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Le sang-dragon était autrefois employé en médecine. Aujourd'hui on s'en sert uniquement pour donner une belle couleur rouge et transparente aux vernis.
SANTAL. Voy. Couleurs véuétales, § 1.
SAPHIR. — C'est, après le diamant, la pierre précieuse la plus estimée. Les plus beaux saphirs se trouvent dans les Indes orientales, et particulièrement dans le royaume de Pégu et dans l'ile de Ceylan ; on le rencontre aussi en Bohême, en Saxe et en France, au ruisseau d'Expailly. C'est dans un terrain d'alluvion, dans le voisinage des roches de formation secondaire ou de trap secondaire qu'on le découvre. Les principales couleurs du saphir sont le bleu et le rouge; ses variétés sont le blanc, le vert, le jaune, etc.; il est le plus souvent cristallisé; ses cristaux sont d'une petite dimension; leur forme primitive est un rhomboïde, dont les angles alternes sont de 86 et de 9îi.. M. Bournon a décrit huit moditications de cette forme ; il parait cependant que ses formes ordinaires sont une pyramide à six faces parfaites ; une pyramide à six faces, double, aiguë, etc. Le saphir est d'un éclat se rapprochant de celui du diamant ; il tient le milieu entre le transparent et le translucide; il jouit d'une réfraction double, a une cassure conchoïde, est cassant, le plus dur de tous les corps après le diamant, d'un poids spécifique de i à 4,2, électrique par le frottement, et conservant pendant plusieurs heures son électricité, n'en acquérant plus étant chauffé ; il est infusible au chalumeau.
Variétés du saphir. — 1° Les blancs sont très-rares ; sans la différence de leur éclat, on pourrait les confondre avec le diamant ; cependant, quand ils sont coupés, ils sont presque aussi éclatants que lui; ces variétés et celles d'un bleu pâle, par leur exposition à la chaleur, deviennent d'un blanc de neige ; 2° les variétés de la plus grande valeur sont celles cramoisies et d'un rouge carmin : c'est le rubis oriental des joailliers, qui diffère beaucoup ii\X7-ubis ordinaire ; 3° le corindonvermeil ou vermeil oriental, rubis calcédonien. Au lieu de la belle couleur des rubis d'Orient il a un aspect laiteux, semblable à celui des calcédoines ; 4° après le rubis oriental, la variété constituant le saphir bleu est la plus estimée ; c'est le vrai saphir oriental, il est très-rare. Après celle-ci vient la jaune ou la topaze orientale, qui est celle qui a le jilus de valeur ; enfin la variété violette, ou l'ainéthiste orientale, tient le troisième rang ; 5° il est aussi une autre pierre connue sous le nom d'astérie ou pierre étoile parce que, vue au soleil, en la tournant sur elle-même, elle offre l'image d'une étoile dont le centre est au milieu de la pierre. C'est une trèsbelle variété du saphir; elle est, en général, d'un beau violet rougeâtre, avec un éclat opalescent, ayant la forme rhomboïdale h sommets tronqués.
Les saphirs sont susceptibles de prendre un très-beau poli. On les taille avec l'égrisée ou poudre de diamant ; ou les polit avec de
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raiinnnt; oiunilloroiix (lui sont connus sous le nom dt^ vrais rubis en brillanl.
Les .saphirs sont très-rocherrlii^s. Comnio les diamants, ils paiaissent avoir une viileur intrins(\iue : ainsi im saphir orient.il de 10 carats peut valoir 1200 l'r. ; un sajihir do 20 carats, de 4500 h 5000 l'r. ; au-dessus de ce poids, il n'est point de rèj^le tixe ; au-dessus de 10 carats on peut les estimer à 12 t'r. le |>remier carat, uuiltiplier le nombre des carats l'un par l'aulre et le jiroduit par douze, le produit sera le prix du saplur. Le plus beau saphir est celui du Jardin dus Plantes; il est de forme rhomboidale dont le plus grand côté k 3 centimcMres 3 millimètres.
SAPIN et PIN. Yoy. Corps gras.
SAPONINE. —Cette substance particulière a été extraite et isolée par M. Bussy, de la racine de saponaire d'Egypte; elle se trouve également dans la saponaire officinale, l'écorce de quillaia saponaria, et dans les fruits du marronnier d'Inde.
On l'obtient de la décoction alcoolique ae la racine de saponaire pulvérisée ; elle s'en précipite par le refroidissement pour la plus grande partie.
La propriété qu'a la saponine de donner à l'eau de la viscosité et de la rendre mucilagineuse, explique l'usage qu'on fait dans l'Orient de la décoction de la racine de saponaire pour laver et nettoyer certains tissus de laine et de cachemire.
SARCOLITE. Yoy. Hydrolite.
SARDOINE {calcédoine jaune ou cornaline faune de Werner). — Sa couleur varie beaucoup ; elle est d'un jaune orangé ou de bistre, olfrantdes nuances depuis le jaune brun foncé jusqu'au jaune brunâtre orangé ; on en trouve aussi d'incolores et d'autres dites sablées, l)arce qu'elles sont parsemées de pointes opaques d'une couleur plus intense. La cassure des sardoines est lisse et sans petites écailles comme dans les calcédoines. Les sardoines sont employées à faire des bijoux, ainsi que des camées.
SATURATION. — Ce mot s'applique particulièrement à la combinaison d'un acide avec une base ou réciproquement, de telle façon que les propriétés de l'un et de l'autre corps sont effacées dans le composé (sel) auquel ils ont donné naissance. En ce cas, saturation est à peu près synonyme de neutralisation.
SAURAGE DES HARENGS. Voy. Conservation DES MATIÈRES ORGANIQUES.
SAVONS. - La saponitlcation est une opération qui a pour but dejransformcr les corps gras en savons : cette opération est connue de toute antiquité. Pline fait mention du produit sous la nom de sapa. Galien assure que les Gaulois, et surtout les Germains préparaient d'excellent savon, avec des cendres et du su:f. Ce qu'il y a de certain, c'est que les Romains connaissaient l'art de le fabriquer, puiscju'on a découvert dans les ruines de I ancienne ville de Pompéia, qui fut ensevelie sous les cenditfs du Vésuve en l'an 79 do
I ère chrétienne, \m atelier complet dosavoniieiie, avec ses dill'éicnls ustensiles et des ba(|uets pleins de savon évidenuiient f(U'mé |>ar la combinaison de l'huih' avec un alcali, L(ï savon était dans un état [iarfait de conservation, quoique répo(iue de sa ]>réparation diU remonter h jilus de 1700 ans. HerthoUet fut le premier chimiste qui examina, d'une manière superlicielle, la théorie de la saponilication ; il crut que tous les cori)s gras étaient acides et jouissaient de la propriété de s'unir aux bases. Scheele, en faisant agir l'oxyde de plomb sur la graisse pour |>réparer l'enqilAtre simple, observa la foruiation d'une matière particulière (glycérine). On ])ensait généralement que l'air jouait un rôle dans la saponification.
Les ctioses en étaient là lorsque M. Chevreul
abordace sujet ; ilconsacra à l'étude des corps gras dix années do sa vie, et fit le travail le plus complet que la chimie possède.
