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sik>s, des courants d'air chaulTé à GO dogri'-s environ.
l'iiur ('•vilcr les cxpldsiinis ([ui arrivaicnl (lii('l(lU('lois |itMuian( \v bntlniie iW la ikhicIic, on (.|u'*reaoluelli'niont lo mrhuvAO iiiliinc des matières dans des tonneaux coiilcnaiit des baiies de nitUal, et au\(inelles on ini|ii'iine pendant deux luMires nnniouve ni do rotation. On' réduit ensuile le nn'iani^e en y;aletles h l"ai(ie d'une presse li\drauly(]ue, et (UI le traite eonnne il a été dit ci-dessus.
Pondant la révolution de 1703, où quatorze armées nécessitaient la fabrication d'une énorme (|uantiti' do poudre, le mode alors suivi élaitsi rapide que s!x heures do temps suflisaient pour convertir en jtoudre h canon les matières premières. Mais cette poudre n'était pas d'une très-bonne qualité.
L'expi'rieuce a démontré .qu'un mélan:i;e de niiro et di^ charbon donne une [loudre à canon ijui porte le mobile à une assez grande dislanie tandis (pi'un mélange de nitre et de soufre no produit aucun elfet sur lui. C'est donc à l'aide du c' arbm seulement que les deux autres principes do la poudic peuvenl entrer en déto'iation. Voy. Nitrr.
POUOHE D'ALGAROTH. Voy. Antimoine, protdchloriire.
POl'DItli DES CHARTUEUX.Fov. Kermès.
POl'DRE FULMINANTE. Voy. Nitke.
POUDRE FULMINANTE de mercube (fnlminate. mercureury — On l'obtient, en dissolvant une partie deux tiers do mercure pur dans vingt parties d'acide nitriijuo d'une densité de 1,36 à 1,38, et ajoutant à la dissolution refroidie vingt-sept parties d'alcool d'une densité do 0,83. Le mélange est chauffé au bain de sable, jusqu'à ce qu'il entre en ébullition, et retiré du feu aussitôt que la liqueur commence à se troubler. L'ébullition continue ensuite d'elle-même et s'accroît au point , que le liquide serait chassé hors du vase si l'on n'y versait de petites portions d'alcool, aussitôt que l'ébullition menace de devenir trop forte ; l'alcool dont on se sert à cet effet doit être pesé d'avance , en jioids égal à celui de l'alcool déjà employé. Quand tout mouvement dans le liquide a cessé, on reçoit le fulminate sur un tiltre. 11 est d'un gris jaunâtre. Pour le débarrasserdu mercure qui s'y trouve môle , on le dissout dans l'eau bouillante, et on lui fait subir plusieurs cristallisations ; il prend alors la forme de petits cristaux dendritiques blancs , à éclat soyeux et doux au toucher. En évaporant î'cau-mère acide et les oaux-mères ]irovcnant des différentes cristallisations, on olitient une nouvelle quantité do ce sel. Le fulminate mercureux se distingue par la propriété dont il jouit, de brûler avec une explosion très-violente quand on le chauffe jusqu'à 186°, ou qu'on le soumet à une forte percussion. L'(Uincelle électrique et les étincelles d'un briquet d'acier lo font également détonner , de môme que l'acide sulfurique et l'acide nitrique concentrés. Pendant l'explosion il se dégage du gaz acide carbonique et du gaz nitrogène, et quand le sel était humide , il se développe un peu
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d'ammoniaque. Ce sel a été découvert jiar llowarl , et, d'après lui , ou l'a apyielé pend.nil long temps mercure fuhnitmnt de lloward. Ilowaiil essaya de l'emiiloyei' (^n place d(^ pondre à tirer; mais il trouva que l'ex- ])losion se faisait en un espace de temps si court , que le canon à fusil crevait avant que le projectile fOl mis en mouv(;ment. i
La pro|)riété dont jouit c(! composé do détonner pai' le choc, lo fait enqiloyer depuis longleinps pour composer les ainorces des fusils do chasse. Dans ces armes, le chien est remplacé par une espèce de marteau cpii vie'U fiapper sur une petite quantité de.poudri' fulnnnante ; celle-ci est {)lacée dans une petite capsule do cuivre qui recouvre la lumière du fusil. Celte nouvelle métliotle est à l'abri de tous les inconvénients que présente parfois la poudre do chasse, lorsqu'on s'en sort pour amorcer les armes à feu ; elle est généralement usitée pour les fusils de
POUDRE DE SUCCESSION. — Le chloride mercurique ou sublime' corro.<ifa porté dans un temps ce nom, à cause de l'infànie usage auquel on l'anpliquait. C'était un dos poisons do la Brinvilliers, et le principal parmi ceux que l'on trouva dans la fameuse cassette de son complice , Sainte-Croix , dont la justice s'empara. En 1613, ce fut par ce poison que le comte et la comtesse de Sommerset firent périr sir Thomas Overbury, enfermé dans la Tour de Londres. Les meurtriers essayèrent successivement sur la victime l'eauforte , l'arsenic , la poudro de diamant , la potasse caustique , de grandes araignées et des cantharides ; le sublimé corrosif, administré en lavement, amena la mort en moins de 24 heures. Il est probable cjue la trop ce lèbre empoisonneuse Locuste, qui préparait pour Néron des breuvages si subtils , connaissait et utilisait les propriétés terr.bles du sublimé corrosif.
