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tension ^'lectrique doit être plus grande et la température beaucoup plus élevée que pour préparer le potassium.
Gay-Lussac et Thénard ont même remarqué que la décomposition de la soude parle ier ne pouvait bien se faire qu'autant qu'elle renfermait un ou deux centièmes de potasse.
Le sodium ressemble beaucoup au potassium j)ar ses propriétés physiques ; il est solide à la température ordinaire, mou et ductile comme de la cire. Son éclat est trèsprononcé et tient le milieu entre celui de l'argent et du plomb. Il est bon conducteur de l'électricité. Sa densité à -f 15° est de 0,972. — Soumis à l'action de la chaleur, ce métal entre en fusion à + 90° ; il n'est volatilisé qu'à une très-haute température.
L'air et le gaz oxygène sec n'altèrent que faiblement le sodium à la température ordinaire, mais à chaud l'action est vive ; à peine le métal est-il fondu qu'il brûle avec un grand éclat, et se convertit en un oxyde jaunâtre, si la combustion a lieu dans un excès de gaz oxygène. — Mis en contact avec l'eau, le sodium la décompose sur-lechamp, en absorbant l'oxygène et mettant en liberté le ga^ hydrogène ; mais ce dernier ne s'enHamme pas à l'air comme celui qui se développe par l'action du potassium sur l'eau, sans doute parce que la température est moins élevée. On trouve dans l'eau le protoxyde de sodium qui a été formé. Lorsque l'eau est rendue visqueuse par une certaine quantité de gomme, le sodium qu'on y projette s'enflamme à sa surface, d'après l'observation de Sérullas. Cet effet est dû sans doute à ce que la viscosité de la liqueur, en diminuant les mouvements du UK'tal, l'eaipêche de se refroidir au-dessous du point où je gaz hydrogène dégagé s'enflamme à l'air.
SOIE. — Plusieurs larves d'insectes , avant de se métamorphoser en chrysalides, s'entourent d'un tissu filamenteux, qui les met à l'abri du tout contact immédiat. On distingue dans le nombre les chenilles des phalènes, et, avant toutes, celles du ver à soie, phalœna bombyx mori, dont on recueille le tissu, ce qui forme une branche importante d'industrie dans beaucoup de pays. La masse de la soie se trouve dans le corps de la chenille, sous la forme d'un li- (juide visqueux, susceptible d'être tiré en lils qui durcissent à l'air. Plongé dans de l'eau à laquelle on a ajouté une petite quantité d'acide libre, ce liquide se prend en une masse qui semble être feutrée de petits filaments blancs. A mesure que la chenille l'émet sons forme de fils, une portion se solidifie en un fil de soie simple, qui, en se contractant, fait exsuder en même temps un liquide, qui se dessèche à leur surface en y laissant les matières animales qu'il lient eh dissolution ; de là résulte que le fil se trouve couvert d'un vernis, qui donne une couleur jaune à certaines surtes de soie. Ce vernis s'élève à un quart du poids de la soie écrue. Roard a trouvé que l'alcool à 0,829, bouilli
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avec de la soie ecrue, en extrait une matière qui ressemble à de la cire et une autre résinoide. La cire se précipite par l'évaporation, et l'alcool se prend souvient par là en un magma bleuâtre, quoiqu'il ne tienne que très-peu de chose eu dissolution. En filtrant cette masse, il reste une substance analogue à de la cire, qui fond entre 75 et 80°, en devenant noire, et qui est soluble dans 2000 parties d'alcool froid et 300 à 400 d'alcool bouillant.
On ne peut évaluer aujourd'hui à moins de 100 millions le produit de nos magnaneries et de nos filatures, et cependant les besoins delà consommation vont bienau delà. Tous les ans Iri douane constate encore une entrée de 60 millions de soies étrangères pour le seul besoin de nos fabriques; c'est donc une valeur totale de 160 millions de matière première que nos fabricants de soieries mettent en œuvre dans une seule campagne industrielle. Si l'on transforme maintenant en tissus de toutes sortes les 160 millions de soie encore enécheveaux, on arriveà conclurequ'onne peutporler àmoins de 400 millions la valeur réelle de cet unique produit de notre industrie nationale.