Préparation. — Si l'on mêle 2 parties d'huile d'olive avec 1 partie d'hydrate de potasse ou de soude dissoute dans deux fois son volume d'eau, et qu'on fasse digérer le mélange pendant 24 à 48 heures, en le remuant de temps à autre, l'huile se combine avec l'alcali, et l'on obtient du savon qui vient surnager à la surface de la dissolution. Quoique ce savon soit par lui-même soluble dans l'eau, il se sépare néanmoins d'une liqueur saturée jusqu'à un certain point d'alcali caustique. Dans le cas dont il s'agit ici, la liqueur alcaline est produite par l'eau et l'excès d'alcali caustique.
Si l'on enlève le savon, qu'on le lave pour le débarrasser de l'excès de la lessive adhérente, qu'on le dissolve dans l'eau et qu'on le décompose par l'acide hydrochlorique, celuici met en liberté une graisse demi-solide qui vient nager à la surface de la liqueur. Cette graisse n'est plus de l'huile d'olive, elle se dissout complètement dans l'alcool bouillant, et la solution laisse déposer pendant le refroidissement des paillettes brillantes d'une graisse qui rougit le papier du tournesol, et possède toutes les propriétés d'un acide. En évaporant la dissolution alcoolique on obtient une nouvelle quantité du même acide gras, et à la fin le résidu de la dissolution évaporée donne une graisse acide qui est liquide. Cette dernière est de l'acide oléique. Si l'on recueille à part les produits de la première et de la dernière cristallisation de la graisse acide, solide, dissoute dans l'alcool, et provenant d'un savon fait avec une graisse trèsriche en stéarine, qu'on redissolve ces cristaux et qu'on les fasse cristalliser séparément, on obtient des cristaux qui se ressemblent beaucoup par leur aspect, mais qui jouissent d'une fusibilité différente, d'où l'on peut conclure qu'ils diffèrent les uns des autres. Le produit de la première cristallisation, oui est lo moins fusible, a reçu le nom d'aciae stéariguc, et celui de la dernière est appelé acide margariquc. Ainsi, par l'action de l'alcali sur la graisse, il s'est formé trois acides qui doivent être rangés parmi les graisses ou les huiles relativement à leurs propriétés physiques,
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et qui appartiennent en même temps aux aciJcs par laiipoit à leurs réactions et à leurs tendances à se combiner avec les bases salifiables ; on leur a donc donné le nom généri(pie d'acides rjras. En outre, M. Chevreul a démontré qu'il ne se forme ni acide acétique ni acide carbonique pendant la saponitication.
Les acides gras ne sont pas les seuls produits do la saponification. Si l'on sature l'eaumère alcaline d'où le savon s'est séparé, aussi exactement que possible par l'acide sulfurique étendu, qu'on évapore la liqueur jusqu'à ce qu'il commence à se déposer un sel, et qu'on môle le résidu avec de l'alcool, celui-ci précipite du sulfate de potas'sc ou de soude, et laisse, après la ûltration et l'évaporation, un siroji doux, que l'on appelle glycérine ou principe doux.
Toutes les huiles végétales grasses, ainsi que le suif et les graisses animales, sont transformées par la saponitication en acide gras et en glycérine ; la différence qui existe dans leur composition n'influe sur le résultat de la réaction qu'elles présentent avec les alcalis, qu'eu ce que le rapport dans k'(juel ces acides gras se trouvent, soit entre eux, soit avec la glycérine, se trouve changé. Du reste, ces acides et la glycérine paraissent être de la même nature, quelle que soii l'huile qui a servi à leur production.
Théorie de Ja saponiftccition. — Pour donner une idée nette de la saponification, nous allons choisir un corps gras pur, la stéarine par exemple.D'aprèslesaualysesdeMM.Liebiget Pelouze, elle est coirj|)osée de 146 atomes de carbone, 28G atomes d'hydrogène et 17 atomes d'oxyi^ène; la stéarine correspond à 2 atomes d'acide stéarique, 1 atome de glycérine et 2 alomes d'eau. Comme hydrate "d'un acide, cette combinaison est parfaitement semblable à l'acide sulfo-glycérique ; deux atomes d'acide sulfurique y sont remplacés par deux atomes d'acide stéarique, et elle contient d'ailleurs exactement la môme quantité d'eau de combinaison qu'un atome d'acide stéarique libre.
La stéarine est décomposée par les alcalis, en acide stéarique et en hydrate de glycérine. Si trois atomes d'eau se tîxent dans cette réaction sur les nouveaux produits, savoir : deux atomes sur un atome d'acide stéarique et un atome sur l'atome de glycérine, le calcid indique que 100 parties de stéarine devraient donner une somme totale de 102,3, dont 7,9 en liydrate de glycérine (glycérine libiei. Les ex[)ériencesde M. Chevreul présentent une concordance frappante avec ces calculs. De 100 parties de stéarine (fui devaient contenir encore une quantité sensible d'oléine, si l'on en juge par son point de fusion et celui de l'acide gras obtenu en la saponitiant, M. Chevreul a retiré 102,6 de produits dans lesquels la glycérine entrait jjour 8 parties.
MM. Liebig et Pelouze admettent, d'après des faits exposés ci-dessus, que la stéarine
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doit être considérée comme l'hydrate d'un acide composé d'acide stéarique et de glycérine.
Deux hypothèses principales ont été avancées sur la composition intime des corps gras purs. La première consiste à les regarder comme des combinaisons d'acides gras et de glycérine à l'état anhydre, la glycérine remplissant les fonctions d'alcali, mais étant susceptible d'être remplacée par un alcali plus puissant qui la déplace sons l'influence de l'eau nécessaire à sa formation à l'état d'hydrate. La seconde hypothèse consiste à regarder la glycérine et les acides gras comme n'étant pas tout formés dans les corps gras, mais se produisant sous l'influence de l'eau et des alcalis aux dépens des éléments de l'eau et des corps gras. La vérité de l'une ou de l'autre hypothèse ne peut être démontrée, et l'une ou l'autre expliquent également les faits; elles ont toutes les deux des analogies dans les transformations organiques.
Préparations des savons. — Ou distingue dans le commerce deux espèces principales de savon, les verls ou mous, les blancs ou durs. On prépare le savon vert en saponitiant l'huile de chènevis et le suif par la potasse caustique. M. Thénard l'a trouvé composé de 9,5 de potasse, '*k d'acide gras et 4-6,5 d'eau. Le savon dur se [iréparo de deux manières : 1° avec l'huile d'olive et la soude ; 2" avec le suif ou la graisse et la soude ; on nomme ce dernier savon animal. Pour préparer les savous à base de sou(.le, en France, on emploie immédiatement de la soude à l'état de lessive faible, puis à l'état de lessive plus forte pour saponifler l'huile à l'aide de l'ebullition. Quelcj,uefois ou prépare d'à bord du savon de potasse, puis on transforme celui-ci en savon dur en le décomposant par le sel marin en poudre Une ; il s'opère alors une double décomposition.
On prépare du savon de toilette dur, transparent, en saponifiant de la graisse de rognons par la soude exemjito de sels étrangers, en desséchant le savon ainsi obtenu, le dissolvant dans l'alcool, flitrant et évaporant la dissolution, et le coulant dans des moules dès qu'elle est assez concentrée.
