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THINE

POLLÉNINE. — Le pollen des fleurs contient une matière végi^to-aniniale paiticulière, qui m- consiste ni en gi'latine ni en albumine végétale, mais renferme du nitrogène et donne par conséquent de l'ammoniaqueà la distillation. Les caractères distinctifs de celle substance sont son insolubilité dans la plupart d^'s dissolvants, tels que l'eau, l'alcool, la potasse caustique et carbonatéo , ainsi que sa propriété de biîller avec une grande facilité. C'est celte substance qui produit une flamme pres((ue ex|dosive quand on met du lyco[)Otlium (le pollen du lycopodium davatum) en contact avec la flamme d'un corps en combustion. Fourcroy et Vauquelin sont les premiers qui aient dirigé l'attention sur ce corps, en faisant l'analyse du polfn du dattier. Bucholz examina le pollen du lycopodium, et tlt connaître plusieurs de ses [iropriétés; entin John prouva qu'il constitue un principe végétal particulier, auquel il donna ie noiu de poUéninc.

POLYCHROISME. — On a fait voir depuis longtemps, dans les ouvrages de physicjue, qu'un grand nombre de substances avaient la proprii^é de donner une couleur d'une certaine espèce pur rt^lexion, et une couleur diU'érente, qui souvent n'était pas com[ilémentaire, par réfraction ; mais il faui bien distuiguer ce phénomène de ceux dont nous voulons parler ici, et où les couleurs ilitférentes se manifestent toutes par réfraction ; c'esl-à-dire qu quand on place certains minéraux entre l'iX'il et la lumi(:'re, on les voit d'une couleur ou d'une autre? suivant le sens dans lequel les rayons lumineux les traversent.

L'observation fait voir que ces jibénoaiènes particuliers sont liés invariablement avec la forme dont les minéraux sont susceptibles. Il n'y a pas de différence de couleur dans les substances qui appartienuent au

s.v«t^mo cubique, quel que soit le sens dans le pK'l la lumière les liav;Tse ; ce n'( st (liii; dans les minéraux doués de la double ri'fiaction , qu'on observe des dilfi'renctis plus ou monis marquées. Dans ceux (pii n'ont (pi'un axe de double réfi'action , on n'olisurvo que deux teintes extrêmes , ce qui constitue le dichroisme ; l'une, lors- (pio lu lumière tiaveise le cristal [)arallèlement il l'axe de double réfraction , l'autre, lorsqu'elle le traverse perpendiculairement : dans tO'ites les positions intermédiaires, les couleurs participent de l'une et de l'autre espèce. La cnrdiéritc, la tourmaline,leinica(ju Vésuve, l'émeraude, etc., etc., in'ésentent très-fréquemment ce phénomène. La cordiérite est ordmairement bleue dans un sens, et d'un bleu violâtre dans l'autre ; la tourmaline est ord'nairement d'un noir opaque, parallèlement à l'axe, et verte, brime, rouge, etc., perpendiculairement à ce même axe.

Dans les cristaux à deux axes de double réfraction , la théorie conduit à admettre l'existence du trkhroisme ; une des couleurs extrêmes peut être donnée lorsque la lumière travei se le corps parallèlement au |ilan des axes et à la ligne moyenne ; une autre, lorsque la lumière traverse parallèlement à ce jilan et perpendiculairement à la ligne moyenne, et une troisième, enfin, lorsque la lumière traverse le corps perpendiculairement à ce plan et à la ligne moyenne. M. Sonet a vérifié ces phénomènes sur une to; aze du Brésil, dont la teinte était rouge , et qui ne paraissait pas avoir été brîllée ; dans la première direction, la couleur était le rose avec une légère teinte jaunAtre ; dans la seconde, c'était le violet sans mélange de jaune ; et (lans la troisième on reconnaissait un l)!anc jaunâtre ; ces teintes extrêmes passaient de l'une à l'autre dans les positions intermédiaires.

