‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 308 sur 354 · V-'-VV · texte numérisé non relu

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cuiiiditf^, les ouvriers brûleurs laissent des substances terreuses s'introduire duns les soudes, ou que môme ils ajoutent à dessein ces matières étrnn,^ères.

I,es soudes brutes sont mises en magasin jlin de subvenir au travail journalier qui se fait de la manière suivante :

La soude est d'abord pilée grossièrement au moyen d'une masse ou d'un laif;e raerlin de fer sur une épaisse plaie-forme en fonte; ce travail est assez peu pénible pour pouvoir être exécuté à la main, les matières à écraser étant en général assez friables.

On remplit aux deux tiers de leur capacité des filtres rectangulaires à faux fonds en lûlo percés de trous ; ces liltres sont disposés d ux à deux; dès qu'un liltre est plein, et tandis que l'on prépare l'autre, on fait arriver, à l'aide d'un robinet, l'eau sur la soude, jusqu'à ce que le niveau du liquide s'élève de quelques centimètres au-dessuS de la malièie solide; on ouvre alors un robinet û\é sous le faux foi:d, et la iillration connuenee : le liquide s'écoule dans un bassin inférieur d'oii on le fait passer, à l'aide d'une pompe, sur le deuxième liitre, qu'on a chargé de soude de la môme manière. La solution prend ainsi une plus grande (juaiitité de sels, et surtout des chk)ru es de sodium et de potassium, qui sont plus solubles que le sultate de potasse, puis elle est évaporée dans des chaudières superposées , au nombre de trois.

Lorsque les opérations ont été mises en train, d'abord, dans les trois chaudières, on remplit ensuite avec les solutions iiltrées la chaudière la plus éloignéii du foyer; celle-ci fouinit la solution qu'elle a concentrée à la chaudière chauffée directement où la concen- Iraiion s'achève et la précipitation commence. Les liqueurs fortes obtenues dès la première filtration aux degrés de 28 à 16°, laissent précipiter oabord du sel marin qu on retire à l'écumoire; on couvre le feu, puis, au bout de cinq à six minutes de repos, on décante au siphon, dans un cristallisoir de tùle ou de bois doublé de plomb; par le refroidissement d se foi me une croûte de sulfate de [lotasse crisfall se adhérent aux pai'ois ; le chlorure de potassium ciislallise en cristaux plus volummeux et sans beaucoup d'adhérence.

Ou a donc ainsi du sel marin précipité, du sulfate et du chlorure de potassium que l'on peut séparer après la décantation des eauxmères. On traite celles-ci comme la première fois.

Ouant au marc de soude resté dans les deux filtres, en continuant son épuisement à froid, ou mieux à l'eau chaude, il donne des solu.ions giaduellement affaiblies de 13 à 5°, plus chargées de sulfate de potnsse que des deux chlorures. En traitant ces solutions comme les précédentes, mais, dans une auire batterie de trois chaudières, on obtient d'abord du sulfate de pot.isse par la précipitation, puis ensuite un peu de sel marin ; on met à cr.stalliser le liquide et l'on recueille du chlorure de pota>sium que l'on séjjare du sulfate adhérent aux parois.

Où continue en lessivant de même sur le

second filtre de nouvelles quantités de soude bru e , d'abord ave:' les dernières lessives obienues de i à 1° par l'épuisement du premier marc. On tr'.te d'ailleurs les eauxmères mél.ingées avec les autres produits des affinages subséquents.

Quant aux sels précipités ou cristallisés par refroidissement , i's doivent être épurés par des lavages méthodiques, chacun sur une série de trois ou quatre filtres. Le sel le plus épuré dans chaque série est égoulté, séché, puis livré au commerce, ainsi q' e le sel de chacun des autres liltres , à mesure que son épuration parvient au môme terme.

On pousse quelquefois l'épuration plus loin , dans le but surtout de donner un cachet de pureté à chacun des sels par la ferme cristalline môme. Cela est facile : il s fût, relativement au sulfate de potasse et au chlorure de potassium, de les faire redissoudre de manière à en saturer l'eau à la température de l'ébullit'on; on filtre à chaud, puis on laisse cristalliser dans de granils bassins ayant jusqu'à 2 mètres de côté : les cristaux sont d autant |dus volumineux que les masses de liquide sont plus gran'les.

