‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 269 sur 354 · PLOMB · texte numérisé non relu

PLOMB

SEL DE SEIGNETTE de La Rochelle. Voy.

Tartrates.

SEL DE TARTRE. Voy. Potasse, carbonate, et Tartrates.

SEL VOLATIL d'Angleterre. Voy. Ammoniaque, sesquicarbonate.

SEL VOLATIL de corne de cerf. Voy. Ammoniaque, sesquicarbonate.

SÉLÉNITE. Voy. Gypse.

SÉLÉNIUM. — Ce corps a été découvert par Rerzelius, en 1817, de la manière suivante :

« J'examinais, dit-il, de concert avec J.-G. Gahn, la méthode dont on se servait autrefois à Gripsholm pour préparer l'acide sulfuriqiie. Nous trouvâmes dans cet acide un sédiment, en partie rouge et en partie d'un brun clair, qui, traité parle chalumeau, répandait une odeur de rave pourrie et laissait un grain de plomb. Cette odeur avait été donnée par Klaproth comme un signe indiquant la présence du tellure. Gahn se rajipela alors qu'il avait souvent remarqué l'odeur du tellure autour des endroits oîi Ton taisait griller la mine de cuivre à Fahlun, d'où avait été tiré le soufre employé à la fabrication de l'acide. L'espoir de trouver un métal si rare dans ce sédiment brun me détermina à l'examiner.

« Je fis donc rassembler tout le dépôt produit par la fabrication de l'acide sullurique. en n'employant pendant quehjues mois que du soufre de Falilun, et après en avoir réuni une grande quantité, je le soumis à un examen détaillé, qui m'y fit découviir un corps inconnu, dont les propriétés ressemblaient beaucoup à celles du tellure. Cette analogie me détermina à l'appeler sélénium, du mot grec adij.», qui signifie la lune, tandis que tellus est le nom de noire planète.

« Le sélénium parait être très-peu répandu dans la nature. En Suède, on le rencoiitait autrefois combiné, tiintôt avec de l'argent et du cuivre, tantôt avec du cuivre seul, dans la mine de cuivre, aujourd'hui abandonnée, de Skrickerum, en Smoland ; à

sucre plus que le second, comme si les matière^ étrangères qu'elle contient ne devaient pas produire un effet tout contraire.

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Atwidaherget à FahUiii, oij lo Iroiivi' en jiflilo (luantittViliins In ^alèno cubimio. Oji l'a rt'iicontri\ on Ni)r\V(''i;o, ('onibiiio avoc du tellure et du bismuth. Il parait exister, eu Transylvanie. d;Mis ([uolciues uiim^raux d'or i]ui côiillcnnpnt du tellure. Rnlin, il a 616 trouvé dernit^reiuent, i)ai' Zinkc^o, dans |e Hariz, combiné avec du plomb, du cuivre et du mercure; et par Stromeyer, aux îles Lijtari, (omb'ipé avec dii soiifro. On l'a égalçtnent trouvé dans plusieurs sortes d'acide suH'ur'iijue l'Allemagne et d'Angleterre.

« 0'i''"if «'> l'i nianiére <l'oblonir ce inétal, je vais d(''crire la méthode doiit je me suis servi pour lo l'Ctii'ei' du limon hrifiueté qui se déiiosailsur le soi de lachaïuhre de plomh, dans l'ancienne fabricpie d'acide sidt'uiiiiuo ih'- lîripsholm, quand on y employait du soufre (le FahUni. Ce dé|iAt contient une certaine quantité de sélénium, l'.iftlé avec beaucoup t)o suulVe et pas moins de sept métaux, savoir : du mercure, du cuiyrc, de l'étain, du zinc, de l'arsenic, du fer et du [ilomb. L'opéràlion à l'aide de laquelle on le retire est, par conséquent, fort longue. On commence jiar faire digérer le ilépôl pendant vingt-quatre à quarante-huit heures dans de l'ead régale, avec laquelle on en fait une bouillie claire. Lorsque je mélange commence^ sentir la raVe nourrie, il faut ajouter une nouvelle portion d'eau régale. Ouand la digestion est achevée, la masse a perdu sa coiueur rouge, due au sélénium, et le soufre qui ne s'est point dissous a upe . teinte verdatre sale. On ajoute alors de l'eau, on filtre 1^ liqueur, et on lave bien le soufre sia- le tiltre. La liqueur filtrée est précipitée pai' du gaz suUid'e hydrique, qiii en sépare le sélénium, accompagné du ciiivre, de l'étain. de l'arsenic et du mercure. Le zinc et le fer restent en dissolution, et le plomb se tiouve mêlé avec le soufre, à l'état de sulfate plorabique insoluble. Le précipité qu'on obli (Mit est d'un jaune .sale. Oii le redissqut dans l'eau régale concentrée, et on ne cesse de remettre le soufi'e non dissous en digestion avec de nouvelle eau régale, que quand il a acquis une teinte citrine franche. La liqueur est évaporée jusqu'à ce qu'elle ait perdu la plus grande partie de l'acide qu'elle contient en excès. C'est alors un mélange de sulfate cuivrique, de chlorure stannique, de chlorure mercurique, d'un peu d'acide arsénique et d'une trôs-grai)de quantité d'acide séiénieux. On la mêle par petites portions avec une dissolution de potasse caustique, qui précipite les oxydes cuivrique, stannique et mercurique. La liqueur alcaline est filtrée, et évaporée à siccité, puis on fait rougir le résidu darjs un creuset de platine, pour enlever les traces de mercure qui ])euvent s'y trouver encore. Alors on réduit rapidement la masse calcinée en poudre, dans un mortier chaud ; ori la mêle avec yn poids égal au sien, ou un peu plus, de sel aunnoniac également en poudre Une; on introduit le mélange dans une cornue de verre, et on le chaulle à une chaleur graduellement augmentée. 11 se dégage de l'amnjo-

