‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 27 sur 354 · AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE

marcs.

Mexique 2,100,000

Pérou 000,000

Buenos -Ayres 52.3,000

Chili 250,000

Etats-Unis 150,000

Colombie 1,200

3,702,200 Au Pérou et dans la plupart des districts métallifères de l'Amérique espagnole, les ouviiers qui travaillent dans les mines ne reçoivent pas un salaire fixe ; seulement il leur est permis d'emporter, à la lin de leurs douze heures de travail, miciipaclio rempli du minerai qui est amoncelé devant la porte de la mine (<à peu près 15 kilogrammes de déblais). Ce mode de payement donne lieu à un mode d'échange dont ou ne trouve d'exemple mille part. L'Indien ou le mélis, à la fin de sa jouinée, apporte au cabaret son tablier tout rempli de pierres. Là, il boit de lean-de-vie, de la chien, mange un chitpé, mâche de la coca, fume son cigare, et il paye en morceaux de pie\res. Il en est de même pour lout ce donl il a besoin, habillement, cliaulïage, etc. Chaque marchand ou marchande est doue tenu de faire entrer dans les nécessités de sou étal la connaissance des minerais d'argent, étude longue et qui deniamle un coup d'œit éprouvé; car bien souvent, au premier aspect, rien ne distingue la pierre, plus ou moins riche en argent, de celle même qui n'en contient pas. Rien n'est ordinaire comme de voir ime marchande de poisson, assiste sur la porte de sa boutique, el tout en surveillant le (lé'bil de sa marchandise, concasser du minerai, h; réduire eu ])oiidre, puis le pétrir avec du mercure, le laver, le tn'iler, enlin le metire à l'état de lingot. (Comte de Sartiges, Relation d'un l'(iij(i<je dans t'Amérùiue du Sud, en 1834.)

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qui amène le vont sous une légère inclinaison ; à l'autre existe un trou tjui comnuiniquc par une ri.Lioie avec l'intérieur de la coupelle. Dès que la température est au rouge- cerise , on dirige le vent du soufllet sur le bain fondu; le plomb s'oxyde seulement et se vitrifie , en formant une couche liquide qui, poussée par le vent du soufllcf , sort |)ar le trou opposé, et va se rendre dans un bassin de réception où il se solidifie en petites paillettes rougeMrcs. Lorsque l'alliage a été ainsi privé d'une certaine quantité de plomb, on le place dans une coupelle plus petite, faite entièrement en ns calcinés, et on chaulfe comme dans la première opération ; le protoxyde de plomb qui se forme est absorbé par les parois de la coupelle, et l'argent reste à l'état de pureté. On le retire avec des ringards froids auxquels il s'attache, puis on le sépare en le plongeant dans l'eau froide.

("cite opération est fondée sur la propriété qu'a l'air'd'oxyderle plomb sans allérerl'arfient, et de convertir le premier en un oxyde fusible qui est moins dense que l'argent , et qui n'exerce aucune action sur lui.

Les plombs argentifères sont traités parla niême méthode ; comme ds contiennent du très-]ietites quantités d'argent, on (Stoldigé de soumettre de grandes masses de p'ombà la coupellation , ce qui se praiique facilement, en entretenant la coupelle toujours remplie; carà mesure qu'une portion de plomb est oxydée, elle est entraînée hois la coupelle , et va se solidifier et cristalliser dans des bassins particuliers qui sont en commu-i ■ nication avec elle. Le protoxyde de |)lomb , ainsi cristallisé , qu'on obtient dans ce tra-^ vail , est la source de toute la litharge qu'on , trouve dans le commerec-