Quant au sel marin , sa valeur moindre, les obstacles que les droits spéciaux et les traces d'iodure mettent à son emploi dans les aliments, s'opposent à ce qu'il soit avantageux de l'épurer; on y parviendrait d'ailleurs sans peine en le faisant dissoudre à froid, laissant déposer et tirant au clair la solution, qui marquerait environ 25° ; on ferait alors boudlir, et l'on obtiendrait le sel par précipitation.

Traitement des eaux-mères, extraction de Viode et du brome. — Toute l'alcalinité des soudes est accumulée dans ces eaux; on la sature par l'acide sulfurique en léger excès, et l'on fait bouillir; on laisse déposer, puis on sout re au clair.

La solution est alors soumise à une saturation exacte par le chlore, que l'on fait dé gager en môme temps.

Le but de cette opération est de décomposer l'iodure de potassium et de mettre l'iode en liberté, en substituant le chlore à sa place dans la combinaison avec le potassium.

L'iode , étant d'ailleurs fort peu soluble , se préci|)ite.

Il faut éviter tout défaut comme tout excès de chlore; dans le premier cas, l'iodure non décomposé ne donne pas d'iode, il en rend une partie soluble ; dans le second cas, l'excès de clilore forme du chlorure d'iode, et même de brome , com|iosés volatils qui entraînent en vapeur et font perdre une partie du produit.

Le mieux est d'opérer une exacte saturation et de s'assurer directement qu'un petit échantillon du liquide n'est précipité ni par le chlore, ni par 1 iudure de jjotassium

Parvenu à ce terme on laisse l'iode se déposer; on décante la solution , puis on opère des lavages à l'eau par touillages et décantations répétés jusqu'à ce que l'eau décantée maniue 0° à l'aréomètre; alors on met l'iode dans un vase conique en poterie , muni d'un

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t';m\ fond \)0Tc6 do trous; on nose celle sorto lit" lillio sur uiu' jarre on i^ios; on lo laisse bien éyouUor, puis on lo dessèelie en le posant sur dos feuilles do papiei' à lillre , iippuyi^es olles-nuMues sur une couche épnis'sc (:20 eiiitiiuèt.) lie cendres bien sùclies et tassiS'S dans une caisse; on recouvre d'une feuille lie papier, puis on ferme la caisse avec son couvercle.

Lorsque l'huniiditc^ est passée tlans les cendres, on retire l'iode pour l'épurer par la distillation. Dans toutes ces inani[)ulations, on se sert de spatules, cuillers, etc., on grès, atin d'éviter, autant ([ue possible, le contact avec la (leau , que l'iode , à la longue , atta- (pierait plus ou moins profondément.

La fabrication actuelle des [)roduits dos vareelis représente , en Franco , l'emiiloi do ■i 000 000 kilogrammes de soude brute.

Produits obtenus annuellement.

On en ootient :

500 000 kilog. de sulfate Je potasse.

ôiO 000 lie chlorure de potassimn.

•450 000 de chlorure do sodeun (sel marin).

3 150 d'iode (ou l'équivaleul en iodures).

250 de brome.

2 000 000 de résidus lessivés secs (ou l'i'i|ui-

valeat humide, environ 2 500 000) .

Emploi des résidus dans la culture. — Les marcs de soude de varech lessivés rotienni'ut encore un peu de tous les sels solubles ; il 'ailleurs, les sels et composés calcaires qui forment la plus grande [lartie de leur poids, sont utiles en agriculture , surtout poiu' les terres oii , conmie aux environs de Cherbourg , le carbonate de chaux manque. On ré[)and de 30 à iO hectolitres de ces marcs sur un hectare de terre tous les trois ans; ils ne dispensent pas de fumier dans cet ititervalle de temps , mais ils font beaucoup mieux profiter les plantes , en complétant l'aliment minéral : leurs eifets ont paru surtout avantageux sur l'orge, le sarrasin et les prairies naturelles.

