suivant indique la nature de ces agents et les proportions, eu supposant l'eau à demi saturée de sulfate de chaux.
Des générateurs, produisant 300 kilogr. de vapeur par jour, exigent par mois la quantité ci-dessous de l'une des substances suivantes :
kil.
Glaise 6 )
Pommes de terre i,S I
Sou l.S ) 1" classe.
Sirop de fécule iiS l
Extrait de liois colorants. . . 0,1 ) Rognures de l'ei-blaiic ou de tôle. 20 2- classe. Carbonate de souiie . . . . 5 .. j 5' classe. Carbonate de potasse. . . . 5,5 J
Le carbonate de soude ou de potasse indiqué par M. ïhénard, et les rognures de fer-blanc , tôle ou tôle zinguée, paraissent mériter la préférence : car les autres agents ont l'inconvénient de rendre le liquide légèrement vi-^queux, et de le faire élever en mousse jusque dans les tuyaux de vapeur, les cylindres, etc.
Les incrustations que peut former le carbonate de chaux tenu en dissolution dans les eaux naturelles, par l'acide carbonique, sont moins adhi'rentes ipie celles jjroduites par le sulfate de chaux. D'après M. Kullmanu, il
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suflit, pour les prévenir, de O^G à O"-, 9 de carbonate de soude par mois dans des générateurs donnant 300 kilogr. de vapeur par jour. C'est que le carbonate de soude précipite le carbonate de chaux en s'emparant de l'acide carbonique, et forme un sesqui, puis un bicarbonate de soude. Ce dernier dégage, jiar l'ébullition, une partie de l'acide carbonique; il peut donc en reprendre à l'eau avec laquelle on remplit, et qui arrête l'ébullition.
Fabrication du plâtre des mouleurs. — On opère la cuisson dans des fours à boulangers que l'on chaufl'e à jjeine au rouge brun ; on enfourne la pierre en plaquettes choisies d'épaisseur égale, c'est-à-dire de 5 centimètres environ. L'on choisit dans les carrières des pierres grenues, tendres, dont les interstices laissent facilement évaporer l'eau.
On est d'ailleurs assuré de ne pas trop chaull'er le plâtre, puisque le four est à la limite indiquée, et que sa température s'abaisse par l'enfournement même de la pierre. Quand la cuisson est terminée, on reconnaît que toutes les parties ont été atteintes lorsque, en cassant quelques pierres, on constate qu'il n'y reste plus de cristaux brillants.
On conserve ce plâtre en morceaux dans des tonneaux recouverts de vieux sacs pour empêcher l'absorption de l'humidité de l'air, et on ne broie que la quantité utile à chaque moulage. Ce plâtre s'emploie tamisé fin, pour qu'il s'insinue mieux dans tous les détails des moules.
Fabrication du jMtrc dur. — Dans ces derniers temps on est parvenu h donner de très-remarquables propriétés de solidification aux plâtres obtenus des pierres en cristaux lamelleux, fibreux ou compactes qui jusqu'alors ne s'appliquaient qu'à l'agriculture et étaient impropres aux constructions comme aux moulages. Ces plâtres dès lors dépassèrent en qualité les meilleurs plâtres usuels : ils exigèrent moins d'eau pour être gâchés; leur prise devint plus lente et leur dureté beaucoup plus considérable.
Voici comment on prépare cette sorte de plâtre chez M. Savoye, actuellement propriétaire desbrevets d'invention deM.Kean : On choisit comme matière première les plâtres cristallisés (lamelleux, fibreux ou compactes), que l'on casse à la grosseur du poing ; les luorceaux les plus blancs sont mis à part, ceux qui sont plus ou moins salis par des matières terreuses, desocres, sont réservés pour la fabrication d'une deuxième qualité. Toutes les opérations sont d'ailleurs les mêmes pour ces deux sortes traitées séparément : on opère une première cuisson à la température voisine du rouge sombre, soit dans un four coulant, soit dans un four à réverbèi-e; dès que l'eau de cristallisation s'est dégagée, on tire ce plâtre cuit, puis on le plonge dans un bassin de bois éjiais contenant une solution préparée d'avance avec de l'eau tiède (à 35° environ) dans laquelle on fait dissoudre 12 pour 100 d'alun; au bout de deux ou trois heures, on
enl^vo los misses h clniro-voie rontenaiit le [iliUrc ii)il)il>(',(iii laisse ct^oultor, |iiiisoii l'ait siH'her sur lo tour à réverbère ou sur uik; cheniinéo traînante.
On sounii't Ji une deuxième oalcination dans les mômes fours, et l'on termine la lii-éparation en hi'ovant .sous un moulin à meules vertieales et tamisant dans un blutoir mécaniiiue. Le j;A(liai;e de ce pLUre se fait eu délayant tiOO parties avec 55 ou 60 d'eau ; la prise n'a lieu (pi'au liout de 55 à (îO minutes : tandis que 100 de pIAtre de Montmartre gAché serré ou clair exigent de 07 il 90 d'eau , et font prise en 15 ou 17 minutes.
