‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 240 sur 354 · POR · texte numérisé non relu

POR

les récoltes, elle permet les bons assolements qui élùvonl la jiuissatice du sol et assurent le développement des prairies artilicie:les ; celles-ci accroissent la production de la viande et concourent ainsi à rendre la nourriture des hommes plus saine et plus subslaiitielle. Voy. Fécule.

POMME Dlî lEKWE {alimentation). — A\iment peu difticiieà digérer, doux et nourrissant; il y en a des espèces qui sont délicates et assez digestibles : telles sont la |>récoce, le cornichon, la jaune longue aplatie, la blanche longue, etc.

La pomme de terre doit être parfaitement mûre. Elle est malsaine lorsqu'elle est pénétrée de cercles rougeâtres.

« La pomme de terre, dit M. le professeur Girardin, n'a aucune action malfaisante sur l'économie; mais ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que ses tubercules on élat de germination deviennent un poison narcotique pour les bestiaux ; il suliit de donner aux bétes à cornes les lavures provenant de pommes de terre germées, pour déterminer la paralysie de leurs extrémités postérieures. » (Chiih. élém., t. II, |i. 328.)

Les fécules de pomme de terre sont comprises dans les farineux faciles à digérer.

PORCELAINE (Ij. — Le silicate aluminique est la base des vases de terre, de la faieace et de la porcelaine. Cette dernière est connue depuis bien longtemps, mais la fab:ic,.tion éla t le secret des Chinois (2). La manière de la pi-éparer ne fut découverte qu'en ITOtt, par Bouelier, à Dresde, et publiée ensuite par Réaumur, Tschirnhausen et d'autres.

On prépare la porcelaine avec du quartz pur et divisé par la lévigation, qu'on mêle avec une argile pure, incolore, qui a aussi été soumise a la levigaiion, et qui est le résultat de la décomposition jiar efilorescence d'un silicate aluminico-pota>sique , auquel l'eau atmo'iphérique a eulevé le silicate potassique. La masse est délayée dans l'eau, et abandonnée à elle-même pendant assez longtemps. On cherche à la conserver dans cet état pendant plusieurs années, parce que , pendant ce temps , l'action qu'exerce l'eau contribue à diminuer de plus en plus la cohérence entre les particules, qui deviennent ainsi plus tenues ei se mêlent plus parfaitement. La masse est alors moulée et doucement calcinée. Elle ac juiert ainsi de la solidité et de la cohérence; pour la vernisser, on la couvre d'une couche de feldspath b;en broyé (autrefois oinuèlait le feldsiiath avec un peu de gypse, aujourd'hui on l'emploie seul dans la piui)art des fabriques), et on la calcine de nouveau. Par cette calci-

(1) Du portugais porce/iana, pelilc lasse. Suivant Morsilen, c'est le nom de lu coi|uille uiiivalve à surface blaiiclie et polie ilout ou avait coiupavé la tonne convexe au dos arrondi d'un porcello ou petit cochon.

Ci) Pancirole, au xvi« siècle, avançait que c'étaU nue composition laite avec du plalie, des blancs d'ufciii's et dosecalles de coqi.Ules marines qu'on le- »iil enlouie» tous terre pendant quaue-vingis ans.

POT

nation, le vernis fond à la surface delà porcelaine , et s'introduit dans la masse poleuse, ((u'elle vitritii- à moitié, de sorte qu'en cassant la porcelaine, on n'aperçoit auiune démarcation traiuliée entre la surface vitrifiée et l'iiitérii'ur. Le produit ainsi obtenu est appelé porcelaine, et se distingue facilemont de la faïence par sa transiucidité. La purcelaine supporte, sans se fendre, un changement de température très- considérable.

On la peint de dilférentcs manières, ce qui se fait |>ar des procédés analogues à ceux qu'on emploie dans la peinture sur émail.

C'est avec la terre à porcelaine de Saint- Yriex, près Limoges, que l'on fabrique la porcelaine de Sèvres; elle contient 2,5 pour cent de jiotasse. Dans l'ancienne porcelaine de Sèvres et dans la -porcelaine dite anglaise {porcelaine tendre), la soude remplace la potasse. Dans la porcelaine de Piémont, c'est la magnésie qui remplace en grande partie la soud .' ou la potasse.