POUDRETTE. Voy. Engrais commerciaux.
POURPRE. — Il a régné pondant longtemps une grande incertitude sur l'ongine do la pourpre des anciens. 11 est aujourd'hui à peu près constant , par les recliorches de M. Lesson , que ce principe colorant est un liquide sécrété par un organe particulier dans [jlusieurs espèces de janthi'ies, mollusques marins gastéropodes, el particulièrement par la jnnthina prolungata, qui abondent dans la Méditerranée et clans la Manche. La janthine est jetée paifois sur les côtes de Narbonne par les vents viohnts, do manière à joncher les grèves. Or, à Narbonne existaient , du temps des Romains , des ateliers de teinture en pourpre très-célèbres; et il est presque certain que la janlinne était la véiitable pourjjre alors employée. La janthine laisse échapper , aussitôt (pi'on la tire de l'eau, une couleur trèspure , très - brillante , du rose violacé le plus vif. Cette couleur jirend par les alcalis une teinte verte ; elle passe très-rapidement au rouge par les acides , et revient au bleu ])ar les alcalis. Rizio, cliimiste italien, a étudié, en 1833, le liquide colorant
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des autres mollusques à coquilles de la Méditerranée, le buccin et la petite massue d'Hercule ou murex , qui avaient déjà fixé l'altenlion de Réaumur et de Duhamel , comme fournissant la jiourpre. Ce liquide n'est altéré sensiblement que par le ciilore et l'acide azotique concentré ; d'abord incolore, il devient successivement à la lumière diiruse, jaune citron, vert clair, vert éraeraude , azur rouge , et finalement , au bout de 48 heures, d'un très-beau jiourpre ; mais il ne parcourt ces nuances qu'autant qu'on l'empêche de se dessécher.
POURPRE DE CASSIUS. Voy. Or.
POUZZOLANES. Foî/.Chalxhidrauliques.
PRÉCIPITÉ PERSE. Voy. Mercure , deutojTi/de.
PRESSION , son influence sur l'aftinité.
Voy. Affinité.
PRÉSURE. — On nomme ainsi la membrane muqueuse de l'estomac des jeunes veaux qui ne sont nourris que de lait. On donne, en France, communément ce nom h tout l'estomac du veau contenant du lait caillé ; on l'estime d'autant plus qu'il en contient davantage. On prépare, en Bourgogne , la présure en mêlant avec les matières contenues dans cet estomac, de la crème, du sel et du poivre en assez grande proportion pour qu'on puisse sécher l'eslom;ic. On dit la présure préférable pour faire des fromages ai>rès six mois de conservation. On ne sait jioint encore comment la [orésure détermine la coagulation du lait ; on croyait que c'était l'effet de l'acide du suc gastrique ; mais il faut chercher une autre cause de ce phénomène remarquable , qui ne peut être comparé qu'à l'action de la diasiase; car Berzelius épuisa par de l'eau la membrane muqueuse d'un estomac de veau, et une partie du poids de cette membrane coagula, à 50% 1800 parties de lait écrémé, et cette membrane pesait encore 0,9'i- après l'action.
PRIESTLEY, né àFieldhead, prèsde Leeds, dans le Yorkshire, le 30 mars 1733. Son père, fabricant de draps, le destinait au commerce et voulait en faire son successeur; mais l'exaltation religieuse du jeune homme l'entraîna bientôt sur une scène plus agitée.
Livré aux soins d'une tante et de son père, le jeune Priestley fut placé dans une pension libre où il appril le latin, le grec et l'hébreu ; et dès lors, il se fit remarquer par des succès qui prouvaient une étonnante facilité. Son père, qui le destinait toujours au commerce, le lit ensuite voyager. Nous le voyons alors employer ses moments do distraction à apprendre le français, l'allemand et l'italien. Mais bientôt ses idées religieuses l'emportent. Quoique élevé par sa famille dans des principes d'un ealvanisme très-modéré, il tombe dans un état d'exaltation pénible. 11 s'imagine que la grAce lui manque, s'abandonne au découragement et se livre à une profond." tristesse. Pour approfondir davantage l'Ecriture sainte, il apprend le chaldéen, le s.-riaque, l'arabe. L'élude des langues ne lui coûtait rien, et ses ell'orts étaient suivis
des progrès les plus rapides. Il s'occupa vers le môme temps de son éducation mathématique.
Enfin il se voua à'ia carrière ecclésiastique, et voulut se faire recevoir prédicateur de sa congrégation. Mais dès le premier pas il fil naître lui-même un obstacle ([u'il rendit bientôt insurmontable. 11 fallait subir un examen, et, dans ses réponses, il souleva la question du péché d'Adam, et énonça ses oiiinions sur cette matière avec le ton d'un liomme qui est peu .disposé à les modifier. En conséquence, il fut écarté, et dès lors il tendit à former un schisme. ■
A cette épofjue, il s'occupait de littérature. Il faisait beaucoup de vers, et de mauvais vers; ce qui, dit-il, lui a donné la fiiculté d'écrire jilus agréablement en prose. Mais gardez-vous d'user de la recette : car sa prose n'a rien qui la recommande.