Le i^ulfiire d'argent qu'on rencontre, mèl'' aux sulfures de fer et île cuivre, est soumis à un autre traitement. On grille la mine dans un fourneau à réverbère, après l'avoir môlée avec un dixième de sel marin. Il en résulte des sulfates de soude, de fei', de cuivre, et du chlorure d'argent; cette masse, après avoir été réduite en poudre et lavée pour enlever les sels solubles , est mise en contact dans des tonneaux qui tournent sur leur axe , avec la moitié (.e son poids de mercure, de l'eau et des morceaux de tôle. Dans cette opération, le fer décompose le chlorure d'argent en s'unis^ant au cidore pour former du chlorure de fer soluble dans l'eau , et le luercure et l'argent se combinent ensemble. Au boiit de dix heures, on cesse de faire tourner les tonneaux, et on en retire l'amalfame liquide qu'on soumet k la presse dans les sacs de coutil , [)Our en faire sortir l'ex- .;ès de mercure. L'amalgame solide qui reste •ians le sac est distillé ensuite dans des cor- .jues en fonte ; le mercure se volatilise, et l'argent reste au fond.

C'est par cette dernière méthode, connue sous le nom {['ainalyamation, qu'on extrait ï'argeid du sulfure à Freyberg. Le procédé tuivi au Pérou et au Mexique est très-peu dtlférenl de celui-ci.

' Oxyde (Vnrrj prit. — L'argent ne se combine qu'en une seule proportion avec l'oxygène nour former un ovyde stable. On ne peut l'obtenir qu'en dissolvant ce métal dans les acides, et |)récipitant l'oxyde formé par la potasse ou la soude caustique.

L'ammoniaque caustique se combine avec l'oxyde d'argent, et produit un composé découvert par Berthollet et désigné sous hnom iïargmt fulminant. On l'obtient eu délayant l'oxyde humide et récemment préci[)ité avec de l'ammoniaque pure, et abandonnant la matière îi l'évaporation spontanée, il reste une poudre noire, micacée, qui détonne avec une extrême violence au moindre contact. Ce composé, qu'on a regardé comme une ammoniure d argent, ne doit être préparé qu'en petite quantité, pour éviter l»s dangers auxquels exposerait son explosion subite lorsqu'il est sec.

Les expériences de Davy et de SéruUas tendent à faire regarder cet argent fulminant comme un ai^oture ammoniacal d'argent.

Chlorure d'argent. — Le chlore à l'aide de la chaleur s'unit à l'argent, sans dégagement de lumière et en donnant naissance à une masse blanche qui est le chlorure d'argent.

Le clilorure d'argent se présente en flocons blancs caillebottés, insipides, insolubles dans l'eau et dans tous les acides, mais solubles entièrement dans l'ammoniaque. Exposé h la lumière, il se colore sur-lechamp et devient violet par un commencement de décomposition. Chaull'é au-dessous de la chaleur rouge, il entre eu fusion, et se prend par le refroidissement en une masse grise , demi-transparente , ayant la consistance et l'aspect (le la corne; ce qui lui a fait donner le nom d'argent corné pur les anciens chimistes.

Si l'on môle avec le chlorure d'argent du zinc en limaille, et qu'on V( rse dessus de l'eau et de l'acide sulfurique, l'hydrogène qui provient de cette réaction se- porte sur le chlore, et l'argent est réduit ra|iidement. Ce moyen, dû àÀl. Arfwcdson, est souvent employé dans les laboratoires pour oblenir de l'argent h l'élat de pureté.

Le chlorure d'argent se trouve dans la nature, ou en petites masses ou en couches dans les mines d'argent nalif, quelquefois il est cristallisé en cubes. On la rencontré dans la ]ilupart des pays qui fournissent des mines d'argent. C'est un minéral assez rare.

Jodure d'argent. — L'iodure d'argent siprépare comme le chlorure en précipitant un sel d'argent, soit par l'acide hydriodiquc ou par un iodure.

\ au(iuelin a rencontré dans une mine d'argent natif, provenant des environs de Mexico, l'iodure d'argent. C'est le premier exemple de la présence de l'iode dans les minéraux.