iiia([ue et de l'eau, qui conlienneid un peu de séléninpi en suspension, ce quj oblige à les recueillir dans un récipient; et, quand on pousse lo feu, il se sublime du sélénium sous la forme d'un léger enduit noir ou brun. Si l'on chauffe je m(5iange lentement, il sutïit de continuer l'opération jusqu'à ce qu'une ]iortion du sel anmioniac se soit sublimée, parce qu'qlqr? tou^ le sélénium est réduit.

« ï.a théorie de cette opération est que, parmi les sels potassiques mêlés avec le sel ammoniac, il n'y a que le sélénite qui soit décomposé et converti en séléiptu aunnonique; le(]uel, à une haute température, subit également une décomposition, dont le résultat est que l'hydrogeiio de l'ammoniaque s'oxyde aux dépens de l'oxygène de l'acide séiénieux ; tandis que le sélénium se réduit, avec dégagement de gaz nitrogène, qui entraine avec lui une partie de ce niélal, à une température sons l'influence de laq^elie il n'est point volatil.

« On verse de l'eau sur la masse qui reste dans la cornue; les sels sont dissons et le sélénium reste. Ce dernier peut alors être recueilli sur un filtre. On le lave bien, on le fait sécher, et on le distille., à une température voisine de la chaleur rouge, dans une petite cornue de verre.

« Le liquide ammoniacal qui passe à la distillation contient ordinairement un peu de sélénium. 11 peut en être de même aussi qe la dissolution des sels restés dans la cornue. On évapore l'ammoniaque, on mêle ces liquides, on fait chauffer le mélange jusqu'à ce qu'il bouille, et l'on y verse peu à peu de l'acide sulfureux liquide, qui réduit le sélénium et le précipite en flocons noirs.

« Une méthode fort' simple pour séparer le sélénium du sulfure de sélénium, consiste à dissoudre celui-ci dans de la potasse caustique, qui laisse les séléniures non dissous, si le sulfure contenait d'autres métaux. On hltre la dissolution, et on la laisse digérer pendant quelque temps dans un vaisseau ouvert. Le potassium et le soufre s'oxydent, et le sélénium se précipite peu à peu, sous la forme d'une poudre noife ou d'un brun foncé. Quand la liqueur contient plus de soufre qu'il ne peut s'en combiner aves la potasse, à l'état d'acide hyposulfureux, 11 ne s'en précipite cependant point avec le sélénium ; car tant qu'il reste de ce dernier dans la dissolution, celle-ci ne contient pas le persulfure de potassium. Ce n'est qu'après la précipitation du sélénium, que celui-ci se forme par l'action de l'air, et c'est seulement lorsque tout le potassium est converti en persulfure, qu'il commence à se déposer du soufre. Si, au contraire, la dissolution contient un excès de potasse, il faut attendre jusqu'à ce que tout le soufre soit acidifié, et alors seulement il commence à se préciuiter du sélénium.

« 11 est vraisemblable qu'on pourrait retirer le sélénium en grand de la galène sélénifere de Fahlun et d Atwidaberg, en la grillant dans des fours semblables à ceux dont on se sert à Fahlun pour préparer le soufre.

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Mais il faudrait que pendant le grillage l'air fût assez d'accès, pour que le soufre pût Ôtro brûlé en totalité ou en majeure partie.

« Le sélénium est, relativement à ses propriétés chimiques, un des corps les plus curieux que l'on connaisse. Les chimistes ont donc le plus grand intérêt à pouvoir s'en procurer.