Il cultiva soigneusement sa mémoire qui, du reste, était si heureuse, qu'il [louvait reproduire presque complètement et de souvenir les sermons qu'il avait entendus une fois.
Devenu ministre, il s'essaya comme prédicateur à Needham, avec G50 francs d'appointements. Les dames de l'endroit, à ce qu'il nous ajiprend lui-même, le trouvèrent ennuyeux, et d'un autre côté on le soupçonna d'arianisme, et môme de socinianisme. Au fait, il n'admettait pas la Trinité. Ainsi, dès l'âge de vingt-cinq ans, ses opinions religieuses, à peu près arrêtées, commençaient à lui susciter des ennemis. Il finit par échouer complètement dans ses prédications à Needham , abandonna cette ville, et passa à Sheelield où il eut le même sort.
Cependant à Nantwich il obtint quelques succès; il y fonda une petite école, et, à l'aide de ses économies, il se procura une machine électrique et une machine pneumatique, premières bases de cette éducation scienîilique qui devait devenir si féconde.
Plus tard, en 1761, sa réputation s'étant étendue, il fut appelé dans une petite académie, à Waringthon, pour y professer les langues anciennes. C'est là qu'il se maria. 11 épousa une demoiselle Wilkinson, fille-d'un maître de forges.
C'est vers cette époque, c'est-à-dire à l'âge de 32 ans, qu'il débuta dans les sciences. Un hasard le mit en rapport avec Francklin, dans uii voyage qu'il fit à Londres, et la conversation de ce grand homme lui inspira le désir d'étudier les phénomènes électriques. Il conçut ainsi la première pensée de son histoire de l'électricité. Aussitôt il acheta les livres nécessaires, revint chez lui, et s'en occupa immédiatement. Rientôt le besoin de décider des questions douteuses le détermina à faire des expériences qui lui acquirent quelque réputation dans le monde savant, le firent recevoir docteur et membre de la Société royale.
En 1767, ayant été nommé pasteur de la chapelle de Mitt-Hill, à Leeds, le hasard, car, à l'en croire, le hasard joue un grand rôle dans sou histoire, la hasard le logea
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{ir^s (l'uno brassorio. Co voisinaRO l'invita îi s'dinustr, coiiiiui- il le dit, .^ l'aire (lueiiiiifS exiiéricncos sur l'acide (;arli()iii(|ue (i(''^at^('^ pendant la l'erineiilatiou île la hière. l'Iiis tard, ayant chaiii^t'" de lo^is, il se vil privé dt; celte source commode d'acitle <arli()ni(iuo, hasard nouveau qui lui donne l'idée de pioduiro lui-ni(\me ce y;az. Il imai^ine ilonc les dispositions convenables pour le recueillir, et se trouve conduit à l'invention des ajijjareils qu'on lui doit pour pi'oduiro, manier et étudier les gaz; source léionde en découvertes, et base de la renommée qu'il s'est acquise.
Sur ces entrefaites, le capitaine Cook se disposait à partir pour ^son second voyage. Connaissant Priestley sous des raiiporls trèsavantageux, il fut sur le point de l'eaimener comme chapelain de son bâtiment, et notre chimiste eût fait partie de l'expédition, si l'amirauté n'eût ]ias trouvé, fort heureusement pour lui et pour les sciences, qu'il n'était point assez orthodoxe. C'est la seule fois que ses opinions religieuses l'aient servi.
En 1773, lord Shelburne, marquis deLansdown, l'attacha àsa personne, comme homme de lettres et comme chapelain. Priestle.y trouva en lui un protecteur puissant qui encouragea ses travaux et lui fournit les moyens de les continuer sans obtacles. Non content do lui assurer une honorable existence, le marquis voulut subvenir aux frais de son laboratoire. Priestley l'accompagna en 1771 à Paris, ce qui lui donna l'occasion d'assister à quelques séances de notre Académie et d' y assister au moment oii s'y livrait une discussion animée entre Cadet et Baume sur les pro|iriétés de l'oxyde rouge de mercure; cette discussion ne fut pas sans influence sur la découverte du gaz oxygène qu'il ne tarda pas à faire connaître.
Priestley conserva sa position chez le marquis de Lansdown jusciu'cn 1780. Pendant ce temps, il publia tout ce qu'il a fait de plus remarquable dans les sciences; c'est-àdire, les quatre premiers volumes de ses expériences et observations sur les iliflërentes espèces d'air. Lorsqu'il quitta le marquis, il était même sur le point de faire paraître son dernier volume, le cinquième, qui du reste est inférieur aux précédents. Comment fut-il conduit à sortir de cette existence si douce et si iihilosophique pour se lancer de nouveau dans les embarras d'une vie précaire, on ne saurait le dire positivement? mais il n'est que trop évident que c'est à son exaltation religieuse qu'il faut s'en prendre.