Le savon marbré est un mélange de savon blanc en grande proportion et d une petite proportion d'un savon à base d'alumine et d'ox\de de fer mêlé de sulfure de fer, qui proviennent de la soude employée. Les savons renferment tous de l'eau, mais non en égale jiortion. Trè|,-souveiit les fabricants cherchent à y en introduire la plus grande (juantilé possible , afin d'augmenter leur poids, ils réussissent très-bien pour le savon blanc, qui peut en recevoar des quantités assez considérables ; mais il n'en est pas de même pour le savon marbré, qui ne peut en admettre qu'une proiiorlion h\e, au delà de laquelle la marbrure la dépose. Voici les proportions d'eau contenues habituellement dans les savons du commerce :
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Soiiilo OH potasse.
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Savon inarbro.
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Blanc.
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rLMilcrmu uioiiis sous lo iiithuc
Sous lo point do vue 6conomi(jue , il est
ilotic [irofi'rabli! d'aihelor du savon marbrcS
ou lie Marseille, |iuis(iu'il '' " ■••■-'
d'eau que le savon blane, poids.
L'cmphllre siiiqjle des pharmaciens est un vi^rilnble savon à base de protoxyde de plomb.
Le savon est un article commercial de la jilus grande importance.
On rencontre dans .le commerce idusieui'S es|ièces de savon dur, savoir : 1" du savon blanc, du savon d'Espayne, ou du savon français, espèces préparées avec de l'huile d'olive et de la soude ; 2" savon marbré, appelé aussi savon de Venise, préparé avec les mêmes ingrédients, renfermant du fer qui s'y trouve dès l'origine à l'état de sulfure, ou (jue l'on y ajoute à l'état de sulfate; y ' savon dit russe, également blanc, et que l'on prépare avec du suif et de la potasse; 4" savon transparent, préparé en saponiliant de la graisse de rognons par la soude exempte de sels étrangers, desséchant le savon ainsi obtenu, le dissolvant dans l'alcoool, filtrant et évaporant la dissolution, et la coulant dans des moules dès qu'elle aatteiut un certain degré de concentration : ce savon est jaune ou jaune brunâtre , conservant sa transparence après la dessiccation; 5° savon de palmes, préparé avec l'huile de palmier et la soude : il est jaune et doué d'une odeur de violettes très-agréable; 6" enfln plusieurs autres espèces de savons, dont on trouve la description dans les ouvrages spéciaux.
« Le savon est employé au blanchissage, au foulage du drap, en médecine et en pharmacie. Le savon mou est ))lus propre au lavage que le savon dur, parce qu'il contient ordinairement un peu plus d'alcali. On s'en sert pour laver le linge grossier et dans le foulage du drap. Le savon dur, au contraire, est employé pour laver le linge lin, les tissus de coton et de soie. Dans le lavage, le savon agit de deux manières : 1° Il forme une dissolution émulsive avec les corps gras qui se trouvent sur l'étoffe, et qui se dissolvent ainsi dans l'eau de savon. 2° En vc( tu de la facilité avec laquelle les sels dissous, qui constituent le savon, abandonnent leur alcali, qui, mis en liberté, réagit sur les impuretés qui salissent l'étolïe, ces im- [)uretés s'unissent avec l'alcali pour donner naissance à des combinaisons qui se dissolvent ou cessent d'adhérer à l'étott'e ; en même temps une (juantiié de savon proportionnelle à la quantité d'alcali devenue libre, passe à l'état de bi ou de quadri-oléates et margarates. Dans ce dernier cas, les acides gras ne contribuent en aucune manière au lavage, parce qu'ils se sé|iarenl; c'est l'alcali seul qui agit. On i)ourrait donc dire que les alcalis seraient dans le lavage d'uu emploi
plus économique que le savon; mais, h l'état de carbiinalcs, ils dissolvent moins bien les iin[)uretés, pan'e ipi'à la ti'inpératuro ordinaire le (légagemcnl de l'acide carbiiniquo s'opère moins facilement que lu décomposition (II! l'oléalo neutre. Si, au conliaire, on emploie de la potasse caustique, celle-ci réagit sur le linge même, qui en est détruit, ou du moins forlemenl altaipié par le lavage réitéré avec une lessive caustique étendue. A une temiiératuro très-élevée, par exemple, dans de l'eau chaullee jiar la va- ])i'ur, ie carbonate [lotassique produit les mêmes ell'ets que le savon, parce que l'acide carbonique est alors chassé. C'est làdessus (ju'est fondée la méthode de blanchissage proposée par Chaiilal, et (iiii consiste à exposer ie linge préalablement trempé dans une lessive faible de carbonate sodique, pemlant quelques heures, aux vapeurs de l'eau bouillante. Comme dans le lavage avec lu savon, la dissolu:ion des impuielés est basée sur une réaction accoml)agiiée de précipitation de suroléate potassique, il faut nécessairement enlever ce sel mucilagiueux, qui s'attache fLicilement à l'étoile, à quoi l'on parvient en rinçant l'étolfe lavée pendant longtemps dans l'eau pure. Sans cette précaution, l'élode sèche ré(iand une odeur de savon, qui appartient aussi bien aux oléates acides qu'à l'acide lilire.
« Les eaux qui contiennent en dissolution du bicarbonate alcalin, ou de la chaux, ou des sullates, nitrates ou autres sels terreux, telles que les eaux de source et de la mer, ne peuvent être employées au savonnage, parce que les sels insolubles que forment les acides gras avec les terres, se précipitent sur l'étolfe et y adhèrent, en sorte qu'il est impossible de les enlever p;ir le rinçage. Mais une eau sembLible devient trèsjtroprc au savonnage, si l'on en préci[tite les sels terreux contenus , par exemple, dans l'eau de la mer, au moyen d'une petite quantité de carbonate ou d'hydrate alcalin, qu'on y ajoute après avoir chaulfé l'eau jusqu'à l'ébullition; ou qu'on sature l'acide caibonique libre contenu dans l'eau de source, par une petite quantité d'alcali caustique, ou ^^^ême de lait de chaux. Uuant à l'eau de la mer, les sels terreux qu'elle contient décomposent une partie du savon, et le sel marin qui s'y trouve empêche l'eau de dissoudre la quantité de savon nécessaire au blanchissage. Vauquelin a trouvé que l'eau de !a mer sépare du savon des suroléates et des surmargara;es terreux, et devient alcaline, si on ne commence par décomposer, par un alcali, les sels terreux qu'elle contient. On a|>pelle eaux crufis les eaux qui n:; dissolvent pas le savon sans le décomposer. » (Berzelius.)
SAVON D'OXYDE DE PLOMB. — On l'appelle communément emplâtre (iia|ialrae (emplaslrum oxijdi plumbki). On le pré|)are en faisant bouillir cinq [lariies d'oxyde de plomb, réduit en jjoudre tine |)ar la lévigation, avec neuf parties d'huile d'olive et avec de l'eau.
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L'emplAtre d'oxyde de plomb sert de base à un grand nombre d'emj)l;Ures composrs, dans lesquels il se trouve mèli^ avec les médicaments que l'on veut appliquer sur la peau.