PORPHYRE. Voy. Feldspathiqdes (ro-

CllGS )

PORTER. Voy. Bière.

POTASSE (oxyde de potassium, protoxyde de potassium, oxyde de kaliiun, alcali végétal, potasse caustique, pierre à cauti'res, etc.) — Le nom de cet alcali dérive des mots anglais pot (pot, creuset) et ashes (cndres), parce que la solution alcaliiif- extraite des cendres est, après évaporation, desséchée ou fon lue dans des pots ou petites chaudières.

On sait, depuis les découvertes de Davy, de Gay-Lussac et Thénard, que la potasse est formée de potassium et d'oxygène. A l'état de pureté, cette base ne se rencontre nulle part dans la nature, tandis que combinée aux acides corbonique , siliciijue, sulfuiique, azotique, etc., etc., aussi bien que le | otassium uni au chlore , elle se rencontre dans plusieurs terrains, dans les roches foldspatliiques, etc., dans plusit'urs eaux naturelles, dans toutCN les parlies des végétaux, qiioiqu'en proportions différente^. Ce sont, en etfei, les plantes qui, puisant dans le sol elles engrais les solutions des sels minéraux de potasse, les accumulent dans leurs tissus après les avoir transformés partiellement en sels dont l'acide est formé dans l'organisme.

On comprend que ces sels végétaux dont l'acide organique est décomposanle au feu (ainsi que les azotates sous les intluences combinées, il est vrai, de la température et de la combustion du charbon) se transforment en carbonate. Cette transformation des sels précipités en carbonate de potasse s opère en différents pa\ s au moyen de l'incinération de divers débris des plantes (branchages, feuilles, tiges, etc.).

En Amérique, en Russie, en Toscane, cette opération a pris depuis longues années un dévelo[)pement tres-considérable : ainsi de proche en proche, elle détruit les forêts dont le sol est d'ailleurs consacré au défrichement et ;iu labourage.

Bien qu'on livre à la combustion des arbres enlitrs 'U certaines localités où l'abondance des bois -est extrême, en d'autres

POT

POT

lieux où li\s tip\s cl les p;ros troncs s*exploitiMit ('(11111110 liois (le travail, on n'emploie ([lie les hraiicliaiAes, les ai bustes, les [ilaiiles lierhaeiWis. Toutes i;es mafières combustibles s'ulilisoiil pacl'ois doublement : d'abord comme moven de cliandage, et ensuite pour les cendres ([u'illes laissent en n'sidu.

LorS(]u'on doit lirùler les végt'taux à potasse, on suit exactement la imMiu^ nuircho que poiM' rincin(''ration des plantes à soude : d'abord on (irocc'de Ji la dessiccation et l'i la mise en tas d'une poition servant d'abris ; on lait brûler sur un terrain battu oCi sont creusées des fosses (pii reçoivent les cendres ; celles-ci sont ensuite lessivées dans une série do tonneaux ou cuviers, ou mieux dansdes caisses en tôle disposées pour un lavage méthodiipio. Les lessives obtenues do 15 à 20° sont évaiiorées dans des cliaudières analogues à celles eaiployées pour le sel de soude ; le salin est granulé dans des l'ours à réverbères et à l'aide de précautions que nous ne pouvons indiquer ici.

Les quantités de jiotasse ou salin obtenues varient suivant le su], l'âge des ])lanles et les espèces végétales ; toutes clioses égales d'ailleurs, les parties plus jeunes donnent plus de salin que les [Ans vieilles : ainsi les bi'anclies, à ]ioids égal, fournissent plus que les tiges. Les plantes herbacées donnent aussi plus que les plantes ligneuses : 100 kilogr. de bois de chêne, de hêtre, de charme, de tremble rendent de 1 à 2 kilogr. de cendres, d'où l'on extrait de 100 à 2(i0 grammes de potasse ; les sureaux, faux ébéniers, mûriers, noisetiers, donnent 3 à 5 kilogr. de cendres et 400 à 500 grammes de salin ; les fanes de pommes de terre, de sarrasin, de colza, de pavots, les orties, les chaidons , etc., donnent 4 k 6 kilogr. de cendres, et jusqu'h 1 kilog. de potasse. Pour une superficie donnée de terrain, ces plantes herbacées produisent les maxima de potasse et de combustible (car on les utilise souvent dans le chautl'age des fours, des chaudières à lessive, etc., etc.,) vers l'époque de leur maturité ; plus tard, diverses causes, telles que leur désagrégation, les eaux pluviales, etc., enlevant des sels solubles et des matières organiques, diminuent ces produits.