Sulfure d'argent. — L'argent a une grande affinité pour le soufre; on est journellement téuioin de celte proir'ii'té. l.or,s(pie ce mé tal est exposé aux émaudtions sulfureuses, il perd son éclat et noircit bieutùt par la dé-

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(•ompci'.itinii (lu sn/. liydrosulfiiiicfiio ot la ioiniîilioii (lu siilfurci il'iirjj;i"il. l,o ((iiilact (les siil)stiini't's aliiiiontaircs coiiteiiant du s(nilVo ai;il du la in^iiif iiiaiii(''ro. ("/est co (lu'dM oliscrvo on faisant cuiro (l(>s ù'iit's dans (li's plat.': d'argent, ou en les touchant ([uaïul ils sont cuits avec dos ustensiles formés par co métal.

Co sulfure se trouve presque dans toutes les mines d'ari^ent ; il est quelciuet'ois crislallisé ou en masse. Souv(Mit il est mêlé avec d'autres sulfures métalliques, tels que les sulfures de fer, de cuivre, de pl(mil) etd'antiuiiiine. 11 existe surtout dans les mines d'argent du Mexique, de Saxe et de l'Allemagne.

SELS A IIVSF, d'oxyde d'ARGENT.

Carbonate d'arqent. — On trouve cesel dans .a nature, mais il e.-;t rare ; il se présente en masse grisAtre, ou disséminé h travers d'autres minéraux; il a été rencontré dans la mine do Winceslas en Souabo. On le forme dans les laboratoires en versant un carbonate dissous dans la solution d'un sel d'argent ; il se précipite aussi en flocons blancs. Ce sel est insoluble; il noircit un peu à la lumière; exposé à l'action de la chaleur, il se décompose, donne de l'acide carbonique et de l'oxygène, et, pour résidu fixe, de l'argent métallique.

Nitrate d'argent. — Ce sel s'obtient en faisant dissoudre h une douce chaleur l'argent fin grenaille dans deux fors son poids d'acide nitrique pur à 35 degrés. Dès que la réaction a lieu, une partie de l'acide nitrique est décomposée |iar l'argent, d'où résulte l'oxyde d'argent qui s'unit à l'autre portion d'acide, et du deutoxyde d'azote qui se déj;age avec une vive effervescence. Lorsque la dissolution est faite, on l'évaporé à moitié, et en rabandonnant à elle-même, elle cristallise. On peut préparer le nitrate d'argent avec l'argent du commerce allié au cuivre, mais il faut le faire cristalliser plusieurs fois pour le séparer du nitrate de cuivre, qui est plus soluble, ou faire bouillir la solution des deux nitrates avec de l'hydrate d'oxyde d'argent, qui décompose tout le nitrate de cuivre et en précipite l'oxyde de cuivre.

Le nitrate d'argent se jirésento en belles lames transparentes et brillantes, ayant une forme hexaédriquo, ou ([uelquefois tétraédrique ou triédrique. Sa saveur est amère, i1cre et caustique; il est inaltérable à l'air, mais à l'action de la lumière il brunit à sa surface par suite do la réduction d'une partie de l'oxyde ; exposé au feu dans un creuset d'argent ou de platine, il fond bien au-dessous de la chaleur rouge, se boursoufle un peu par l'évaporation de la petite quantité d'eau interposée entre ses cristaux. Si, lorsque la iusion est tranquille, on le retire du feu et ([u'on le coule dans une lingotièro échaulfée d'avance et enduite de suif, il se solidiiie par le refroidissement, et prend la fo me de petils cylindres blancs grisAlres. On le ciinnaîl alors sous le nom de nitrate d'araent fondu, ou plus communément sous celui de pierre infernale.

Ce sel, tenu en fusion h ime chaleur roupe, se décomp(is(ï en donnant du tieutoxydo d'azolc, d(> ra(id(; niireux, d(i l'oxygène i^t de l'argent métallicpin. L'(îau h la tempt'rature ordinaire en dissdut un poids égal au sien. Cette solution produit sur la peau et sur toutes les parties organisées des taches brunes qui ne disparaissent ([ue par la chute île la surface loucriée.

