‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 266 sur 354 · SAL · texte numérisé non relu

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verdit lo sirop do violclto. Sft densité rst vnri;il)lo ; elle csl un [uni plus ^laiido (|U0 celle de l'eaii. Les diiréiome.s (|iie la salive présente dans la roiiiposition cliez riioinnic ot les animaux dans l'élal do santé sont peu sensibles, ot paraissent provenir de la manière dont elle a été recueillie. Telle qu'où la rend par la houclio, elle est mêlée h une cerlaino quantité de unieus sécrété par les muqueuses do la bouche, ce qui lui ôte sa lluidité particulière et lui donne la ])ropriélé d'être convertie eu mousse uar l'agilatiiin.

D'ajirès Berzelius, la salive humaine est composée sur 1000 parties do : eau 902,9, matière animale particulière 2,9, mucus l,.'i., chlorure do sodium et di; potassium 1,7, lactato de soude et matière animale 0,9, soude libre 0,2.

Calculs saliraires.— Cos calculs, produits aux dépens de quelques-uns des éléments d(^ la salive, se forment fréquemment, soit dans les parotides ou les sulilinguales, soit dans leurs canaux ; ils sont blancs, plus ou moins durs, de forme ovoide ou ellipsoïde plus ou moins allongée, et formée de couches superposées; quelques-uns ont un corps étranger pour noyau.

Calculs saiivaires humains. — Ces calculs sont formés de phosphate de chaux, d'une petite quantité de carbonate de chaux, et d'une matière animale qui sert de ciment h ces deux sels. Un calcul extrait du canal do Stenon, chez une femme sexagénaire était composé, d'après M. Bossou, de 55 parties de phosphate de chaux, 15 de carbonate do chaux, 25 de matière animale, 2 d'oxvde de fer et des traces de magnésie.

SALMARE (sal maris, sel marin ; syn. : soude muriatée , chlorure de sodium , sel gemme, etc.). — L'usage du sel pour assaisonner les aliments est universel et de toute ancienneté; il est par cela même l'objet d'une consommation et d'un commerce immense dans toutes les parties du monde. Non-seulement l'homme s'en sert à quelque prix qu'il soit, mais encore il en donne aux animaux partout où il peut se le procurer à boa compte. 11 est extrêmement favorable à la santé des bestiaux qui lo recherchent avec avidité.

C'est au moyen du sel qu'on prépare, d'un côté, l'acide hydrochlorique et le chlore ; do l'autre, le sous-carbonate de soude artificiel employé dans les verreries, les savonneries, etc. On s'en sert comme de fondants dans quelques opérations métallurgiques ; on l'emploie pour déterminer la vitrilicalioii de la surface de certaines poteries cuites h grand feu, et leur procurer ainsi une couverte vitreuse très-solide : on se contente, pour opérer ce résultat, de jeter , que saveur; il mousse fortement par l'agitation, poignées de sel dans les fours. H a, '

la plupart des autres sels, la propr rendre le bois, les tissus plus diflic combustibles , et souvent ou Ta cfi ])our cet objet. Enlin, en petites quaii frrtilise les champs, et dans plusieur lités on emploie à cet usage les sablesjiBJ«s

h la siMiélion do In subsinnrn avec laquelle riniundelle des Indes construit son nid. Thnnberg présume tpie cette ilei-nièro en lire les mali'riaux d'espèces de fucus, notamment du fucus bursu, (pii, suivant lui, est aussi gélatineux que la substance même des nids.

Cliacpie nid d'hirondelle pèse environ une di'mi-oiice. Il a luu* forme analogue à celle des nidsderhirondello ortlmairo,c'('st-à-dire colle à pou près d'une tasse il thé aplatie d'un cAté. Au |)remier abord, on croirait ces nids formés ih^ gelée de corne de cerf ou de gomme adiagaute, et les diverses couches bien apiiareiiles (|u'on y distinguo prouvent qu'ils n'ont point été formés d'un seul jet. Leur naturi^ chimique a été examinée luu" Do'bereiner. Ils sont com[>osés d'une matière animale qui possède à un haut degré les propriétés du mucus, et (pii, i>ar sa manière dose comporter, ressemble parfaitement aux os des poissons cartilagineux. Ces nids d'hirondelle sont regardés connue un mets délicat |>ar les habitants de l'Asie méridionale, où ils forment une marchandise d'un prix fort élevé.