SGAMMONÉE.— On trouve dans le commerce deux variétés de scammonée, la scammonée d'Alep et la scammonée de Smyrne. La première s'extrait du convolvulus scam~ monca, qui croît dans l'Asie Mineure, et se prépare principalement dans le voisinage d'Alep. Elle nous arrive en grandes masses sèclies, légères, molles et poreuses, dont la cassure est brillante, et qui donnent une trace d'un gris cendré. Elle est fragile, facile à réduire en poudre, d'une odeur désagréable, d'une saveur d'abord faible, puis nauséabonde, amère et acre. Si l'on frotte sa surface avec le doigt humide, elle devient blanche. Elle donne, par la trituration, une poudre blanche ou grisâtre. L'eau que l'on met en contact avec de la scammonée devient laiteuse et prend à la fin une légère teinleverdAtre. Par l'action de la chaleur la scammonée se fond entièrement, et quand on la fait bouillir avec de l'eau, après l'avoir réduite en poudre, elle se prend en masse. La scammonée de Smyrne est inférieure à la précédente et s'obtient par l'évaporation du suc exprimé. Sa couleur est presque noire; sa texture offre beaucoup plus de densité et de dureté que celle de la scammonée d'Alep; elle est difficile à réduire en poudre et donne avec l'eau une solution laiteuse, sale.
La scammonée est un excellent purgatif dont on fait souvent usage en médecine.
SCHEELE, l'un des plus grands chimistes de la Suède. 11 naquit à Stralsund, dans la Poméranie suédoise, le 9 décembre 1742.
Issu de parents peu aisés, il fut néanmoins envoyé au collège, et commença ses études de latinité. 11 y fit, il faut le dire, très-peu de progrès. A consulter ce début , l'illustre Scheele n'était capable de rien. On ne chercha donc point à lui faire parcourir la carrière des lettres, et sa famille s'estima fort heureuse de le placer, comme apprenti, dans nue pharmacie. Ainsi, dès l'enfance, Scheele manisfeste son tour d'esprit ; car il n'a presque rien appris des hommes; la nature fut, pour ainsi dire, son seul maître. L'apothircaire qui voulut bien le recevoir, un ami de sa fauiille, établi à Gothenbourg, le prit à l'Age de douze ou treize ans, et le garda six ans comme apprenti et deux ans comme élève. Pendant ce temps, Scheele montra de l'intdligence et déploya beaucoup de zèle et d'exactitude; mais rien en lui ne décelait ce qu'il devait être un jour. Le hasard lit touibi'r entre ses mains l'ouvrage de Neumann, élève de Stahl et l'un de ses plus grands admirateurs. 11 le lut et l'étudia avec soin : voilà toutes ses études en chimie.
Suivant sa destinée avec calme, Scheele parcourut ensuite la Suède commeélève,prolitaiit de toutes les occasions de s'instruire, et méditant profondément sur les nouvelles connaissances qu'il pouvait se piocurer. C'est au milieu des occupations les plus obscures
que s'acheva son éducation dans une science où il était destiné à paraître avec tant d'éclat. Il se rendit à Stockholm, à l'Age de 27 ans. Sa carrière était déjà tracée. Dans le silence et la retraite, il avait accompli ou préparé ses plus grands ouvrages.
Mais il semble que quelque mauvais génie ait poursuivi Scheele (leiidant presque toute sa vie. Di^jà une vive contrariété était venue le troubler dans les premiers essais dont il s'était occupé. Il prenait' sur son sommeil le temps nécessaire à ses recherches ; et dans un accès de malice étourdie, un de ses camarades s'avisa de mêler à ses produits une poudre détonante, de telle sorte que, revenant à ses expériences au milieu de la nuit, Scheele, dès la première expérience, détermina tout à coup une forte explosion, qui mit toute la maison en émoi et qui vint dévoiler ses travaux nocturnes. Dejmis ce moment on devint plus sévère et on lui laissa moins de facilité jiour se livrer aux expériences qui préoccupaient si vivement sa jeune imagination.
Ses premiers rapports avec l'Académie des sciences de Stockholm vinrent lui susciter un chagrin analogue, car il ne paraît jas que la portée de son esprit ait été convenablement appréciée par cette comiiagnie. 11 s'était occupé de l'acide tartriquo, qu'il avait extrait de la crème de tartre par un procédé à l'aide duquel il a obtenu bien d'autres acides organiques plus lard.
11 avait fait une analyse savante et complète du thiorure de calcium, qui l'avait conduit à la découverte de l'acide iluo-silicique, ce gaz que l'eau pétrifie , dont les propriétés ont tant d'intérêt et avaient alors tant de nouveauté.
Scheele comptait sur ces résultats pour commencer sa carrière scientifique. Quelque malentendu, sans doute, vint froisser son amour-propre et porter dans son esprit un découragement momentané, car loin de continuer ses relations avec l'Académie, on le vit s'éloigner du commerce des savants.
Quoi qu'il en soit, Scheele quitta Stockholm et se rendit à Upsal, où Bergmann professait alors la chimie avec un si grand éclat. Cet homme célèbre remplissait alors l'Europe de son nom, et sa haute réputation était dignement méritée. Scheele avait-il l'intention de se mettre en rapport avec lui? C'est possible ; mais soit timidité, soit humeur inquiète, il passa quelque temps à Upsal, sans tenter la moindre démarche, se montrant plus que jamais ami de la retraite et de la solitude. Ces deux hommes, si bien faits pour se connaître et s'apprécier, auraient donc pu rester longtemps séparés : un hasard heureux les rapprocha; c'est peut-être le seul dont Scheele ait eu à se féliciter.
11 était employé par un pharmacien, qui fournissait à Bergmann les produits chimiques nécessaires à ses travaux. Celui-ci, a}ant un jour besoin de salpêtre, en fait prendre chez ce pharmacien ; il l'emploie à l'usage auquel il le destinait , ft détermine la production d'abondantes vapeurs rouges,
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fornu^os, conimo on snil , par l'ariiio liypoazoli(|ii", mais (|iii, dans son opinion, n'auraidnl pas cli'> so di'i^agcr dans les circonstanoes où lo Sfl avait éuS plac(5. Hcri^iiianM, étonné, s'en prend îi qnehiiie impureté dn salpêtre. Il renvoie ee sel par un de ses élèves, qui ne manque pas une oceas ou si hello de rudoyer un peu le |iauvre f^arçon apothicaire qui l'avait livri'. MaisSeheele s'informe de ce tpii s'est passé, se t'ait expli([uer les détails de l'expérienee, et il en donne immédiatement l'expliration. A peine celle-ci esteile rapportée à Uergmann, qu'il acH'ourt auprès de Scheele, l'interroge, et découvre, ii sa grande sur[)rise, ;\ sa grande joie, sous l'humble tablier do l'élève en pharmacie, un chimiste profond et consommé, un chimiste de haute volée, h qui se sont déjà révélés nombre de faits inconnus ; un chimiste qui, loin de s'en tenir aux détails de la pratique, lui développe, sur la composition de l'air et sur la théorie de la chaleur, les idées qui ont servi de base ?i sou Truite de l'air cl du feu, dans lequel il a dépassé Priestley, et oil il s'est quehiuefois approché de Lavoisier.
