REA
avec tant do prt^cision. N'est-il pas bien romnrqualiU^ (lue l'tvsprit pyroaciHuiiie tk)iit on acoutiiiiui (lo laii-(^ reiuoiiler la découvcrlo Ji mit' o|H)(iao très-peu ri'(.'til(''0,('l(!oiil l'ôliido vient d'(Hre reprise dans c(^s deiiiicrs temps, ait élé si bien connu des alchiiuislcs ?
Et certes, eu vojaiit ([ue le vinaigre se; eliaufie en une li(iueur volatile et inllauuuable avec tant tie facilité, pai' la seule action du l'eu, on couipri. lul coiuuient pour ces imaginations exaltéi's la puissance du l'eu devait paraître inépuisable et sans boines; on comprend que cette recette ait occni)é successivement les plus célèbres d'entre les alchimistes, ([ui tour à tour l'ont alambiquée ou simplitiéo selon la tournure de leur esprit.
Maintenant faut-il admettre avec Ri|)16e et ses imitateurs que la distillation de lacétate de plomb recèle vraiment le secret des opérations décrites par Raymond Lnlle? Cela peut sembler douteux; car si les termes se ressemblent, si quelques-uns des phénomènes se ressemblent aussi, d'autres circonstances feraient croire queRaymonil LuUe avait porté son attention sur des recherches beaucoup plus compliquées.
Tout porte à croire même que, dans sa théorie et sa pratique, les choses y sont plus souvent désignées par leur nom qu'on ne l'a pensé. Ainsi, quand il commence la description de son procédé, il prescrit de distiller le vitriol azoqué et lo salpêtre ensemble, et il en retire une liqueur rouge qui a besoin d'être enfermée en des flacons bouchés avec de la cire. Ailleurs, il nous apprend que le mercure, exposé aux vapeurs vitrioliques, est attaqué et converti en vitriol blanc ou jaunâtre. 11 est clair qu'il a connu le sulfate de mercure, et qu'il a réellement distillé ce corps avec du nitre, ce qui lui a fourni un acide nitrique impur.
Cet acide nitrique lui sert ià dissoudre de l'argent et du mercure, m'emploie aussi pour dissoudre de l'or, mais il fait intervenir, en ce cas, un mercure végétal, dont la nature demeure ignorée. Les uns veulent y voir de l'esprit-de-vin rectitlé; d'autres, l'esprit pyroacétique pur. Voilà comme la recette de Raymond LuUe et celle de Riplée se lient et s'expliquent mutuellement.
Du reste, ce serait perdre notre temps que de suivre plus loin l'exposition de procédés dont l'interprétation laisse toujours quelque doute, quand on veut la pousser jusqu'au bout de l'œuvre ; car à la simplicité et à la clarté des premières opérations succède toujours une obscurité atfectée et mystérieuse.
Nous ne quitterons pas Raymond Lui le sans rappeler que le nombre ei la variété de ses ouvrages ont fait croire à quelques personnes qu'il avait existé deux hommes de ce nom : le théologien, le martyr, l'homme éminemment dramatique dont j'ai raconté la vie; et le chimiste , dont l'existence plus humble eût passé inaperçue, et qui n'aurait marqué que par ses travaux.
Je ne puis partager leur opinion. De nos jours, Priestley a possédé des connaissances aussi variées, a écrit avec autant de fécon-
dité sur des sujets religieux ou scolastiques, et sa vie comme chimist(! s'est renlerméo aussi en un petit nombre d'années nui ont commencé vers l'.'lge où se teiiniiK! la carrière intellectuelle du commun des hommes. Ainsi, (l(!C(! (pie Raymond Lulle se serait fait cliiniisle à un Age avancé, d(! ce (pi'il aurait travaillé la chiiin(' |iendiint peu d'années, de ce (pi'il aurait beaucoup produit en chiiiii(! et encore plus en thédiogie ou philosophie, on n'en peut rien conclure.
A quoi il faut ajouter que, parmi les ouvrages qu'on lui attribue;, il en est beaucoup en chimie, au moins, qui sont manifestement fabriqués aiu'ès coup.
Qu'il ait existé un chimiste espagnol du nom de Raymond Lulle et son contemporain, cela paraît peu contestable, si l'on fait attention à la direction particulière impiimée par ses écrits, dont le caractère original ne saurait être méconnu, et qui se manifeste déjà dans le cours du siècle qui a suivi la mort du martyr.
Que le chimiste et le théologien soient un seul et même personnage, c'est ce qui paraît bien probable , quand on compare VÂrs magna, traité de philosophie qui serait du martyr, et le Testamenlum, qui appartiendrait au chimiste. On y trouve le même style et lo même emploi des figures symboliques, qu'on n'aperçoit plus dans le Novum Testamenlum, ni dans les ouvrages analogues, de fabrication moderne et faussement attribués à Raymond Lulle.