SALEP DE PERSE. — Substance farineuse extraite de la racine ou bulbe de ditférontes espèces d'orchis. Elle est nourrissante, trèsdouce et très-digestible, ce qui la rend utile aux poitrines délicates, contre l'amaigrissement, etc.

Elle est plus agréable cuite dans le bouillon gras que dans le lait ou tout autre bouillon maigre. Deux gros peuvent doiuier la consistance de gelée h une livre de liquide.

Elle se prépare, du reste, comme la semoule ou comme la fécule de pomme de terre. Voi/. Mucilage végétal.

SxVLlCINE. —Cette substance, qui existe dans l'écorce de différentes espèces de saule, a été découverte, en 1830, par M. Leroux, pharmacien à Vitry-lo-Français,dans l'écorce de saule blanc (salix alba).

La salicine jouit de propiiétés fébrifuges, comme les alcaloiiles des quinquinas, mais à des degrés plus faibles. M. Braconnot l'a retrouvée dans l'écorco de plusieurs i)eupliers, et notamment dans celle du tremble [populus tremula) ; mais elle y est mélangée à une autre substance qu'il a nommée populine (1).

SALINES. Voy. Sel marin.

SALIVE. — La salive est une liqueur qui est sécrétée par des glandes spéciales, et versée dans la bouche par des conduits (larliculiers ; elle est destinée h humecter les aliments, les ramollir avant qu'ils ne p;irviennent dans l'estomac, où ils sont ensuite convertis on chyme.

Ce lluide, à l'état de pureté, est incolore, limpide, légèrement visqueux, sans odeur ni

(I) Ln salicine offre ceci de particulier que l'acide sulfuiique, concenlio ot froid, la convertit en une uiatièn; colonnite d'un Irrs-beau rouj^c. IVun Kilogr. d'écorcc de saule, ou retire 22 graïuuics environ de salicine. 1 dcrigraniuio de celte substance sui'dl. en général, pour couper la fièvre.

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argiles qui sont imprégnés de sel, les rési- " dus des marais salins,«etc., mais quand il est en trop grande quantité, il produit l'effet précisément contraire.

La consommation annuelle du sel en Europe s'élève à 25 ou 30 milliers de quintaux, qui peuvent être évalués à 125 ou 150 millions, en portant la valeur moyenne du quintal à 5 fr., qui est au-dessous de la valeur réelle dans beaucoup de contrées. Le sel est partout la base d'impôts très-importants, qui s'élèvent à deux, trois et quatre fois la valeur réelle.

L'immense consommation du sel le fait exploiter ou préparer dans un grand nombre de localités, et à peu près partout où il se trouve à portée de? routes, des canaux, des rivières. On exploit • le plus souvent les dépôts de sel par puits et galeries, ou à ciel ouvert, et on détache ainsi les masses assez pures (lu minéral pour le livrer immédiatement au commerce. Les parties impures, les argiles fortement imprégnées de sel, sont mises en dissolulion, et on évapore ensuite le liquide. Dans quelques localités, on fait de grandes cavités souterraines dans lesquelles on fait pénétrer des eaux qu'on y la sse séjourner plus ou moins de temps pour les retirer ensuite et les évaporer.

Les eaux de sources, qui sont ordinairement peu chargées, sont d'abord concentrées en plein air par le moyen de ce qu'on nomme les bâtiments de graduation, où on les fait passer et -repasser sur des fagots d'épines, sur des cordes tendues, etc., pour offrir beaucoup de surfaces îi l'air. La concentration amenée k un certain point est continuée au feu dans des chaudières.

Les eaux des lacs, des mers, sont aussi évaporées dans un très-grand nombre de lieux pour en tirer le sel. Cette opération se fait dans ce qu'on nomme les marais salants, espace plus ou tiioins considérable oiî l'on fait entrer une couche d'eau très-mince qu'on laisse évapoier; on ramasse ensuite le sel, et on le laisse en tas pendant quelque temps, pour que la masse se débarrasse des sels de chaux et magnésie, qui sont très-déliquescents.

