‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 28 sur 354 · ARR · texte numérisé non relu

ARR

laiiip pour la (ravaillor. On foule ces dtofTes avec cette terre dans de grandes anges et sous des pilons de i)ois, et c'est de l<\ qu'est venue la (ii''noinination de terre à foulon.

C'est aussi une ar-;ile smectique qu'on ein]iIoie comme ]iierre à détacher, qui est )'ar[iculi(^rement utile pour les taclies de graisse; celle qu'on vend à Paris, .sous la forme de tablettes, est une marne de la formation gypseuse , qui forme une couche épaisse à Montmartre. On l'emploie seule, ou mélangée avec un peu de carbonate de soude. C'est ce dernier sel qui produit surtout l'etfet de raviver les couleur's dégradées ])ar l'acide nitrique, dont les gens qui les vendent font journellement l'expérience sur les places jiubliques.

AHICINE. — On a donné ce nom à un alcaloïde analogue à la cinclionine par quelques caractères, et qui a été découvert, en 1829, dans une écorce venue d'Arica , et mélangée avec quelques espèces de quinquina.

Cette écorce, analysée par MM. Pelletier et Corriol , leur a olfert ce nouvel alcali organique qu'ils ont désigné sous le nom d'aricine.

L'acide nitrique concentré lui fait prendre une belle couleur verte.

ARNAUD DE VILLENEUVE.— A l'époque oijIlorissaientRogerBacon et Albert le Grand, la France ne possédait aucun savant de (|uelque renom, qui fût versé dans les études chimiques ; mais elle ne resta pas longtemps en arrière. Un homme , dont la renommée égala celle des chimistes que nous venons de citer, Arnaud de VUleneuve, né en 1*238, à Villeneuve en Languedoc, ne tarda pas à se montrer, et tit faire à la chimie des |)rogrôs ])lus grands qu'Albert le Grantl, et comparables à ceux qu'on attribue k Roger Bacon.

S'il n'est point l'inventeur de l'art de distiller , art beaucoup plus ancien , puisque Dioscoride a tlonné une description de l'alambic qu'il nomme amhica, la jiarticule al ayant été ajoutée plus tard, du moins est-il certain qu'on lui doit d'avoir insisté sur l'utililé de la distillation, et d'avoir répandu la connaissance de quelques-uns des jiroduits les plus importants que l'on extrait jiar ce moyeu. Si ce n'est jias lui qui a découvert l'esprit de vin, il est toujours constant que c'C't lui qui en a fait connaître les principales propriétés.

Vous serez curieux de savoir comment il s'exprime à ce sujet. Dans VAntidotarium, vous trouverez quatre lignes sur la distillation des médicaments, nù il dit que la disiillation du vieux vin rouge donne une eau indente d'un excellent usage contre la paralysie, etc. Et ailleurs , dans son traité De consenanda JHvenlute, y onsWrez : « Discours sur l'eau de vin , que (]uelques-uns appellent eau-de-vie, etc. » Ces façons de s'exprimer supposent que cette liqueur aurait été géiiéraleuient connue, et laissent le droit de penser (pi'Arnaul I joue ici le rôle d'histoheu plutôt que celui d'iuveuteur.

On le donne aussi comme ayant d('cou" vert l'essence de térébenthine; et il la désigne sous le mm d'olcum mirabile; mais il faudrait ajouter qu'il ra|iporte h un autre que lui l'honneur d" la di'couverte de l'essence de romarin. îmi ellot, contre sa cou-^ tume, il raconte en détail comment Azanarès , se trouvant à Babylone , apprit d'un vieux médecin sarrasin, h force de soins et d'instances, le procédé qui permit d'obtenir cette essence par la distillation.

Après avoir fait ses études de médecine h Paris, il professa cette science à Montpelliei d'une manière très-distinguée. Les ouvrages fort nombreux qu'il a laissés indiquent des notions saines de médecine, une pharmacologie aussi avancée qu'on peut l'atlendre de cette époque, et des connaissances de chimie qui ne sont point sans intérêt, dont qnelques-imes même en ont beaucoup. D'ailleurs, Arnaud de Villeneuve possède, comme les autres, la pierre philosophale, et donne la recette pour faire de l'or, mais en termes inintelligibles et dans lesquels il est impo.ssible de com|)rendie absolument rien, à moins d'être initié au langage sous lequel les chimistes se plaisaient à cacher leurs moyens de jirocéder et leurs découveiles réelles ou fictives en ce genre.