La théorie de cette solidification extraordinaire n'est pas bien connue. Peut-on adniet're qu'elle dr[iende de la formation d'un double sulfote de potasse et de chaux, et de l'alumine en enveloppant des groupes de ])articules qu'elle resserre'.' Rien n'est encore démontré à cet égard.
Outre les variétés blanches et grisAtres oiiten les comme nous venons de le dire, on prépare un plAire dur rose ou rouge briqueté, en ajoutant dans la solution où on rinnncrge de 4 ^ 8 centièmes de sulfate de fer, qui, décomposé dans la cuisson, laisse du sesquioxyde de fer louge.
Le carbonate de magnésie, qui se rencontre quelquefois mêlé aux matièies premières , donne lieu, [)ar sa réaction sur l'alun , à la formation du sulfate de magnésie; celui-ci reste indécomposé et produit les légères elflorescences qui apparaissent sur les enduits des plAtres\iurs.
La matière première de cette sorte de plâtre, loin d'être limitée à l'agglomération spéciale des plAlres en grains, se trouve partout où il existe du sulfate de chaux cristallisé en masses exploitables, quelles que soient les formes cristallines de ces amas.
Applications. — Le plâtre naturel, grtnu, en moellons, s'exporte pour être cuit et servir a.ix constructeurs et mouleurs à l'étranger. On rem|)loie comme moellons à bâtir; toutefois cette application est [)rohiliéo dans les villes, parce que l'excès d'humidité ouïe contact jirolongé de petits filets d'eau suflisent |iour dissoudre ou désagréger ])eu à peu les |)ierres à pi itre et compromettre la solidité de pareilles constructions.
Le plâtre cru réduit en poudre sert à décomposer le carbonate d'ammoniaque par une simple llltration qui donne du sulfate d'ammoniaque et laisse sur le filtre le carbonate de chaux insoluble. Ce plâtre est parfois mélangé aux couleurs broyées à l'eau dont il augmente le poids sans pâlir beaucoup l'intensité, en raison de sa transparence. On peut l'employer» dans l'agriculture, mais le plâtre cuit est préférable parce (ju'il est plus aisément divisé et que cette division est moins coûteuse. Certains plAtres crus à grains fuis blancs, très-compactes (albâtre gypseux), servent aux sculpteurs et donnent des (»l)jets d'ornement (vases, colonnes, montures de pendules, etc.), d'un bel aspect, mais moins durables que les ob-
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jets semblables en albâtre calcaire (carbonate de chaux).
lùitin res|iècc de sulfate <le chaux aidiydre uni se rencontre dans les terrains intermédiaires et dans les premières couches des terrains secondaires avec \fs dépAts de sel, en masses considérables, dures, lourdes, est qucl(piefois employée h faire des vases, des chambranles de cheminée, etc. Ce sulfate, rarement cristallisé (prismes rectangulaires), pèse2,!t()0, l'eau pesant 1,000 à volume égal; tandis que le sulfate de chaux naturel le plus répandu, à 2 équivalents d'eau, pèse 2,300. Le poids spécifique du sidfate à 1 équivalent d'eau pour 2 de sulfate, préci|)ité h chaud dans les générateurs, est de 2,700; sa dureté est également intermédiaire entre celle des antres sulfates de chaux.
Les applications du plâtre cuit ordinaire sont nombreuses : on l'emploie très-utilement dans une foule de constructions et enduits, au-dessus du sol ; pour cimenter les moellons, briques , dalles, carreaux, etc.; pour jeter promplement dt's plafonds , traîner des moulures rectilignes, circulaires, horizontales ou verticales : on met à profit, pour cela , cette première prise qu'il forme au bout de 12 à 15 minutes et qui donne une adhérence à toutes ses parties comme avec les corps rugueux. Aucune autre matière no permet d'obtenir avec autant d'économie et de rapidité des scellements solides. On s'en sert pour préparer, par un moulage simple, des carreaux à rainures et languettes, que l'on rend très-économiques en y interposant, avant la prise, des plâtres de démolition, des scories de houille, des fragments de briques ou de piiteries légères, etc. Ces carreaux fabriqués d'avance permettent de construire rapidement des cloisons qui sont presque immédiatement sèches, puisque les joints seuls contiennent du plâtre frais.
On fait, avec du plâtre tamisé, gâché clair, une grande variété d'objets moulés, tels que médailles, figurines, statuettes, etc., des tables épaisses et moules en coquilles pour couler la pdte à porcelaine en plaques h tableaux, tubes, cornues, etc. La porosité et la propriété d'absorber l'eau qui caractérise les objets façonnés en plâtre et séchés, est utilisée dans cette dernière application : elle permet l'emploi de la i)âte liquide, car, en absorbant l'eau, le plâtre solidifie la matière à porcelaine qui, dès lors, peut conserver la forme du moule (M la planéité de la surface des tables.
