‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 303 sur 354 · TYP · texte numérisé non relu

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réactions chimiques, ces deux produits appartiennent à un même genre.

L'alcool, l'acide acétique liydraté, l'acide cbloracétique, appartiennent à la môme famille naturelle ; l'acide acétique et l'acide chloracétiqiie font [lartie du même genre.

Quelques chimistes n'ont voulu voir dans la lliéorie des substitutions qu'un cas particulier de la loi des équivalents ; d'autres n'y ont vu «luo la loi de Berthollet, appliquée, avec quelques modilicalioiis, à la chimie organique ; tous ont feint d'i:inorer ou se sont gardés de reconnaître la véritable signification de la théorie des substitutions. Cette théorie signifie, en etlet, que l'antinomie dualiste de la théorie électro-chimique est inadmissible au moins en chimie organique. En effet, s'ii est vrai, ce qui est incontestable, que le chlore, élément éleclro-négatif, peut, par exemple, remplacer tout l'hydrogène, élément électro-positif, de l'acide acétique, et donner naissance à un acide (acide cJiloracétique) tout à fait analogue à l'acide acétique, il sera évident ((ue la théorie électrochimique est contredite |iar l'expérience.

Il s'agissait de savoir si une combinaison chimique constitue, pour ainsi <iiie, un édilice simple, ou un monument double dans le sens de la théorie électro-chimit(ue : tel était le fond même de la question. C'était là précisément le terrain sur lequel les adversaires de la théorie des substitutions évitaient d'engager la lutte.

L'établissement des types était la conséquence naturelle de la Ihjorie des substitutnjns.

M. Dumas et M. Laurent donnent le nom de type à un système de molécules dans lequel une ou plusieurs molécules peuvent être échangées contre d'autres, sans que la nature chimique du système entier en soit troublée. Ils ont proposé de comprendre dans un même genre tous les composés qui réunissent des formules identiques à des proi)riétés chimiques semblables. C'est ainsi que l'acide oxalique et les oxalates appartiennent au même genre. L'es/jèce est déterminée par la base de chaque oxalate.

Une série de mémoires du plus haut intérêt a été consacrée à ce sujet par M. Dumas dans les Annales de physique et de chimie, et par M. Laurent dans la Revue scientifique.

Voici comment M. Dumas s"ex[)rime au début de son premier mémoire sur les types chimiques :

« Si l'on envisage les divers composés chnniques comme constituant autant de systèmes planétaires, formés de particules maintenues par les diverses forces moléculaires dont la résultante constitue l'affinité, on n'aperçoit plus la nécessité de cette application universelle de la loi du dualisme, formulée par la théorie électro-chimique de Ber/.elius. Les particules pourront être plus ou moins nombreuses ; elles seront simples ou composées ; elles joueront dans la constitution des coi-ps le même rôle que jouent dans notre système planétaire des planètes simples comme Mars ou Vénus, des planètes

composées comme la Terre avec sa lune ; et comme Jupiter avec ses satellites.

« Qu'on remplace, dans ce système ainsi constitué, une particule par une autre particule d'espèce différente, il s'établira nécessairement un nouvel équilibre ; le nouveau corps ressemblera au premier, ou bien en différera plus ou moins par ses réactions extérieures. Si la différence est faible ou nulle, les deux corps posséderont les mêmes propriétés chimiques; si elle est jjIus marqué-', ils appartiendront encore au même système mécanique, mais la ressemblance chimique sera plus difficile à saisir.

« L'expérience peut nous apprendre si dans un composé donné il entre des groupes complexes faisant fonction d'éléments ; il suflit, i)Our en être sûr, qu'on puisse substituer des éléments à ces groupes, sans que la constitution générale du composé soit altérée. C'est ainsi que certains radicaux organiques jouent bien réellement, dans les composés qui les renferment, le rôle d'éléments simples par lesquels on peut les remplacer.