Les ouvrages d'Arnaud de Villeneuve sont remplis de faits et de détails instructifs ; mais la forme n'en est pas exempte d'une pédanterie rigide qui les rend dilliciles à lire. Ils sont composés d'une nmltitude de traités divisés uniformément en sections et en articles, écrits d'un style aride et pauvre, qui ferait supposer que ce sont des résumés de ses leçons faits par lui ou plutôt par ses élèves.

Bien n'y rappelle l'esprit vif ou élevé que ses découvertes et ses succès i)rès des grands permettent de lui attribuer, ni le scepticisme qu'on lui a prêté et qui s'accorde bien avec les diverses circonstances de sa vie. Poursuivi à Paris comme hérétique, il se réfugia en Sicile, auprès de Frédéric d'Aragon. Le jiape Clément V, étant tombé malade, l'appela auprès de lui pour le soigner; mais il périt dans la traversée de Naples à Avignon, en 131 4..

ARRAGONITE [carbonate de chaux prismatique). — Doit son nom au royaume d'Aïagon, où elle fut trouvée poyr la première f(ns : elle a été rencontrée depuis dans les Pyrénées, etc., engagée dans du gypse; sa couleur est gris verddtre ou gris de perle ; dans le milieu, elle est souvent d'un bleu violet et verte. On ne l'a encore trouvée que sous forme de cristaux hexaèdres, ayant deux faces opposées, plus larges. Les six faces sont striées dans leur longueur ; la cassure lient le milieu entre la libreuse et la lamelleuse ; elle raie le s|)ath calcaire, est très-cassante, clivage double, l'un parallèle à l'axe des cristaux, et l'autre formant avec lui un angle de 116",0'. Poids spécifique, 2,9i68.

Variétés.— Arragonite cri.slaltisee en [iris mes siniples rhomboidaux (asse^rare), modi fiés par des sommets à deux faces, ou Lieu

ARS

(Ml prismes hexaèdres irri^t;iiliers, tdriniiH's par (les sominets diètlres ou |)(ily(>di'es. — Afiric'c, disposés (Ml s^roii es ri';-;iiiii'is. — Aciculaire. — ('Dnilloulf ou /lus frni. C^', slulactito est r(nu;ir(pial)le par ses (;aiiaux iiil(5rieiirs, (pii no soiil pas verticauv; ils (jril dillV'reiiles directions ; leur strueluro est lilireuso et leur cassure souvent vitreuse. — /{(irilldirc. — Filircuse, etc

AKKOW-KOOT. — MOUSSACHK. — Vé- (udos ([ue fournissent les racines de di Ilerentes plantes des Antilles; elles sont trc'isiidoucissantes et tr(Vs-facil('S à (lig(!rer. Celle ((ue l'on connaît sons 1(! mmidi'. fccnlc dcdic- Utmc ou de inoitssachc tie Barbade est une des [ilus digestibles et des plus douces. On a vu ces fécules réussir souvent, lorscju'il f.dlait rechercher des aliments de leur nature, et tpio les meilli'urs farineux n'étaient pas bien supportés ; et je regarde comme mal iiiformès lesauteurs (jui nous disent ([u'elles peuvent toujours se reiu|)lacer par la fécule de pomme de terre. Elles sont surtout précieuses lorsque l'estomac et les intestins sont très-sensibles. Elles conviennent beaucoup aux petits enfants, etc.

Elles s'emploient et se préparent absolument comme la fécule de pomme de terre. ■ AKSENIATES. Voy. Arsenic ( sels ).

ARSENIC. — II est très - anciennement connu ; Dioscoride se servait déjà du mot arsenicum. Aristote connaissait l'arsenic sous le nom do san^nrai/we. Paracelse savait qu'on pouvait extraire un métal de l'arsenic blanc. l\ se trouve dans la nature, quelquefois à l'état métallique, plus souvent combiné avec le soufre et les métaux.

L'arsenic est solide, gris d'acier, fragile, brillant lorsque sa cassure est réconte, se ternissant bientôt à l'air; sa texture est grenue et écailleuse ; frotté, il communique aux doigts une odeur sensible. Il n'a pas de saveur; sa pesanteur spéciliiiue = 3,959. Soumis à une chaleur de 180", il se volaliliso sans se fondre. Pour le fondre il faut le chauffer à une pression plus forte que celle de l'atmosphère.