La môme propriété explique l'efTet remarquable des dalles ou des tablettes épaisses construites en plâtre pour absorber l'eau et hâter la dessiccation des couleurs broyées en pâte, de la fécule, de l'amidon et de la levure humides.
Les reproductions métalliques, par la galvanoplastie, peuvent être obtenues à l'aide de modèles en plâtre dont les pores sont remplis avec un mélange de résine et de cire fonuues ensemble, et qu'on saupoudre de plombagine pour rendre la superficie co»' ductrice.
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diO't
On coule souvent en plâtre les modèles a rei)roduire par le moulage en fonte ou en bronze.
Les divers ornements, enduits unis, moulages en plâtre, peuvent être garantis contre l'humidité en les imprégnant à chaud d'un mélange licpaéfié de 3 de cire et 1 d'huile de lin lithargyrée, ou plus économiquement de 1 d'huile et 2 de résine.
Les applications du sulfate de chaux à l'agriculture sont plus particulièrement utiles à certaines familles végétales, telles que les légumineuses, les renouées, les crucifères, les liliacées. Le plâtre cuit, hydraté à l'air et répandu par un temps humide, produit le maximum deÛ'et dans ces cultures ; il paraît cependant utile dans toutes les terres, soit en déterminant dans ses pores la condensation des gaz et la formation des azotates, soit pour fixer le carbonate d'ammoniaque (des eaux pluviales et des engrais) qu'il transforme en sulfate. On en emploie de 100 à 500 kilogr. par hectare ; il produit d'autant plus d'elfet qu'il est plus divisé. On peut le délayer dans les urines et le répandre dans le même but sur les fumiers ; les vieux plâtres de 'démolition sont propres à cet usage ; ils introduisent, de plus (lorsqu'ils proviennent des murs des écuries, celliers, etc.), des azotates de chaux, de potasse, de magnésie, utiles comme engrais
On ajoute souvent 2 à 3 millièmes de plâtre dans le moût des vins blancs légers pour diminuer l'activité de la fermentation et prévenir le passage à l'aigre.
Il est à regretter que le plâtre se prête à plusieurs falsifications (faciles à découvrir d'ailleurs), par son mélange avec plusieurs substances grenues ou pulvérulentes, telles que le sel marin, la fécule, etc. Très-blanc et bien divisé, on l'introduit dans le papier dont il augmente le poids et diminue la qualité. Dissous à chaud dans de l'eau aiguisée d'acide, le sulfate de chaux ciistallise [lar refioidissement en petits cristaux aiguillés que l'on a parfois employés pour falsifier le sulfate de quinine.
Applications des plâtres durs. — Les produits blancs de cette sorte de plâtre servent ri former des enduits unis ou veinés (en interposant des filets du même plâtre mêlé de noir de fumée ou d'oxydes colorants). Ces enduits, poncés et polis à la pierre de touche et vernis, deviennent aussi luisants et aussi solides, mais moins coilteux que le stuc; les menus objets d'ornement, figurines, petits bas-reliefs et sculptures moulés à la gélatine, sont d'un joli aspect. On leiu' donne la translucidité et l'apparence de l'ivoire en les imprégnant de cire dans une étuve. L'agglomération de rouleaux, boules et morceaux divers, de ce plâtre gâché et teint diversement avec des ocres rouges, jaunes, etc., donne des petits blocs ou des tables que l'on th'coupe et que l'on polit après dessiccation jiour imiter des objets en marbres veinés, tournés ou sculptés, tels que chambranles, vases, garnitures de cheminées, etc.
Le plaire dur de teinte grisâtre, gâché avec
son volume de recoupes de pierre, prend un ton de pierre très-convenable pour les grandes constructions, pourréparer des pilastres, colonnes, revêtements, etc., en pierre de taille. Les enduits de plâtre dur de toutes nuances reçoivent plus économiquement les peintures que les enduits de plâtre ordinaire, celui-ci étant beaucoup plus poreux et plus absoibant.
Les plâtres durs se vendent au poids, savoir: les plâtres gris 8 à 10 fr. les 100 kilogr.. et 15 à 20 fr. le plâtre blanc. Le plâtre ordinaire se vend h la mesure appelée muid, contenant 9 hectolitres, dont le prix est de 12 fr. environ.
Observation. — Les anciens connaissaient le |)lâtre ; les Romains l'employaient déjà dans l'ornementation des édifices. Pline recommande de s'en servir lorsqu'il est nouvellement détrempé, car il durcit très-vite. La fabrication du plâtre est une industrie très-pro luctive pour Paris; l'exiiloitation de ses carrières en fournit à presque toute la France ; on en expédie môme en Angleterre et on Amérique. Ce plâtre est d'une qualité très-remarquable. Les carrières de Paris en fournissent annuellement 7 millions d'hectolitres environ. On fait encore usage du plâtre pouranienderles prairies artificielles ; c'est à Franklin que Ion doit cette belle découverte, qui s'est bien vite propagée en Europe. Pour démontrer les bons eft'ets du plâtre h ses compatriotes, il écrivit, au moyen de |ioudre de plâtre, sur un champ de luzerne, situé près de Washington, ces mots : Ceci a été plâtré. Dans tous les endroits qui avaient été couverts parla poudre excitante, une végétation magnifique se développa, de sorte que l'on pouvait lire sur la surface de la prairie les lettres tracées par l'illustre physicien. Cette ingénieuse démonstration convertit tous les incrédules.