Après lui l'histoire de la chimie nous offre une assez longue lacune. On ne rencontre plus de chimistes proprement dits, mais seulement des alchimistes de mauvaise nature, dont les écrits sont tout à fait inintelligibles.
RAYONNEMENT DU CALORIQUE. Yoy.
Calorique.
RÉACTIFS. — L'analyse est l'art de décomposer les corps; la synthèse, celui de les recomposer. Toute la science chimique consiste dans ces deux opérations : détruire et créer. Pour pratiquer l'analyse, le chimiste fait usage d'agents et de réactifs. Tout corps qui, d'une manière quelconque, donne le moyen d'opérer la séparation des parties constituantes d'un comjiosé, est un agent.
Mais lorsque, au lieu de chercher à isoler complètement les différents principes constitutiis d'un composé, on se borne à constater leur présence, on met alors en œuvre des corps qui, par leurs effets respectifs sur chacun de ces principes, fo'nt apparaître une de leurs propriétés distinotives, et permettent ainsi de discerner leur nature diverse. Les corps qui agissent de cette manière sont désignés par le nom commun de réactifs.
Un réactif est donc un corps qui, dans son contact avec un autre, donne heu à la |)roduction de certains signes ou phénomènes caiactérisliques qui se montrent toujours les mêmes dans les mêmes circonstances.
- Voici trois verres remplis d'eau ordinaire : dans le premier, j'ajoute quelques gouttes de vinaigre; dans le second, un peu de sel de cuisine; dans le troisième, de la potasse.
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Je verse ensuite dans tous du sirop de violettes, lleniarquez les pliéiiomènes particuliers qui se njanifestent dans ces trois cas. La couleur du sirop ne change pas dans le verre qui contient le sel de cuisine; elle roujjit sensiijlement dans celui où se trouve le vinaigre; elle prend une teinte verte dans celui où j'ai mis la potasse. Ce mode d'action du sirop de violettes, si diUérent pour chacun des corps dont j'ai fait chois, me révèle l'existence d'une substance distincte dans chacun des verres; et comme, toutes les lois qu'un liquide contient de la potasse libre, le sirop de violettes présente cette altération remarquable dans sa couleur, ce passage du bleu au vert, j'en conclus qu'il peut servir à distinguer la potasse de toutes les autres substances qui ne présentent pas ce phénomène de coloration; que c'est en un mot un réactif pour la potasse.
Voici maintenant une eau naturelle dans laquelle je soupçonne l'existence du fer , parce qu'elle a une saveur âpre, tout à fait analogue à celle de l'encre. Pour m'en assurer, je vais y verser quelques gouttes d'une décoction d'écorce de chêne; aussitôt, l'eau devient noire, et ce signe sullit pour reconnaître c]u"elle est ferrugineuse, car le fer seul a celte propriété de colorer en noir l'écorce de chêne et les autres substances astringentes. Ces substances sont donc un excellent ?-eflc«//"pour les dissolutions du fer.
Tout corps a ainsi son réactif propre; aussi, rien n'est jilus facile que de reconnaître la composition des différentes substances qui se trouvent à la surface et dans les profondeurs du globe terrestre, ou qui forment son enveloppe aérienne. A l'aide d'un petit nombre d'agents et de réactifs, celui qui possède la science chimique peut donc pénétrer dans l'intérieur de tous les corps de la nature, les décomposer ou les reproduire à son gré.
ItÉALGAR (protosulfure d'arsenic, orpiment, arsenic rouge, soufre de riibis). — Le soufre se combine en trois proportions avec l'arsenic. Deux de ces combinaisons corresjiondent aux. acides arsénieux et arsénique; l'autre ne correspond à aucun de ces corps composés. Berzelius en admet deux ai^ très. On trouve dans la nature deux de ces sulfures : l'un, qui est d'un jaune doré, est connu sous le nom d'orpiment : l'autre, qui est rouge, est désigné sous le nom de réulgar; ils diffèrent par les quantités de soufre qui sont combinées. Le premier, d'un jaune \ citron , cristallisé en lames transparentes i tendres et flexibles, se rencontre dans plusieurs pays, en Transylvanie, en Hongrie, en Géorgie, etc. Il est em|)loyé en peinture et dans cjuclques manufactures. Le second, rouge-orangé , cristallisé confusément , se trouve aussi dans beaucoup de pays, en Chine, en Saxe, en Bohême, en Transylvanie et aux environs des volcans. On en fait usage en peinture comme couleur ; ces deux sulfures peuvent être préparés facilement pour les besoins des arts.