Usages. — Le nitrate d'argent est très-employé en médecine : on l'a administré avec succès h la dose d'un grain h deux par jour, dissous dans l'eau, pour combattre i'é]iilepsie. Co traitement présente cela de remar(]ual)Ie, qu'an bout d'un certain temps la peau des malades se trouve colorée en brun vordâtre. Ce sel, h la dose de 30 à iO grains, est un poison corrosif local, dont les ellets doivent être combattus immédiatement par l'ailministration de l'eau salée, les évacuants et.ensuite les émollients. Fondu et coulé en [letits cylindres, on en fait usage à l'exlér-ieur comme escarrotiqne pour ronger les chairs baveuses ou animer les ulcères indolents; il agit alors localement sans être absorbé.

La facilité avec laquelle ce sel est décomposé par tous les tissus organiques, le rend propre ii marquer le linge d'une manière indélébile. On pratique cette opération en mouillant le tissu avec une solution de carbonate de soude, faite dans les projiortions d'une ]iartie de ce sel sur quatre parties d'eau. Lorsque la partie imprégnée de cette solution est sèche, on y forme des caractères avec une solution de nitrate d'argent, épaissie par un peu de gomme arabique. Par l'exposition à la lumière solaire, les traits formés avec cette liqueur deviennent bruns et indélébiles par suite de la décomposition et de la réduction du nitrate d'argent.

Dans les laboratou-es, le nitrate d'argent est fréquemment employé comme réactif, pour reconnaître la jirésence du chlore libre ou combiné.

ARGENT FULMINANT. Voy. Argent.

(oxyde).

ARGENTAN. Voy. Nickel.

ARGENTURE ET PLAQUÉ. — C'est principalement le cuivre et le laiton qu'on argenté.

Le procédé le plus ancien pour l'argenture du cuivre consiste à appli(|uer à la surface de ce dernier métal, préalablement bien décapé et préfiaré , dos feuilles d'argent très-minces qu'on fait adhérer, h l'aide de la chaleur et d'une pression longiemps exercée, au moyen d'un brunissoir d'acier; on applique orilinairement k h S feuilles à la fois sur le cuivre , et on en superpose ainsi 30 , 40 , 50, GO, suivant la solidité et la durée qu'on veut donner ;i l'argenture. On termine h; travail en brunissant à fond, c'est-à-dire qu'avec nn instrument en acier on polit avec soin toutes les places, de manière à ce qu'on ne puisse apercevoir aucun joint , et que l'teil le plus exercé ne puisse disiiuguer une pièce argentée d'une semblable pièce eu argent.

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Ce moilo d'arstonter est fort dispondieux et nn |ieut guère (Mro |iratKiué sur les iielites pièces do métal destinées aux orueineuts, surtout lorsqu'elles sont relevées en JjDSse; et puis, l'argent n'étant que superposé Sur le cuivre , l'usure en est assez prompte. Un autre inconvénient de cette argei'.ture en feuilles, c'est qu'on ne peut réjiarcr une [lièce usée en quelques endroits sans la réargenter en entier.

Un Allemand, nommé .Mellawitz, a imaginé une autre manière d'argenter le cuivre, dont on fait usage pour les cadrans d'Iiorlogerie et les limbes grailués des instruments de physique. On lui a donné le nom d'argenture au pouce, parce qu'on l'applique sur le cuivre par froltement.

La base des préparations employées pour cette argenture est ])resque toujours le chlorure d'argent. Si Ton frotte une lame do cuivre ou de laiton avec ce chlorure récemment précipité et humecté d'un peu d'eau salée , l'argent revient à l'état métallique, pénètre assez ])rol'ondément dans le cuivre, et forme à sa surface une croûte très-solide, qu'on rend encore plus adhérente en faisant rougir la jiièce et en la brunissant.