PLATRE, son influence sur la végétation. Voy. Nutrition des plantes.
PLOMB (p/«m6um, plomb). — Le plomb est un métal connu de toute antiquité. Tout le monde en connaît les propriétés |)rincip;des. Ce métal est plus ductile au laminoir qu'à la filière. Sa densité est de ll,'i-i5. Il entre en fusion à -f 33'''° et reste fixe à l'abri do l'air.
Le plomb n'é|>rouve pas d'altération h l'air sec; mais lorsqu'il est humide, sa surface perd son brillant et devient terne par suite de la formation d'une légère couche d'oxyde qui n'augmente pas serK-.iblement d'épaisseur parle temps. Cette légère oxydation se produit aussi quand ce métal est plongé sous l'eau aérée ; mais elle est si superticiille que les parties qui se trouvent au-dessous, à une très-petit» épaisseur, conservent longtemps leur éclat et leurs pro;)riétés. C'est en raison de ce peu d'inaltérabilité que ce métal est employé [)our doubler les réservoirs, les bassins, et pour la confection de tuyaux destinés à la conduite et à la distribution des eauv potables.
Le plomb se trouve dans la nature sous quatre étals : 1° à l'état de combinaison avec
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l'ox.vgc^iUM't 1(1 chlore; mais ces deu\ coinposés sont très-rares ; '2" h l'état ilc suHure ; 3° J\ l'iUat de sels, carboiiato, phosphate, arsc^iiiate, chromatc de ploiiih.
Le snltïire do plomb est la mine de plomb la plus alioiidaiile; c'est decrlle-ci (pi'on extrait iirdiiiaiieinent ce imMal. (Je sulfure se trouve dans presque tous les pays.
A[irt's l'avoir bocardé et lavt- pour le séparer de la gaiiglie ilont il est envelo[)|ié, on le y;rille, soit dans un t'ourneau ii réverbère, soit en en tonnant avec un peu d'argile déla> ('e de petites mottes qu'on place sur ur. lit de bois alknué. Le sullure est en partie déconqwsé et converti peu ?» peu en sulfate de plomb, en oxyde de plomb, qui restent mêlés avec la portion de sulfure de plomb qui n'a pas été briViée.
On peut obtenir immédiatement du plomb du pioduit de cette calcination; en l'exposant à une température plus élevé dans le fourneau où le giillage a été fait et mêlant bien par ragilation toutes le^ parties ensemble. Le soufre du sulfure réduit l'ovyde de l)louib du sulfaie et fait lasser cet acicfe à l'état iraci(l(! sulfureux qui se tiégage, de manière que la portion de plomb qui est séparée provient delà décomposition réciproque du sulfure et du sulfate de plomb.
Le plus ordinairement on traite le sulfure grillé dans le fourneau à manihe par le charbon, après l'avoir mêlé avec une certaine quantité de grenaille de fonte, de vieille ferradle ou de scories de forge. L'addition de ces dernières substances a pour objet de décomi)Oser les portions de su fure de plomb échappées au grillage, qui ne le seraient pas par le charbon seul. Par ce moyen l'oxyde de plomb et le sulfure sont tous les deux réduits, le premier par le charbon, et le second par le fer qui s'empare du soufre et forme un sulfure qui surnage le plomb et peut en être* isolé en faisant passer ce métal du premier bassin do réception dans le second.
Le plomb ainsi obtenu est désigné sous le nom de plomb d'œuvre ; il renferme quelquefois, suivant la qualité du minerai, de petites quantités de cuivre, d'anlimoine et même d'ai'gent. Souvent ce dernier métal est en proportion assez grande pour qu'on puisse l'extraii e avec avantage.
Protoa-yde de plomb. — Cet oxyde existe tout formé dans le règne minéral ; mais il est combiné aux acides.
On le prépare en cilcinant le plomb à l'air. Il se forme d'abord des p.'lliculcs grisAtres qui, par l'action [)rolongée de la clialeur, se convertissent en poussière jaunAtre. L'oxyde ainsi préparé est connu sous le nom de massicot.
Lorsque le protoxyde de plomb a été fondu, il est susceptible de cristalliser, en refroidissant lentement à l'air, en écailles rougeAtres micacées. 11 est alors désigné dans le commerce sous le nom de litlinrye. Cette litliarge provient tout entière de la culcinatioii des plombs argenlifères pour l'extraction de ce dernier métal.
L'aspect blanc argentin ou jaune don-
au'olfro la iitharge à sa surface, lui a fait Oiiner par les commerçants le nom impropre de Ùtharge d'argent ou d'or, sans doute aus>i parce qu'on la relirait de l'exploitation dos mines de ces deux métaux.