Dans les laboratoires on obtient ordinai-
rement le sulfure jaune d'arsenic, correspondant à l'acide arsénieux , en décomposant une solution de cet acide par un courant de gaz hydrosulfnrique, ou en mêlant une solution d'arsénite de potasse avec un hydrosulfate et un acide; il se précipite en ilocons jaunes dorés, insolubles dans l'eau. Ce sulfure est fusible, volatil, indécomposable par la chaleur; il se sublime sans altération; chauffé au contact de l'air, il absorbe l'oxygène, brûle, et passe à l'état de gaz acide sulfureux et d'acide arsénieux.
On le forme dans les arts en chauffant dans des vases fermés un mélange de soufre et d'acide arsénieux. Ce dernier 'est alors décomposé, d'où résulte de l'acide sulfureux qui se dégage et du sulfure d'arsenic; mais une portion d'acide arsénieux échappe à la décomposition et se trouve toujours mêlé au sulfure. H est connu dans le commerce sous le nom d'orpiment artificiel, et s'emploie aux mêmes usages r[ue le naturel.
L'orpiment et le réalgar sont employés en médecine. On les fait entrer seulement dans la composition de quelques préparations externes. Le réalgar, uni à douze parties de nitre et à trois de soufre, est employé par les artificiers pour composer le feu blanc indien.
RECHERCHES MÉDICO-LÉGALES sur l'arsenic. Voy. Arsenic.
RÉCUIT. Voy. Acier.
RÉDUCTION ou DÉSOXYDATION DES MÉTAUX. — Lorqu'on dépouille un oxyde métallique de son oxygène et qu'on le ramène à l'état métallique, on dit qu'on le réduit, et l'opération elle-même porte le nom de réduction. On peut exécuter cette opération de plusieurs manières différentes. Les métaux nobles se réduisent quand on chauffe leurs oxydes jusqu'au rouge; l'oxygène s'échappe alors sous forme de gaz.
Au contraire, les oxydes des métaux non nobles ont besoin qu'on ajoute un corps, dont l'aflinité pour l'oxygène soit supérieure à la leur. Voilà pourquoi on les mêle avec de la poudre de charbon, et on expose le mélange à la chaleur nécessaire pour fondre le métal; le charbon s'empare de l'oxygène de l'oxyde, et produit de l'oxyde carbonique, qui s'échappe sous forme gazeuse. On opère ordinairement celte réduction dans des creusets de Hesse renversés l'un sur l'autre, et lûtes ensemble au moyen d'un mélange d'argile réfractaire calcinée et non calcinée. Quelquefois on pose dans le creuset un charbon qui le remplit, et dans lequel on a ménagé un trou pour la masse qu'on veut réduire, et après l'introduction de laquelle on ferme ce trou avec un bouchon de charbon. Dans d'autres circonstances ou garnit l'intérieur du creuset d'une couche épaisse d'un mélange d'argile, de sable et de poudre de charbon : c'est ce qu'on appelle la brasque d'un creuset. Une chose importante, dans ce cas, c'est d'ajouter un flux, dont on convie l'oxyde et la poudr e de charbon dans le creuset. On se sert pour llux d'un verre pur, exempt de métal, et seul ou mêlé avec
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(lu sputli-fluor. Lo bontx peut égaltMueiit ôlru eini>loyi\ Colto masse entre oiiliuaireiiioiit eu l'usiou «vaut ([ue la réductinu ait coininencé, cie uuuiière qiw. les iiiylécui<'s luétalliiiues sout entourées et couvertt's par elle au moiueut de leur réducliou. Le iuduveuieut que. les gaz qui se dégagent iiendant l'opi'ralioii iuqM'inient au llux l'ail (jue ces molécules se lencontrenl, et qu'elles se réunissent en un grain plus gros, (|ue le verre liquide garantit de l'action de l'air qui s'introduit par les pores du creuset. Sans un pareil tlux on trouverait les grains métalliques épars, et souvent ternis à la surface. Quand on retire le creuset du l'eu, on est dans l'usage de lui imprimer un ou deux petits chocs, atin que les grains métalliques, qui jiourraient être épars dans le flux, se rassemblent. Quek[ues métaux exigent une très-1'orle chaleur pour être réduits et fondus, et la plupart se réduisent longtemps avant d'entrer en fusion. Le culot métallique qu'on obtient était appelé réç/ule jiar les anciens chimistes; de là l'expression réyulin, qui veut dire métallique. Il est rare que, quand on procède à ces réductions avec la poudre de charbon, le métal soit pur; fréquemment il contient du charbon, du silicium, ou même du bore, si l'on s'est servi de borax. Quand on veut l'avoir aussi pur que possible, il faut ne mettre que la quantité de charbon strictement nécessaire pour le réduire, ou même un peu moins. Si l'on connaît la proportion d'oxygène que contient l'oxyde, elle sert à déterminer celle du charbon cju'on doit employer. 100 parties d'oxygène en exigent 75,33 de charbon pour produire du gaz acide carbonique. Cependant on ne doit jamais perdre de vue, à cet égard, qu'il se forme une certaine quantité d'acide carbonique au premier moment do l'action de la chaleur, et que les métaux qui ont peu d'affinité pour l'oxygène donnent beaucoup de cet acide; en sorte qu'ils ont besoin d'une moins grande quantité de charbon pour se réduire. La réduction s'opère communément dans un fourneau destiné à cet usage, qu'on appelle forge, et où la chaleur est accrue par l'action d'un soulUet. Le charbon de bois donne moins de chaleur c[ue celui de terre, et la plus forte chaleur est celle qu'on produit avec de la houille calcinée (coke), dans une forge où le tuyau du soufflet se partage en quatre petits tid^es, dont un pénètre de chaque côté du fourneau. Elle exige des creusets d'une argile très-réfractaire ; car ordinairement les creusets de Hesse ne lardent pas à fondre.