Quand Priestley commença ses travaux, Scheele s'occupait des mêmes sujets, et Lavoisier, de son côté, se livrait à de semblables recherches. Le phlogistique était admis partout. Parmi les gaz, on n'en connaissait que deux, l'acide carbonique, que l'on appelait air fixe, et l'hydrogène, que l'on distinguait sous le nom d'air inflammable. Priestley coumiença par étudier ces deux corps, et lit sur leur comjtte une multitude d'observations utiles. Bientôt il reconnut rexistencc de l'azote, puis celle du bi-oxyde d'azote. La
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découverte de ce dernier corps et de l'action qu'il exerce sur l'air (pii n'a jjoint été di'pouillé d'oxygène, fut pour lui l'occasion d'un vrai ])laisir. Jusque-IJi, en etlet, il n'avait eu, ]i(iui' recoiniaîlre à quel point un air était respirable, que la l'espiration elle-même pour réactif; il était obligé d'euq)loyer des souris (pi'il introduisait successivement dans l'air à essayer, jusqu'à ce qu'elle no pussent plus y vivre. Ses expériences étaient donc l'occasion d'une assez grande consommation de ces petits animaux, quidésornuus devinrent inutiles. En cherchant à s'assurer si le bioxyde d'azote, qui lui offrait un moyen d'analyse moins meurtrier et plus prompt, lui olïrirait aussi un moyen plus exact, Priestley fut conduit à reconnaître les singulières propriétés antiseptiques de ce gaz. Ayant mis, en effet, quelques souris dans un vase où se trouvait un excès de bi-oxyde d'azote, et l'ayant oublié, il s'aperçut à quelques jours do là, avec étonnement, qu'aucune putréfaction ne s'était manifestée. 11 fut amené par ce concours de circonstances à étudier et à caractériser ce gaz éminemment antiseptique sous un point de vue qui serait probablement resté longtemps ignoré, et dont tout l'intérêt n'est pas encore apprécié.
Peu de temps après, il découvrit le gaz chlorhydrique, et ensuite le gaz ammoniaque , connus déjà l'un et l'autre depuis longtemps à l'état de dissolution, le premier sous le nom d'esprit de sel, le second sous celui d'esprit de sel ammoniac, ou d'alcali volatil , mais inconnus l'un et l'autre sous forme ga/euze. Après eux , le protoxyde d'azote prit naissance entre ses mains , puis l'acide sulfurique, puis l'oxygène.
Il retira ce gaz de l'oxyde de mercure le 1" août 177i; mais ce ne fut que dans le courant du mois de mars de l'année suivante qu'il lui reconnut la propriété d'entretenir la respiration , et qu'il constata son action sur le sang veineux. Enfin le gaz lluo-silicique, et beaucoup plus tard le gaz oxyde de carbone , furent encore préparés de sa main [jour la première fois.
Voilà donc neuf gaz dont Priestley fit connaître l'existence, et, comme vous voyez, ce sont les plus importants. Ajoutez-en deux ou trois autres à cette série , tels que l'hydrogène sulfuré, le gaz oléliant, l'hydrogèiie phosphore, et vous"aurez tous les princi])aux ga/ , ceux dont on fait une étude spéciale dans les cours de chimie, en raison de l'importance de leur rôle dans la science ou l'industrie.
■ Cependant, celui qui les a découverts, si on veut l'en croire , les a tous obtenus par hasard. Il met sa gloire à répéter qu'il n'est pas chimiste , qu'il ne sait pas la chimie , et que c'est cela même qui lui a rendu ses découvertes plus faciles.
Serait-il vrai que , dans les sciences expérimentales, le hasard fût tout, et le génie une simple illusion de notre orgueil? En face de tels résultats et de telles assertions , c(!tte ijuestion vaut bien la peine qu'on la iliscule.
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Priestley a-t-il reconnu le bv-oxyde d'azole
par h;isar(i?Non , car il en a déduit i'exislenne des expériences de Haies. Est-ce par hasard qu'il adécouverl l'acide chloihyJrique? Non, car les ex[i(Tiences de Cavendish out nécessairement dû l'y conduire. Est-ce jiar hasard qu'il a obtenu le protoxyde d'azote? Oui, c'est possible. Et l'oxygène'? On peut Fadluettre encore; mais que d'efforts pour le caractériser l.G'est'un gaz, puis de l'air, puis mieux que l'air, puis eulin c'est l'air de'p/i/ogistiqué.
Quant à l'ammoniaque, à l'acide sulfureux, à l'acide fluo-silicique, c'est toujours lu môme raisonnement qui conduit à leur découverte. Prieslley,i)Ossesseur des appareils qu'il avait inventés [lour recueillir les gaz, n'avait plus qu'à essayera leur aide celles des expériences de ses prédécesseurs qui donnaient lieu de supposer la production d'un corjis gazeux. Cette direction une fois donnée à ses travaux , il devait inévitablement rencontrer un grand nombre de gaz nouveaux. On n'en connaissait que deux , et il en restait plus de trente à découvrir.
Si une réaction donnait lieu à une efiferve^cence, il devait y cherclier un gaz insoluble ou soluble , et tenter l'opération sur l'eau ou sur le mercure. Il savait que la distillation des corps produit souvent des gaz en même temps que des liquides : il lui était facile de les recueillir. Enfin toutes les fois qu'un corps était moditié par une haute température, il pouvait se demander si cette altération n'était pas accompagnée d'un dégagement de gaz, et ses ap, areils lui fournissaient bientôt une réponse précise.