Les lies provenant du soutirage des vins, dans les contrées vinicoles, s'appliquent également à la fabrication de la potasse : après qu'on .en a extrait par une forte pression le liquide vineux propre à préparer du vinaigre, on obtient ces lies sous la forme de tourteaux aiilatis que l'on fait sécher, et qu'on incinère ensuite sur uu sol bien battu entouré de briques posées à sec. 6000 kilogr, de l:es sèches donnent environ 1000 kilogr. de cendres, d'où l'on extrait 5t)0 kilogr. de salin ralliné. C'est surtout le tartre (bitartrate de potasse) contenu dans la lie du vin qui, par sa décomposition, en brûlant à l'air, produit le carbonate de jjotasse. Aussi obtient-on ce caroonate plus pur, cendres (jravelécs, en brûlant le tanre brut que l'on détache des douves do tonneaux dans lesquels

les vins soutirés ont s('';journ6 longtemjis. Dans les laboratoires, on facilite l'opéralion en ajoutant au tartre 2 fois soii'poids d'azotate du potasse, car l'oxygène fouriu par la décomposition de ce dernier luUo la combustion du carbone (juc renferuie l'autre sel.

Potasse caustique ou potasse rouge d'Amer/f/KY'.— Outre les diverses potasses granulées ([•criasse 1 1 1, potasse de Russie, des Vosges, de Toscane, etc.) obteiuies dans des fours' où l'on a soin d'agiter avec un rablo, et de tirer le produit avant (pi'il soit fondu, on prépare aussi des potasses fondues au feu , et préalablement rendues caustiques.

Pour rendre les potasses caustiques , il suflit, comme pour les soudes , de mélanger avec les lessives, uu équivalent de chaux (28) que l'on éteint en bouillie dans de l'eau ou des lessives chaudes pour un équivalent do potasse (48). On agile pendant quelques minules ; la chaux s'empare de l'acide carbonique qui était uni à la potasse , le carbonate de chaux se précipite par le repos, et le liquide soutiré est la solution de potasse caustique; on l'évaporé rapidement dans les chaudières, on termine la dessiccation, et l'on o|)ère la fusion dans une chaudière hémisphérique du fonte épaisse. La matière fondue , puisée avec une grande cuiller en tôle, e-t versée dans des marmites ou auges en fonte, où elle se prend en masse. Ces petits blues de potasse solidifiée tombent lorsqu'on relourne l'espèce de moule qui les contient ; on casse ces masses en morceaux, que l'on se hâte d'embariller d.ins des fûts de bois blanc, bien cerclés, afin d'éviter l'action de l'air qui pourrait humecter la potasse.

Potasse factice. — On donne le nom de potasse factice à un produit commercial qui est en réalité composé uniquement de soude et de sels de soude. On avait remarqué depuis longtemps les effets utiles de la causticité de la potasse fondue d'Amérique dans le blanchissage du linge. Voulant faire produire des etlets semblables à la soude, et en môme temps dérouter le préjugé populaire qui repoussait alors la nouvelle substance alcaline, un ingénieux fabricant , nommé Ador, imagina de mettre la soude sous la forme (Je la Jiotasse rouge, si estimée. Pour y parvenir, il rendit la soude caustique au moyen de la chaux, fit évaporer la solution, y ajouta 0,33 à 40 (du poids de la substance sèche) de sel marin, composé neutre, destiné à diminuer la richesse de la soude et à baisser le degré alcaliméirique de 75 ou 80 à 56 ou 62, degré des [)otasses communes.