SALPÊTRE. Voy. Nitre.

SALSEPARINE. — Cette substance, dont le nom rappelle celui de la salsepareille, est le principe actif de cette racine; elle a été découverte, en 182i, par M. Palotta, et désignée sous le nom do parigline.

La salsepaiine s'obtient in concentrant la teinture alcoolique de salsepareille, préalabb'inenl décolorée par le charbon animal; elle se dépose en cristaux qu'on purifie par une nouvelle cristallisation, dans l'alcool.

SANDARAQUE. — Elle découle, surtout dans les pays chauds, du genévrier ou juniperus communis, et assez souvent on en trouve dans les tas de fourmis. Néanmoins la majeure partie de la sandaraque découle, selon Broussonnet, du thuia articulata qui croit eu Barbarie. Elle se présente sous forme de iieiites larmes, d'un jaune pâle, translucides, brillantes, dures et cassantes, qui no

se ramollisent pas sous .es dents, comme le mastic. La saveur de la sandaraque est balsamique et amère, son odeur est faible et rappelle celle de la téiébenthine.

La sandaraque sert à préparer des emplâtres, des onguents, des poudres fumigatoires et des vernis. Frottée sur le papier, elle l'empêche de boire, propriété qui a rendu l'usage de la sandaraque très-général.

SANG. — Il y a dans le corps deux espèces de sang, qui n'ont pas la môme couleur, et qui portent des noms différents. L'un do ces liquides, le sang artériel, est d'un ronge vermeil, va des poumons au cœur, et coule du ventricule gauche do ce dernier organe dans les artères. L'autre, le sang' veineux, est d'un brun foncé, revient de toutes les partics du corps et passe du ventricule droit du cœur dans les poumons, oii, de brun qu'il était il redevient vermeil.

Cette différence de couleur repose cependant sur une différence dans la composition chimique qui est très-peu prononcée, et qui n'est même pas encore bien connue. Aussi les propriétés chimiques générales du sang, sont-elles , si on excepte la couleur, les mêmes pour l'artériel et ])0ur le veineux.

Le sang est un liquide trouble, qui consiste en une dissolution claire dans laquelle sont tenues en suspension des particules rouges ou d'un brun foncé. Si l'on fait tomber une goutte do ce liquide sur un verre, et que l'on examine le bord mince de cette goutte avec un microscope composé, ou aperçoit manifestement des particules plates , minces et traiislucides, qui nagent dans une liqueur jaune. C'est ce qu'on découvre mieux encore, et d'une manière plus instructive, eu étendant au foyer du microscope la mince membrane natatoire de la patte d'une grenouille , ou la membrane de l'aile d'une chauve-souris vivante. On voit alors comment le sang marche dans les vaisseaux les plus déliés , dont le calibre est déjà devenu assez petit pour ne permettre le passage que d'une seule ou de quelques-unes de ces particules non dissoutes à la fois, et l'on reconnaît en môme temps qu'elles se tournent tantôt sur un côté, tantôt sur l'autre; que, par conséquent, elles doivent être non sjihériques, mais aplaties. On a donné à ces corpuscules le nom de globules de sang.

Les globules de sang ont été découverts par Leuwenhoeck , et ensuite observés par Hartsoeker, Hewson, Home, Wollaston, Young, Dumas et Prévost, etc. On crut d'abord qu'ils étaient formés uniquement par la matière colorante ; mais, en 1813, Thomas Young fit voir qu'on peut les séparer totalement de cette matière colorante, et que ce|)endant ils n'en continuèrent pas moins ensuite de nager isolés tant dans le sérum que dans l'eau pure.