La coiiuaissance fut bientôt faite, et l'amitié de ces deux grands hommes ne s'est jamais démentie. Bergmann chercha les moyens d'être utile à son jeune ami et de le placer convenablement. Mais Scheele craint les distractions. Frappé de tous les événements qui, à chaque instant, viennent contrarier sa carrière, il veut se retirer dans un lieu tranquille, vivre seul et isolé du monde. On lui propose la direction de quelques manufactures de l'Etat; il refuse. Le roi de Prusse s'efiorce de l'attirer à Berlin ; ses offres ne le tenter.! [las davantage.
Mais il apprend que, dans une petite ville de Suède, à Koeping, il existe une pharmacie demeurée entre les mains d'une veuve; qu'il y trouverait un emploi paisible ; que la veuve possède quelque bien, et qu'il pourrait aspirer à l'épouser. C'est l'avenir qu'il lui faut : retraite, calme et médiocrité. 11 se transporte vite à Koeping; il accepte tous les arrangements et s'établit chez la veuve. Mais, par une de ces contrariétés si fréquentes dans sa vie, il se trouve, tout examin.', que la succession est obérée de dettes, et que la pauvre veuve ne possède rien. Ainsi, au lieu d'un sort paisible, d'une existence douce et tranquille, c'est une vie pénible et de labeur qui se présente. Toutefois Scheele ne recule pas, et l'accepie sans hésiter, trouvant qu'on doit être prêt à donner quand on se croit digne de recevoir. Il se met à l'œuvre, et, partageant son temps entre ses recherches et les soins de la pharmacie, il emploie tous les bénélices de la maison à en payer les dettes. Sur les 600 livres ((u'il gagnait chaque année, il en léserve 100 pour ses besoins personnels et consacre le reste à la chimie ; et cette somme, si faible, sulhsait aux recherches qui ont porté si haut sa renommée.
Toutefois, daiis cette situation obscure, les découvertes de Scheele auraient pu rester longtemps dans l'oubli sans l'écho qu'elles trouvaient en Bergmann. Mais le cé- DicTi0N\. DE Chimie.
lèbre professcin- se l'ait l'inlorprète ao son ami. Dès (pu; S('heele, du fond de sa retraite, lui amionrc! une déi^ouverle, il so liAtedela propager partout. Aussi, tandis que la Suède Ignorait presque l'existence do Scheele, sa renommée, grAce aux correspondances de Bergmaim, rem|)lissail le reste de rEuro()e. Bi(!ntôt ses mémoii'es, traduits en allemand et en français, portèrent sa gloire au loin, et firent, vers la fin de s^ vie, l'admiration d(i l'Europe savante, tandis que dans sa patrie il n'en était pas beaucoup |)lus connu.
On raconte même que li! roi de Suède, dans un voyage hors de ses Etats, entendant safis cesse parler de Scheele comme d'un homme des plus éminents , fut peiné <ie n'avoir rien fait pour lui. Il crut nécessaire à sa propre gloire ie donner une marque d'estime à un homme qui illuslrait ainsi son pa.s, et il s'empressa de lo faire inscrire sur la liste des chevaliers de ses ordres. Le ministre chargé de lui conférer ce titre demeura stujiéfait.... Scheele 1 Schi'cle 1 c'est singulier, dit-il. L'ordre était clair, positif, pressant, et Scheele fut fait chevalier. Mais, vous le devinez, ce ne fut pas Scheele l'illustre chimiste, ce ne fut pas Scheele l'honneur de la Suède, ce fut un autre Scheele qui se vit l'objet de cette faveur inattendue.
Voilà l'histoire do Scheele dans ses rapports avec le monde ; mais s'agit-il de ses rapports avec la nature , c'est tout autre chose.
Comme chimiste, tout lui réussit ; il résolut les problèmes les plus obscurs à l'aide des moyens les jilus simples. Car il ne faut pas se hgurer que Scheele ait travaillé avec les instruments que nous avons aujourd'hui, ni même avec ceux qui étaient entre les mains des chimistes de son temps. Quelques cornues, creusets ou holes, quelques verres à boire et quelques vessies, auxquels il faut ajouter les produits les puis indispensables, voilà tout son laboratoire. Il peut dédaigner tous les instruments compliqués, il sait s'en passer. Il n'avait pas de cloches : des verres à boire en faisaient l'office. Fallait-il recueillir des gaz, il attachait une vessie au col de la hole, au bec de la cornue oii s'efl'ectuait leur dégagement. La vessie pleine, il en serrait le col d'une hcello. Voulait-d employer le produit gazeux, il détachait le lien, comprimait la vessie et soumettait le gaz qui s'en échappait aux essais que lui suggérait Son esprit curieux.
Son habileté suppléait à tout, et sans autre appareil que ceux que nous venons d'indiquer, il a su faire les expériences les plus délicates ; il a su isoler les corps les mieux cachés, produire les composés les plus inattendus et s'élever aux découvertes les plus im[)ortantes. La nature semblait vouloir le consoler des mésaventures que lui faisaient épr uver les hommes ; elle se plaisait à lui dévoiler ses secrets les plus beaux. Il ne touchait pas un corps sans faire une découverte , et il est tel île ses mémoires où. vous trouvez trois ou quatre nouveaux corps simples reconnus en même temps. On peut
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citer comme exemple son Mémoir& sur l'oxyde de manganèse, 'dont IMtude l'a conduit à découvrir le manganèse, le chlore, la baryte, et peut-être l'oxygène. Car on peut présumer, bien qu'il ne le dise pas, que c'est dans le cours des travaux qui font l'objet de ce Mémoire qu'il a découvert ce gaz ; mais ii l'a réservé , en raison de son importance, pour ie soumettre aune étude paiticulière dans son Traité de l'aii- et du feu.
On doit à Scheele la connaissance d'une multitude d'acides, tant organiques que minéraux. Nous avons déjà cité l'acide tartrique et l'acide tluo-silicique. On pourrait en ajouter bien d'autres et de fort importants. Les acides manganésique , arsénique , niulybdique, lactique , mucique, tungstique , prussique, citrique et gallique, rappellent en eflfet chacun une di'couverte de Scjieele.
Les recherches qui Font conduit à découvrir l'acide prussique sont surtout bien dignes de la méditalion des jeunes chimistes. Qu'on parcoure le mémoire oii il en établit l'existence , et on restera charmé de la simplicité des moyens, de l'enchainemént des expériences, de la précision des résultats et de la justesse des conclusions. Combii n d'autres , dans les l.iboratoires les mieux fournis, se fussent épuisés en vaines tentatives sur un sujet hérissé de tant de difficultés, de tant de ouuplications 1
Parmi les corps simples , il en est plusieurs que Scheele a découverts et isolés, et plusieurs dont il a rendu l'existence probable, en étudiant leurs composés et les montrant aux chimistes comme des êtres distincts. C'est à lui qu'appartient la découverte du clilore. Il connut l'oxygène presque en môme temps que Priestley. Son travail sur le fluorure de calcium et sur l'acide fluosilicique a conduit à admettre un radical particuher, le radical connu sous le nom de fluor. S'il ne découvrit pas le barium, dont la séparation exigeait l'emploi des fon-.es électriques , du moins tit-ii connaître la baryte, qui resta sur la liste des corps simples jusqu'à l'époque de l'extraction du potassium. Enlin il annonça le molybdène et le tungstène dans les .icides mohbJique et tungstique; et depuis il a suffi, pour en extraire les métaux, de calciner ces acides avec du charbon.
