‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 36 sur 354 · BEC · texte numérisé non relu

BEC

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Hu''iiiatuiiios t>t (lu fliimio.ni^clu'i' a (^cril, en etlVt, sur Imites ces scionccs malf;i'i5 sa vio crraiilf, et si je n'ajoutais i|ii(' ilrs sa jcuin'sse il s'tMait fardiuu'' au Iravailic plus ruik" ot le plus assitlu, ou coun^viait ilillicilenienl inic sa ctuitte et avciiluicuso existoiu'o lui eill laissé le loisir d'approfondir d'aussi graves sujets.

Parmi les ouvra^çes de Bêcher, celui qui nous frappe lo plus aujourd'hui, c'est sou Tripu" llcnnctivHS fdtidicns paiidciis orarula chymicti. Vous Irouvoz là, on ellet, ce qu'il appelle son laboratoire portatif, espèce do fourneau (pii niérilo bien ce nom, puisipi'il parvient, à l'aide de dis|)osilions simples et ingénieuses, h lu plier à tous les besoins do la chimie. Les petites et excollenles forges mobiles qu'on a récemment remises en usage s'y trouvent déjà tigurées.

Comme les chimistes de son temps, Bêcher n'est pas toujours intelligible pour nous; mais (piand il l'est, ce qui arrive ordinairement, on aime sou style net, franc, élégant; et ses (leusées toujours vives et s[iirituelles fra(>peut et intéressent.

Bêcher semble avoir établi le premier d'une manière précise l'existence de corps indécomposables, et celle des corps composés et surcomposés.

Si la dissidence de la philosophie scolastique et de la chimie avait pu jusqu'à lui sembler douteuse, sa Physique souterraine .'établirait dans les termes les pins précis. « Bon péripatéticien, mauvais chimiste, et réciproquement, dit-il, car la nature n'a rien de commun avec les ima..ïinations dont la philosophie péri|)atétique se nourrit. »

Ailleurs, il porte à Arist(>te et à toute sa secte un déti 'formel, et il les invite à expliquer pourquoi l'argent est dissous par l'acide nitrique, pourquoi il est précipité par le cuivre, le sel marin, etc.

Mais la réiiutation de Bêcher repose surtout sur la doctrine des trois éléments qu'il appelait les trois terres, savoir : la terre vi tritiable, ou l'élément terreux, la terre inllammable, ou l'élément combustible; la terre mercurielle, ou l'élément métalli(iuc. Chacune d'elles ne représente pas une matière uriique et toujours identique ; elles peuvent all'ecter des modifications et revêtir des caractères extérieurs variés.

Quand on met de côté les prétentions géologiq les de Bêcher, aussi bien que ses prétentions alchimiques, il reste dans sa Pliijsica subterrunea une véritable philosophie chimique, telle que la comportait son époque. L'expérience y est placée au rang qu'elle doit occuper, en des études oh les raisonnements a priori ont si peu de portée. Bêcher connaît bien les faits; il en donne une appréciation vraie; il les classe avec sagesse et méthode ; il s'élève entin iiar moments aux idées les l'Ius nettes sur la nature des réactions chimiques. Pour lui les phénomènes chimiques se passent entre des principes matériels qu'une force propre réunit pour former dos composés. Rien n'empêche do détruire ceux-

ci ot de faire n^paraître les principes avec leuivs (|ualil('s fouilameillah^s.

Il esteurieux de remar(pu'i' ipi'api'ès avoir tant insisté sur la nature matérielle des êtres (pli produisent les phénoiiiènes cliiiiiiipies, Bêcher (!t sou coiniuentateur Slalil aient si ]ieuaccord('(ralteiition l'un et l'aulri! à l'une des (piililés les [ilus sensibles (1(! la matière, sa pcîsantciir.