Home, qui a ensuite examiné les globules du sang, croit avoir remarqué qu'ils sont composés d'une molécule de fibrine incolore , entourée d'une pellicule de matière colorante rouge, et que quelque temps après qu'on a tiré le s;ins du corps, celte inatièro

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colorante cesse d'envcloppor do toutes parts la tibriiio, dont les ij;lobiili'S s'attirent alors par les points ([u'ello laisse h (kV'Ouvert, s'attaclieiit les uns aux autres, et se prennent en une masse cohérente. Dumas et l'revosl, à qui l'on doit les reclierclics les |ilns récentes sur les yl()l)ules du san^', ont constaté d'une manière satislaisanto les résultats do celles de Home, et ils nous ont appris en uiômc temps Ji connaître les ditl'éreuces que les globules présenleut chez tlivers animaux. Ilssont pres(iuesphéri([ues eliczles maunnifùres, elliptiques cliez les oiseaux ctlesauimaux Tertébrés à sang froid. Hewson croyait avoir observé au milieu de leur [)artie su|)érieure, une élévation, dont Prévost et Dumas parlent aussi, mais Young décrit une alternative de lumière et d'ombre, qui indique, au contraire, une dépression, ajoutant toutefois qu'il est possible, dans un corps translucide de la petitesse d'un globule de sang, que ce soit là l'etlet d'une illusion d'optique, et que la surface soit réellement unie. Dumas et Prévost ont trouvé les globules du sang d'une inégale grosseur dans une même espèce animale ; Young a remarqué que leur volume était variable dans les raies. Leur grosseur varie considérablement chez des animaux d'espèce différente. Parmi les mammifères qu'on a examinés sous ce rapport, la chèvre est celui qui a les plus petits, et un singe appelé simia callttriche, celui qui a les plus gros. En général, ils sont plus volumineux chez les animaux à sang froid que chez ceux à sang chaud. Les grenouilles et les tortues terrestres sont les animaux chez lesquels on a trouvé les plus gros. Suivant Hewson, ces globules sont plus gros dans le fœtus et le nouveau-né que dans l'adulte , ce que Dumas et Prévost ont confirmé aussi chez riiomme. On croit trouver dans cette circonstance la cause qui fait que la transfusion, c'est-à-dire le transport du sang d'un animal dans le corps d'un autre animal, dont on laisse écouler le sang, entraîne ordinairement la mort au bout de quelques jours. Les volumes assignés aux globules du sang ne sont point parfaitement certains. Les mesures de Young et deKater, qui sont celles auxquelles on doit accorder le plus de confiance, leur assignent depuis j^ jusqu'à -î^de millimètres chez l'homme; et les deux physiciens ont employé des méthodes différentes pour arriver à ce résultat. Dumas et Prévost, qui ont pris leurs mesures d'après la méthode de Kater, ont trouvé que la grosseur des globules du sang chez l'homme était do ffô" de millimètre, par conséquent double de celle que leur assigne Kater. 11 est digne de remanjue que, suivant Dumas et Prévost, le diamètre de la molécule de fibrine, dépouillée de sa matière colorante , s'élève toujours à j^i do millimètre, c'est-à-dire qu'il était précisément égal à celui que les molécules appelées organiques ont, d'après Miine Edwards.

Lo sang est passablement épais', quoique les particules qui y sont tenues en suspension passent au travers du filtre cle jiapier. Sa

pesanteur spécifique et de 1,0527 à 1,057, a 15". Sa saveur est salée et en môuK! temps nauséabond(!. lia liue'odeur |)articulièro, (pii varie un peu chez les divers animaux, et qui, en général, est plus prononcée dans les individus du sexe masculin. Le sang artériel ou veineux qu'on tire des artères ou des veines d'un animal vivant, et qu'on reçoit dans un vase, se coagule au bout d'un laps de temps plus ou moins long, et se prendra en une masse cohérente, semblable à do la gelée, qui peu à peu revient sur elh^-mème, et exprime un liquide limpide, jaunAtre, jiarfois tirant un ])eu sur le vert, dans lecpiel finit par nager le caillot réduit à un volume bien moins considérable. Home admet que, dans cette opération, la matière colorante, au lieu de former une enveloppe qui embrasse la fibrine de toutes parts , s'applique autour d'elle en manière d'anneau, ce qui permet aux globules fibrineux d'adhérer les uns aux autres, et d'em|irisonner entre eux la matière colorante. Dumas et Prévost n'ont pas constaté que cette disposition sous la forme d'anneaux ait réellement lieu; mais ils admettent du reste, avec Home, que la coagulation du sang tient à ce que la fibrine tenue en suspension dans ce liquide se réunit en une masse cohérente. D'après eux, par conséquent, la fibrine n'est qu'en suspension dans le sang, et il n'y en a aucune portion qui se trouve à l'état de dissolution. Cependant cette opinion ne paraît pas avoir pour elle l'autorité de l'expérience; car le liquide incolore que charrient les vaisseaux lymphatiques, c'est-à-dire la lymphe, ne contient pas, que nous sachions, de globules en suspension, ce qui n'empêche pas qu'il se coagule exactement comme le sang, et qu'il dépose un caillot incolore. Mais, si ce liquide, séparé du sang par une espè'ce de-filtration, contient la fibrine dissoute, cette dernière est assurément aussi en partie à l'état de dissolution dans le sang; la coagulation consiste alors en ce que la fibrine dissoute se sépare et emprisonne les globules.