Scheele a fait d'ailleurs un grand nombre d'observations détachées. Il a établi la nature de la plombagine ; il a découvert plusieurs combinaisons élhérées ; il a décrit, le premier, la préparation et les propriétés delà glycérine. Bref, si Ton voulait le suivre dans toutes ses recherches, il faudrait parcourir avec lui toutes les parties de la chimie. On verrait alors toute la souplesse de sou génie, la fécoudilé de sa méthode, la sûreté de sa main, et la singulière pénétration de son esprit, qui le fait toujours arriver au vrai et s'y arrêter. Qu'un examine ses mémoires, on n'y trouvera pas une erreur dans tout ce qu'il dit des corps et de leurs propriétés. On ne saurait trop l'admirer, tant qu'il se renferme dans les faits qu'il a
observés et les conséquences procnaines qui en découlent. Ses mémoires sont sans modèle comme sans imitateurs. En un mot, toutes les fois qu'il ne s'agit que des faits, Sclieele est infaillible.
Mais il n'en est plus de m(^me quand il arrive à poser des théories générales ; alors on voit avec regret que son imagination l'emporte, qu'elle l'entraîne à des écarts que l'on était loin d'attendre d'un esiirit si droit, et l'on ne peut méconnaître le secours que des études mathématiques préparatoires lui auraient fourni pour ses recherches de philosophie naturelle. Ainsi, lorsqu'il a voulu s'élever à la théorie de l'air et du feu, il a créé un ouvrage que les contemporains plaçaient bien au-dessus de ses mémoires, mais que la postérité juge autrement.
Il y établit, il est vrai, la véritable composition de l'air, qu'il présente comme formé de deux principes, dont l'un est absorbable par les sulfures alcalins et un certain nombre d'autres corps, landis que le second, qu'il nomme air corrompu, reste intact : son analysé de l'air est même assez exacte. D'un autre côté, ayant obtenu l'oxygène en décomposant par le feu le nitre, Vacuie nitrique, le peroxyde de manganèse, l'oxyile de mercure, l'oxyde d'argent, il démldès-bien toutes les propriétés do ce gaz, qu'il désigne sous le nom d'air du feu. Jusque-là tout est bien ; il est encore d .ns le domaine des faits. Maischerche-t-ilà s'élever plus haut? il tombe dans des théories où l'on a i-eine à concevoir qu'un esprit si pénétrarit ait pu se jetei-. Pour lui. la chaleur et la lumière sont composées du phlogistique et d'air du feu ; il suppose pesants le phlogistique et l'air du feu, et par une bizarreiie dont on ne saurait se rendre compte, il admet que de leur combinaison peut résulter un corps sans pesanteur; il s'imagine que ce produit devient assez subtil pour traverser le verre et s'évanouii-, d'abord sous forme de chaleur, puis à l'état de lumière. Enfin, pour expliquer 1,1 remarque qu'il avait faite, que l'azote, son air corrompu, était u-n peu plus léger que rùir, il le regarde comme un jieu dilaté par la production énorme de chaleur qui s'est produite, pendant la combustion du corps qui s'est emparé de l'oxygène et dont il croit que cet air corrompu garde toujours quelque chose.
Ainsi Scheele, avec des expériences dont 1 ■ nombre, la variété, l'exactitude vous étonneraient à chaque instant, arrive à des conclusions si erronées et si étranges, que Lavoisierles a dissipées d'un souffle.
C'e^t que Scheele, comme Bêcher, comme Stahl, attache la plus grande importance aux mudifications de la forme des corps, et presque aucune aux moditications de Lur poids. D'oii il resuite que Scheele demeure infaillible tant qu'il se borne à traiter les questions où les modifications de la matière se bornent à la l'orme, et qu'il erre à chaque pas, dès qu'il aborde celles qui exigent la notion du poids, l'emploi de la balance.
Scheele montre tout ce qu'on peut, et juste
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ce qu'on peut, avec Ips moyens limitc^s iuixquols son tSiucalion, son cnriu'ir'rc, li's circonstances et sa fortune l'ont hoiné, (juiind on possède la pénétration exln^nio de son esprit, la rectitude do son jugiMru'nt, l'adresse exercise dont il l'ait eonstanunerit prouve, et, sur toutes ctiosos, quand on est doué do cotte persévérance ird'ati.j;ai)le ((u'il a mise à suivre chaijuo œuvre jusqu'au bout, sans so laisser détourner par aucun ohsiacle et jusqu'à ce qu'il l'iU satist'iit du résultat.
Scheele s'est élevé h toute la hauteur qu'il jiouvait attoindro par le travad, l'cxpériiMice et la méditation, sans le secours d'aucune éducation scientifique. Qu'il eilt \m s'élever plus haut, je l'ignore; mais c'est quelque chose que d'avoir reconnu la com;)Osiiion de l'air et les bases de la théorie de la combustion ; et quand on entend répétor si souvent'que, pour travailler aux progrès des sciences, il faut vivre dans les grands centres universitaires et point dans la pesante atmosphère des provinces, on ne peut s'empôcher de se rappeler Scheele et Koeping.
Mais aussi quelle ardeur au tiavail ! Le président de Virly et d'Elhuyart allèrent le voir veis la fui de sa courte carrière. Eh bien, ils trouvèrent cet homme, dont la réputation les attirait si loin et auquel ils venaient rendre un si touchant hommage, ils le tiouvèrentdans sa boutique, en tablier; et dès qu'il connut l'objet de leur visite, il reprit son travail avec une admirable sim[ilicité. Pendant quelques jours qu'ils passèrent à Koeping, il allait dîner avec eux ; mais, le dîner fini, il revenait à sesrecherches, et les deux voyageui s ne manquaient pas de l'y suivre. Il n'est pas donné à tout le monde d'être Scheele ; mais quand on est Scheele, on l'est partout.
Au moment où cet homnae illustre, dont la destinée est empreinte de tant de mélancolie, semblait destiné à jouir paisiblement du fruit de ses travaux, la mort vint le frapper tout à coup. 11 venait de faire paraître ses derniers écrits ; les deties de son prédécesseur étaient payées ; sa réputation était immense. 11 voulut s'établir d'une manière détinitive. et il épousa la veuve qui l'avait accueilli et dont il avait si noblement partagé la destinée. Mais le jour même de son mariage, il fut atteint d'une maladie que l'on a regardée comme une fièvre aiguë. Quatre jours après il n'était plus. Quelques-uns pensent qu'il succomba à une maladie dont il ressentait depuis longtemps les atteintes, et que, sentant sa fin approcher, il aurait voulu donner un témoignage d'attachement à la compagne de ses derniers jours, en la rendant, par son mariage, légataire de son nom et de sa petite fortune. Il mourut le 22 mai 1786, à l'Age de quarante-quatre ans.
SGHOKL. Voy. Tourmaline.
SGHORL BLEU. Voij. Disthène.
SGHOKL VOLCANIQUE. Fo//. Pyroxkné;.
SÉBACIQUE ou SÉBIQUE (de scbum, suif).
• - Gel acide n'existe point dans le règne animal ; il se produit pendant la distillation tiu suif et de toutes les graisses.