Le protoxyde de plomb est réduit facilement h une chaleur r jugo brun par le carbone et toutes les substances organiques. Il est formé, d'a))rès I5er/.elius, de :
Plomb 100 1 atome.
Oxygène 7,7 1 atome.
Les usages de cet oxyde sont nombreux : il entre non-seulement dans la confection des emplAlres et de certains sels très-employés en médecine et dans les arts, mais il sert encore pour rendre les huiles siccatives, pour j.i composition des couvertes ou émaux sur la/aience, du cristal, etc.
Deutoxyde 'de plomb. — Cet oxyde s'obtient en plfiçant le protoxyde de plomb ou massicot en couches peu épaisses dans un fourneau à réverbère, et l'exposant pendant lieux ou trois jours à une chaleur audossous du rouge brun. L'oiiération étant terminée, on retire l'oxyde, qui est alors transformé en une belle poudre rouge.
Le deutoxyde de plomb se présente toujours en poudre insipide, pesante ,' d'une belle couleur rouge coquelicot ou orangé ; chauffé au rouge brun, il se décompose, en donnant une certaine quantité de gaz oxygène, et se transforme en protoxyde de plomb qui entre en fusion. Cet oxyde, séparé des matières étrangères avec lesquelles il peut se trouver mélangé accidentellement, est composé, d'après Berzelius, de :
Plorab 100
2 atomes.
ou
Oxygène 11,5 3 atomes
D'oii l'on voit qu'il renferme une fois et demie autant d'oxygène que le protoxyde.
Bien que la composition de ce deutoxyde soit d'accord avec la loi des proportions multiples, quelques chimistes le regardent comme résultant de la combinaison d'une pr( lOrtion de protoxyde et d'une projiortion de trtoxyde de plomb. Ce qui appuierait cette d'Tnière opinion, c'est la composition variable qu'il peut offrir dans certains cas. Le deutoxyde de plomb est connu dans le commerce sous les i;oms de minium, mine orange, oxyde rouge de plomb. On en fait usage comme fondant pour les émaux de la faïence ; il entre dans la composition du cristal , mais alors il est nécessaire qu'il soit très-pur et surtout dépourvu d'oxyde de cuivre qui colorerait le verre. Il s'emploie aussi en assez grande quantité comme couleur dans la peinture ri l'huile. En ii'iarmacie, il est seulement usité dans la ['réparation de l'emplAtre lie Nuremberg.
Chlorure de plomb. — On ne connaît qu'une combinaison de chlore et de plorab Correspondant au protoxyde de ci' métal.
Ce composé se foiuie dire<;teinent en mettaut le plomb en fusion dans le gaz chlore
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sec; la combinaison s'effectue avec dégagement de calorique, mais sans lumière.
Le protochlorure de plomb est blanc, d'une saveur un peu sucrée et astringente. 11 se dissout dans 25 à 30 fois son poids d'eau froide et dans une moins grande quantité d'eau bouillante. Il cristallise, par le refroidissement de cette dernière solution, en petites aiguilles blanches nacrées , de forme prismatique. En chauffant ces cristaux, ils se fondent promptement en un liquide transparent (jui se soliditie ensuite en une masse blanche grisâtre et demi-transparente. Ce chlorure fondu était désigné autrefois sous le nom <le plomb corné.
Le chlorure de plomb existe, mais en trèspetite quantité dans la nature. Celui qui est artilici.'l, uni à une certaine proportion de protoxyde, forme une couleur jaune fixe, employée en peinture sous le nom de jaune minéral, jaune de Naples, jaune de Cassel.Ca composé s'obtient en faisant fondre dans un creuset un mélange de dix parties de protoxyde de plomb pur et une partie de sel ammoniac (hydrochloiate d'ammoniac). Il y a formation de chlorure de plomb par 1 1 réaction de l'acide hydrochlorique du sel ammoniac sur une partie du protoxyde de plomb, dégagement d'ammoniac et combinaison du chlorure avec l'excès de protoxyde employé.
Sulfure de plomb. — Le piotosulfure de plomb se trouve abondamment dans la nature. On le rencontre dans la plupart des pays en masses ou en filons; il est alors cristallisé en larges lames brillantes, ou en cubes, ou (i petites facettes. On le connaît vulgairement sous le nom de galène. L'espèce à petites facéties contient souvent assez d'argent pour qu'on puisse l'extraire avec avantage.
C'est de ce sulfure naturel qu'on retire le plomb pour les besoins des arts.
Le protosult'ure de plomb est noir, trèsbrillant eu niasse et même en poudre, si < lie n'est pas trop Une ; il est insipide, moins fusib e que le plomb, fixe au feu, mais décomposé, à l'aide de la chaleur, par l'air et l'oxygène qui le transforment eu acide sulfureux, en protoxyde et en sulfate de plomb.