Ainsi , l'effervescence annonce une production de gaz; la distillation en fournit souvent; une chaleur rouge en dégage d'une foule de corps : voilà les règles ooservées par Priestley. 11 est donc aisé de retrouver le fil qui l'a continuellement guidé; ce n'est donc pas un hasard aveugle qui le conduisait. Mais il a pu se l'aire illusion à cet égard : car ces idées , assez simples, pouvaient être conçues et appliquées par un homm^^ étranger aux connaissances chimiques de sou époque.
De même que ce raisonnement appliqué avec persévérance lui a l'ait trouver tant de gaz nouveaux, de même aussi quelques raisonnements très- simples sumsaient à le diriger dans les expériences nécessaires à la détermination de leurs propriétés les plus communes. Ainsi bornées, ses expériences excitaient encore une vive curiosité, car à cette époque L's propriétés les plus communes des gaz qui nous entourent étaient ignorées. Il faut se le rappeler, pour comprendre tout l'intérêt des moindres épreuves auxquelles Priestley s'avisait de les soumetti e. Sur des êtres si nouveaux pour la science et la plupart si étranges , tous les essais avaient de l'iiiiérèt et souvent même une haute valeur. Peu importait alors, en véiité, qu'ils fussent déteriuinés par ui,o puissantj lo^i'^ue ou bien par le hasard; ses travaux ^uv le £àz et sui l'blv eu particuilcr n'en jetaient pas
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moins une lumière inattendue sur les phénomènes les plus vulgaires. C'est lui qui-, l'un des premiers, en effet, est venu fournir au monde quelipaes notions expérimentales 'sur l'air, la re-^pir ition , la combust.on , la calcination; c'est-à-dire, sur ces grandes opérations qui sans cesse altèrent, modifient, renouvellent l'aspect du globe et sans lesquelles notre terre, avec sa surface éternellement aride et immuable , parcourrait res|)ace comme un cadavre inutile.
Mais, pour coordonner les faits qu'il observait , pour imaginer la théorie générale à laquelle il prépaiaitde si riches matériaux, il fallait cette logique puissante qui lui a manqué, il fallait un vrai génie. Or, si Priestley pouvait, sans connaissances chimiques, découvrir des gaz, les étudier, mettre à nu leurs propiiétés et faire une foule d'observations détachées, toujours utiles et souvent môme éclatant s, Priestley ne piuvait plus si aisément exécuter la i-éforme que ses l)ropres découvertes rendaient imminente.
Privé de connaissances chimiques, la théorie devait être son écuoil , et d'autant plus qu'il en sentait moins l'importance.
Comme il fait ses exjiériences sans motif et sans plan airété , leurs lésultats ne jc groupent jamais dans son esprit. Aussi, à mes.iie qu'il trouve des corps nouveaux, il s'égare davantage. Plus ses découvertes se inuliiiilient, moins il s'en rend compte; plus la lumière qui ooit jaillir de ses observations semble près de briller, et jilus l'obscurité de ses idées se montre profonde.
llien de curieux comme la lecture de ses ouvrages. Toujours disposé à donner à quelque h.isard le mérite de ses découvertes, Priestley affecte beaucoup d'humilité dans ses écrits, mais il y parle constamment de lui. Il fait bon marché ;ie ses opinions, mais il n'en abandonne aucune, et il attaque avec aigreur les opinions d'autrui. Pour lui , les faits S'uil tout; il leur porte le plus grand respect et ne refuse jamais de s'y soumettre... pourvu toutefois qu'il soit question des faits qu'il a observés. Quant aux faits d'autrui , ils lui semblent tous douteux ou même falsifiés; lui seul est homme exact, véridique et bon raisonneur.
Priestley s'est rendu justice en avouant ce que le hasard a fait pour lui; il a môme beaucoup exagéré, et ne s'est pas rendu compte de la part que son raisonnement avait eue dans les succès de ses travaux ; mais quand il étend à toutes les découvertes humaines cette influence du hasard, il commet une erreur monstrueuse, que combattent, au lieu de l'appuyer, son histoire ellemême et ses écrits, tout imprégnés qu'ils soient de son orgueilleuse humilité.
Il nous est impossible d'a:.alyscr ses mémoires, préciséuient à cause de ce luxe de détails dont il les surcharge, et qui sembleiil avoir pour objet de nous initier au travail intérieur de sou esprit, initiation îui ieuse r-J profitable , s'il s'agit du travail d'un cspril logique, mais dont l'u-ilité nous semble très contestable , quand elle se borne à nous
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(lomicr un(^ (^nunK^ralion d'accidents forliiits luiijdui'-; plus l'oiis (|uo l.'i poiisi''0(li,' l'.uilcur.
