‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 304 sur 354 · URA · texte numérisé non relu

URA

tRA

très-anière el un arrière-goût acre , et produit sur la langue et dans le gosier une espèce d'engourdisseuienf.

Les indigènes de l'archipel des Indes orientales emploient l'upas anthiar de même que l'upas tieiit('s pour empoisonner leurs flèches, mais il faut beaucoup plus d'upas antiiiar que d'upas tie ^té pour produire le même ell'et. La résine et le mucdage végétal ne contiibuent en rien aux actions vénéneuses de l'upas antiiiar, qui se manifestent par des affections du cmal intestinal, des vomissements et de la diarrhée, suivis de convulsions et delà mort. Un quart de grain d'anlhiarine ou ~ grain .ie la gomme-résine, injecté dans la plèvre d'un lapin, tit mourir l'animal dans l'espace de cinq minutes, au milieu des convulsions.

UPAS TIEUTÉ. — 11 a été analysé par Pelleter et Caventou. C'est un extrait doué à<' propriétés très-remarquables, que l'on tire du strycimos npas, arbre qui croit à l'île de Bornéo, ou, s livant Leschenault, du strycimos tieuté. L'upas est dur, rouge brun, ou en couches minces, d'un jaune rougeàtre et translucide ; il a une saveur très-amère, qui est sans aucune âcrelé. L'eau le dissout en laissant un dépôt rouge brique. La dissolution est jaune.

Le-i indigènes de l'île de Bornéo s'en servent pour empoisonner les |)ointes de leurs flèches, qui sont ordinairement faites avec des os pointus, et qu'ils enduisent, pour les rendre vénéneuses , avoc une dissolution concentrée d'upas. Les lésions faites par ces flèches produisent le tétanos et font mourir quelquefois en moins d'un quart d'heure ou d'une demi-heure.

URANE. — Le nom d'urane vient de celui de la planète Uranus ; car les anciens donna'ent aux métaux les noms des planètes. L'urane se présente sous dilfér, nts aspects, suivant les procédés employés pour l'obtenir : 1° en réduisant l'oxyde d'urane au moyen de l'hydrogène, on obtient l'urane sous la forme d'une poudre d'un brun de cannelle; 2° en réduisant le même oxyde au moyen du charbon, on obli 'ut l'urane en pondre noire, sans éclat; 3° en réduisant le chlorure double d'urane et de pot.issium, au moyen d'un courant u'hydrogène, on obtient l'urane en petits crista ix oclaédriques réguliers, presque noirs. Ces cristaux, vus au nncroscoi^e, sont transpaients et de coulem- brune. L'urane est infusible et hxe ; la chaleur l'agglomôre, sous forme de petites aiguilles brillantes, d'un gris de fer, d'une densité égale à 9,0.

L'urane est inaltérable à l'air. Exposé à la chaleur rouge, il prend feu,l)rùle comme du [h irbon, et se change en proloxy e d'urane. Les acides sulfurique el chlorhydrique concentrés ne l'attaquent ni à chaud ni à froid. L'acide azotique ou l'eau régale l'attaquent même à froid. 11 ne s'allie pas avec les métaux.

En 18V2, M. Péligot démontra que l'urane n'est pas un corps simple, comme Bcrzelius, comme tout le monde l'uvait admis

jusqu'à présent. Il a fait voir, par une série d'expériences, que ce prétendu métal contient une assez forte pro|)ortio'i d'oxygène ; que le radical de l'urane, le vrai métal, peut être isolé ; que le composé binaire qu'on a piis pour un métal est un oxyde défin, qui, dans ses combinaiso-is, tantôt se comporte comme un oxyde basique ordinaire, tantôt présente les caractères d'un corps simple ou J d'un radical. Il a en outre analysé et décrit | une foule de combinaisons de l'urane ; et Ion peut dire que son mémoire, fort volumineux, forme une véritable monographie de ce métal et de ses combinaisons.

^'oici connnent M. Péligot a prouvé que l'urane contient de l'oxygène. Il a préparé de loxyde noir d'uranium en calcinant du nitrate d'urane pur; cet oxyde, étant intimement mêlé avec la moitié de son poids de noir de fumée, a été soumis d'abord à une haute température, ensuite à un courant d'hydrogène sec. Les meilleures conditions pour obtenir un mi'Iange d'urane et de charbon se trouvaient donc, dans cette expérience, doublement remplies. Or, ce mélange, soumis à l'action du chloie sec et pur dans le tube même qui avait servi à le traiter par l'hydrogène , afin d'éviter toute chance de réoxydation, a fourni une abondante et complète sublimation de chlorure octaédrique, et en même temps un dégagement de gaz acide carbonique et d'oxyde de carbone. L'oxygène de ces gaz est donc celui que renfermait le métal supposé.

URAO [natron , srsquicarbonale de soude). — MM. Boussingault et Mariano de Rivero ont observé l'urao au village de Lagunilla, à une journée de Mérida, en Colombie, dans un terrain argileux qui con ient de gros fragments de grès secondaire, et qui est parconséquent assez moderne. Il y forme ua banc peu épais recouvert par une couche argileuse remplie de cristaux de Gaylussite. Il parait que c'est dans une position semblable que se trouve ce sel en Afrique, dans le Fe/.zan, sur les bords du grand désert, et l'on peut présumer qu'il en est de môme dans la vallée des lacs de natron k vingt lieues du Caire, puisqu'il y en a des masses assez considérables pour qu'on en ait bâti des murailles; peut-être que partout où l'on a indiqué le natron, se trouve aussi de l'urao, en couches plus ou moins épaisses, que les pluies dissolvent, entraînent à la surface du ter rain, dans les lacs et les eaux des sources, etc., et dont il se décompose une grande partie par l'action de la chaleur solaire.

En outre de ces dépôts, dont l'existence est aujourd'hui constatée, il paraît que l'espèce de caibona'e de soude qui nous occupe se trouve en sulu'ion dans tous les lacs que l'on nomme lacs natrifères. Ces lacs sont fort nombreux à la suriace de la terre, au milieu des grandes plaines ou plutôt des vastes déserts de nos continents. En Europe nous counai'^so is de ces lacs dans les vastes lilaines i]Vl\ forment en quelifue sorte le centre de la Hongrie, jtaiticulièrement autour de Debretzin, el dans les plaiues qui bordeaV"

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