‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 263 sur 354 · SILK · texte numérisé non relu

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RESPIRATION. — Do tous les fluides élastiques simples ou composés, il n'y a (pie l'air aliu(jsphérique et l'oxygèiu; qui soient propres à entretenir la respii'atiou ; encore l'aclion de c(! dernier est trop vive, et huit par produire une excitation qui trouble léeonomie. Les autres sont tous iniprojircs à cette liinetioii; ils l'anéantissent, et, suivant la manière dont ils se comportent, on jiuut les diviser en deux classes : 1° gaz non respirables; 2° gaz délétères. Les premiers agissent en empêchant la conversion du sang veineux en sang artériel : tels sont les gaz azote, hydrogène, et le protoxyde d'azote. On peut trouver directement leur action en plongeant un oiseau dans une cloche remp'Iie de I'uq de ces gaz : il meurt en moins d'une minute. Les seconds , par leur action spéciale sur le sang, ajoutés môme en ]iotite quantité à l'air, détruisent la vie : li'ls sont le gaz chlore, le gaz acide h,\drosulfurique, l'hydrogène phosphore, le deutoxyde d'azote el l'acide carbonique, etc.

Ces actions différentes des gaz sur le sang dans les animaux vivants peuvent être démontrées, pour ainsi dire, en agitant du sang veineux iirivé de fibrine avec ces dilférents tluides élastiques. On reconnaît que sa couleur rouge brune n'est pas sensiblement altérée dans l'azote et l'hydrogène; (ju'il en prend une plus foncée et violacéy daiis le gaz acide carbonique; que le gaz hydrosulfurique lui commiuiiquc une couleur brune verd.Ure; que le gaz chlore le coagule en le rendant brun noirâtre, et ensuite blanc jaunâtre, par son action particulière sur la matière colorante; qu'entin l'oxygène et l'air atmosphérique le rendent rouge éclatant, à [leu près comme le sang artériel.

L'air, par l'oxygène (|u'il contient, le seul gaz propre à la res[)iration, ne l'est que suivant certaines circonstances : lorsqu'il est tii;[) rarélié, il ne tarde pas à faire éprouver une gène aux animaux qui sont obligés de le respirer, et il en survient des accidents qui amènent bientôt leur mort. Il est facile de jirouver ce fait en plaçant un animal sous le récipient de la machine pneniiiati(|ue : après avoir extrait une certaine quaidité d'air, l'animal toud)e de faiblesse, fait de fréipientes ins|iiralioi;s , et meurt bienlôt. Quand l'air est en quanlité limitée, et qu'il a servi pendant un certain temps à la respiration des animaux, il n'est plus propr(! à cette fonction. Aussi un aninud ne |)eut-il vivre qu'un certain temps dans le mémo air : A

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périt bientôt quand celui-ci ne peut être renouvelé.

La manière d'agir de l'air dans l'acte de la respiration a été ignorée des anciens médecins et chimistes. On avait supposé, et c'était là tout ce qu'on savait, qu'une portion d'air était absorbée. Ce n'est qu'à l'époque de la naissance de la chimie jTneumatique, où la composition de ce fluide a été connue, qu'on a pu avoir des notions précises sur les phénomènes qui se produisaient dans cet acte, en anal.vsant l'air qui avait servi à la respiration. Les premières recherches sur cette importante fonction ont été faites par Prieslley, Lavoisier et Laplace.

Bien que la présence de l'acide carbonique ail été démontrée dans l'air expiré, on était loin de connaître sa source. Ces chimistes prouvèrent que l'air expiré contenait de J'acide carbonique, un peu moins d'oxygène, et une certaine quantité de vapeur d'eau. Ils reconnurent bientôt , ainsi que ceux qui, par la suite, répétèrent leurs expériences, que l'air perd dans ci t acte une partie de son oxygène, qui est remplacé le plus ordinairement par un volume d'acide caibonique égal ou moindre, suivant les circonstances, à la portion d'oxygène qui a disparu; enfin , ([u'il est chargé d'une plus grande quantité de vapeur d'eau.