L'acide sébacique forme avec les alcalis des sels très-solui)les ; av(M', les ti rres alcalines et les oxydes des métaux pesants, il produit des [)réiipités insolubles ou du m ins fort peu solubles, (pii sont plus ou moin.s colorés, suivant la base (pi'ils renl'ernient. Leurs profiriôtés se rattachent à Dlusieius questions irUéressantes.
Le sébato de potasse s'obtient en neutralisant du carbonate d(^ [)otasse par de l'aeide sébacique. Il cristallise de sa solution concentrée en ()etils cristaux mamelonnés, fort solubles dans l'eau, non déliquescents, et oeu solubles dans l'alcool absolu.
La plupart des corps gras, d'origine animale ou végétale, donnent de l'acide sébacique quand on les distille. La graisse de bœuf, celle de porc, l'huile d'olives, de noix et de lin, etc., sont dans ce c.is. L'acide stéarique et l'acide margarique ne doiuient par la distillation, lorsqu'ils sont purs, aucune trace d'acide sébacique, pas plus que l'oxyde de glycéryle. Outre ces trois principes, les graisses solides ne contiennent que de l'acide oléique. Uacide sébacique ne peut donc être que le oroduit de la distillation de l'acide oleique.
Lorsqu'on distille de l'acide oléique seul, le produit renferme, entre autres substances, une grande quantité d'acide séb;iciiiue, dont la qi.antité n'augmente pas, lorsque l'acide oléique employé contient d'autres acides gras fixes. La cire ne donne pas d'acide sébacique par la distillation ; elle ne peut donc point contenir d'acide oléique. M. Thénard avait déjà indiqué la formation de l'acide sébacique par la distillation de la cire, comme moyen de reconnaître si elle était falsifiée avec de la graisse. Le blanc de baleine se trouve dans le môme cas.
Gomme l'acide sébacique est très-peu soluble dans l'eau froide , qu'on le reconnaît facilement à son aspect et à ses réactions avec les sels de plomb, de mercure et d'argent, qu'il précipite en blanc ; qu'il suffit de distiller quelques grammes d'un corps gras, et que l'extraction par l'eau bouillante s'opère assez rapidement, on est conduit à admettre que Vacide sébacique est le réactif le plus commode pour reconnaître la présence de l'acide oléique dans toute matière grasse. Ce fait présente surtout de l'importance dans la préparation de la stéarine et de la margarine ; car jusqu'à présent on n'avait d'autre moyen de constater l'absence de l'oléine dans ces substances, que la saponification et la détermination du point de fusion de l'acide mis en liberté.
SÉGRÉTIONS. Voy. Fluides des sécrétions.
SEL MARIN (syn. ; chlorure de sodium, chlorydrate de soude, selgemme, etc.). — G'est de tous les sels le plus anciennement connu; il porte le nom de sel par excellence. 11 cristallise, connue le cldorurt^ de potassium, en cubes parallélipi|)èdes rectangles, ou en trémies. En Allemagne et en général dans le Nord, on Je fait plus particulièrement rristalliser en trémies : ce sont de gros cristaux
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creux et à parois minces, donnant quelquefois le double du volume de la masse de sel réelle.
" Le chlorure de sodium est déliquescent quand il est exposé à un air très-humide ( 80° de l'hygromètre de Saussure). 11 existe abondamment dans la nature. On le trouve tantôt à l'état solide sous forme de couches considérables, c'est le sel gemme : tantôt à l'état liquide et ilissousdans certaines eaux. Sous le premier état, il constitue des mines abondantes en Europe, dont les principales sont celles de Pologne, de Hongrie, de Transylvanie, d'Angleterre, d'Espagne et celles de Vie en France. A l'état liquide, il se rencontre pour la trentième partie dans l'eau do la mer et dans un grand nombre de sources salées, qui en contiennent des proportions beaucoup plus grandes.
Dans une industrie ou une exploitation quelconque, il faut toujours adapter les procédés aux lieux et aux circonstances, alin de tirer parti des ressources qui peuvent venir de ces lieux et de ces circonstances. Aussi ne suit-on pas les mêmes procédés pour extraire le sel dans les contrées méridionales, dont le sol est fortement chauffé, et dans les pays dont la température est plus basse.
Sur les bords de l'Océan, on forme avec du sable une espèce d'aire bien unie qui est baignée par l'eau de la mer pendant les hautes marées. Lorsque l'eau se retire, le sable se dessèche et se trouve recouvert d'elllorescences salines qui sont recueillies, et que l'on fait ensuite dissoudre dans de l'eau salée puisée h la mer. Par ce moyen cette dernière eau se trouve plus concentrée, et fournit facilement des cristaux de sel blanc, quand on la iait évaporer dans des bassins de plomb que l'on chauffe avec précaution. Dans certains pays, et particulièrement en Russie , on protite du froid |iour concentrer les eaux de la mer. On se fonde sur cette propriété, que l'eau chargée de sel ne peut se congeler que bien au-dessous de zéro. Si donc on expose à l'action du froid une eau chargée de sel, les portions qui se congèlent les premières abandonnent les sels qu'elles contiennent à celles qui restent liquides, et qui, de cette façon, se trouvent plus concentrées. H suffit "alors de chauffer celles-ci pour obtenir du sel cristallisé.
Le procédé ado|)te dans les salines du Midi est le plus convenable sous le rapport du fractionnement métho lique des iirodiiils; il permet d'éliu)iner une grande partie des substances étrangères, notamment le sulfate de chaux avant le salinag ■, d'obtenir le sel plus pur et en cristaux plus solides que par les autres procédés, et, enlin, de mettre à part des eaux-mères au terme de densité propre à l'industrie nouvelle. Voici comment on opère.
L'eau de la mer est introduite d'abord dans de vastes bassins plus ou moins [irofonds, où elle reste assez calme pour laisser déposer les matières étrangères en suspension ; -puis, à l'aide de vannes, on fait couler
à volonté de ces réservoirs communs l'eau de mer dans des bassins peu profonds, graduellement moins étendus, disjiosés à la suite les uns des autres, et séparés seulement par des banquettes en terre, de manière à utiliser le plus possible l'emplacement.
L'établissement d'une saline est surtout facile lorsque le terrain est argileux dans une épaisseur de 75 centimètres et au delà.
Lorsque les eaux, après avoir parcouru les premières séries de bassins, se sont évaporées graduellement jusqu'àlS ou 16°, elles sont distribuées ( parfois en les élevant de 1 ou 2 mètres ) dans des bassins moins profonds encore et moins étendus, proportionnellement à ia diminution du volume de l'eau.
La concentration continuant sous les mêmes influences de l'air et de la chaleur estivale, le sulfate de chaux qu'elle contient n'y peut plus rester en solution, et vers la densité représentée par 18° Baume, ce sulfate commence à se précipiter en cristaux, qui peu à peu s'agglomèrent sous forme de crêtes de coq.
L'évaporation continuant toujours, la solution marque bientôt 24 à 25° ; c'est alors qu'on la dirige dans la série des bassins le moins profonds, appelés tables à sauner, ou à satiner.
Au fur et à mesure de l'évaporation, les eaux saturées laissent ])réci|)iter du sel en cristaux ; la diminution de volume est compensée par l'introduction de nouvelles solutions à 25°.