Lorsque l'on tire du sang du corps d'un animal pendant un froid rigoureux , de manière qu'il gèle promptement , il prend la forme solide, sans préalablement se coaguler, et on peut le conserver ainsi gelé sans qu'il subisse d'altération; mais, en redevenant liquide, il se coagule. Si l'on examine au microscope, pendant qu'elle se coagule, une goutte de sang qu'on a laissé tomber sur un verre, on voit se manifester dans son intérieur des mouvements en quelque sorte de contraction et d'extension, qu'on a été tenté de considérer comme un phénomène de vitalité, d'autant plus qu'ils sont activés par un courant hydro-électrique à travers la goutte de sang. Mais ces mouvements ne sont que le résultat de la fticuité dont les molécules de la fibrine jouissent de se rapprocher les unes des autres, et de finir par se coaguler. Quand on fait tomber du sang goutte à goutte dans de l'eau, la matière colorante se dissout, et les globules de fibrine nagent incolores dans le liquide ; mais le sang ne

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se coagule point, parce que la fibrine dissoute est maintenue par la liqueur étendue à l'état de dissolution. Lorsqu'on remue le sang pendant qu'on ]i' tire de suite, comme jfs bouchers sont dans l'usage de le faire, la coagulation s'exécute d'une tout autre manière; la fibrine se rassemble en grumeaux autour du corps dont on se sert pour battre le sang; et ce dernier, qui ne se coagule pas, conserve parfaitement son aspect primitif : mais si on l'examine au microscope composé, on n'y découvre plus de globules, et l'on n'y aperçoit que de petits corpuscules indissous, rouges et brisés, qui nagent au milii^u d'un liquide jaune. Ces corpuscules sont des parcelles de l'enveloppe de matière colorante, et, quand on filtre la liqueur, ils passent à travers le papier; mais si l'on conserve le sang pendant plusieurs jours à la température de zéro, ils tombent lentenn'nt au fond du vase, et le liquide qui les surnage s'éclaireit quoique cependant il conserve parfois encore une teinte rougeâtre, provenant d'une petite quantité de matière colorante qui s'y trouve dissoute.

Pour faire une analyse exacte du sang, il faudrait que l'on pût séparer les globules en suspension du liquide dans lequel ils nagent ; mais la chose est impraticable, et l'on doit se contenter de la séparation des parties constituantes du sang, telle que l'eirectue la coagulation spontanée. La masse contractée ei nageante qui se forme ainsi, est connue sous le nom de cnior {crassamentum sanguinis), et le liquide ilans lequel elle nage porte celui de sérum [sérum sanguinis).

Cette séparation s[)ontanée des globules rouges qui étaient en suspension dans le sérum du sang peut fournir le moyen d'apprécier, dans les sangs des différents animaux , la quantité pondérale de globules comparativement il celle du sérum. C'est ce qu'il est facile de faire en pesant le sérum qui provient d'une masse connue de sang, ainsi que le caillot, desséchant l'un el l'autre pour évaluer la proportion respective d'eau qu'ils contiennent, et considérant que l'eau qu'on trouve dans le caillot est due h une portion de sérum qu'il retenait, de manière qu'en défalquant le poids qui représente ce dernier du caillot, on aura le poids véritable des globules.