Le ci'lèbre invenleiir de la tlu'orie du |)lilogisliipu', Stalil, à (pii nous devons la connaissance de la meilleure partie des ouvrages de Bê('her parvenue jusqu'à nous, a certain(Miient puisé le germe de ses idées dans les écrits do ce dernier. Il n'iiu parle (lu'avec une sorte de fanatisme. Ainsi \\ appelle son ouvrage, opus stuc pnn'; ailleurs, primum ac priiiccps; ailleurs encore, liber undique et tinditjue primus. Loin de se parer des dépouilles de Bêcher, il cherche \v\r tous les moyens à montrer l'estime profonde qu'il porte à son ouvrage. Il prétend y avoir puisé les premières notions de sa théorie. Mais on serait presque tenté de révoquer en doute le témoignage de Slald, et de regarder cette assertion comme une exagération de sa modestie et de son admiration pour Bêcher. En tout cas, il est certain que si Bêcher lui a fourni le premier germe du phlogistique, quand il a fallu féconder cette pensée-mère, Slahl y a mis beaucoup du sien.

BELLADONE. Voy. Huiles et Corps gras.

BEN. Voy. Corps gras.

BENJOIN. —On extrait cette résine par incision du tronc et des branches du styrax henzoin qui croit à Sumatra. Le benjoin est employé dans les pharmacies, princi|'aloment à la préparation do l'acide benzoïque et de la teinture de benjoin. Les parfumeurs en consomment aussi dans leur art.

. BENZOILE. Voy. Benzoïque.

-, BENZOÏQUE [Acide). — Cet acide, qui tire son nom de benzoinum (benjoin), a été trouvé non-seulement à l'état de liberté dans ce baume naturel, mais encore dans la plupart des produits analogues et dans certaines parties de végétaux, telles que les gousses de vaniUe, la fève de Tonka, et suivant M. Vogel, dans plusieurs plantes odorantes compos 'Ut l'herbe des prairies naturelles, telles que Yanthoxanthnm odoratum et Vholcus odoratus. Son existence a surtout été signalée par Fourcroy et Vauciuelin dans l'urine des animaux herbivores, od il est en combinaison avec la potasse. Mais M. Liebig a démontré qu'il ne préexistait pas dans ce liquide, et qu'il était un des résultats de la décomposition par la clialeur d'un acide particulier, qu'il a nommé acide hippurique.

Cet acide se produit aussi par l'aciion directe de l'air sur l'huile essentielle des amandes amères.

L'acide benzoïque à l'état de pureté est blanc, inodore , d'une saveur piquante et très-àcre ; il est susceptible de cristalliser en prismc-s allongés, llexibles, et inaltérables à l'air. Exposé à l'action du feu, il fond, se décmnposo eu partie, et se volatilise sous forme de belles aiguilles blanches. Projeté

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sur les cliarbons ardents, il se rijiiuit à l'instant en une funu'o lilanciie 1rès-irri(ante, qui provoque Ja toux. Il est peu soluble dans

1 eau froide, très-solultle dans Teau bouillante. L'alcool eu dissout une si grande quantité,qu'il le laisse presque entièrement précipiter par son mélange avec l'eau.

Cet acide est employé, mais rarement, en médecine, soit à l'intérieur, soit <i l'extérieur. Celui qu'on retire directement du b'enjoin par la chaleur, et qui contient une huile volatile, entre dans la composition des ^j/Zw/es balsamiques de Morton.

D'après les considérations déduites des nouvelles expériences de MM. Wohier et Liobig, sur l'essence d'amandes amères, et sa conversion à l'air en acide benzoïque ])ur, ces chimistes regardent cette transformation comme le résultat d'oxydation de l'huile essentielle, pendant laquelle celle-ci perdrait

2 atomes d'hydrogène cjui se convertiraient en eau, et acquerrait en plus 1 atome d'oxygène. Ils ont envisagé cette réaction sous un point de vue nouveau, ([ui les a portés à admettre l'existence d'un radical tciTiaire qui fournirait l'acide benzoïque en s'unissant à l'oxygène. Ce radical, qu'ils ont nommé benzoïjle (de û^ïi, principe, malière), existe uni à l'hydrogène dans l'huile essentielle d'amandes amères, et constitue un htjdrure de benzoyle. Par son exposition à l'air, 2 atomes d'hydrogène sont transformés en eau, et 1 atome d'oxygène s'unit au benzoyle, et produit l'acide benzoïque qui, retenant l'atome d'eau, donne 1 atome d'acide Ijenzoique cristallisé.