« L'expérience peut également nous apprendre si deux corps appartiennent ou non au même système chimique ; car, en ce cas, toutes les réactions extérieures et leurs principaux dédonblemcnts doivent offrir une parfaite ressemblance.

« Je laisse à qui de droit le soin d'établir par quelle série d'expériences on peut démontrer que deux corps appartiennent encore au même système mécanique , quoiqu'ils soient séparés l'un de l'autre par tout l'ensemble de leurs propriétés chimiques apparentes.

« Ce que je veux surtout mettre en évidence, c'est la haute valeur de ces propriétés chimiques, que j'ai appelées fondamentales, et au moyen desquelles on peut démontrer que deux' composés, très-différents en apparence, appartiennent néanmoins au même type chimique, c'est-à-dire qu'ils sont formés du même nombre d'équivalents, unis de la môme manière. »

Et dans un autre endroit le célèbre chimiste s'exprime ainsi :

« Parmi les discussions qui se sont élevées dans ces derniers temjis concernant les lois de la chimie organique, l'une des plus dignes d'intérêt, sans contredit, est celle qui a trait à la proportion d'oxygène qu'une substance organique peut renfermer, et au rôle que cet oxygène y joue.

« L'un de nous a dès longtemps émis sur ce sujet des opinions qui vont devenir de sa part l'objet d'expériences nombreuses. 11 pense que l'oxygène est, parmi les gaz, uno des matières qui, en entrant dans la constitution des corps, tendent le plus à former des combinaisons dépourvues de volatilité. Quand on compare les chlorures et les oxydes métalliques, on voit, en effet, que les premiers sont toujours bien plus volatils que les oxydes cpii leur correspondent. En s'unissant à l'oxygène, un métal perd généralement de sa volatilité. A mesure que le nombre d'atomes d'oxygène augmente dau^

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un compose^ mim'ral, ou voil iln iiiôino sa vdlatililù (liiiiimior r,i|)i(l(Mii(;iit. Or. cmiiine il oviste iiti jAcaiiil iininlu-t; dv. (•nniltiiuiisoiis oi-.;;aiii(|uos (iiii iio sont pas volalilcvs, on ost ilisposù, pai' ci'la iin>mo, à irs coiisùlrrer coiiimo dos coips dont les ad nues irnrculueiit un j^rand nonibi'o d'alonios d'uxy- «ène.

» U\)fi l'on tire lesconsequoncessiuvantes: 1" {h\i3 substance orgaiiicpio volatile ne rcnl'eriue pas plus de 5 on 7 atomes d'oxyjj;ène, et ortiinaireuieiit 1, 2 ou 3 seulement; 2" les substances or^ani(|ues non volatiles contiennent un plus ^rand nombre d'atouu'S d'oxyiçène, (|ui , sous l'inlluenee d'unie certaine teiupérature, tendent à les transt'orraer en d'autres produits ap[);u'tonant à la classe |)r('cédente, ce (}ui ne leur permet |ias de se volatiliser sans altération ; 3° les substances organisées renferment un nombre encore plus grajid d'atomes d'oxygène, qui ne peuvent exister sous cette l'orme qu'à l'aide de forées vitales, et ([ui déterminent leur décomposition spontanée, leur putréfaction, quand ces matièi'es sont livrées à elles-mêmes

« Ce système tendrait à établir qu'à mesure que l'oxygène s'accumule dans une molécule, celle-ci tend à passer de l'étal inorganique à l'état organique , et de l'état organique à l'état organisé : c'est ainsi que l'acide carboni(}ue, matière inorganique, ne renferme que 2 atomes d'oxygène ; que le sucre, matière organique, eh contient 18, et que la flbrine, matière organisée, en compte probablement bien davantage. Réciproquement, lorsqu'une substance organisée se détruit, elle repasse par l'état intermédiaire qui embrasse les matières organiques, avant d'arriver au dernier terme de sa décomposition, où elle constitue des composés de nature minérale ou inorganique

'< Le problème chiruique de la vie consisterait à produire des molécules contenant un gi'and nombre de molécules d'oxygène. L'effet de la mort, de la putréfraction, amènerait un partage de cet oxygène, d'abord entre des corps incapables de vie, mais encore de nature organique, entin dans des cor|is appartenant à la chimie minérale elle-même.