C'est en opérant ainsi que MM. Prévost et Dumas sont parvenus à estimer ce rapport pour le sang d'un grand nombre d'animaux.

D'après eux, le sang de l'homme contient, sur 10,000 parties, 129-2 de globules ; celui de cliien 12.'i2 ; celui de pigeon lo57 ; celui de la pie 9.J8 ; celui de clieval 920 ; celui de la grenouille ()90 ; celui de l'anguille GOO. {Annules de Chimie, tom. XVII el WIII.)

Le sérum du sang aune couleur jaune léson odeur est fade et Sa saveur

est salée ; sa densité moyenne est de 1,028 : il ramène au bleu le, papier de tournesol rougi par une portion de soude qu'il contient à l'état de liberté. Exposé à l'action de k chaleur, il commence à se coaguler à ea-

gèrement verdâtre

analogue h celle du sang entier

viron 70", se mêle en toutes (iroporlions avec l'oau ; l'alcool le coagule , ainsi que l'infusion de noix de galle, les acides et le deutochlorure de mercure. Tous ces effets sont dus à l'albumine qu'il contient.

Les quantités de principes contenues dans le sérum peuvent être facilement évaluées en évaporant à siccité ce liipiide, pesant le résidu pour estimer la proportion d'eau , et traitant celui-ci par l'eau et l'alcool, qui dissoudront les portions solubles et laisseront l'albumine coagulée.

Berzelius a trouvé ciuo 1,000 parties de se- , rtmi du sang humain ont donné : eau 903, albumine 80, lactate de soude et matière extraetive soluble dans l'alcool k , chlorure de sodium et de potassium 6, phosphate de soude 1, et matière animale 4.

Indépendamment des principes énoncés ci-dessus, le sérum renferme trois matières grasses qu'on peut en séparer en le coagulant (l'abord par l'alcool froid, et faisant bouillir ensuite l'albumine ainsi coagulée avec de l'alcool. Par réva|ioration de l'alcool, on obtient une matière grasse, blanche, qui, suivant M. Chevreul , est de la même nature que celle qui existe dans le cerveau. Celte matière crasse , cristallisable, qui se trouve avec la fibrine retirée du sang, contient du phosphore au nombre de ses éléments ; car lorsqu'on la calcine à l'air, elle laisse un charbon qui renferme de l'acide phosphorique ; 2" un peude eholestérine identicjue avec celle de la bi'le ; 3" une autre matière grasse, blanche, fusi'ble à -|- 36 centigr., insoluble dans les solutions alcalines, se rapprochant de la eholestérine par sa propriété de rougir par l'acide sulfurique , et que M. Félix Uondet a désignée sous le nom de sérotine ; enfin une petite quantité d'acide margarique et oléique , xniie à la soude ou à l'état de savon , la découverte de ces ditférents principes dans le sérum du sang vient confirmer l'opinion de quelques physiologistes, qui admettent que le sang renferme tous les principes immédiats des sécrétions et des tissus.

Le caillot du sang, qui est la réunion des globules rouges, est composé de fibrine , do matière colorante , et im[)régné d'une certaine quantité de sérum. La séparation de ces principes se fait comme nous l'avons indiqué en traitant en particulier de chacun d'eux.

D'après ce que nous venons d'exposer sur la composition du sang, son analyse consiste : i" à abandonner le sang à lui-même pour opérer sa sé[)aration en sérum et en caillot ; 2" à examiner le j)remier suivant le mode indiqué, afin d'ajiprécier la quantité d'eau, d'albumine et de substances fixes qu'il renferme ; 3° à diviser le caillot en |3lusieurs portions, de manière à pouvoir estimer sur l'une la quantité de fibrine en lavant celle-ci dans un nouet de linge, et sur une autre la |)ro|)ùrtio:i de )natière colorante , en absorbant j)ar dupajiier tout le sérum qu'elle con tient, la faisant sécher, et soustrayant de sou

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poids celui tlo la fibrine dessécliÔo qui doit s'y trouver.