On peut donc dire en général que les substances qui se rapportent au système cubique sont unichroites ; que les substances qui n'ont qu'un axe do (iouble réfraction sont dichroitcs, et entin, que les substances à deux axes sont trkhroites. Mais il ne faut i)as s'attendre il pouvoir observer toujours ces phénomènes; ils n'ont lieu que dans les substances diaphanes colorées, et alors même il arrive fréquemment qu'ils ne se manifestent pas, soit que la dilférence des teintes se trouve trop faible pour pouvoir être appréciée, soit, comme le suppose iVL Biot, que la matière colorante se trouve interposée sans cristallisation, ou cristallisée confusément.

POMMES DE TERRE (solanutn tuberosum).

— Les pommes de terre ont été analysées par plusieurs chimistes ; mais l'analyse la plus complète et la plus exacte qui ait été faite de cette racine est d'Einhof. En outre, la composition des pommes de terre a été déterminée par Pearson, Lampadius et Henryjeune. Voici les résultats généraux de ces analyses :

POM

POM

Pommes de terre rouges ....

Jd. gtrmées

Germes de pommes de terre. . .

Pommes de terre en rognons. .

Grandes pommes de terre rouges.

Pommes de terre sucrées ....

Pommes de terre du Pérou. . .

Id. anglaises

Jd. d'ognon

Jd. du Voigtland ....

Id. cultivées dansle voi-

sin.Tge de Paris. 6,79

A ces priticipes il faut en joindre quelques autres, que V^auquelin a découverts dans le suc exprimé des pommes de terre, savoir : 0,1 pour cent du poids des pommes de terre d'asparagine cristallisable ; 0,4 à 0,5 pour cent d'une substance azotée, semblable à de la gomme, non précipitable par le tannin; une substance résinoide, molle, qui répand une odeur agréable quand on la chauffe ; une matière extractive qui noircit à l'air ; de l'acide citrique libre; des citrates potassiques et calciques et des phosphates des mêmes l)ascs. Enfin, Baup prétend avoir trouvé un peu de solanine dans les pommes de terre, et surtout dans leurs germes.

Maladie des pommes de terre. — Un terri- I)lc lléau est venu, depuis cinq ans, détruire une grande partie des pommes de terre des récoltes de ISVS, 18i6, 1847, 1848 et 1849. On l'a désigné sous le nom de maladie des 2)ommes de terre.

Cette espèce d'épidémie apparut, en 1843, aux Etats-Unis d'Amérique, et s'y est reproduite en 1844 ; parvenue en Europe l'année suivante, elle s'est montrée successivement en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Irlande, en Angleterre, et s'est introduite en France par le nord, s'avangant bientôt jiisipi'au centre, et atteignant, dès l'année 1845, plusieurs localités du midi. Ce grave événement mérite de fixer l'attention des agriculteurs, des économistes et des manufacturiers.

On s'est vivement préoccupé des causes du mal et des moyens de le prévenir. De toutes les opinions émises à ce sujet, la seule qui jusqu'à ce jour ait pu expliquer les phénomènes physiologiques et chimiques observés, qui ait permis de prévoir la i>ropagation du mal et d'indiquer les précautions à prentire pour limiter ses ravages, est celle qui adnu-t l'introduction, dans les tubercules malades, d'un organisme parasite.

La présence d'un champignon microscopique observé d'abord par .M. Montagne, en France, jmis par plusieurs savants naturalistes, Morren de Liège, Berkeley et Lindiey de Londres, a partout coïncidé avec l'invasion de la maladie.

Ce champignon, désigné par M. Montaigne sous le nom de botrytis infestons, se propage avec une élonnanle ra|)idi(é jiar ses innombrables sporules; il se dévelopjie dans les stomates de feuilles, répand rapidement ses émanations dans les canaux séveux des tiges ;

'ibrioe.

Amidon.

Album, végélale,

Gomme. Acides et sels.

Eau.

73,0 Einhof.

7C,0 Lampad,

13,3 0,92 3,3 1,4 73,12 Henry.

on voit, surtout aux époques de la maturité, dans l'étendue de vastes champs de pommes de terre, les feuilles et les tiges flétries et couchées sur le sol du jour au lendemain, puis les tubercules sont envahis à leur tour, et tous les [ihénomènes chimiques qui s'y passent graduellement correspondent aux intluences qu'exercent plusieurs espèces de champignons parasites : dissolution de la fécule, assimilation partielle des matières azotées, grasses, minérales, etc.