Il y a quinze ans, la France comptait à peine une vingtaine de départements séricicoles ; aujourd'hui il y en a soixante-quatre qui cultivent le mûrier et produisent plus ou moins de soie. Ce raifide essor est principalement dû aux efforts des gens de science, et surtout à Camille Beauvais et Darcet, qui, en construisant des magnaneries salubres, ont permis aux départements du Nord de selivrei à l'élève du ver à soie avec autant et plus de succès, peut-être, que les départements du midi.
SOLANINE. — M. Desfosses, pharmacien à Besançon, en examinant le suc retiré par expression des baies de morelle noire [solanum nigrum), a obtenu, par la saturation avec l'ammoniaque, un précipité floconneux grisâtre, d'oii il a extrait par l'alcool bouillant une matière alcaline particulière, à laquelle il a donné le nom de sohmine. Cet alcali est en combinaison dans le suc de cette plaute avec l'acide mali(|ue.
Cet alcali a été trouvé dans plusieurs es- / pèces de morelle, dans le solanum mammosum, par M. Morin, et dans le solanum verbascifolium, par M.M. Payen et Chevalier. M. le docteur Otto a constaté l'existence de cet alcali dans les germes de la pomme de terre, ce qui explique les propriétés nuisibles remarquées sur les bestiaux qui en avaient mangé.
SOLEIL (helianthus). Voy. Huiles.
SOLIDIFICATION DES GAZ. Voy. Gaz.
SOUCI. Voy. Mucilage végétal.
SOUDE {soude caustique, hydrate de soude, alcali minerai, natron, protoxyde de sodium). — Il existe une si grande ressemblance entre la potasse et la soude, qu'il est dilficile de distinguer l'une de l'autre. Les propriétés alcalines, lasaveur, la causticité, etc., sont un peu moins marquées dans la soude ,que dans la potasse. Comme la potasse, la
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soiulo contient toujours an moins 1 6q. tl'tviu, iiu'oii 110 [H'iit lui enlever qu'iiu moyen d'un acide (|ui se substitucN'i l'eau (1).
(>u distingue deux espèces de soudes, les soxtirs iialurelles et les soudes arliliciellrs. On désii^ne sous le nom de soudes nuCurelles le carbonate de soude im()ur, résidu de l'incinération de certaines plantes venues sur les bords de la mer ou dans des terrains salés.
l'Ai France, ce sont plus particulièrement, parmi les chénopodécs, les genres chenopodium, atriplex, portulacoïdes, salsoldtrtnjus et salsola-hili, saliconiia unnua, qui l'oui'iiissent la soude de Narbonne ou sulicor, et la soude d'Aigues-Mortes ou blam/uetle. Les sondes brutes, oblenuesde lahariile cultivée sur les eûtes d'Espagne, sont trôs-cstimées dans le commerce, et se vendent sous les noms de soudes d'Alicante, de Malaga, do Caitliagèue.
Parmi les ficoïdécs tjui fournissent des soudes commerciales, on cite les genres reauynuria nitran'a, tctragonia et mcseinbrianthemuin erislalUnain. Cetle dernière plante renferme sur toutes ses ramitications et ses feuilles tles glandes remplies d'une solution blanche, diaphane, alcaline, d'oxalate de soude ; ce sel, dont l'acide est décomposé pendant l'incinération, laisse en résidu sa base unie à i'acid ■ carbonique.
Extraction. — Cette opération est fort simple : on coupe les plantes avant qu'elles soient parvenues au terme de leur végétation ; on les étend sur le sol pour les dessécher, puis on les met entas, et lorsque l'approvisionnement de matière sèche est sutîlsant, on procède à l'incinération. A cet ett'et, on creuse dans le sol des fosses circulaires de 1 mètre | de diamètre et de 1 mètre de profondeur, dans lesquelles on allume, avec les débris les plus secs, un feu que l'on aliraentoenajoutantpeuàpeu lesmatières dessécliées, et en ayant le soin d'aérer la masse de façon à faire brûler toutes les parties le mieux possible. Lorsque la fosse est à demi ou aux trois quarts remplie de cendre agglomérée partiellement fondue, on laisse refroidir, puis on casse la masse à coups de merlin ; les morceaux, mis et tassés dans des barils, sont immédiatement livrables au commerce.