Nous ut' [louvoiis toulctois dissiinulor quo rotlH ih'fiiit'i'i' piulKf (lu |irnri^(l('S '[ui est toute uu''c;uni|LU', ne peu! foui'iiir do r(''sultiits (jXHi'ts, eac une portion de nialièro coloraiile est enirainée en ahsoiijanl le séi'uni j)ai' le i>n|iiei-. Il seiail |ieul-ètie |ilus convciiaiile du desstVilier le caillot , couinie l'ont i)rati(in(j M.M. Prévost ot Dinnas, pour évaluer la (luantilé de sérum (ju'il contient et celui des globules, et sousliairc du ces derniers le poids do la libiinu desséchée.

C'est d'après les [)rincipus exposés cidessus que M. Lecanu a soumis h l'analyse le caillot du sang veineux, et a obtenu le résultat suivant : eau 780, IVa, librinu 2,100, albumine 05,090, liémaclironie 13;}, 000, matière grasse cristallisalde 2,'i-30, matière huileuse 1,310, matières extractives solubles 1,700, albuunne combinée à la soude 1,2(13, chlorure de sodiuu), chlorure de iiotassium, carbonate de soude, phosphate etsulfate8,37, carbonate de chaux, phos])hate de cliaux et de magnésie 2,100.

Les propriétés du sang, telles que nous les avons établies , a|ipaitieiinent au sang veineux chez l'homme et les animaux à .sang chaud : le sang artériel contient les mômes éléments que le sang veineux et à peu près dans les mêmes [iroportions ; sa diU'érence parait résider dans sa matière colorante qui a éprouvé l'action de l'air dans les poumons; mais est-ce là co qui diiïérencie seulement le sang artériel du sang veineux? Non, sans doute ; sa température est d'un degré plus élevé ; et, suivant .M.M. Prévost et Dinuas, il renferme plus de globules rouges quo le, sang veineux. Le rapport des globules du sang artériel chez le mouton est à celui des

SAN ir.io

globules du sang veineux :: 035 : 861. I,a diirérence bien pi'ononcée est fclUs rpii résulte de l'analyser élémentaire des sangs artériel et v(Mn(Mix, |)ar MM. Macaire et Marcel; ces chimistes ont démo'itié que le sang veineux était j»lus caiboné et moins oxygéné dans les rapports suivants :

Sang artériel. Sang veineux.

Carlmne 50,2 55,7

Azote 10,3 10,2

Ilydiogc'iie .... 0,6 O.G

Oxygà.c 20,5 21,7

( Voyez Annales de chimie ci de physique , 1832, tome Ll.)

Les modifications que le sang éprouve selon les ;1ges, les espèces et les ditl'éi entes maladies n'ont encore été (juc peu étudiées, quoiqu'elles soient de nature à intéresser les physiologistes et les médecins : 1* Fourcroy a remar(iué que le sang de fœtus humain ne contenait que ])eu ou point de fibrine ; 2° M. Collard de Martigny a annoncé que, dans l'ab tinenee d'aliments, le sang renfermait moins de librine et d'albumine. M. Lecanu a observé, do son côté, quo la proportion de sérum variait dans le sang d'individus de sexe et d'Age ditl'érents, dans le sang d'individus du même sexe mais d'âge dilférent. Elle est en général plus grande dans le sang de femme que dans le sang d'homme. D'un autre côté, M. lo docteur Denis était arrivé, dans un travail antérieur, aux mômes conclusions.

Dans les animaux, le sang présente quelques dilférences d'une espèce à une autre , dans le rapport des éléments organiques comme le prouvent les résultats suivants, extraits de l'ouvrage publié par M. Denis en 1830.

Noms

des

animaux.

Quantité Proportion Proportion Proportiow (J'eau de lihriiie d'all)iiiniiie d'iiéiiiacliroine

sur 100. sur lUO. sur 100. sur 100.

Chien de 3 mois, sang artériel.

Chien de 3 mois, sang veineux.

Bœuf, 2 .ins.

\e.'iu, 3 semaines.

Cheval, i ans.

Cheval, 0 ans.

Poulet, 5 mois.' Poule, 1 an.

