‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 265 sur 354 · S.VL · texte numérisé non relu

S.VL

noms de sels neutres acides et de sels neutres alcalins ou basiques , qui maintenant vous étonnent et vous semb!ent tout à lait éti-anges. Ses sels neutres sont nos sels projircmont dits ; ses sels neutres acides sont nos sols acides; ses sels neutres basiques, nos sons-sels; et ses sels neutres parfaits, nos véritables sels neutres. A l'appui de cette dislinctiijn . il établit d'une manière trôsnelte l'existence du sulfate acide de potasse et du sous-sulfate de mercure.

Rouelle trouva dans Baume un adversaire opiniîUre, qui s'éleva avec force et tout à fait il tort contre ses opinions et qui le cimtredit sur tous les points. Baume prétemliit que, des trois classes de sels neutres distingué'cs par Rouelle, une seule était fondée , celle des sels neutres parfaits ; il n'a Imetfait point de combinaisons particulières qui continssent un excès d'aciiie ou un excès de base. Toutes celles que l'on citait connne exemple ne provenaient, suivant lui, nue d'un simple mélange d'un sel neutre pariait avec de l'acide libre ou une base libre ; de SOI te qu'il aurait sulli d'enlever, soit par d 'S lavages, soit par tout autre moyen analogue, cet acide libre ou cette base libre dont le sel était imprégné, pour que le résidu revînt à l'état de neutralité [tarfaite. Rouelle le combattit vivement , mais il eut beaucoup de peine à faire admettre ses idées.

Rouelle, qui d'ailleurs a laissé comme professeur de grands souvenirs, avait un esprit très-ardent, il était né aux environs deCaen, d'une bonne famille, et avait fait ses premiers e-sais chimiques au feu de la forge, chez un maréchal, son voisin. Etant venu à Paris, il y étudia les sciences, établit une jiharmacie, fonda des cours particuliers, et obtint les plus grands succès. En 17V2, il fut nommé démonstrateur de chimie au Jardin des Plantes, et deux ans après il entra à l'académie. Il avait une manière de professer

tres-particulière. Il arrivait à son nuiphithéâ^ tre en bel habit, perruque eu tète et chapeau sous l3 bras. Il commençait posément ; bientôt il s'animait un peu et jetait son chapeau; puis il s'échauifait davantage et jetait sa perruque, puis son habit, puis sa veste, puis sa cravate. Ah ! c'est alors que vous aviez le vrai Rouelle, l'homme du laboratoire, amoureux des belles expériences, sachant les faire réussir, et exposant ses démonstrations avec une véhémence entraînante.

Il ne faut pas confondre Guillaume-François Rouelle, le chimiste dont je viens de vous entretenir, avec son frère Hilaire-Marin Rouelle, appelé Rouelle le jeune, qui lui succéda en 1770. Ce dernier est connu par quelques travaux de chimie organique. i

Ce qui manqua à Rouelle l'aîné, pour tirer de l'examen des sels tout le parti que ce genre de travail aurait pu lui olfrir, ce fut de les étudier la balance à la main. S'il avait employé la JKilance pour approfondir la nature, il aurait été conduit à des résultats du plus haut intérêt, en raison de leur généralité. Mais il se borna à classer nettenient les sels qu'il connaissait, d'après des rapports qualitatifs exacts. La balance ne fut appliquée à cette classe de corps que du temps de Lavoisier, et non par Lavoisier lui-même, mais par un chimiste allemand, par Wenzel, qui, malgré des travaux fort important*, est demeuré presque inconnu.

Voij. Wenzel.

ROUGE VÉGÉTAL Votj. CARXHàME.

RUBIS. Voy. Saphir et Spinelle.

RUBIS DU BRÉSIL. Voi/. Topaze.

RUS.MA. — Savon dépilatoire com[iosé de sulfure d'arsenic el de chaux, dont les Turcs et les autres Orientaux se servent pour se rendre chauves sur le sommet de la tète , genre de beauté très - recherché chez ces peuples.

SAFRAN. Voy. Couleurs végétales.

SAFRAN DE MARS ASTRINGENT. Voy.

Colcothar.

SAFRAN DES MÉTAUX ou D'ANTI- MOINE. Voy. Antimoine et Sulfure.

SAFRAN DE MARS ASTRINGENT APÉ- RITIF. Voi/. Fer, peroxyde.

SAFRANUM. Voy. Cartuame.

SaFRE. Voi/. Cobalt.

SAGOU DÉS INDES. — Fécule en petits grains, retirée de la moelle d'une espèce de palmier. Elle est restaurante, de très-facile digestion, et très-adoucissante.

Elle se prépare et s'emploie comme le vermicelle.

La crème de sagou est un aliment des plus légers ; on l'obtient comme la crème de riz. Voy. Riz.

Le sagou se conserve longtemps dans un lieu sec; celui des îles Moluques est le meilleur. Il y en a de rosé, de gris et do

blanc ; les deux derniers sont les plus estimés.

SAINDOUX. Voy. Corps gras.

SALANGANE ou HIRONDELLE DES IN- DES.—Une espèce d'hirondelle {hirundo esculenta, L. ftieiphaga, Thunb.), qui vit h Sumatra, Java et autres îles de l'Asie méridionale, construit son nid avec une matière animale, que les Asiatiques estiment beaucou|) comme aliment. Slamford Raftles a reconnu que l'animal en tire les matériaux de son estomac, par des etl'orts comparables à ceux du vomissement, et E. Home, conduit par cette observation à examiner l'estomac de l'oiseau, a constaté qu'il est pourvu d'un organe particulier, dont il a cru trouver que les conduits excréteurs s'ouvrent dans l'œsophage. Cependant Rudoliihi a fait voir que l'organe décrit par Hoaie existe aussi dans d'antres hirondelles qui f-int des nids en terre, et que, par conséquent, il n» neut point

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