On comprend qu'ainsi les premières tables reçoivent les eaux qui se renouvellent et qui sont les plus pures, tandis que les eaux qui ont donné une fsartie de leur sel sont refoulées dans les dernières tables : moins pures alors, elles déposent du sel graduellement moins beau ; les qualités des sels se maintiennent donc uniformément graduées dans la série des tables.
On continue à satiner de cette manière pendant toute la durée de la belle saison ; on fait ensuite la récolte du sel que l'on dispose en tas sur le terrain autour des tables, afin qu'il s'égoutte et se dessèche à l'air ; il se trouve dès lors prêt à et e mis en sacs, expédié aux fabriques ou livré au commerce.
Préparalion des eaux-mères. — Lorsque les eaux-mères, après avoir déposé du sel marin dans les (iernières tables, sont chargées de sels étrangers, au point de marquer 3i à 35° à l'aréomètre de Baume, elles fournissent une ou deux cristallisations de sulfate de magnésie, contenant plus ou moins de sel marin.
Ces cristallisations, mises à sec par l'écoulement de leau-mère (1), sont redi>soutes
(1) Celte e.iu-nière passe successivement dans deux séries de tables: elle donne d'abord une cristallisation de sulfate de potasse ou de sulfate double de potasse et de magnésie. L'eau-mère surnageant ces cristallisations est décantée dans d'autres tables ; elle fournil, par suite de l'évaporation, une cristallisation contenant suriout un chlorure double de potassium
isa9 ^l'X
(liiiis (le l'enu pure et t'oiiiiiissiM)( une solution appelée f(iu/>i(r xaity, ipie l'on enliciiose cKiiis des bassins spéciaux, profonds autani ijue larges.
On réunit eu même lemits, dans des bassins semblables, des eaux-mères dont ou arr(He exprès ie salinaije lorsqu'elles marquent de 28 h 31°.
Eutin on entrepose encore dans une troisième série de bassins, aussi profonds que larges, dt^s eaux prêtes à saliuer, maiipiant de 25 à 26" Baume. On désigne cette troisièiue sorte de solutions sous le nom d'eauxvierges : elles so'it saturées de sel marin et comiennent le moins possible de sels étrangers. Aliii qu'elles restent à l'état de; saturalion, malgré quelcpu's pluies, on peut les mettre assez tôt pour qu'elles déposent une couclie de sel sur les parois et au fond du bassin; toutefois il vaudrait mieux abriter les irois séries de bassins par des couvertures eu jonc ou en paille.
Ainsi, la préparation des eaux dite travail d'été donne : 1° des eaux jmr sang, riches en sedfate de magnésie, débarrassées du chlorure de magnésium et des autres composés salius; 2" des eaux-invres saturées de sulfate de ma^^^nésie et de sel marin, mais retenant les divers composés salins étrangers; 3" des mux-vierges saturées de sel marin, ne contenant que très-peu d'autres sels.
Le travail d'hiver consiste à profiler des plus basses teuqiératures possibles pour détei'ininer la décomposition du sulfate de magnésie par le chlo^ ure de sodium. Dès que la saison est propice, on fait arriver dans des bassins peu prolonds les trois sortes d'eaux qu'on a besoin de mélanger, en proportions
200 000 qï sel marin.
34 000 met. c. eaux-mères à 51°
UOOOq 20 000 qï sel d'été dont
SEL ir.fl
telles que le sulfate de magnésie ot le seJ marin se renconli-ent en ipiantités équivalciit(.'s, (pje mèuu! ce d'.'ritiei' soit en excès d'un demi-équivalent, alin (pj'd rende moins solublo le sulfate de soudd tpii doit se produir(^ En une ou deux imitsla double déconqjosition s'opère : le sulfate de soude formé cristallise, tandis que le chlorure de magnésium reste dissous. On doit sts liAter dès loi's de faire écouler le liiruide avant que la tenq)érature de la journée puisse faire redissoudre lescri.slaux. Le sulfate de soude; ainsi obtenu contient 10 é(piivalents ou 55,5 pour 100 d'eau de cristallisation. On le dessèche eu l'exposant, à l'abri, dans un courant d'air, ou mieux, sur des plaques chautfées parla chaleur perdue d'une cheminée des fours h soude.
Ou peut obtenir plus facilement encore le sulfate de soude à l'aide d'une modification dans le mode d'opérer, dite procédé indirect. A cet etl'ei, on récolte pendant l'été : d'une part, le sel marin, et, d'autre (lart, le sulfate de magnésie, que l'on emmagasine en cristaux ; puis, la saison du travail d'hiver venue, on mélange ces deux sels dans les proportions précitées ( 1 équivalent et demi du premier et 1 équivalent du deuxième ) ; on les fait dissoudre dans de l'eau pure chautféeà 35° environ (1). Dès que la dissolution est effectuée, on fait couler le liqu de dans des bassins plats où le sulfate de soude cristallise, sans exiger une température aussi basse que par le premier procédé.
Voici les produits obtenus par ces deux procédés dans la saline de Baynas, établie sur un sol argileux convenable, et occupant une superficie de 150 hectares :
suif, magnésie crist. =: suif, de soud« 6 500 q»
40000 met.
l eaux-mères cuhes ( eaitx pur snn(j ( eaux-viertjcs
i potasse, soude, magnésie.
Ce produit doit être réduit, en tenani compte des mauvaises saisons accidentelles, à 18,000 quintaux, revenant à3fr. le (juinfal métrique, ce qui porte le prix coulant de la soude brute à 0 fr. Or celle-ci se vend 12 à 13 fr.; elle laisse donc un bénéfice net total de 60,000 fr.
Si l'on veut se faire une idée de l'avenir de cette industrie, il faut se rappeler que la fabrication annuelle du sulfate de soude en France s'élève à 550,000 quintaux; que sur cet.e quantité plus de 280,000 quintaux se pré|iarent en laissant perdre l'aci.ie chlorhydriqne au détriment de la végétation des alentours, il faudrait donc décupler au moins
cl (le magnésium. On décante encore le liquide surnage.uU, et s'il marque 3», sa concentialion s'arrête à son lerine. On le jette alors à la mer; toutefois il pourrait t'ire utilise au profil deragricullure, comme engrais, en raison des composés sodiques, potassi- (|ues, magnésiens, et des matières organiques azotées qu'il renferme.
= sulfate de soude 20 000 q».
la production ci-dessus du sulfate des salines pour obtenir les quantités utiles à la portion de fabrication de la soude brute, qui se fait sans utiliser l'acide chlorhydrique. Alors, non-seulement les vapeurs chargées de ce dernier acide ne se répandraient plus dans l'air, mais encore on économiserait 250,000 quintaux d'acide sulfurique correspondant à environ 90,000 quintaux du soufre lire de Sicile chaque année. Cette industrie réagirait alors favorablement sur la régularité des cours du sel mann : car, la récolte du sulfate pouvant suttire pour payer tous les frais de l'exploitation, il est évident que l'on pourrait, dans les années de surabondance de sel, accumuler ce produit pour subvenir à la consommation durant les années pluvieuses,
(I) La solution est plus prompte, et le mélange plus facile, en mettant les deux sels dans un grand cylindre à claire-voie, à demi plongé dans le liquide, et que l'on fait tourner lentement sur son axe.
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