Le fer décompose avec la plus grande facilité le protosulfure de plomb à l'aide do la chaleur. C'est sur cette propriété qu'est fondée l'analyse de cette mine par la voie sèche. On rnèle dans les laboratoires le sulfure de plomb avec le tiers de son poids de limaille de ftr, et on expose ce mélange à la forge dans un creuset. Lorsque la fusion est opérée, on laisse refroidir, et on trouve le plomb au fond du creuset, recouvert par le protosulfure de fer.
Indépendamment des usages du protosulfure pour l'extraction du plomb, on l'emploie, sous le nom (ïalquifoux, pour vernir la surface des poteries comnmnes. Cette opération se pratique eu saupoudrant les vases cuits avec une certaine quantité de sulfure de plomb, et les exposant ensuite au fimr. Le soufre est brûlé, et U plomb oxydé s'unit
avec la silice de la terre et se vitrifie. Cet émail est très-tendre et peu solide. Il est faci- , lement attaqué parles acides faibles et même ' le vinaigre, qui dissolvent une certaine quantité d'oxyde de plomb, ce qui rend ces poteries ainsi vernissées peu propres à la conservation des aliments acides, qui contractent alors des qualités nuisibles à la santé.
Le laminage du plomb, ou l'art de le convertir en tables ou en feuilles, remonte à la plus haute antiquité. La cuirasse et le bouclier d'Agamemnon étaient ornés de bandes de plomb ; Pausanias fait mention des livres d'Hésiode, écrits sur des lames de ce métal Dion Cassins nous apprend que le consul romain Hirtius, assiégé dans Modène, fit tenir des avis écrits sur des lames de plomb k Decimus Brutus, qui lui ré|iondit par le même moyen. Job faisait des vœux pour que ses discours fussent gravés sur le plouib ; et, si l'on en croit Pline, les actes publics furent corsignés dans des vohimes composés de feuill'-ts du même métal. On a trouvé dans le comté d'York, en Angleterre, d "S lames d:; plomb sur lesquelles éiait gravée une inscription du règne de Domitien.
Tous ces faits prouvent bien que les anciens avaient su, de bonne heure, réduire le plomlj en feuilles, et en tirer parti, soit pour écrire dessus, soit pour recouvrir leurs monuments.
On commença d'abord, probablement, à couler le plomb en feuilles sur des tables recouvertes de sable , mais comme par ce procédé on ne pouvait obtenir des lames minces et unies, nn substitua au sable une élolfe de laine, et ensuite du coutil croisé enduit de suif; ce n'est même qu'en 1787 qu'on a cessé de faire usage de ce moyen, quoique le gouvernement eût autorisé l'emploi des laminoirs pour le [ilomb, par arrêt du 19 janvier 1730.
Lorsqu'on fait usage du laminoir, on coule d'abord le plomb en tables de 7 à 8 centimètres d'épaisseur. Ce procédé n'a reçu d'autres perfectionnements que ceux apportés dans le mécanisme de cette machine.
Le plomb coulé, qui était d'abord assez défectueux, a reçu, dans ces derniers (eaips, un degré de perfection très-remarquable ; en eil'et, on est parvenu à couler sur le sable des lames aussi unies et aussi égales d'épaisseur que si on les eût passées au laminoir; mais comme on peut, par ce moyen, obtenir des feuilles d'une épaisseur moindre de 2 millimètres, on a remplacé le coutil et le sable par des tables en pierre tendre, d'un grain uni et homogène. On coule ainsi des feuilles extrêmement minces pour presque tous les usages.
C'est avec des feuilles de plomb aussi peu épaisses que celles dont on se sert pour doubler les boîtes à thé, qu'en Angleterre ou préserve les appartements de l'humidité qui jiénètre par les murs. On fixe ces feuilles sur les murs avec de petits clous de cuivre, et on colle ensuite le papier de tenture iuimédiatement sur le plomb. Ces feuilles métall' rjues, oui ne pèsent que 250 et même 12.^
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j^raiiimes nu (^(^ciln^t^o carrt5, ne sont aiiounoinoiit |ioiiin'';ibl(>s Ji l'eau.
Ou est |iaiv{MHi tout rôccrumciU à ('tiror le ploiiili ou llls assez, (lus. llu siour Poulet, de Pai'is, l'aliiiiiue, depuis ISï.'l.des tils de pjouib pour lesjaidiuiers et les hortieulleurs. M. Dumas a vu iM'cemuiciit i\ l'arsenal de Woolwieh, eu Angletern-, des halles de fusil lahri(lu(S's par eouijjression, au luoyeii d'un appareil qui étire le iilouibeii cylindres. Due machine portant des caviltVs splu''ri(]ues saisit ces cylindres, et moule ainsi les halles. Les bavures sont enlevées ,\ l'aitlo d'un euiporte- |)ii^ce, et l'opération s'achève en jetant les halles dans mi tonneau qu'on fait tourner, et où elles iirennent la forme sphérique [)arleur frottement les unes contre les autres. Par ce procédé nouveau, on évite les souillures produites en coulant les balles dans un moule.