On peut aussi, dans l'opération de la réduction, remplacer le charbon par un métal dont l'affinité pour l'oxygène soit supérieure à celle du métal (ju'on se propose de réduire; mais alors le métal réduit contient toujours une certaine quantité de celui qu'on emploie pour opérer la réduction. Le métal qu'il convient le mieux de faire servir à ce genre de réduction est le potassium, qu'on •enlève ensuite au moyen tle l'eau, lai|uelle l'oxyde et le dissout, laissant le niétal réduit
sous la forme d'une masse poreuse , ou
même à l'état pulvérulent.
Il arrive (luelqucl'ois (ju'un métal qui, à de basses lem|(ératui-es, a moins d'allinité pour l'oxygène (|iie n'en possède un autre, sur|iasse, au contraire, celui-ci dans son allinité, il une température plus élevée. Ce cas a lieu ipiand le second métal est volatil à une haute tc!nip('rature. Ainsi, l'oxyde ferreux est réduit jiar le (Hitassium h une trèsfaible chaleur, tandis que la potasse est réduite par le fer à la chaleur nécessaire pour liquélier la fonte, circonstance dans laquelle le potassium mis à nu se volatilise et so sublime.
On se sert souvent du gaz hydrogène pour la réduction des oxydes métalliques. Cette sorte de réduction se lait très-facilement en chaulîant l'oxyde fortement dans un tube de porcelaine , pendant qu'on fait arriver du gaz hydrogène dans celui-ci, ajjrès l'avoir lait passer à travers un tube plein de petits morceaux de chlorure calcique fondu. On ferme l'extrémité opposée du tube de porcelaine avec un bouchon de liège garni d'un tube de verre étroit, qui donne issue au gaz. Tant qu'il se dépose de l'humidité dans ce tube, l'oxyde n'est point encore réduit; mais aussitôt qu'il devient sec dans l'intérieur, on enlève le feu, et on fait passer du gaz hydrogène dans le tube jusqu'à ce que tout suit devenu froid. Cependant il est rare que l'on obtienne de celte manière une chaleur suffisante pour fondre le métal. Tous les métaux dont l'aftinité pour l'oxygène est moindre que celle du fer sont réduits par l'hydrogène; l'oxyde ferrique l'est lui-même; mais les oxydes de zinc, de cérium, de titane, de manganèse, de tantale et de chrome ne le sont point.
La plupart des métaux réductibles' par l'hydrogène sont susceptibles aussi d'être mis à nu par la distillation sèche de leur oxalate, opération qui donne du gaz acide carbonique, avec ou sans vapeurs aqueuses, et qui laisse pour résidu le métal sous forme de poudre.
Les oxydes métalliques peuvent aussi être réduits de dilTérentes manières sans le concours du feu. Ainsi, lorsqu'on plonge dans la dissolution d'un sel métallique un autre métal, ayant plus d'alKnité pour l'oxygène que celui qui est dissous, celui-ci se précipite à l'état métallique. Un léger excès d'acide accélère singulièrement cette opération. Cependant les métaux qui ont plus d'alfinilé pour l'oxygène que n'en a l'hydrogène, ne peuvent être réduits de cette manière que ]3ar l'addition d'une certaine quantité de potassium ou de sodium. On se sert ordinairement du fer ou du zinc pour opérer les réductions, parce que ce sont, parmi les métaux communs, ceux qui ont le plus d'affinité ])our l'oxygène et pour les acides ; mais les métaux en général peuvent se réduire réciproquement, comme le montre la série suivante, dans laquelle chacun est réductible par celui qui vient après: or, argent, mercure, bismuth, cuivre, étain, zinc.