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vénéneuses aux liquides aciJcs et aux substances grasses qu'on y laisserait séjourner.
Le cuivre est, de tous les métaux, celui dont on doit le j>lus se méfier, vu qu'il forme avec une eitrème facilité le vert-ilc-gris, un des poisons les plus dangereux. Voici comment Baume s'exprime au sujet des ustensiles de cuivre : « Un auteur a cherché à rassurer sur l'emploi des vases de cuivre , en (lisant que tout le danger de ce métal vient (lu séjour de la liqueur dans les vases, et (|u'il n'y a rien à craindre quand cette li- ({ueur est en ébuUition; mais le temps qu'il faut pour préparer la liqueur, la négligence ou l'inattention de ceux qui la préparent, ne rendent-ils pas ce séjour continuellement à craindre? Peut-on, d'ailleurs, ignorer que les acides et toutes les substances grasses ont, avant qu'elles soient en ébullition, une action très-vive sur le cuivre?» {Traité de pharmacie, pag. 8.)
J'ajouterai à ce passage que l'ébullitionne jiréserve pas complètement des dangers du cuivre lorsqu'on la prolonge fort longtemps ; qu'elle n'en préserve en aucune manière lorsque le vase ne contient que de l'eau salée. C'est une observation à laquelle il faut avoir égard dans les cuisines où l'on fait de l'eau do sel pour servir à la préparation des mets. Cependant , lorsque l'eau salée bouillante se trouve mêlée avec une certaine quantité de lard, de viande ou de poisson, on ne doit point redouter son contact avec le cuivre.
Le sang est encore regardé comme ayant beaucoup d'action sur le cuivre, si on le fait chaulfer dans nu vase de ce métal , ou qu'on l'y conserve même très-peu de temps.
L'analyse démontre l'existence du vert-degris, en certaines proportions , dans tous les mets qui ont été préparés dans ÙQi vases de cuivre. Cette proportion , qui peut n'avoir aucun mauvais eifet sur un grand nombre, d'individus, peut en avoir sur quelques-uns, en raison de certaines dispositions individuelles.
On doit être d'une rigueur extraordinaire sur la propreté des ustensiles de cuivre, et, lorsqu'on est obligé de les employer non étamés ou mal étamés , il faut , pour que le vert-de-gris ne s'y forme pas notablement, que la chaleur des' mets soit portée le plus vite possible à l'ébuUition , que celle-ci ne Suit pas de très-longue durée, et que les mets soient transvasés encore bouillants.
Dès que l'ébuUition cesse , le vert-de-gris se forme avec assez de facilité pour que l'on doive s'opposer fortement au séjour des aliments dans ces sortes de vases, ne dùt-il pas dépasser un quart-d'heure.
Alors même qu'il n'y aurait aucun danger 1 laisser séjourner, pendant quelque temps, les mets dans des vases de cuivre, la prulence veut que l'on défende cette pratique, attendu que bien des faits ont démontré ^u'il peut , dans certaines circonstances , en résulter de graves inconvénients.
Lorsqu'on lait des conûtures ou marmelades d f"s une cliiudicre de cuivre non éia-
raée , il faut , pendant la cuisson des fruits, metli'C du fer décapé dans la chaudière. C'est une précaution nécessaire , surtout lorsque la préjiaration doit être très-prolongée. Le fer, dans ce cas, préci|nte tout le cuivre que la liqueur acide a dissous avant et pendant l'ébuUition; le cuivre s'attache au fur et s'isole complètement des conUtures; celles-ci, alors, ne renferment plus de sel vénéneux. Il sudit, pour dis livres de confitures , d'employer une lame de fer de cinq à six pouces de long sur un demi-pouce de large, ou quelques clefs présentant à peu près la même surface.
L'eau froide ou chaude ne séjourne pas impunément dans un vase de cuivre ; elle y contracte une saveur métallique; sous son iniluence , l'air oxyde le métal , et il se dissout un peu de vert-de-gris.
Le cuivre jaune est peut-être moins insvalubre que le cuivre rouge; mais ni l'un ni l'autre ne devraient être employés pour les ustensiles de cuivre.
On peut se servir du cuivre en toute sécurité lorsqu'il est bienétaraé; mais lorsque rétamage est mal fait ou qu'il est usé en jiartie , il se trouve un assez grand nombre d'interstices où peut se former Je poison , et il serait alors très-imprudeni de laisser refroidir les aliments.
Les mets refroidis dans des vases de cuivre étamés sont toujours suspects, parce qu'il est souvent diflicile de s'assurer si le cuivre est parfaitement étamé.