Dans le monde, on a l'habitude de jirendre le plomb comme type de la lourdeur, et, quand on veut parler d'un objet très-pesant, on dit or iinairemcnt : lourd comme plomb. Cependant , parmi les métaux , il n'arrive qu'en septième ordre sous le rapport de la (lensité ; car le platine , l'or , l'iridium, le tungstène, le mercure et le palladium sont plus lourds que lui. Bien des ])ersonnes n'entendront pas dire sans surprise que l'or, à volume égal, pèse environ f de plus que le plomb.
L'oxydation de ce métal dans l'air humide est très-prompte, mais superticielle ; il perd son éclat métallique, et sa surface devient d'un gris mat ; c'est un sous-oxyde qui se forme. Toutefois , le plomb est inaltérable dans l'air privé d'acide carbonique.
Sous l'eau non aérée, il garde son éclat; il en est de même sous l'eau qui contient des matières organiques ou des sels en dissolution. Mais dans l'eau aérée et pure, il s'oxyde rapidement et se change en hydrate et en carbonate de plomb dont une partie se dissout à la faveur d'un excès d'acide carbonique. Harruel et Mérat ont retiré 62 grammes d'hydiate et de carbonate do plomb très-bien cristallisés de G voies d'eau laissées pendant deux mois dans une cuve doublée en plomb. Le professeur Christison , d'Edimbourg, a également constaté que de l'eau de source très-pure qui circule dans des conduits de plomb se charge d'une proportion de carbonate de plomb assez giarde pour incommoder les personnes qui en boivent. C'est du carbonate de |)lomb hydraté, qui np|)araît en croûte blanche sur k's parois des bassins et des réservoirs on plomb qui contiennent do l'eau, précisément au contact du li(|uide, et non audessus. La conséquence h tirer de ces faits, c'est qu'il faut éviter d'appliquer aux usages économiques l'eau qui a séjourné dans des vases en plomb.
Alliages de plomb. — Pour préparer la grenaille de plomb, on ajoute un peu (l'arsenic au plomb, qui alors s'arrondit mieux. C'est à Soutliwark, eu Angleterre, (ju'on a commencé à [iréparer la dragée de plomb, en faisant toud)er ie a)étal, sous forme de gouttes, du haut d'une tour. Avant cette époque,
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on le coulait dans l'eau à travers un tamis.
Avec parties égales d'(inlimoini\ le plomb doniu> un(^ masse; |)oreuse et cassante; nwn: un tiers d'antimoine, il produit un alliage m-illéable, mais poreux et dur; ave(; unepiait jus(pi';i un sei/.ièiui^ d'antimoine, il forme la combinaison dont on se sert ordinairement poui- fondre les caractères ty|)Ogra|ihi(pies.
1^0 mercure se combiru' très-aisément avec le ploiidj. L'amalgame qui en résultt; a une pesanteur s]iécirKpie sup(''rieure à celle dos deux métaux jiris isolément.
Le |ilomb et Vetain s'allient on toutes proportions. En faisant fondre ensembh; deux parties d'élain et une de jilomb, en volumes, on obtient, d'après Kupffer, un alliage do«t la pesanteur spécifique est .a moyenne de celle des deux métaux. Mais quand on ajoute une jilus grande proportion d'étain, la combinaison augmente de volume et sa densité diminue. L'alliage de plomb et d'étain sert à la fabrication des tuyaux d'orgue; et tout l'étain (lu'emploient les potiers u'étain renferme un peu de plomb. L'étani dont on fait dilïérents ustensiles peut être de trois espèces : l'une contenant trois pour cent, l'autre dix-se|)t pour cent, et la troisième cin((uante pour cent de plomb. L'emploi de cette dernière espèce n'est permis que pour de petits olijets, tels que des jouets d'eniants et autres semblables. On a essayé de déterminer la quantité de plomb contenue dans l'étain, au moyen de la pesanteur spécifique; mais comme le mélange augmente de volume penuant la fusion, et acquiert une pesanteur snécilique intérieure à celle qu'il devrait avoir d après le calcul, on ne peut guère se servir de ce moyen. Avec parties égales de plomb et d'étain, on prépare la soudure des ferblantiers. Cette combinaison est remarquable par la facilité avec laquelle elle s'enflamme à la chaleur rouge, et continue à brûler sans le secours de la chaleur extérieure ; l'oxyde qui se forme dans ce cas produit des végétations semblables à des choux-fleurs. Quelquefois même ce mélange d'oxvdes s'échautfe à un tel point, qu'il se volatilise en grande partie. C'est lui qui fait la base de l'émail ordinaire et de l'émail des poêles blancs d'aiiiiartement. Dix-neuf parties de plomb et vingt-neuf parties d'étain forment un alliage très-fusible, avec lequel on fait ce qu'on appelle les brillants de Fahlun : on réunit quelques tubes do verre, qui, soudés chacun à l'une de leurs extrémités , ont été taillés en manière de brillants et bien polis, puis on en forme la ligure de brillants assemblés, que l'on veut imiter ; ensuite on fait fondre le mélange, et quand il est assez refroidi pour qu'il en reste un peu d'adhérent à un morceau de verre qu'on y enfonce, on écume bien la surface avec une carte, et on plonge les tubes taillés dans le métal limpide, dont une couche mince se lige sur le verre; celte couche se détache facilement après le refroidissement, et ressemble alors à un assemblage de pierres taillées en relief. Si l'on encadre une grande lentille dans un disque de liégc, et qu'on la plonge do même dans le métal bien écuméi