Quoique le benzoyle n'ait ]ui encoçp être isolé des combinaisons qu'il produit avec les corps simples, et que son existence ne soit rien moins qu'hypothétique , l'explication précise des réactions que présente riiuile d'amandes amères ou hydrure de benzoyle, lorsqu'on l'expose à l'air ou qu'on la traite par le chlore, le brome, l'iode, ne peut être bien connue sans l'admission d'un tel radical composé.

Ces résultats sont d'une grande importance pour la chimie organique, et jettent un jour tout nouveau sur cette partie de la science ; ils démontrent qu'un composé de carbone, d'hydrogène et d'oxygène se combine à la manière d'un corps simple, et produit des composés à proportions délinies : ces faits, suivant Berzélius, peuvent être considérés comme le commencement d'une nouvelle ère dans la chimie organique.

Benzoales. — Les benzoates de soude, de I>otasse et d'ammoniaque sont seulement employés dans les laboratoires de chimie. Comme l'acide benzoïque forme, avec le peroxyde de fer, un com|)Osé insoluble, et avec le protoxyde de manganèse un sel soluble, on s'en sert pour séparer le premier du dernier dans quelques recherches analytiques.

BÉKIL. ^'oy. PicMTE et Emeraide.

BLRTHIÉKITE. — Substance découverte j iar M. Berthier dans plusieurs minerais de ter de la Champagne, de la Bourgogne, de la

Lorraine, etc., et cjui leur communique la propriété magnétique. Cette substance est en petits grains, dans le rapport de 8 à 10 pour cent et quelquefois davantage.

BERTHOLLKT (Clalde-Louis) , célèbre chimisie, né en l"i8, àTalloires en Savoie, d'une famille originaire de France, étudia d'abord en médecine et vint de bonne heure à Paris, où il fut nommé médecin du duc d'Orléans. Il abandonna bientôt sa profession pour se livrer tout entier à l'étude de la chimie, qui lui ollVait une vaste c^rrière de découvertes; se fit connaître par d'excellents mémoires , et fut successivement nommé membre de l'Académie des sciences, puis do l'Institut, commissaire pour la direction des teintures (1784), membre de la commission des monnaies (1792), ])rofesseur aux écoles normales (179ï). Il accompagna Bonaparte en Egypte, et fit dansée pays d'importantes recherches sur le natron. H fut noiumé ])ar l'Empereur membre du Sénat (1803), devint ]>air sous la Restauration, et mourut en 1822, dans sa maison d'Arcueil. Cuvier et Pariset ont écrit son éioge. Les principaux ouvrages de Bertliollet sont, outre une foule de mémoires lus à l'Institut ou dans d'autres sociétés savantes, ses Eléments de l'art de la teinture, 2 vol. in-8% 1791 et ISOi ; ses Rechcrclies sur les Ivis de raf/inité, et sa Statique chimique (1803 et l'80'i). On lui doit la découverte des propriétés décolorantes du chlore et l'application de ces pro|>riélés au blanchiment des toiles , l'emploi du charbon pour purifier l'eau, la fabrication de plusieurs poudres fulminantes. Il fut, avec Lavoisier et Guyton, un de ceux qui contribuèrent le plus à opérer en chimie une révolution salutaire, et à constituer la nouv.dle langue de cette science. Il fut aussi, avec Monge, un de ceux qui furent chargés, pendant les guerres delà révolution, de diriger la fabrication de la poudre et de multiplier les moyens de défense.