VASliS DE CUISINE. — Les vases de cuisine peuvent , selon diverses circonstances, êlre cause d'empoisonnements ou de maladies de langueur. Le choix de ces vases mérite donc la plus grande attention. 11 faut rechercher, autant que possible , ceux qui ne peuvent altérer les aliments. De ce nombre sont les vasos en fer, en grès, en porcelaine, en verre, en faïence et autres terres vernissées.

La porcelaine se fait avec de l'argile lilanche; on la recouvre d'un enduit ou vernis terreux. Elle oil're toutes les garanties de salubrité.

Les vernis blancs des autres poteries sont les plus sûrs , parce qu'ils ont pour base l'oxyde d'élain , qui n'a rien de dangereux.

On donne le conseil do remplacer, autant qu'on le pourra , les vases de métal par les poteries vernies ; cependant on a eu des inquiétudes sur l'usage des poteries couiiniincs, car l'oxyde de plomb est l'ingrédient priueipal de leur vernis , quelle que soit sa cou-

BiCTlONiN. Iiii ClUiVlE,

celles qui

sont bien cuites, et dont lo vomis est parfiutoment \ilrilié; elles donnent lo sou le i)lus

leur, et cet oxyile est un poison facilement attaqué par les. acides et mémo [lar les graisses; mais des ex])ériences ont |irouvé qu'il n'y a rien <i eraindre de ces poteries lois- (prelles ont été bien fabriquées, parce qu'aft)rs le vernis et la massi; du vase se troiivi'iit (•ombiiii''s intimement, et le vern» do jdond) a aiipiis une telle dureté, qu'il résiste longlenqis aux forces mécaniques et mônio aux agents cbinnquos.

Les meilleures poteries sont celles qui

vomis est pi ■nt lo sou le .

clair lorsqu'on les frapj)e avec un cor])s iinr, et leur vernis ne se laisse ])as rayer avec la pointe d'un bon couteau. Plus ]'éinail est cuit et dur, moins il est atKiquable par les acides, les huiles et les graisses.

Le vernis des poteries do mauvaise qualité, n'étant pas suflisamment adhérent à la niasse argileuse , s'en exfolie aisément , et , lorsqu'on emploie ces vases aux usages de la cuisine, ils s écaillent par l'action du feu, et contractent facilement un goût détestable qui ne peut s'enlever en les nettoyant, et se comumnique à ce qu'on y fait cuire. En outre , des auteurs pensent que ce vernis se fond peu à peu dans les graisses et les acides, et déprave assez les aliments pour que l'usage des vases puisse, à la longue, devenir nuisible aux individus faibles.

Toute poterie ne doit servir aux usages de la cuisine qu'après avoir trempé quelque temps dans l'eau chaude et avoir été bien nettoyée.

Les \âses d'argent, d'e'tain, de fer-blanc, de cuivre , de plomb , peuvent former des sels très-vénéneux. Le beurre , l'huile, les graisses , l'eau salée et les acides , sont les substances qui exposent le plus aux accidents graves qui peuvent résulter de l'emploi df ces vases; mais les vases en cuivre ou ei plomb sont ceux cjui forment des poisons avec le plus de facilité.

La vaisselle en argent contient du cuivre, et celle en étain du plomb; quoi qu'il en soit, si l'argent est au premier titre, et que l'étain ne renferme que la quantité de plomb consentie par la loi, l'usage de ces vaisselles ne présente aucun inconvénient, toutes les fois qu'on a l'attention de les tenir très-propres et que les mets n'y séjournent pas , surtoul d'un jour à l'autre ; mais la vaisselle en ar gent est souvent au deuxième titre, et, dans ce cas, contient du cuivre en proportion suffisante pour altérer assez promptement les aliments qu'on y laisse séjourner. L'étain oblige aussi à plus de précautions , lorsqu'il renferme une certaine quantité de plomb.

Le fer-blanc, ou fer étamé , est sans dan-> ger ; son étamage est plus sain que l'étamage ordinaire ; il convient cependant d'éviter que les mets ne séjournent dans ce métal.

On fabrique actuellement , on France , des vases qui imitent assez bien l'argent; mais, comme ils sont composés d'une forte proportion de cuivre , ils exigent de grands soins de propreté et beaucoup d'attention , parce qu'ils pourraienlcommuni(|uer des propriétés

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