Les ouvriers ont une foule de recettes pour argenter de cette manière. Quelquefois ils rendent le chlorure d'argent soluble dans l'eau , au moyen de chlorures alcalins et de sel ammoniac , et ils ]ilongent dans ces liqueurs, appelées bouiUitoires , les pièces de cuivre bien décapées , qui se recouvrent promptenient d'une couche d'argent trèsbrillante et sans taches ni aspérités; ils lavent ensuite avec soin ces pièces argentées, et les sèchent immédiatement.

Si l'on brise une de ces pièces, on remarque que l'argent a pénétré le cuivre. Si quelque partie se déti'riore ou se trouve altérée par les vapeurs d'hydrogène sulfuré, on peut la réparer facilement sans retoucher à toute la pièce ; il sulht de la frotter avec de la poudre à blanchir, c'est-à-dire avec le chlorure d'argent.

Ce qu'on appelle le double' o\.i\e plaqué est du cuivre recouvert d'une jilaque d'argent destinée à remplacer l'argenture ordinaiie, toujours assez coûteuse en raison de son peu de solidité. Ce genre d'industrie , anciennement connu des Gaulois , a repris naissance en Angleterre; mais, depuis les premières années de ce siècle, on l'exploite en France, et aujourd'hui nos fabricants livrent au commerce des produits d'une grande perfection et d'un très-bas prix. En 1833, on a exporté pour 3,175,4-70 fr. de pla jué français. Cette industrie occupe h Paris 2,000 ouvriers , et eujploie un capital d'environ 8,000,000 de flancs. Voici en peu de mots comment on fait le plaqué.

Après avoir choisi une plaque de cuivre du i>oids de 10 kilogrammes et de 2 centimètres environ dé-paisseur, on rend une de ses surfaces parfaitement unie, et, à l'aide du laminoir, on l'étend à peu près au double de son étendue. On passe alors sur la face polie une forte dissolution d'azotate d'argent,

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puis on ap[ilique dessus une plaque d'argent lin laminée, de manière à recouvrir entièrement le cuivre , et même h le déborder tout autiiur de 1 à 2 millimètres. On rabat cet excédant sur la surface non grattée du cuivie, (k manière que l'argent ne peut ni glisser ni se séparer. On chauH'e alors au rouge brun les deux ]ilaques superposées, on les ])asse au laminoir pour chasser l'air qui se trouve entre les deux métaux, et les amenez au degré d'amincissement convenable. C'est par la privation entière de l'air et la compression que les métaux adhèrent, sans soudure , entre eux , de manière à ne pouvoir plus être séparés.

On plaque au degré de force qu'on désire, en donnant à la lame d'argent le dixième Je vingtième, le quarantième du poids ]>rimitii du cuivre. Pour jilaquer au dixième, on applique sur le cuivre , qui pèse 10 kilogrammes , une lame d'argent du poids de 1 kilogramme. Les deux métaux laminés ensemble, et réduits à l'épaisseur d'environ 1 millimètre , conservent toujours le môme rapport d'épaisseur , de sorte que l'argent est toujours le dixième de l'épaisseur totale. On ne plaque pas plus bas qu'au quarantième.

Le plaqué d'or et de platine est fait de la même manière. Seulement la liqueur d'amorce consiste en une dissolution d'or ou de platine dans l'eau régale.

C'est par ces différents moyens , Vargenture et ]e plaqué , qu'on est parvenu à multiplier les services que peut rendre l'argent. Il serait à désirer que l'usage de ce métal se répandît de plus en plus, surtout pour la pré|)aration des aliments , en raison de oou inaliérabilité et de son innocuité.