S';i,4il-il (If la (léooiivcM'Ie du roxygi'iic, do rollo dr-couvoilo ipii devait itiioiivcIit l.i face des sciences naturelles? Il Irouve (iiio /'oxyde vu\i<^i' du nieicure lui Iburnit nn i^a/. îl euniond ce •^ix/. avec le picitoxyde d'a/.ole. (>iieli|ue temps aprc's, il l'essaie avec le l>i-o\yd(Mrazole, lonunes'il s'a^^ssait d analysée l'air, et il est tout surpi'is de voii' rougir le uiiMaiij^e; alois il le conl'ond avec l'air. Mais par ha-^ard il plonge une lioiigio dans le résidu, et, h sa grau le sui'pi-ise, elle y bri'ile. l'ourcpioi cette épreuve? Il ri;^n(ire. « Si, dit-il,, je n'avais eu devant moi une « ehandelle allinnée, je n'aurais pas fait cette « épreuve, et toute la suite de mes expérien- « ces sur cette espèce d air serait restée dans « le néant. » M.irchant ainsi de surprise en sur|)rise, d'un hasard à l'aulre, il en arrive à établir que ce gaz est un produit nouveau, homogène , la iiaitic respirable et comburante de l'air; magnifique conclusion sans doute, niaisqui, loin de itrouverque le génie n'est qu'un mot , ou qu'on peut s'en passer, prouve seulement combien est grande la puissance de l'expérimentation ; car c'est bien h elle qu'appartient toute la gloire de cette d. 'couverte.
Après avoii' obtenu l'oxygène par une suite de hasards, il exan:iine les phénomènes de la respiration, et s'il faut l'en croire, c'est sans y penser qu'il a trouvé la solution de ce grand problème qui aurait , dit-il , éludé toutes les recherches directes.
Après avoir montré le culte que Priestley rend au hasard, pour compléter l'exposition de sa philoso|)hie, il sullit de rappeler une de ses^opuiions favorites. « Plus « un homme a d'esprit, jjIus il est fortement « attaché à ses erreurs, son esprit ne servant « qu'a le tromper, en lui donnant les moyens « (l'éluder la force de la vérité. » A ce compte, certes jamais homme n'eut autant d'es])rit que Priestley, car jamais homme ne fut plus que lui attaché à ses erreurs.
Kn effet, ai>rès tant de brillantes découvertes, après l'observation d'une multitude de faits en opposition avec le phlogistique , il a mis un tel entêtement à soutenir cette théorie, qu'il est mort dans l'impénitence linale. Il est mort [ihlogisticien et seul de son avis au monde, lui dont les opinions , quelques années avant, faisaient loi eu Europe. Quel contraste I
En ma, ses découvertes étaient l'objet de îadmiralion de tous les savants et tenaient ie monde en suspens. Ses observations sur l'oxygène, les pro[)riétés extraordinjùres de ce gaz , avaient réveillé les espéra'iees les plus téméraires, que lui-même d'ailleurs ne partageait pas. Sachant que ce corps était le seul principe res[iirable de l'air, le voyant rani:u"r avec tant de vigueur la combustion, dont ou saisissait déjà les rapj)orts avec la rtopiraiion , on attendait de st;s recherches les moyens de ranimer la vieillesse, d'ox^alter les facultés vitales ; ou se promollait presque l'immortalité.
En 1796, cet homme, dont l'autorité avait ét(' si grande dans la science, et que le vulgaires avait cru destiné h changer nos destinées, cet liomme a disparu de la scène, et son souvenir même s'est évanoui. Relégué au fond d'une provinces de l'Anaîrique septentrionale, incertain s'il n(^ deAra pas all(!idemander l'hospitalité aux peaux rowjes , il élève une dernière fois la voix en faveur du plilogisli(pie ; il adressts aux chimistes fran- (^■ais les plus illustres, unehunibhi sup]ili(|ue, pour les prier de vouloir bien répondre à ses objections contre la théorie de Lavoisier. « Ni' me Irailez |)as à la façon de llobespierre, « leur dit-il en terminant, supportez patiem- « ment une petite Vendée cliinii(iue ! Képon- « dez-nioi, persuadez-moi, iH n'abusez pas « de votre pouvoir. » Eh bien ! cette dernière consolation môme lui fut refusée. L'envoyé du peu, le français aux Etats-Unis, Adet, dont il reste quelques travaux en chimie , Adet reçut sa brochure et se chargea de la réponse. Elle était suffisante, et les académiciens français n'eurent pas besoin d'inteivenir.
Que s'était-il donc passé de 1770 h 1790, et comment cette voix, jadis si puissante, se trouvait-elle alors si dédaignée ? Ah! c'est que le génie tant nié par' Pi-,estley, c'est que le génie dont il n'avait jamais compris le pouvoir inanense était venu lui donner un éclatant démenti. Epurées et vivifiées par sa tlamme vengeresse , les obsei'vations de Priestley, jadis en désordre, s'étaient coordonnées comme les parties do l'édilice le plus régulier, et après avoir a])plaudi aux efforts de l'ouvrier heureux, qui savait tirer di: la carrière des blocs du marbre le plus beau, le monde l'oub iait pour s'incliner devant l'artiste inimitable qui avait su s'en servir pour élever un monument d'une perfection aciievée.