« Berzelius n'a jamais développé les idées qui l'engagent à limiter à 3 ou 7 atomes la [iroportion d'oxygène qu'une matière orga-

iiiqiii' peut conirnir; «luais il est periTiis tie présmuerquc c'est jiar une analogie sonleiuK! avec les formes et (es fuinndes du règne niiiiéral qu'il s'y trouve conduit. Avec un radical binaire ou lernaire et de l'oxygène, Her/elius |)araît ii'oire (lu'on pi'ul consiruire ' toutes les toi'undcs de la chimie oigani(jue, en |irenant pour modèles les oxydes de la chimie minérah;.

« (lette opinion trouve son application dans les parties les mieux étudiées de la chimie organi([ue : c'est un ])oint bien connu, et si personne ne l'avait prévu avant la di'iconverte du cyanogène, personne ne l'a du moins mis en doute depuis. Mais étendre ces vues à la discussion des formules propres aux matières organiques fixes ou aux matières organisées, c'est conduire les chimistes dans une voie qui n'est peut-èlre pas celle vers laquelle l'expérience générale nous dirige.

« Voilà donc en présence deux systèmes de nature à être mis aux prises avec l'expérience. Dans le premier, toutes les matières organiques auraient pour base un radical composé, analogue au cyanogène, uni h 1, 2, 3, V, 3, 6 ou 7 atomes d'oxygène, et jamais davantage : c'est-à-dire qu'en supposant ce radical hypothétique rr-mplacé par un métal, on retomberait dans les lois ordinaires de la chimie minérale ; dans le second, on admet que, parmi les corps organiques, il s'en trouve à qui ce point de vue s'applique, et en particulier parmi les corps organiques volatils auxquels on en bornerait l'emploi : mais, dans les corps organiques fixes, on suppose, par les motifs indiqués plus haut, l'existence d'un plus grand nombre d'atomes d'oxygène, et dans les matières organisées, on regarde le nomlire d'atomes d'oxygène comoie bien plus grand encore. — Entre ces deux manières de voir il y a donc une dissidence réelle. A chaque instant les opinions qui en découlent se séparent, soit dans l'appréciation des faits ou leur discussion, soit dans la manière de formuler les vues générales qui s'y rattachent. Là où l'une voit toujours la chimie de Lavoisier, avec ses règles bien connues, l'autre croit apercevoir les premiers linéaments d'une chimie nouvelle, avec des lois nouvelles aussi. » Voy. l'article Berzelius.

,ULMIQUE ^ acide). — On désigne aujourd'hui sous ce nom un produit qu'on avait d'abord distingué sous le nom d'ulmine, en raison de sa piésence dans une exsudation trouvée sur l'écorce de l'orme. Cet acide se forme dans toutes les circonstances où les matières végétales sont abandonnées à l'influence de l'air et de l'Imuiidité, en présence d'un alcali ou d'un carbonate alcalin. Ainsi il l'ait partie constituante des bois pourris, du fumier, des engrais, du terreau, de la tourbe et de certains lignites, etc., etc.

On le forme en faisant réagir dans un creuset, à l'aide de la chaleur, le bois avec de la potasse et un peu d'eau ; il en résulte une masse brune, soluble dans l'eau, d'où l'on précipite l'acide ulmique parles acides.

UPAS. Voy. Alcalis.

UPAS ANTHIAR. — Vupas anthlar est tiré de Vanthiaris toxi caria , arbre trèsgrand qui croit à IJoriiéo, à Sumalra et à Java. Cette gomme-résine se iirésente sous forme d'une masse brun rougeâlre, de la consistance de la cire. Elle a une saveur

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