Si l'argent de vaisselle n'est pas altéré visiblement par la plupart des liquides ou des mc^ts avec lesquels on peut le mettre en contact , ce ne serait pas, cependant , sans danger qu'on mangerait des aliments ayant séjourné et s'étant refroidis dans des vases d'argent, si'rlout dans ceux au titre de xtrâ- Une cuillère d'argent à ce titre , laissée pendant quelques heures dans une infusion suciée de violettes ou de tilleul, sulfit pour donner à ces liquides une saveur métallique désagréable et bien prononcée (d'Arcet).

AKGlLliS. — Les argiles sont de véritables silicates d'alumine hydratés : ce qui le prouve, c'est que les argiles sont inattaquables par les dissolutions alcalines; de plus, si on les traite par l'acide azotique ou l'acide chlorh. drique concentré et bouillant, qui enlève une partie de l'alumine, les alcalis dissolvent alors d'autant ])lus de silice, que l'acide a dissous lui-même une quantité d'alumine plus grande, phénomènes qui no ijeuveiit s'expliquer qu'autant qu'il y a comijinaison de la silice et de l'alumine, et non un simple mélange de ces corps.

Les argiles sont blanches, opaques, onctueuses au toucher , tendres et à grains très-lins; elles happent fortement à la langue, et ont une deiisité de 2,5. Ces projirié tés ne conviennent qu'aux argiles pures, c'est-à-dire à celles qui ne contiennent quo

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ili' la silice, do l'iiimiiiiu' c< dolViiu on coni- " binnisdii.

Les ari,'iics pcuvi'iit coiilciiir on méj-inmi lio;iiuuu|i (in sulisliiiu'os <liv('rst's, (|ui sont : le qiKirtii ù l'i'lat do s.iblc, lo cuiboiiato do cliaux, lo poioxydo do loi' anii.ydn', ou liydi-utiS l'oxjdu (io nian^anôsc, los silioatos do l'or, Jo 't;;ra|)liilo, le l)iliinio. Toutes ces siibsiaiiccs, excepté lo (luaitz, les biluuies, le grapliite, rendent les argiles plus ou moins fusibles en l'oiniant des silic-ites (ioul)les, et euipi^client celles (ini en contiennent des ipiantités notables d'cHre [iroiircs à la l'ubiication des biiquos réb'actaires , des eieusots, etc. C'est au silicate de pr'otoxyde de fer que les argiles verdiUres doivent leur couleur. C'est au poi'oxyde de fer liydraté que les ar^Ailes doivent leur couleur rouge ou Jaune; alors elles poitent les noms de terres boluires, de terres i/laises, d'orce, etc. L'oïvde de manganèse n'entre jamais que pour une petiti' quantité dans les argiles. Ia\s argiles mélangées de carbonate de cliaux sont ti'ès-coannunes : on les reconnaît à la proi)iiété qu'elles ont de faire ell'ervescence avec le vinaigre et les acides. Celb's où le carbonate calcaire abonde constituent les marnes qui servent h amender les terres sablonneuses désignées dans la science agricole sous le nom de terres froides, et qui s'emploient avec beaucoup d'avantage dans la fabrication de la faïence, en raison de leur fusibilité.

Les argiles renlerment presque toutes du sable qunrtzeux; on le prouve en pétrissant la \a\ii avec de l'eau et en la lavant avec soin; alors l'argile reste en suspension taudis que le sable se précipite. Le bitume fait partie de beaucoup d'argiles ; il en est qui en contiennent une si grande quantité , qu'on est tenté, au premier aspect, de les prendre pour des combustibles. On les exploite même maintenant pour le bitume qu'elles contiennent. Lorsqu'on les calcine, elles noircissent dans leur intérieur et ne perdent cette couleur que par un grillage soutenu.