BERZÉLIUS. — Parmi les savants contemporains qui ont le plus contribué au développement de la chimie, pendant la première moitié du xix* siècle, et qui lui doivent une belle gloire, l'illustre Suédois que nous venons de nommer mérite d'être rangé en première ligne. Pendant plus de trente ans, il n'a cessé de travailler à élargir la sphère des connaissances acquises, en consacrant exclusivement à la chimie des qualités rarement unies, une sagacité aussi vive, aussi infatigable que patiente et circonspecte, une lucidité d'esprit remarquable, une adresse, une précision, une justesse de main dans l'expérimentation, qui ont doiuié aux résultats pratiques obtenus par lui un caractère de certitude universellement reconnu dans le monde savant. Indépendamment de ses découvertes personnelles , qui sont nombreuses, et des théories, presque aussi nombreuses, il ne s'est pas fait depuis trente ans, en Europe, une expérience un peu importante sans qu'elle ait été répétée, confirmée, rectiliée ou combattue par lui. Jouissant en France d'une célébrité incessamment accrue

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pnrdesrocliorclies nonvullos ci dos oommixnic.'ilidiis t'i(''(iii('iil('s av(H- rinsliliit, (lont l'illustre'Suédois i'l;iit iiicmbre associisol aii-ssi par dos déliais iiii|iiiilaids avec, ([ucimicsuns fie nos chiiuistos distinmu's, sur divors points de la sricncc, le nom do |{orZ(''liiis possùdo dans io norti do rKurojio une autotorilt^ ((ui a [irosqno la forco d'une loi pour tout co ([ui ooncerno la chinue.

n ,lai'i|ues lii'r/.i'iius, onnohii [ilus tard par le nii (Charles XIV, est n(^ en 1770, d'une J'annllo bourj^coise, ou Suèilo , dans la ville de l-inka'i>in^% chef-lieu du gouvcrnennuit do co nom, formé de rancioiuio province d'Ostgotliie. Ses parents, qui le destiiiaiont à la médecine, l'envoyèrent , jeune encore, à l'université d'Upsal; la chimie faisant partie de l'objet de ses études, il dut s'en occu|iei', sous la direction d'Afzélius, qui professait alors cette science à Upsal. A cette épo(|ue, comme cela se |)rati([uc encore aujourd'hui d.-.ms les universités suédoises, les élèves étaient, après le cours publie, admis dans le laboratoire , oà ils [)ouvaient s'exercer à faire des manipulations. Aussitôt que le jeune Berzélius eut commencé l'étude de la chimie, il se rendit comme les autres dans le laboratoire, se montrant fort curieux et fort impatient d'opérer, et désireux surtout d'entrefirondre quelque chose d'intéressant et de dillicile. Le professeur, n'ayant qu'une médiocre conliance en son habileté, lui confia la tfkhe fort simple do préparer du safran de Mars (crocus Mnrtis), c'est-à-dire de chauffer du sulfate de fer dans un creuset ; et comme l'élève se montrait assez peu flatté de cette besogne de manœuvre , Afzélius lui promit pour un autre jour quelquechose do beaucoup plus intéressant ; et cet autre jour venu, il le chargea de brûler dans le mémo creuset de la crème de tartre, pour |)réparer tapotasse caustique. « Je fus si dégoûté, dit « ISerzélius dans un récit que j'emprunte à « un journal anglais (1), je fus si dégoûté « du peu d'intérêt que m'offraient de sem- « blables expériences que je résolus de ne a plus demander d'opération. Cependant je « continuai à revenir dans le laboratoire ; « j'y fis même quelques manipulations; mais « ce qui déplaisait le plus à Afzélius et à « son pré[iarateur Ekelberg, c'est quej'opé- « rais silencieusement, et que je ne faisais « jamais la moindre question : car j'aimais « Ijoaucoup mieux chercher à me rendre « compte, par des lectures, des méditations, « des expériences, que de m'adresser à des « hommes (pii, n'ayant eux-mêmes aucune « connaissance pratique, me donnaient des « réponses sinon évasives, au moins insigni- « liantes , sur des phénomènes qu'ils ne « comprenaient eux-mêmes qu'à moitié.» La chimie, à celte époque, à Upsal, consistait encore en une masse d'idées vagues, obscures, souvent contradictoires, que l'on soudait tant bien que mal les unes aux autres, au moyen d'hy|)Othèses et de chimères fantastiques, et cette science jouissait de si peu

(!) Edinbimjh philosophicaljowmt.