Peut-être faut-il vous dire aussi comment Priestley en était venu à cet état d'exil lointain et d'abandon, si déjà vous n'avez deviné que ses opinionsreligieuses doivent être accusées de ce changement de fortune.
En se séparant de lord Shelburne, il avait conservé une petite pension de ce seigneur. 11 y joignit des ressources qui dans nos mœurs seujbleraient foi t étranges, rrrais qui, en Airgleterre, sont admises. 11 vivait des souscriptions de quelques amis des scrences, qui s'étaient réunis pour lui assurer un revenu ruodeste. Parmi eux, on voit avec plaisir figurer un savant distingué, que sou talent comme chimiste, que son bon goiU dans les arts et son habileté admiuisti'ative ont fait l'un des créateurs de l'industrie si développée des poteries anglaises. C'est Wedgwood, qui lui donnait, en ouli'e, tous les ustensiles de laboratoire que ses fabriques pouvaieirt lui four-nir.
Avec ces moyens d'existence, Priestley se retira près de Birmingham, dans un petit village, où il exerçait ses fonctions ecclésiastiques et où il r'eprit avec une vigueur nouvelle ses publicatroiis lhéologi(i..js. Pour compi'eiîdic la passion qu'il y mettait, il faut lire les mémoires cju'il a laissés sur su vie.
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Il n'y est pas fait mention d'une seule personne, sans que ses opinions religieuses y soient pesées et cotées avec une précision surprenante. Ce n'est pas leur couleur générale, c'est leurnuance la plus subtile qu'il détermine.
11 faut l'entendre raconter ses rapports avec un de ses amis , qui ne partageait ses opinions ni en chimie, ni en théologie. Ils se voyaient souvent, discutaient volontiers chimie et n'avaient jamais songé à se quereller par écrit à ce sujet. Mais par une convention tacite , tout au contraire, ils ne parlaient jamais religion, et leur bile s'évaporait sur ce point en livres ou brochures qu'ils publiaient l'un contre l'autre.
Non-seulement il était chatouilleux à l'excès sur ces matières, mais il avait changé plusieurs fois d'avis à leur égard ; et j'oserais à peine vous donner quelques détails à ce sujet, s'il ne s'agissait de l'un des hommes les plus éminents que la chimie ait produits.
Or, s'il était entêté dans les sciences, jugez de ce qu'il était en théologie. Il fallait être tout juste d'accord avec lui, ou bien accepter le combat; il fallait aller jusqu'où il allait lui-même et s'arrêter exactement au même point : il ne faisait pas grâce de la plus légère différence d'opinion. Aussi a-t-il consacré jjlus de 80 volumes à des discussions théologiques, et a-l-il écrit tour à tour contre les juifs, les catholiques, les calvinistes et les anglicans, tout comme contre les déistes et les athées. Les ariens, les quakers, les méthodistes, l'ont successivement occupé. Il a écrit, en un mot, contre toutes les religions ou sectes européennes; il n'a pas même dédaigné les swédemborgistes que leur petit nombre aurait dû, ce semble, dérober à son attention. La connaissance des langues anciennes le rendait très-redoutable à ses adversaires.
Certes, en voyant le nombre de ses écrits théologiques, on serait excusable d'imaginer qu'il aurait existé un Priestley théologien et un Priestley chimiste, comme on a voulu l'établir pour Raymond Lulle.
Peu à peu Priestley devint un homme politique, car, au nom des unitaires, il réclamait la liberté de conscience pour toutes les religions; ce qui lui valut la colère de l'Eglise et môme celle du rainistère, peu disposé alors à favoriser les nouveautés.
D'ailleurs, la révolution française venait de s'accomplir. En le voyant défendre la liberté des cultes avec tant d'indépendance, on se ligiira en France que Priestley devait être un ardent réjjublicain. En conséquence on lui décerna le titre de citoyen français, et un dépai'tement, celui de l'Orne, le choisit pour son député à l'assemblée constituante. Il eut le bon esprit de regarder sa qualité d'Anglais comme indélébile. Il refusa l'honneur qu'on lui laisait, mais il ne s'en trouva pas moins signalé en Angleterre comme novateur.
Bientôt, en eifet, il devint la victime d'une de ces manœuvres odieuses que les partis
politiques se croient permises pour imprimer une secousse à l'opinion. On s'efforça d'exciter le peuple contre Priestley ; on le désigna de cent façons à la haine publique. Tous les murs de Birmingham étaient couverts de ces mots menaçants écrits à la craie : Damned Priestley.
Leli juillet 1791, quelques habitants de Birmingham voulurent célébrer l'anniversaire de la prise de la Bastille. Dès la veille, on répandit dans la ville une lettre séditieuse attribuée à Priestley, et la populace, ainsi excitée, s'ameuta. Ses amis politiques n'en persistèrent pas moins à donner leur dîner, mais au moment même du repas on se précipita dans la maison où il avait lieu. Elle fut pillée et incendiée. Bientôt l'église de ses coreligionnaires subit le môme sort ; et l'émeute, s'animant par le succès, se dirigea grondante vers la maison de campagne qu'il habitait.