Toutes les argiles mises en contact avec l'eau s'y gonllent et s'y délayent rai)idement. Humectées convenablement et ])élries, elles donnent lieu, en vertu de leur propriété plastique, à des pâtes liantes et ductiles, susceptibles de toutes sortes de formes, et qui, exposées à l'air, se dessèclient peu à peu, prennent beaucoup de reirait et se iéndillent en même temps toutes les fois que la dessication n'a pas été extrêmement lente. Calcinées au rouge naissant , elles n'abandonnent pas complètement leur eau de combinaison; à la chaleur blanche elles en contiennent encore sensililement , se contractent beaucoup, et deviennent assez dures pour faire feu au briquet. Les acides étendus d'eau ne les attaquent pas. L'acide sulfurique dissout l'alumine tout entière à la chaleur de l'ébullition. Les dissolutions alcalines sont sans action sur elles; mais les alcalis et les carbonates forment avec toutes, au dôa;ré de la chaleur rouge, des silicates

doubles pou fusibles, insolubles dans l'eau seule, et très-soluhles au contiaire dans l'eau ihaig('(> d'acide .sulfuri»iue, a/.oti(pu3ou ehliii-hydricpu!.

L'argile liiiolin est précieuse, car elle sert à fairt! la norcelaino, dont la consommation est considérable dans l'économie domestique. Cette argile se compuso, (juand elle est [lure, de 48 de silice et do !j2 d'alumine, com|)Osi(ion (|ui est très-lden représentée par la fornnde Al'0\SiO^ Ce kaolin paraît provenir, au dire des minéralogistes et des géologues, de la décomposition des roches feldspalliiiittcs , dont la composition i)ent être représ(Mdée, d'après M. IJerlhier, par la foruiule KOAlH)%/iSiO'. On trouve des carrières de kaolin : en France , à Saint- Yriex, lires Limoges; à Cliauvigny et à JMauportuis, dans les environs d'Alençon; près de IJayonne; en Angleterre, dans le comté de Cornouailles; en Saxe, en Chine et an-Japon.

L'argile (iriuline est très-douce au toucher, et forme avec l'eau une pAle assez tenace. On l'emploie dans la fabrication des fourneaux, des faïences et poteries grossières à pâte poreuse et rougeAtre. 1-1 en existe une grande quantité près de Paris, dans les environs de Vauvres, de Vaugirard, d'Arcueil, dont, on se ser| non-seulement- pour faire les ])oteries du 'plus bas |)rix, mais encore pour glaiser les bassins et^pour modeler.

Parmi les autres argiles on distingue : 1» l'argile du Montet, près du Creusot, qui est d'un blanc un peu grisAtre , dont les grains sont tins et qui sert à faire d'excellentes briques réfractaires ; 2" l'argile de Hesse, en Allemagne, qui sert à faire des creusets très-réputés dans toute l'Europe, et qui prend une petite teinte rougeAtre par la calcination; 3" l'argile (ÏAbondont, près de Dreux, qui est blanche, qui a beaucoup de ténacité , et qui sert à faire les étuis ou gazettes dans lesquels on cuit la porcelaine ; k° l'argile smectique ou terre à foulon, cjui est onctueuse , grasse au toucher , qui se dilate facilement dans l'eau. Cette argile sert h enlever aux étoffes de laine l'huile qui est employée dans leur fabricalion : à cet elfet , on les foule avec une certaine quantité de cette argile et d'eau; 5" l'argile de Montereau-sur-Yonne, qui est grise, très-liante, qui blanchit par un feu médiocre, et devient d'un fauve sale par un grand feu : c'est avec cette argile qu'on fait à Montmartre et à Paris les faïences fines et blanches, nommées terres blanches, terres à pipe ou terres anglaises.

ARGILE SMECTIQUE. — Ce sont des ar.giles très-grasses au toucher, qui se délayent dans l'eau, qu'elles rendent plus ou moins savonneuse; ce qui fait que, dans les endroits oii elles existent, le peuple s'en sert pour blanchir le linge, et à tous les usages auxquels nous em|)lo.yons ordinairement le savon. Elles sont de la plus grande utilité pour les fabi-i([iies do draps, et c'est l)ar leur moyen qu'on débarrasse ces tissus de riiuilc dont on a été forcé d'imbiber la

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