L'oxygène et l'air humide oxydent lentement l'arsenic, mais, à une température élevée, l'oxygène est proraptement absorbé et il se forme un acido blanc appelé arsc'nieux. Plusieurs métalloïdes, l'hydrogène mémo, se combinent avec l'arsenii'; de mémo que la plupart des métaux. L'eau n'a aucune action sur lui, à moins qu'elle ne contienne de l'air, car alors l'arsenic s'ompare de l'oxygène dissous, forme do l'acide arsénioux qui se dissout. Cette dissolution est connue sous le nom de mort aux mouches.

L'arsenic se trouve à l'état natif, à l'état d'oxyde et de sel, et combiné avec le soufre ou divers métaux. On l'obtient en traitant l'oxyde blanc par du cliarboii qui s'empare de l'oxygène, et l'arsenic mis à nu se volatilise.

Uni à l'étain, le cuivre etleplatine, il sort a faire dos miroirs do téloscojie. L'arsenic se combine en trois jiortions avec l'oxygène; il lorme un sous-osydo et doux acides.

ARS loa

SoHs-oTi/do m'S('ni(fiip. — Il se forme p,ic l'oxydation de l'arsenic à l'air libre ; c'est une poudr(^ noire (pii, ,,orsqu'on la cliaull'e, se sublime, d'abord en acide arséuieux, puis en ars(!nic.

Acide, arsrninix (oxyde, d'arsenic). — On le connaît sous le nom d'arsenic blanc : il est rare dans la nature, mais il s'en forme une grande (piantité pendant le grillage des minerais de (Xibalt arsénifèri; ; il se dégage avec la fumée et se coiulense dans de grands réservoirs ; on le purilio par sublimation.

Propriétés. — Distillé lentement il se sublime Sous forim; d'octaôdrt^s l'éguliers. Ordinairement il est en masse d'un blanc do lait, vitreux dans sa cassure. Cliaulfé au rouge naissant, il se ramollit, se volatilise sous forme do vapeur blanche, sans odeur déterminée; l'o leur d'ail appartient à l'arsenic métallique qui s'oxyd(!. La densité de l'acide arsénieux est de 3,69i). Lorsqu'une solution concentrée d'acide arsénieux cristallise, elle ou contient -^j. Immédiatemeni après la sublimation, l'acide arsénieux est ei) morceaux vitreux, transparents, qui|ieu'àpeu blanchissent du dehors en dedans. î>'après (luibourt, l'acide vitreux pèse 3,7383, l'acide laiteux 3,699. Ce dernier est beaucoup plus sohible dans l'eau que le premier. La dissolution de l'acide vitreux rougit le papier de tournesol ; celle de l'acide laiteux (larait^ plutôt douée d'une réaction alcaline.

Composition. L'acide arsénieux est composé de 2 atomes d'arsenic et de 3 atomes d'oxygène ; sa capacité de saturation est égale aux f de la quantité d'oxvgène qu'il contient. Divers acides dissolvent l'acide arsénieux ; mais les combinaisons ne jouissent pas des propriétés qui caractérisent les sels.

Usages. — On emploie cet acide dans les arts, dans les manufactures de toiles peintes, dans la fabrication du verre, pour préparer l'orpiment, le verre de Schéele. Connu sous le nom d'arsenic, mélangé avec de la farine, il sert à empoisonner les rats. Quoiqu'un des poisons les plus violents , il s'emploie en médecine (1).

(1) On prépare moyennement, cliaque .innée, dans les usines (le Ueiclienstein et d'Allemberg, 1500 (luintaux métriques d'acide vineux, el '25 ((uiniaux métciqiies d'acide enfariné. Cesont le plus souvent des criminels conilauinés à mort qui exécutent ces dangereuses opérations. Sans cesse exposés à des vapeurs mortelles, ils ont besoin de prendre des précautions de régime; les boissons alcooliques leur sont funest(îs; on leur distribue par jour deux petits verres d'iiuile d'olive; ils prenjient peu de viande et mangent pruicipalement des légumes accommodés avec lieaueoiipde beurre. — L'cineiiic sublimé, avecIe(|Mel les empoisonnements avaient lieu au moyen âge n'est autre chose que l'acide arsénieux. Chailes le Mauvais, roi de Navarre, le in,ine qui périt dans un bain d'eau-de-vie enflammée, était tres-versé dans la pratique de la science }K,'nneti(iue, et surtout dans la connaissance des poisons. 11 chargea, en l.58i, le ménestrel VVoudreton d'empoisoimir Charles VI, roi de France, le due de Valois son l'réie, et ses oncles les ducs de lîerri, de IJourgugne et de Bourbon. Voici les instructions ((u'il lui (loniia à eel.égâ'rn"; une chose (|ui se appelle aiscn