Soude artificielle. — A peine les arts chimiques commençaient-ilsàs'éclairer au llambeau de la science, que tout d'mi coup les nombreuses matières premières, tirées de l'étranger pour diverses industries, cessèrent de pénétrer en France. En 1792, la France mise au ban des nations, attaquée de toutes parts, manquait des agents matériels propres à sa défense, alors que l'industrie manquait elle-même de ses moyens habituels de
(1) On prétend que cet alcali l'ut découvert par des marchands que la tempête avait jetés à l'embouchure du fleuve Ijélus, en Syrie, lesquels ayant fait cuire leurs aliments avec des kall, les cendres qui en résultèrent, mêlées avec du sable, donnèrent par la fusion une matière vitreuse. Jusqu'à Bergmaiin, la soude a été confondue avec la potasse
travail ot des matières premières qui eussent |)ii fournir les produits indispensables à la eonfection d(\s armes et de ia poudre de guerre, au blanchissage, <\ la teinture, etc. Ce fut précisément dans cette nécessité sujirènm (juo les plus grandes améliorations manufaeturièies iirirent leur S(jurce.
Les arts cliimicpies, auxquels toutes les industries enipriinlont dos secours, ne furent jias seulement |ierfcctionnés, il fallut encore étendre leur domaine, car toutes les conditions d'existence étaient changées; bientôt la lièvre du travail s'emparant do nos ateliers, cette immense crise litjaillir.de notre territoire le soufre extrait des (lyrites, l'alun fabriqué h l'aide des pyrites alumineuses; le salpêtre, dont l'élément azotique se trouvait dans les vieilles murailles et les terres des écuries, enfin la soude artificielle tirée du sel marin.
Les armées flottantes de nos plus puissants ennemis ne purent empêcher l'Océan et la Méditerranée, qui les portaient, de nous fournir en abondance l'élément minéral que la science apprenait à engager dans des combinaisons nouvelles, à substituer à la base alcaline, la potasse, dont la fabrication du salpêtre utilisait aussitôt les quantités devenues disponibles.
A leur tour, les nations, qui avaient cru pouvoir anéantir notre industrie et notre commerce, furent obligées, plus tard, d'emprunter, pour se soutenir elles-mêmes, les grands moyens d'action que le génie avait enfantés.
•L'un des plus importants de ces moyens fut la fabrication de la soude, et, chose bien remarquable, entre les six procédés ingénieux proposés par autant de manufacturiers habiles, un seul fut signalé par une commission scientifique comme pouvant résoudre le jiroblème. Cette découverte s'est conservée intacte au milieu de la multitude de transform liions des autres arts chimiques, et elle forme encore aujourd'hui, en France comme dans l'Europe, la base des industries soudières qui livrent annuellement chez nous, au commerce ou à l'industrie, 70 millions de kilogr. de soude brute, ou son équivalent en sels de soude.
Leblanc, l'auteur justement célèbre de ce procédé, préparait d'abord le sulfate de soude en oécomposant le sel marin par l'acide sulfurique. Pour transformer ensuite le sulfate en carbonate, qui devait remplacer la plus grande partie des soudes et potasses étrangères, il imagina d'ajouter de la craie ( carbonate de chaux) au mélange de sulfate et de charbon qu'on avait essayé dans le même but.
Ce dernier mélange , soumis à une calcination, n'avait pu produire en eflet qu'un monosulfure de sodium peu propre aux usages précités.
L'addition du carbonate de chaux devait résoudre le problème : il fallut alors déter miner non-seulement les doses convenables pour la décomposition , mais encore l'excès utile, indispensable même, qui seul pouvait
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rendre insoluble le sutlure en formant une combinaison double, ignorée alors (oxysulfure de calcium).
La soude brute est pour la plus grande partie destinée: 1° an raffinage: 2° h h fabrication du savon; 3° au blanchissaf/e du linge; k° h la confection des bouteilles en verre brun verdâtre.
Sulfure de sodium. — Il se prépare comme celui de potassium pour lesus.iges de la métlecine ; on le forme en calcinant le souscarbonate de soude desséché avec la fleur de soufre. Il jouit des mêmes propriétés médicinales que celui de potassium i.t s'emploie sous la môme forme. Voy. Sulfure de potassium, au mot Potasse.