Le sel fusible ajouté ne nuisait en rien à la préparation, mais il fallait donnera la matière cette colo.ation rouge caiactéristi(|ue , qui fixait le choix des consommateurs ; l'inventeur y parvint, non à l'aide du peroxyde de f, r, (jui colore les potasses naturelles, et qu'il était trop dillicile de bioii répartie dans la masse, mais au moyen du proloxydodecui-

(1) Pearl-ashcs, on anglais, signifie cendres-pertet

POT

POT

vre , formé au sein de la matière 'en fusion ou prête à ôlre coulée.

Il suffît, en effet, de projeter d'abord, pour 100 de soude environ, 1 de salpêtre, qui convertit quelques traces de sulfure en sulfate ; puis 2 de sulfate de cuivre, dont l'oxyde précipité à l'instant est réduit à l'état de protoxyde rouge, à l'aide du gaz carboné que produit Faj^itation rapide d'un morceau de bois de chêne. On extrait aussitôt la matière, comme nous l'avons dit pour la potasse.

Le produit nouveau , vendu sous le nom de la potasse d'Amérique, dont il avait toute l'apparence et les jiropriétés, quant au blanchissage, dut contribuer h vaincre le. préjugé défavorable aux soudes factices , car on sut bientôt que les blanchisseurs avaient employé avec succès un produit naguère repoussé par eux sous son véritable nom. En tous cas, un débouché très-considérable fit la fortune de l'inventeur. Tous les consommateurs ne sont pourtant pas convertis, puisqu'on fabrique encore pour l'expédier dans nos provinces , de la soude sous les formes et la dénomination de potasse d'Amérique.

Potasse des mélasses de betterave. — On tire encore la potasse des résidus du sucre de betterave. La mélasse étendue d'eau, puis fermentée, donne d'abord de l'alcool par la distillation ; le résidu, dit vinasse, renferme les sels puisés dans le sol par la plante : on évapore ce liquide dans des chaudières étagées jusqu'à l'état de sirop à 32° environ; versé alors dans un four à réverbère, comme les solutions de soude, les substances organiques s'enllammeut , et la chaleur de leur combustion sert à l'évaporation dans les chaudières à la suite du four. Le résidu carbonué est tiré dans des étoulfou'S ; refroidi, on le lessive à chaud, et, après avoir fait cristalliser le sulfate de potasse en partie , ainsi qu'une petite quantité de chlorure de

potassium, on évapore à siccité, on granule et enfin on blanchit dans un four à réverbère.

Caractères et composition des potasses commerciales.— Les potasses les moins estimées sont grisAtres. Cette nuance est due à certains acides organiques bruns unis k la potasse, et désignés sous la dénomination d'acides ulmiques, que la calcination bien dirigée aurait pu faire brûler et détruire si l'on eût évité la fusion de la matière.

Les potasses blanches , avec quelques reflets bleuâtres, qui. sont recherchées, doivent ces nuances variables à du manganate de potasse provenant des matériaux du sol ; tMidis que, comme nous l'avons dit, les potasses rouges sont colorées par les sesquioxydes de fer.

Aucune potasse commerciale ne présente à l'état pur l'alcali caustique ou carbonate ; toutes contiennent plusieurs sels, et même de la soude.

Epuration des potasses. — On peut aisément séparer des potasses la plus grande partie du sulfate qu'elles contiennent , sairf de celle des mélasses qui a déjà reçu cette épuration : il suOit de les dissoudreavec le moins d'eau possible. Le sulfate, beaucoup] moins soluble que le caibonate, reste indissous pour la plus grande |)artie ; on le délaye plusieurs fols avec de l'eau, qui se charge do la solution alcaline interposée, et sert à dissoudre une nouvelle quantité de potasse. Le sulfate lavé et séché se vend , à poids égal , un prix à peu près égal à la moitié du prix de la potasse même, et comme dans la plupart d-s ap[)lications do celle-ci le sul.fate n'aurait pas d'etfet utile , mieux vaut l'extraire, afin de le vendre ou de l'employer aux usages auxquels il est propre, notamment pour la fabrication de l'alun.

Principales applications des sondes et des; potasses.

Page 1