L'étude approfondie qu'en a faite M. Payen, à ce point de vue, dès sa première invasion, lui a permis de présa,.;er le retour probable du même lléau. En se fondant aussi sur cette hypothèse, qui rendait compte de tous les faits bien observés, la société centrale d'agriculture a publié chaque année des instructions sur les précautions qu'ont à jirendre les cultivateurs pour amoindrir le mal, utiliser les récoltes envahies, etc.

Ces notions positives ont puissamment contribué chez nous à resserrer entre certaines limites le dommage, à nous mettre à l'abri des épouvantables désastres que cette sorte d'épidémie végétale a occasionnés en Irlande : là, des conseils contraires ont chaque année déterminé les cultivateurs à reproduire les mêmes cultures, loin d'abandonner l'imprudente pratique qui tonde presque sur une seule plante la subs stance d'un peujile entier; subsistance, par conséquent, tout entière compromise 1

Des observations microscopiques, des recherches analytiques nombreuses et concordantes, ont permis de définir nettement les caractères de la maladie spéciale. Nous allons les indiquer brièvement.

Si l'on coupe en deux un tubercule envahi et cliez lequel même le mal soit à peine apparent h l'ex'érieur, on remarque sur l.i coupe des taches rousses qui se ramifient dans la partie corticale. Ces lâches semblent très-géiiéiales, plus intenses vers la tige, ainsi que dans les points correspondants aux racines latérales et au-x bourgeons rudimentaires où l?s vaisseaux aboutissent. Cette coloration, qui diminue la transparence du tubercule, n'est le signe ni d'une feimentalion, ni d'une meurtrissure, mais d'une végétation païasite rel ant ]o tissu de la pomme de terre, et la rendant ainsi plus résistante et moins translucide.

En effet, si l'on soumet à l'ébullition dans l'eau, pendant quatre heures, un tubercule

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altaiiut^ récomment, on obscrvo, après la coction, que les [lortioiis non attiMntes sont ilovonues niollos ot lariufiist's conniio cela a lieu pour les poninies de lerro saines soumises il la cuisson, tandis que les parties taciiéesdontla teinte rousse est alors plus foncée, sont résistantes et ne s'écrasent point entre les doigts. On pourrait niéuie proliter de cet ell'et pour sé|)arer des parties saines, à i'ai(ie d'un tamisage, les portions ainsi indurées. L'observation niicroscopi(]uo de ces dernières y démontre des granules très-nombreux, indices d'une production cryptogamique spéciale.

Les réactions de la végétation parasite dissolvent par degrés, puis transforment en eau et en acide carbonique presque toute la fécule, en absorbant les substances azotées et les matières grasses.

Cette dissolution de la fécule devient même visible h l'œil nu sur une tranche très-mince ; ou la voit mieux encore, lorsqu'après avoir fait bouillir les tranches dans l'eau, on les imprègne d'une solution aqueuse d'iode, qui colore en bleu les cellules remplies de fécule, et laisse incolores celles dont la matière amylacée a disparu dans une zone, plus ou moins profonde, parallèle aux progrès de la substance organique rousse, de sorte que les cellules vides restent transparentes et incolores.

En soumettant à la coction un tubercule malade, séparant ensuite toutes les parties rousses que l'on épure à chaud pendant quatre ou cinq heures, avec de l'eau aiguisée d'acide sulfurique, on obtient une substance qui peut servir aux analyses élémentaires. La détermination de l'azote dans cette matière est venue constater qu'il existe un grand rapport de composition entre elle et divers champignons précédemment analysés.

En elfet, elle contient 9,75 d'azote, et le champignon de couche en donne 9,98.