« Il faut avoir l'attention , dit M. le professeur Girardin , de renouveler, au moins tous les mois , l'étamage du cuivre , lo.sque les vases sont d'un usage habituel, car le récurage, le frottement des cuillers, les sauces acides , en enlèvent journellement de petites portions, et mettent bientôt le cuivre à nu. »
On doit recommander de ne point placera demeure des robinets de cuivre aux pièces de vin ou de cidiC , parce qu'ils y introduisent du vert-de-gris.
VAUQUELIN. — L'histoire de Vauquelin est un des exemples de ce que peuvent la patience et une volonté forte de s'instruire. Né en mai 17G3 , de pauvres cultivateurs , à Saint-.\ndré-d'Hébertot , petite commune du département du Calvados, Vauquelin fut d'abord destiné aux fonctions les plus humilies. Il entra comme garçon de laboratoire chez un pharmacien , à Rouen , M. Mésaize , et là il puisa cette ardeur' pour la chrmie qui le conduisit plus tard aux honneurs et à la fortune. Avec six fr-ancs pour tcmt bio" , le jeune Vauquelin fit le voyage de Paris, dans "l'espéi-ance d'y trouver lès moyens de s'ins-» trurre. D"abor-d élève en phar-macie, il dut à l'un de ses maîtres la connaissance de Four-croy , qui, ayant remarqué son aptitude et l'espèce d'avidité avec laquelle il écoulait ses disi ours, lui proposa de le prendre chez lui, en lui donnant le lo.^eurent, 1,! table et cent é.us i^ir an. Ces conditions parurent magai-
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llcHios au paiivi'o él^vo, ([iii s'omprossa ir.iulaiil plus d'ncccnlci', (pi'il atteignait, en l'ii- (r.int dans un Inuoraloirc do cliiiuio , le but de tous SOS désii'S. l.h , travaillant avec uuo |)(.'rsislanci^ incroyable, et dirigé pai- i(!SConseds tH'lair-(''s de Foiu'oroy , il aivjuit bientôt u;ie l(\lle habileté et un tel savoir, (pie eo derniei' i'assoeia h ses reeherebes et lui eonlia les l'épéliliuns de ses eours. (Juelipies années étaient ii peine écoulées , (pu' l'Aeail^'uiie royale des scienees coni|)t:iit déjà \ anquelin au noin!)re de ses membres. En nO'i-, il était professeur ih; l'Iieole polytrdiniipie, inspei'teur et professeni' de doeimasie à riMiole di's mines; puis prol'essinir de obimie aiipli((uée aiiK arts au Muséum d'bistoiri- naturelle. Il est peu do ehimisles qui lient eu une earriéi'c aus<i longue et aussi laborieuse. Plus de 230 Mémoii'es ont été pul)lii's par lui sur pres(iue toutes les branehes le la scienee. Il avait un talent remarquable pour l'analyse. Ses rechercbes , ses déeouverles, ont eu presque toutes de brillantes applications dans les arts; elles ont rendu ■les services non moins signalés à la pb\siologie, à la médecine légale, à l'économio .iomesii(pie. On peut dire que Vauquelin avait fait et vu à peu pi'és tout ce qu'il était possible de faire et de voir en chimie. Ce célèbre chimiste , qui honoretant la France, et en particulier la Normandie, est mort au château d Héberlot, le i'v novembre 1829.
VHAU D'OR, objections et réponses. Voy.
Or.
VÉtjÉTAUX (structure et constitution). — Les corps inorganisés se présentent h nous sous mille aspects divers, et ce n'est que rarem nt que nous les voyons à l'état de cristaux ou formes polyédriques à faces planes, plus ou moins semblables au:v polyèdres de la géométrie. Quoiqu'il soit très-difûcile de connailre les causes qui concourent à la formation des cristaux, cependant il e-t possible de découvrir, au moyen du clivage , les lois générales qui président à leui' sti uelure, tandis qu'on est beaueouji moins avancé à l'égard ics corps organisés , dont la constitution, étant plus complexe, doit nous occuper mai itenant. Commençons par les végétaux, d'une organisation [)lus simple que celle des animaux; on n'y trouve pas, a beaucoup prés , la môme régularité que dans les cristaux; leurs surfaces ne sont jilus terminées par des faces planes; leurs formes sont plus on moins an ondies ; la régularité, eu ont e , n'est qu"a|)parente , car il est impossible de lr(mver une lleur dont les pétales soient parfaitement égaux , et une feuille présentant une identité parfaite des deux côtés. On ne peut néanmoins s'em|)êcher de recounaîU'e une symétrie de composition et de sti ucture, soit dans les [léiales, soit dans les deux parties d'une feuille. C'est en raison de cette symétrie , plus ou moins parfaite , que l'on est amené à considérer les végétaux, comme des cor|)s régulièrement org.inisés. Il se |iroduit dans les végétaux, comme dans les cristaux , des irrégularités