ARS

ARS

iè\

Acide arséniquc. — Découvert ]iar Scbécle. On le prép.ire en faisant bouillir 8 parties d'acide arséiiieux, 2 parties d"acide iiydrochloiique a 2i parties d'acide nitrique. On distille dans des vases de verre jusqu'à consistance sirupeuse ; on chauffe ensuite dans un creuset de platine à une chaleur voisine (le la chaleur rouge et longuement prolongée. A la chaleur rouge, il se décompose en une masse contenant des acides arsénieux et arsénique. Cet acide est d'un blanc de lait ; il attire l'humidité de l'air et peut former des cristaux déliauescents.

Composition. — L'acide arsénique est formé»de 2 atomes d'arsenic et 3 d'oxygène. •

Mitsclierlicli a fait voir que lés acides ])hosphorique et arsénique, saturés i)ar les mêmes bases, donnaient des S'is qui cristallisaient de môme et étaient isomorphes, et c'est sur ces deux acides qu'il lit poui la première fois ses importantes observations sur risonior|iliisme.

Hijdrnf/ène arsénique. — Il est gazeux, formé de 1 volume d'arsenic et de 3 volumes d'hydrogène condensés en 2 volumes. C'est Varst'niure Irilujdriquc, hydrogène arsénique, découvert par Schéelo. Le meilleur moyen d'obtenir ce gaz à l'état de pureté est de.tr.dter par les acides l'arséniure de zinc obtenu par la fusion des deux métaux. L'hydrogène arsénique est un gaz incolore ; son odeur est toute particulière ; sa densité est de 2,G9o. La chaleur modérée d'une lampe k esprit de vin sulTit pour le décomposer. L'oxygène, à l'aide d'une étincelle, le brûle. Le chlore, l'iode, le soufre, le phosphore, décomposent l'hydrogène arsénique. L'eau dissout 4 du volume de ce gaz. Les acides nitrique et salfurique le décomiiosent.

C'est un gaz très-délétère ; plusieurs chimistes ont éprouvé do graves accidents en le préparant (1).

.Arséniates. — L'acide arsénique forme avec les bases des sursels et des sous-sels dans la même proportion que l'acide phosphorique. On reconnaît les arséniates au chalumeau, par l'odeur qu'ils répandent au feu de réduction. Fondus dans un tube de verre avec de l'acide borique et de la poudre de charbon, ils donnent de l'arsenic métallique. Ce caractère convient également auxarsénites; pour li's distinguer on observe'ra que le nitrate d'argent précipite les arséniates en rouge brique

homme en mangeait aussi gros que un poiz, jamais ne viviail. Tu en trouveras à Pampelune, à liordiaux, à Bayonne et par toutes les bonnes villes ou tu passinas, à liôtels des apotliicaires. Prends de cela el fais en de la poudre, et quand tu seras dans la maison du roy, du couUe de Valois son frère, des ducs de Berry, Bourgoigne et Bourbon, tray-toi près (le l.i cuisine, du dréi;oner, de la bouteillerio, et de ([uelques autres lieux où tu verras mieulz ton point ; et de cette poudre mets es potages, viandes ou vins, au cas que tu le pourras faire à la seurcK';; aulrembnt ne le l'a y iioiut. i — Woudrelon fut pris, jugé el écjirtelé en plaee de Griivc, en 158 i.

(1) l'aniii les lomposés sulfurés, nous devons raenlioiiuorle in'olobidfure d'ursciiic. Votj. Bi.Ai.GAn.

Arséniles. — Le nitrate d'argent proiluit dans leur dissolution un précipité jaune clair, surtout quand ils sont bieii saturés et que la dissolution du nitrate ne renferme point d'acide libre ; quand on ajoute aux arsénifes un excès d'acide , ils donnent instantanément, par le gaz sulfhydrique, un précipité d'un beau jaune. Les arséniates ]irécipitent moins rai)i(lement par ce réactif; le précipité est d'un jaune clair. Les arsénitos produisent avec les sels de cuivre une couleur verte, connue sous le nom de vert de Sehécle.