Cette maladie se communique d'un sujet à l'autre par le contact convenablement établi, durant douze ou quinze jours , entre une tranche d'un tubercule atteint de cette affection et une section fraîche d'un tubercule sain. Cette sorte de contagion a fait des progrès rapides après les récoltes de 1845 et 184G, surtout dans les silos. Au lieu de les renfermer ainsi, on doit donc se hâter de les faire consommer par les bestiaux (1).

(1) MM. Magcndie, Sagciot, etc., ont observé de noiiibreiix exemples de eiiltiiies de lomales (s^olanum lycoperskum esculentum) .itlaquécs dans le voisinage des champs de pommes de terre, et préseniant les caractères de l'alTection spéciale de celles-ci. M. Payen a constaté la présence du botriflis infeslans reproduit à liiilérieur de ces Iriiils a l'exclusion, au moment de leur ouverture, de tout autre clianipigiion. Les parties atteintes par les émanations liu botnjlis ollrirent les mêmes caractères que celles envahies dans les pommes de terre, notannnent la coloration rousse, l'induration après la coction à 100", la résistance à la lermentalion, la composition immédiate et élémentaire. Plusieurs plantes de lamilles différentes, particulièrement des betteraves, des navets et des carolles, ont éprouvé quelques atteintes du même

DicTiONN. DE Chimie.

Lorsque la végétation cryptogami(|uc s'est dévelcp|)ée, surtout ?i la fav(uir de la température et de l'humidité, la pouune do terre coumience h se désagrégei- , des insectes viennent l'attaquer, et bientôt la putréfaction s'en empare, détruit même les cliamjiignons, qui résistent toutefois plus longtenqis ([uo les pai'ties saines à toutes les réactions spontanées.

Le meilleur jiarti qu'on puisse tirer des pommes de terre dès qu'elles sont atteintes, est évidemment de les soumettre à la r;lpe, l)our en séparer la fécule avant c[ue celle-ci ait été plus profondément altérée.

On éprouve toujours, en tiait.mt ces tubercules trop tardivement, une déperdition notable, outre qu'une forte proportion tlu produit est de la fécule de seconde (pialité, qui se dépose lentement et incomplètement dans les cuves de lavage. Cela tient à ce qu'une partie des grains de fécule creusés à l'intérieur sont plus légers, et parfois à ce qu'une fermentation s'établit au sein du liquide 01^1 se trouve la fécule en suspension. On peut éviter cet inconvénient en ajoutant un millième d'acide sulfureux, qui, arrêtant la feriuentation, fait cesser tout mouvement dans l'eau, et permet à la fécule de se déposer.

Si la détérioration des pommes de terre était trop avancée, on pourrait les réduire en bouillie par l'ébullition et les traiter par la diastase ou l'acide sulfurique, alin d'en obtenir un liquide sucré, susceptible de fermenter et de donner de l'alcool à la distillation.

La pulpe résultant du râpage des pommes de terre malades peut être donnée comme aliment aux bestiaux sans inconvénient notable, surtout mélangée à d'autres aliments; elle se conserve parfaitement dans les silos lorsqu'elle y est bien tassée toute fraîche, puis recouverte de paille et de terre, de manière à exclure l'air, agent indispensable du développement des moisissures.

On a remarqué un deuxième mode d'envahissement de l'épidéiuie sur la pomme de terre. Les propagules de la végétation parasite introduits par plusieurs points de la périphérie pénètrent dans le tubercule sous forme cylindroide.

Enhn, une invasion cryptogaïuique a été reconnue par MM. Massou, Payen, E. Lefebvre, Brongniart, Montagne, etc. ; la pomme de terre est attaquée, tout autour de sa surface, par des champignons filamenteux qui y pénètrent sous forme de cylindres creux irradiés d'un axe commun.

Terminons cet article en faisant remarquer tjue la variété des cultures est partout une pratique utile : en augmentant et assurant

raal dans le voisinage des champs infestés. Des observations analogues recueillies en Angleterre et en Belgi(iue par les savants cités plus haut concourent cha(|ue année, depuis 1843, à donner une. probabilité plus grande à la théorie que tous les faits signalent roinine une des causes de ce formidable accident (pii vient poser une limite à l'extension des cultures do la pomme de terre.

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