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on obtient un miroir ardent dont la distance focale est moitié de celle de la lentille. Ces miroirs ont besoin d'être plongés plusieurs fois de suite pour acquérir l'épaisseur convenable, et il faut en garnir le côté postérieur avec du plâtre. Le côté poli se conserve très-bien à l'air, lorsqu'on le garantit de la ])0ussiùre; mais on ne jjeut point y toucher, ni le nettoyer , sans qu'il se raie el perde son poli, lin mélange d'une partie de plomb, d'une (i'étain et de deux de bismuth, ou de huit parties de bismuth, de cinq de plomb et de trois d'élain, est si fusible, qu'il fond dans l'eau bouillante. Suivant Erman lils, l'alliage fait d'après les premières proportions change d* volume par la clialeur d'une manière trèssingulière. Si l'on suppose son volume à zéro égal 100, il augmente légulièrement jusqu'à -f Vi degrés, températui'C à laquelle il est de 100 83; si on le chaulfe davantage, il se condense, jusqu'à ce que, entre -f 57 et -|- S8 degrés , il ait repris le mémo volume qu'à zéro, c'est-à-dire 100; il continue à se condenser jusqu'à 68,8 degrés, oii son volume est de 99,389; à pai lir de ce iioint, il recommence à su dilater ; de sorte qu'à -)- 87,5 degrés, il atteint pour la troisième fois le volume de zéro. A -f 93,75, il entre en fusion, et son volume est alors de 100,86. L'alliage fait d'après la dernière des deux proportions précitées, a été découvert par Newton; delà le nom d'aliia,.;e fusible de Newton qu'on lui a donné. Si on le plonge rapidement dans de l'eau froide, ([u'onTen retire de suite etqu'on le prenne dans la main, il redevient assez chaud, au bout de quelques instants, pour brûler les doigts. Ce ]ihénomène tient à ce que pendant la solidification et la cristallisation des parties internes, le calorique latent de ces dernières est mis en liberté et se communique à la surface, auparavant tigée et refroidie. Si l'on ajoute àla masse un seixièiue de son poids de mercure, elle devient encore plus fusible. On en fait des cuillers à thé, qui se ramollissent et fondent, qiand on les plonge dans du thé bien chaud. Pour i-tamer l'intérieur de tubes de verre avec cet alliage, on place un bout du tuhedans l'alliage fondu, on aspire par l'autre bout pour y faire monter l'alliage, et on le laisse sortir de suite; il reste alors sur la paroi interne du tube une mince pellicule miroitante. Un alliage semblable sertàétamer les globes de verre. Dôhereinera remarqué qu'en faisant un mélange de 1 18 parties de ràpure d'élain, 201 de lâpure du plomb, 284 de bismuth réduit en poudre hue, et 1616 de mercure à -f- 18 degr-s, la température s'abaisse de + 18 jusqu'à — 10 degrés, par la dissolution des raétauxsolides. Tout le mo'ide connaît les usage du plomb pour couvrir les toits des éddices, pour faire des réservoirs, des tuyaux de conduite, des ustensiles |u'opre> à faire bouillir de certains liquides, etc. Dans l'art de la teinture, on se sert de l'acétate plombiqiie pour préparer les acétates aluminiquu et f -rroso-ferrique, qui sont des mordants d'un usage très-élendu. En médecine, on emploie les sels plombiques à l'extérieur et à l'intérieur. Pris inté-
rieurement, ils agissent comme substances astringentes. On n'administre guère quel'acétate, et on le donne dans des hémorragies ainsi que dans les cas de phthisie. L'usage longtemps prolongé de ce sel développe des alfections scorbuiques. Prises à fortes doses, les préparations de plomb produisent une espèce de constipation, de paralysie des instestins et d'afl'reuses douleurs d'entrailles, accidents dont l'ensemble est désigné sous le nom de colique de plomb. Les ouvriers qui travaillent dans les manufactures de blanc de plomb , sont exposés à la même maladie, quaid ils travaillent sans que leurs mains soient garnies de gants, et chez eux elle est d'autant plus dangereuse, qu'elle se développe d'une manière lente : aussi ]iroduit-elle alors des douleurs plus fortes, qui résistent avec une grande Ojdniàtreté aux secours delà médecine; souvent les bras et les jambes tombent en paralysie, et la maladie est incurable.