L'arsenic agit comme poison sur les végétaux et les animaux vivants, sans exception. L'acide arsénique et après lui l'acide 'arsénieux sont les combinaisons les ]ilus vénéneuses de ce métal. Les sels et les st))fures le sont à un bien moindre degré. C'est une conniiissance utile à tout le monde que celle des phénomènes pro|ires à faire naître le soupçon d'un empoisonnement avec ce métal (Jangereux, et des moyens qu'il convient d'employer comme antidote. Les symj: iômes occasionnés par une dose dangereuse d'arsenic conuuencent environ un quart d'heure après que le poison a été piis. Le malade éprouve d'abord des douleurs à l'estomac, accompagnées d'anxiété, puis une chaleur brûlante dans l'estomac ei dans les intest. ns, avec une soif presque inextinguible; plus tard survienneid, l'un après l'autre, des vomissements, d'affreuses coliques, et quelquefois une diarrhée violente, dans laquelle le rectum perd sa tunique interne et s'ulcère; des sueurs froides, des syncopes, des spasmes cruels dans les bras et dans les jambes, la perte du sentimetit, des convulsions, ci enfin la mort. Cet état terrible peut se prolonger de cinq à dix heures et souvent au delà. Le cadavre se gonfle beaucoup, et si l'individu était pléthorique, et que la saison soit chaude, il entre promptement en putré faction fétide, îilaquellerarsenicn'a cependant point de i)art directe. A l'ouverture du cor[is, on trouve la membrane interne de l'estomac enflammée, çïi et là corrodée et détruite ; cependant il n'est pas sans exemple qi:e des empoisonnements d'arsenic aient eu lieu sans des symptômes inllamnjatoires apparents.

Les vaisseaux du cerveau sont gorgés de sang, et il n'est pas rare qu'il y en ait quelques-uns de rompus ; de sorte qu'(jn y observe les mêmes phénomènes que dans l'apoplexie, quoique à un plus haut degré.

Recherches médico-légales sur Varsenic. — On se propose souvent de rechercher l'arsenic dans le cadavre d'une jiei sonne qu'on soupçorme avoir été eiupoisonnée par une préparation arsenicale. Voici les expériences c|u"on exécute à cet effet.

On fait bouillir le contenu de l'estomac el ses membranes coupées avec de l'eau rendue alcaline par un peu de |)otasse caustique ; on suisatnre la liqueur avec de l'acide hydrochlorique, on la filtre et on y fait passer un courant de gaz sulfhydrique. Si elle

fC*

jo;.

ARS

Ans

IGlJ

ronriTiiio (liii'hjur luiii|i

'arsenic, ollc jaunit au ImjuI de puis il .s'en |>rcci|iilo du sulfint> il'ar.scnii'.à l'iHal d(! |ioutiro jaune. Si la (|uau[ité d'arsenic est liès-lailile, la li(iueur divient jauuo sans (ju'il y ait l'oiination d'un |iié(i|iilé ; mais, en J'évapui'aiit, le suUïne d'ai'senic se dé])i)Se à mesure (jue l'acide su nincentro par l'évaporalion. On fait passer la dissolution h travers un trùs-petit liltre,et (in lave le sulfure d'arsenic. Si ia (piantité eu est tellement potitci (pi'on ne puisse le l'elirer du liltre, on l'enlève au moyen de l'annuoniaiiue eaustiiiue rpi'on éva|)ore ensuite dans un verre tie montre ; le sulfure (pu lesle peut ôtro détaché du verre et recueilli. On le transforme en acide arséniipie ; à cet ell'et on le jette peu à peu sur du nitre qui se trouve à l'étal de fusion dans un lube (le verre fermé ])ar un bout. Le sulfure d'arsenic s'oxyde avec une faible elfervescence et sans déllagration ; alors on dissout le sel (jui reste dans cpiel([ues gouttes ou dans le moins d'eau possible ; on ajoute à la li({ueur un excès d'eau de chaux et on la fait bouillir pour rassembler l'arséniate calcicjue. On expose ce sol à une légère chaleur rouge, on le mêle avec du charbon récemment rougi et on introduit le mélange dans un tube de verre fermé par un bout eftilé. On commence par chaulfer doucement le tube afin de chasser l'humidité (jue le mélange pourrait avoir absorbée; puis on expose le fond à la llamme du chalumeau jusr]u'à ce que le verre commence à fondre. L'arsenic est alors réduit et se rassendjle dans la portion étroite où il se trouve réparti sur une surface si petite, que les doses les plus faibles peuvent être reconimes. il suffit d'un ~ centigramme (le sulfure d'arsenic pour avoir une réaction décisive.

