‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 33 sur 354 · BAR · texte numérisé non relu

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la nécessité de l'expériraentalion, comme il le faitdans son ouvrage. N'est-il pas curieux, d'ailleurs, que dans un homme si disposé à accueillir les faits à la légère, on trouve déjà ce qui, dans tous les temps, a caractérisé la marche véritahle de la chimie , cette fois complète dans l'expérience, qui, depuis Roger Bacon jusqu'à nos jours, n'a jamais abandonné les vrais chimistes?

Que Roger Bacon, avec les connaissances de physique, de mécanique, d'histoire naturelle et de chimie, qu'il possédait, et dont il s'exagérait tant le pouvoir, ait laissé la réputation dont il jouit aujourd'hui, cela ne doit pas nous étonner. Comment voulezvous qu'un homme qui, le premier, a donné la préparation de la poudre à canon, ou qui, le premier, du moins, a fait connaître sa terrible puissance , comment voulez-vous que cet homme n'ait pas été un magicien? Toutefois, si vous consultez ses ouvrages, vous n'y trouverez aucune de ces histoires merveilleuses dont on s'est plu à le faire le héros ; vous n'y apprendrez rien au sujet de la tête d'airain parlante qu'il aurait fabriquée, et qu'il consultait à l'occasion.

Mais il ne vous sera pas difficile de comprendie pourquoi Roger Bacon a passé pour sorcier, si vous lisez son traité De mirabili potestate artis et naturœ. 11 exagère tant cette puissance de l'art et de la nature, que vous pouvez vous figurer, avec un peu de bonne volonté, qu'il a connu l'art de s'élever et de se diriger dans les airs, aussi bien que la cloche du plongeur, les ponts suspendus, le microscope, le télescope, et les voitures ou bateaux à vapeur; car c'est tout au plus si ces merveilles de notre âge réalisent tous les effets qu'il dit pouvoir être obtenus de son temps.

Ces assertions d'un esprit exagéré et crédule laissent beaucoup de doute sur les connaissances que Roger Bacon a pu avoir en ce qui concerne la poudre à canon. Voici sa recette : Sed tamen salis petrœ Luru vopo vir CAN UTRiET sulpkufis, et SIC fucies tonitrum et coruscationem, si scias artificium. Comme on voit, le charbon et les doses y seraient désignés d'une manière énigmatique ; et quand il ajoute qu'avec une portion de ce mélange de la grosseur du pouce, on peut détruire une armée et bouleverser une ville, on serait tenté de croire qu'il n'avait jamais manié de poudre, si on ne savait quelles exagérations a toujours fait naître la découverte des substances explosives ou vénéneuses.

BALLONS; comment on les gonfle. Yoy.

HYI)UOGf:NE.

BARIUM (|SapOf, pesant). — L'existence de ce métal a été prouvée, comme celle du calcium, en soumettant labarite à l'action delà lille voltaïque. Jusqu'à présent on n'a pu en obtenir d'assez grandes quantités pour l'étudier il'une manière complète ; on a seulement reconnu que ce métal était solide,'d'un éclat argentin , fusible au-dessous de la chaleur rouge, non volatil, capable d'absorber l'oxygène à la température ordinaire, et de dé-

composer l'eau en s'appropriant promptement l'oxygène et laissant dégager l'hydrogène.

Ce métal se trouve dans la nature à l'état d'oxyde et en combinaison avec certains aci des minéraux. Cet oxyde, découvert en 1774, par Scheele, fut désigné sous le nom de barile, à cause de la pesanteur qu'on avait reconnue à ses composés. Bien qu'on eût soupç.mné, à cette époque, que cette matière était un oxyde métallique, les essais qu'on avait tentés alors ayant été infructueux, on la considéra comme une terre analogue à la chaux. Ce ne fut qu'en 1808 que Davy, après avoir décomposé la potasse et la soude, fut porté à penser que toutes les terres qui jouissent de certaines propriétés analogues à ces alcalis étaient aussi des oxydes métalliques. Son soupçon se trouva vériûé par l'expérience.

BARWOOD. — C'est un bois rouge, qui a beaucoup d'analogie avec le santal. 11 a été introduit en Europe par les Portugais, il y a une soixantaine d'années. Il est fourni par un grand et bel arbre de la colonie de Sicrra- Leone, en Afrique. H n'est utilisé qu'en Angleterre pour la teinture. Il est , dans le commerce, en poudre grossière, d'un rouge vif, semblable à celle du santal, sans odeur et sans saveur prononcées; il ne colore presque pas la salive; il est à peine attaqué par J l'eau, mais il colore presque immédiatement \ l'alcool rectifié en rouge vineux très-foncé, et il lui cède 23 p. 0[0 de matière colorante rouge; le santal rouge n'en donne que 16,75, d'après Pelletier. L'éther, le vinaigre, les Mqueurs alcalines, agissent sur le barwood comme sur le santal; il en est de même des différents réactifs sur la solution alcoolique.

On obtient avec ce bois, dans les teintureries anglaises, des nuances rouges et brunes d'une grande beauté. La couleur rouge est brillante, mais elle n'est pas aussi solide que celle de la garance; elle devient brunâtre avec le savon. Quant aux couleurs brunes, elles sont parfaitement solides. Le rouge foncé qu'on voit habituellement sur les mouchoirs bandanas anglais est, la plupart du temps, produit par la matière colorante du barwood, rendue plus foncée par le sulfate de fer. En associant à ce bois du quercitron et d'autres substances tinctoriales, on jiroduit une grande variété de nuances; mais, dans ce cas, on teint avec les deux matières colorantes l'une après l'autre.

Le camivood, autre bois rouge qui arrive également de la côte d'Afrique, et qui possède toutes les propriétés du barwood, fournit des couleurs analogues; mais il n'est pas employé, son jirix étant une fois et demie plus élevé, et les nuances qu'il produit étant moins solides. 11 est probable que ce n'est qu'une variété de barwood venant d'une autre localité.

BARYTE (protoxyde de barium; terre pesante). — Cet oxyde se retire de l'acide sulfurique ou de l'acide carbonique, auxquels il est naturellement combiné. Le protoxyde de harium se présente en une masse branche, poreuse, très-facile à réduire en poudre.

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