« Quand il a l'aspect métallique, il possède les pio|iriétés suivantes : quand il se refroidit, après avoir été distillé, il prend une surface miroitante , de couleur fo'icée, tirant sur le bi'un rougeâtre, avec un éclat métallique qui ressemble assez à celui de la sanguine polie. Sa cassure est conchoide , vitreuse , d'un gris plombé, et douée de l'éclat métallique. Lorsqu'on le laisse refroidir très-lentement , aprcs l'avoir fondu, sa surface devient inégale , grenue , d'un gris plombé, et cesse d'être miroitante. Sa cassure est à grain fin, mate, et la masse ressembla parfaitement à un fragment de cobalt La fusion , suivie d'un prompt refroidissement, détruit cette apparence , et donne au sélénium les caractères extérieurs que j'ai indiqués d'abocd. Ce mét.il a peu ue tindan(^e à prendre une forme cristalline. Quand il se dépose lenti'iiieit d'une dissolution de sélénhydrate ammonique, il se forme à la suiface du liquide une couche métallique mince, dont la partie supérieure es' unie et il'un gris plombé clair, tandis que la partie inférieure est d'un gris foncé et micacée. L'une et l'autre, examinées à la loupe , présentent une texture cristalline, qui, dans la première, est irrégulière ; mais, sur h face inférieure, on aperçoit assez distinctement des facettes brillantes, carrées et à angles droits, qui ressemblent à des cotés de cubes ou de paralléliiiipèdes. Le sélénium cristalli-^e aussi, au sein même de la liiiueur, sur les parois du vase, à mesure que le sel est décomposé par l'action de l'air, et produit une végétation dendritique de cristaux prismatiques terminés en p(jinte , dans lesquels on ue peut cependant point distinguer de forme déterminée. « La couleur de ce corps est très-sujette à varier. J'ai déjà dit que sa surface reiTroidie promptement est foncée et tirant sur le brun, tandis que sa cassure est grise. Précipité à froid d'une dissolution étendue , soit par du zinc, soit par de l'acide sulfureux, il est rouge de cinabre. Si l'on fait bouillir le précipité rouge , il prend une couleur noire , s'agglomère et devient plus |)esant. Lorsqu'on môle une dissolution étendue d'acide sélénieux dans l'eau avec de l'acide sulfureux ou du sulfite ammonique, dans un 11acon de verre rempli à moitié, et qu'on expose le mélange à la clarté du jour, la surface du liquide se couvre, par l'action réductrice de l'acide sulfureux , d'une mince pellicule brillante, qui, au bout de quelques jours, acquiert une couleur jaune d'or et un éclat métallique |>arfait. Cette pellicule , reçue sur du papier ou surdu verre, ressemble à de la dorure pAle, semblable à celle qu'on obtiendrait en appliquant une feuille d'or faux sur le corps.

« Quand on réduit le sélénium en poudre, celle-ci devient d'un rouge foncé ; mais elle a beaucoup de tendance à s'agglomérer sur quelques points : le frottement du pilon lui donne du poli, et la rend grise, comme il arrive quand on pulvérise le bismuth et l'antimoine. Le sélénium en couches minces est transparent , et doué d'une belle couleur rouge de rubis foncée. Il se ramollit à la chaleur, devient demi-fluide à -J- 100 degrés, et entre en pleine fusion à quelques degrés audessus. Il reste longtemps mou en se refroidissant, et peut alors, comme la cire à cacheter, être tiré en longs fils minces et trèsllexibles, qu' , lorsqu'on les aplatit un peu , en ayant soin de les conserver minces , montrent mieux que toute autre forme la transparence du sélénium. Ces fils sont, à la lumière réfléchie , gris et doués de l'éclat métallique; vus à travers le jour, transparents et d'un rouge de rubis.

« Si l'on chauffe du sélénium, presque jusqu'au rouge, dans un appareil distillatoire , il entre en ébullition,et se convertit enun gaz de couleur jaune, moins foncée que celle du soufre gazeux, mais plus que celle du chlore. Ce gaz se condense , dans le col de la cornue, en gouttes noires, qui se réunissent, de même absolument qu'il arrive lorsqu'on distille du mercure.

« Quand on chauffe du sélénium à l'air libre, ou dans de larges vaisseaux , dans lesquels son gaz est refroidi et condensé pa" l'air qui pénètre du dehors, il se dépose sous la forme d'une jioudre ayant la couleur du cinabre , et forme une masse an.dogue aux fleurs de soufre. Avant de se déposer, il ressemble à une fumée rouge, qui ne porte pas d'odeur sensible. L'odeur de rave ne commence à se faire sentir que quand la chaleur est moutée assez haut pour produire l'oxydation.

« Le sélénium n'est point conducteur du calorique. On peut le tenir entre les doigts, et , à quelques lignes de distance , le faire fondre à la flamme d'une bougie, sans sentir la chaleur. Il n'est point non plus conducteur de l'électricité. En mettant un morceau de ce corps , long d'un pouce , sur une ligne de diamètre , en contact avec le conducteur d'une machine électrique , celui-ci donnait des étincelles longues de neuf lignes toutes les fois qu'on approchait du conducteur un excitateur à boule de laiton. Ce même morceau de sélénium ne déchargea l'électricité d'une bouteille de Leyde qu'avec un long sifflement , et, lorsque la charge était forte , une étincelle courait à la suiface du sélénium, et opérait la décharge. Mais quand il y avait quelque voie jiluscourtequela surface du sélénium, l'étincelle la prenait toujours, même lorsque la différence se réduisait à peu de chose. Ainsi- donc la décharge électrique paraît ne point être facilitée par le passage de l'étincelle sur la surface du sélénium, comme il arrive avec l'eau, le papier doré et plusieurs autres substances. Je n'ai pas pu, en frottant le sélénium , obtenir des traces d'électricité assez sensibles pour autoriser à

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