Quand on ajoute de l'acide borique au mélange précédent, la réduction s'opère à une température moins élevée ; mais comme cet acide entre toujours eu fusion et se boursoufle, il est préférable de ne pas l'employer.

Procédé de Mursli. — Le procédé précédent est aussi sûr qu'exact ; mais aujourd'hui on emploie un moyen beaucou[> plus sensible, et que des débats judiciaires et académiques ont rendu très-célèbre ; je veux parler du procédé de Marsh.

Le procédé de Marsh rend facilement sensible Tô» «TÔT d acide arsénieux existant dans luie liqueur ; des taches commencent même

à paraître avecuneliqueurrenfermantxôToTô»

environ.

Si le procédé de Marsh était toujours apjiliqué par des savants habiles et ex|)éruuenlôs, j'admettrais [larfaitement l'emploi de ce moyen ; mais considérant, 1° que des hommes très-exercés ont trouvé par ee procédé do l'arsenic où on n'en trouve pas ; 2° que les réactifs employés i)euvent contenir de l'arsenic, et qu'on peut introduire dans l'exp rtise le corps du délit , résultat à jamais déplorable, je conclus que cet appareil ne doit être employé (ju'avec la plus grande réserve x^ar des commissions d'experts bien

sih's d'eux-mêmes , et (jue lo jilus souvent il vaut mieux recourir aux moyens anciennement usités.

Anlidutcs ou contre-poisons. — Faire vomir, puis administrer de l'hydrate de perovyde de fer en grande quantité.

Ouand on soupçonne ({u'un hoimrie.qui tondie subitenient malade , est em|ioisonn('' , on a recoui's à Irois moyens pour le sauver. On peut lui ,idi]]iinstrer des vountifs, (pii font évacuer le poi.Mju; ondes remèdes neutralisants , (jui suspendent l'action du venin , ou en adoucissent l'elfet ; ou enlin , on peut lui doiuier des substances enveloppantes , (pii garantissent les intestins contre li; jjoison. Aucun de ces moyens ne doit être négliy:é. On commence par des vomitifs, poiu' faciliter l'évacuation par le vomissement, que le [xdson [iroduil ordinaireuient de lui-même ; on do'nne une grande quantité d'eau tujdeou de lait contenant un peu d'alcali , pour rendre sa saveur plus nauséabonde. L'ipécacuanha est préférable aux autres vomitifs dans les empoisonnements par l'arsenic, car il irrite moins l'estomac. Ce|)endant on em- [iloie souvent le sulfate zincique, à cause do la |)rompiitude de son action, qui ne laisse point à l'arsenic le temps d'agir sur la membrane interne de l'estomac. Il faut recueillir les matières que le malade a rendues , pour les examiner ; car souvent la majeure partie du poison sort par cette voie. On donne ensuite des remèdes neutralisants, qui sont, dans les em|)oisonnements parlarsenic, les alcalis et l'eau chargée de gaz sullide hydrique. Les prei-wiers inéritenl la préférence, parce qu'on les a toujours sous la main ; il sullit de verser de l'eau bouillante sur des cendres ordinaiies, et de mêler cette lessive avec du lait ou de la soupe de gruau un peu épaisse ; on en fait |)rendre beaucoup au malade , et on lui en administre une portion nouvelle, quand il a rendu la première par des vomisments. Faute de lessive , on peut employer une dissolution de savon dur, qui est cependant moins eflicace. L'alcali se combine avec l'acide arsénieux, pour former de l'arsénite potassique , qui est beaucoup moins vénéneux, tandis que le lait ou le gruau revêt les membranes do l'estomac, et les protège contre l'action de ces matières nuisibles. Je ne saurais décider si l'eau chargée de gaz sullidi! hydrique, quand on peut s'en procurer, doit être préférée à l'alcali; car je ne sache pas qu'on ait établi une comparaison entre la venénosité de l'arsénite et celle du sulfure. Si la comparaison était à l'avantage de ce dernier, le mieux serait peutêtre d'administrer quinze à vingt grains de foie de soufre , dissous dans une grande quantité d'eau, par exemple, dans une chopine. A côté de tous ces antidotes, il ne faut point négliger les enveloppants, parmi lesquels le lait occupe le premier rang. Quand le plus grand danger a disparu, il reste une susceptibilité des intestins, qui peut occasionner la mort, [lar suite d'imiirudence ou do mauvais traitement. En général, il est beaucoup iilus facile de sauver des personnes

Page 1