Priestley, dans une ignorance complète ■ de ces événements, était fort paisible au sein de sa famille. Quelques amis arrivés à temps l'arraclièrent au péril. Caché dans une maison voisine , il eut la douleur de voir sa bibliothèque détruite, ses instruments brisés, sa maison en flammes. Il put voir voler au milieu de la foule acharnée ses manuscrits en lambeaux, où les mains de quelques misérables cherchaient la preuve de ses crimes politiques et où ils ne trouvaient que des notes relatives aux sciences ou à la religion. Il eut le chagrin d'assister à cette horrible scène, et, il faut le dire à sa gloire, il eut la force d'y assister avec le calme d'une haute philosophie. Il ne fit )ias entendre la moindre plainte, et jamais il ne parla avec amertume de ce déplorable événement.
Cependant la rage populaire n'était pas assouvie, et tous ses amis durent partager son sort. Leurs maisons furent saccagées et livrées aux flammes, et Birmingham conserve encore un souvenir douloureux de cette émeute, dont les dégâts s'élevèrent à près de deux millions.
On peut affirmer hardiment que Priestley était innocent de toute provocation , qu'il était cent fois innocent, car non-seulement il ne faisait pas même partie de la réunion qui devait avoir lieu ce jour-là , mais encore nous le voyons ensuite, pendant trois ans, habiter Londres avec la plus grande tranquillité. Non-seulement il y fait des cours, mais il continue toujours à prêcher, et certes il n'avait à attendre ni grâce ni faveur du ministère ou des agens subalternes du pouvoir. Cependant, s'il ne fut l'objet d'aucune poursuite, il n'en fut pas moins en butte à mille tracasseries que ses continuelles imprudences semblaient vouloir justifier ou attirer sur sa tête. N'y tenant plus, il s'embarqua pour l'Amérique, en ITJi. Une place de professeur à Philadelphie lui fut offerte. Il la refusa, pour aller s'établir à Northumberland, aux sources du Susqueannah, où il acheta une terre de 200,000 acies. Là, sous la protectiou du président Jelferson , il pass3 tranquillement le reste de ses jours
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qui furent brusqucmoiit inteiTOiilpiis pili' un atcidout. U fut «iiinoisoniii^ dans un repas avec toute sa faniillo, par une môpr'iso dont on ne s'est jamais rendu compte. Personne no succomba ; mais lui, di^jà vieux et all'aibli, no put résister longtemps h l'inllammation (l'estomac qui eu l'ut la suite.
Il mourut en ISOi, conservant de singulières idées psycologiques. 11 croyait l'âme matérielle, et regardait la mort comme un long sommeil, au bout duquel nous devons nous réveiller, tous à la fois, pour la vie éternelle.
J'aurais voulu supprimer ces détails, mais il est bon que vous sachiez pourquoi Priestley, maigre son talent, est demeuré au-dessous de sa tâche ; pourquoi, malgré la pureté de son cœur, il a été si malheureux.
Rriestley s'est perdu par l'orgueil. Dédaignant les opinions d'autrui, ne les étudiant que pour les combattre , il a voulu, en science comme eu religion, imposer les siennes au public. 11 en est donc de Priestley comme de la plupart des hommes célèbres à la fois par leurs talents et leurs infortunes, qui , presque toujours, auraient obtenu ou conservé la faveur publique, si leur caractère n'avait annulé tout ce qu'ils devaient à leur génie.
PRINCIPES IMMÉDIATS DES VÉGÉ- TAUX. — Les principes immédiats de nature organique, libres ou combinés, sont en général sécrétés ou accumulés dans des tissus spéciaux que l'on peut souvent distinguer : ainsi, les matières azotées neutres, accompagnées de matières organiques non azotées et de substances minérales, sont abondantes partout oil la vie végétale est très-active ; la cellulose forme la trame, les e.iveloppes ou les conduits de tous les tissus.
Le sucre, dans les betteraves, et probablement dans les cannes, se rencontre en solution remplissant des cellules spéciales autour des faisceaux vasculaires.
Le fécule amylacée remplit un tissu dis-
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posé (le môme autour des vaisseaux dans la racine d'igname, dans les tubiTcules d'or- (jliis ; ceux-ci prési-ntent, eu outre, iin tis-;u formé do petites celhdes [jJeines d'amidon refoulées par de grandes cellul's remplies» elles-mêmes de la substanci; niuc.lagineuso qui caractérise le salep.
La matière incrustante injecte les épaisses parois (les libres ligneuses.
Diverses huiles essentielles et résines sont sécrétées dans des glandes ou des vaisseaux propres. L'oxalate de soude ou do potasse dissous remplit les nombreuses glandes périphériques des feuilles et tiges de la glaciale [Mesemhrianthemum cristalUnum) ; une ou deux rangées de cellules sous-épidermiques se montrent remplies d'huile et de matière azotée dans tous les périspermes des graminées; le cotylédon, dans les mômes fruits, est rempli d'nuile et de substances azotées, principes qui se trouvent abondamment réunis dans les cotylédons de toutes les graines dites oléagineuses ; aucune graine, toutefois, n'en est dépourvue.
Les arts, qui puisent leurs matières premières dans les règnes organiques, ont en général pour but l'extraction des principes imrmédiats , ou leur transformation en de nouveaux produits vendables.