Tous ces résultats peuvent être vérifiés en eiif'rmant un animal dans un appareil, et le laissant respirer quelque temps l'air qui s'y trouve , afin d'apprécier par l'analyse les changements qui sont survenus dans la composition. C'est à l'aide de l'appareil suivant qu'on peut arriver à cette connaissance. Cet fajipareil, imaginé par Berthollet, et désigné sous le nom de manomètre, consiste en un bocal de verre à large ouverture, de 7 à 8 litres de capacité, fermé supérieurement par une garniture de cuivre qu'on peut y visser. Cette garniture est percée de deux ouvertures, l'une qui donne passage au tube recourbé en S, dans lequel on met une petite c ihinne de mercure, pour s'assurer de la force élastique de l'air intérieur; l'autre porte un robinet adapté à une capsule, sur lequel on peut visser une petite cloche graduée remplie d'eau. Un thermomètre, suspendu intérieurement , est destiné à faire coiiiiaitre la température de l'air.

Lorsqu'on a placé convenablement un animal dans cet appareil, on l'y laisse quelque temps, et on extiait ensuite une portion d'air en ouvrant le robinet qui commuuitiue avec le tube rempli d'eau; ce liquide tombe alors dans le bocal et est remplacé par une portion d'air qu'a respiré l'animal. Son analyse est facile à faire : on en fait passer sous le mercure dans un tube gradué , et on absorbe l'acide carbonique par la potasse; quant à l'azote et l'oxygène restant, on détermine leur rapport par l'hydrogène dans l'eudiomètre.

Les résultats qu'ont obtenus la plupart des expérimentateurs sont tous plus ou moins variables. On peut néanmoins admettre au- 'ourd'hui, comme une vérité, 1" que la por-

tion d'acide carbonique contenue dans l'air expiré est timjours moindre que celle du gaz oxygène carboné ; 2° que dans le plus grand nombre des cas il y a exhalation d'azote par les animaux, et souvent en telle quantité, que le volume du gaz exi)iré a dépassé celui du gaz inspiré. Cette dernière proposition se vérifie surtout en faisant respirer à ua animal soit de l'oxygène pur, soit, ce qui est préférable, en composant une atmosphère de 79 parties d'hydrogène et 21 d'oxygène. On trouve parmi le gaz expiré une grande proportion d'azotç et une portion d'hydrogène absorbé égale à celle de l'azote exhalé, suivant MM. Allen, Pepys et Edwards.

Dès que les expériences eurent appris quels changements l'air éprouvait dans la respiration , on adnrit alors généralement que dans cet acte l'air, mis en rapport dans les vaisseaux pulmonaires, dans le sang veineux , enlevait immédiatement à celui-ci , par son oxygène, une portion de carbone et d'hydrogène, pour former l'acide carbonique et la vapeur d'eau qu'on rencontrait dans l'air expiré; qu'alors le sang veineux, ainsi privé d'une partie de carbone et d'hydogène, recouvrait toutes les propriétés du sang artériel. Telles furent les conclusions de Lavoisier et Laplace.

Les expériences de M. Edwards paraissent opposées à ces conclusions : il a reconnu que l'acide carbonique qu'on trouve dans l'air expiré n'était pas le produit de la combinaison immédiate de l'oxygène de l'air avec le carbone du sang, mais qu'il paraissait exhalé de ce liquide même. Il est arrivé à celte conclusion en plaçant des grenouilles dans du gaz hydrogène pur ; elles avaient , au bout d'un certain temps, laissé exhaler une quantité d'acide carbonique égale à leur volume. Ce physiologiste a conclu de ses expériences que, 1° l'oxygène est absorbé dans la respiration , et porté en tout ou en partie dans le torrent de la circulation ; 2' qu'il est remplacé par une certaine quantité d'acide carbonique exhalé, provenant en tout ou en partie du sang veineux; 3° qu'une portion d'azote est absorbée de l'air et remplacée par une quantité plus ou moins grande d'azote exhalé du sang.

Ces conséquences tendraient à faire admettre que l'oxygène, dans la respiration, est absorbé directement par le sang veineux , modifie ses propriétés et les transforme en sang artériel ; que son action paraît avoir lieu sur la matière colorante, qui, par cet acte, devient d'un rouge vermeil ; qu'enfin tous les produits de cette réaction sont encore ignorés.

« Dans un travail que j'ai entrepris, dit M. Lassaigne, en 1833 et 1834, de concert avec M. Yvart, directeur de l'école d'Alfort, sur l'influence du régime alimentaire dans les pliénomènes chimiques de la respiration, nous sommes arrivés aux conclusions suivantes, déduites d'expériences faites sur des cochons d'Inde.

« 1" Sous un régime d'aliments n'admettant point d'azote au nombre de leurs élé-

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