L'examen du sang, dans certaines maladies, n'a appris que jieu de chose. MM. Parmentier et Deyeux ont soumis à l'analyse lo sang des personnes atteiales de maladies intlammatoires, de scorbut et de lièvre putride. Dans le premier cas, le sang se recouvre d'une couenne formée de librine, mais ce caractère est loin d'être constant; dans le second, le sang a une odeur particulière et se coagule moins facilement; dans le troisième, il se forme rarement une couenne. Ces résultats laissent trop à désirer pour qu'on puisse y compter.

Dans ([uelques circonstances rares et qui n'ont pas été bien appréciées, on a tiouvé dans les veines, chez riiomme, m» sam/ blanc, d'un aspect laiteux, et qui paraît dépourvu de toute matière colorante. M. Ca-

ventou, d'après l'exaiuen cju'ii en a fait, a reconnu qu'il était neutre, non coagulable spontanément, coagulable par la chaleur, différent sous plusieurs rapports de l'albumine ordinaire. Un fait analogue a été observé par M. Lassaigne en 1831 sur le sang d'une ancsso, qui avait succombé à la suite d'une métrito, peu de temps après le port; le sérum blanc et opaque comme du lait contenait une très-grande quantité de matière grasse blanche (cérébrine), et aucun des éléments du lait, comme sa couleur blanche pouvait le faire supposer. M. Christison, en 1830, et M. Locami ont démontré que l'aspect laiteux du sang veineux était di1 aussi îi une grande proportion do matières grasses.

15)1 SAN

SANG, ses éléments constitutifs. Voy.

Alime-vts.

SANG BLANC. Voy. Sang.

SANG (alimentation). — Le sang a de nombreux usages dans les arts et l'économie domestique. C'est une matière alimentaire fort importante, surtout celui du cochon. On préi)are, en Suède, pour les gens peu fortunés, un pain très-nutritif avec le sang des animaux, de boucherie et la pâte ordinaire de farine de blé. En Italie, les pauvres font communément usage de sang qu'on expose en vente dans des poêlettes analogues à celles dont on se sert pour la saignée.

Le boudin qu'on prépare avec le sang de cochon, et en général tous les aliments dans lesquels il entre du sang d'animaux, acquièrent des propriétés vénéneuses par leur altération et leur trop longue conservation. Beaucoup d'empoisonnements ont été occasionnés par l'usage de ces mets gâtés. Les anciens connaissaient cette propriété délétère du sang altéré, et ils la mettaient à profit pour l'exécution des criminels. L'histoire rapporte que Tanyoxarcès, Midas, Thémistocle et Annibal furent empoisonnés par ce moyen. Il est donc très-important de faire attention au choix des aliments, surtout ceux qui sont d'un usage journalier, en raison de leur bas prix. Ce sont surtout les Tiandes fumées, les saucisses, les couennes de lard, le fromage d'Italie, le jambon, le bœuf gras salé, les pâtés de jambon, et toutes les autres préparations des charcutiers, qui sont plus susceptibles de devenir vénéneuses, lorsqu'elles commencent à se corrompre ou qu'elles sont arrivées à un certain degré de vétusté. En 1839, dans une fête populaire, aux environs de Zurich, plus de six cents personnes furent empoisonnées par du veau rùti froid et du jambon qui étaient altérés par une putréfaction commençante; beaucoup périrent. En 18i2, dans le Wurtemberg, huit individus éprouvèrent les mômes symptômes d'empoisonnement par l'usage de boudin gâté; trois d'entre eux moururent en quelques jours. Lachairdesanimauxsurmenés, épuisés defatigue ou frappés de terreur; surtout quand ils sont naturellement très-craintifs, comme le daim, le chevreuil, le lièvre; la chair des animaux morts de maladies charbonneuses, déterminent aussi des accidents graves et souvent la mort, quoique les caractères physiques et chimiques de ces aliments ne décèlent aucune modilicalion appréciable de texture ou de composition, aucun principe toxique.

SANG-DRAGON. — Cette résine s'extrait pai" incision du pterocarpus santaliniis du dracœna draco et du fruit nulr du calainus rotang, qui en est enveIo|)pé. Elle est do qualité variable. La meilleure se présente sous forme de morceaux ronds, du volume des noix muscades, qui sont entourés de feuilles de roseau. Elle est d'un lu'un foncé, et donne par la trituration une poudre rouge de .«au'i.

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