- do considération qiio inn no songeait à s'en occuper pour elle-même ; cepiMidanl le joinio lîrrzélius sentait à chaque expéi'iotw'O augmenter son intérêt, et l'ardeur, la persévérance avec lesipicllcs il s'(d)stinait à rechercher la soliilinn des ipiestions dilliciles, avaient d(\jà attiré sur lui l'altention du prof(><!seur (^t do ses condisciples, lors(|ue, après avoir termina'' ses cours, il vint à Stockholm, et futnonuné assistant (suppléant du professeur Sparrman, (pii occupait alors une chaiio do médecine à l'Université; et après la mort de S|)ari'man, on IHOti. il lui succéda dans sa chaire. 11 n'y avait alors à l'école de médociwï de Stockholm que trois [irofosseurs, de sorte que chacun d'eux était surchargé de cours; pour sa part Berzélius enseignait la médecine, la botanique et la tiharmacie chimiiiuo. Plus tard, d'autres chaires ayant été établies,^ le jeune professeur put se borner à l'enseignement delà pharmacie chimi- ([ue ; au bout d^ deux ans, il commença en môme temps un cours de chimie [iroprement dite, et, tandis que ses leçons de médecine obtenaient le plus grand succès, son cours do chimie ne fut d'abord que très-peu suivi. On avait alors l'Iiabitude, en Suède, de donner tout au long chaque leçon orale, sans l'entremêler d'aucune expérience, et ce mode d'enseignement était aussi fatigant pour le professeur qu'ennuyeux pour l'élève ; ce ne fut que plus tard, en 181-2, dans un voyage que Berzélius fit à Londres, qu'ayant reçu d'un professeur anglais une liste àes expériences que codernierfaisait dans son cours, il les répéta dans le sien, en agrandit considérablement le nombre, et cette liste, augmentée par lui, fut bientôt adoptée dans plusieurs universités de la Suède et du continent.

« Ainsi enrichies d'une série d'expériences qui en facilitaient l'intelligence, les leçons do Berzélius eurent bientôt un succès' de vogue ; son cours de médecine fut délaissé, tandis que son amphithéâtre de chimie ne pouvait plus contenir son auditoire.

« Cependant les soins du professorat n'étaient déjà qu'un accessoire de la carrière de Berzélius. La grande théorie qui venait de renouveler la chimie lui avait inspiré le vif désir de contribuer à son développement, et déjà des découvertes importantes le signalaient à l'attention du monde savant. En ISO'i-, faisant avec un autre chimiste, son ami M. Hisinger, des r(icherches sur un minéral découvert dans une mine de cuivre, il y avait reconnu l'oxyde d'un métal nouveau, auquel il avait donné le nom de Cerium, du nom de la planète de Cérès, qui venait d'être aperçue pour la première fois à la môme époque. L'invention de la pile galvanique, faite par Volta, l'avait porté à observer l'iniluenco decetagent nouveau sur divers corps, et, en découvrant les premiers que la pile avait la propriété de décomposer les sels, MM. Berzélius et Hisinger avaient eu l'honneur de |)ré|iarcr la grande découverte de Davy sur la tlécomposition des alcalis, jusque-là considérés comme des corps simples,

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découverte dont la scionce devait retirer de si grands avantages.

« Deux théories, dit un écrivain (1), se disputaient alors l'empire de la chimie : celle qui supposait la matière susceptible de rombinaisons en nombre illimité, et celle de Proust, qui. traçant un ceicle circonscrit, n'aduK'ttait que deux combinaisons possibles entre les mêmes corps. Les recherches de iîcrzélius vinrent contirmer les idées de Proust en les étendant un peu, et l'analyse exacte d'un nombre presque incommensurable de composés devint pour la science une do ses plus belles acquisitions. Reprenant tous les travaux de ses devanciers, apiiortnnt dans ses expériences un degré d'exactitude inconnu jusqu'alors, il prouva par d'innombrables analyses les lois q\ii président aux combinaisons chimiques, qu'il réduisit à un degré de simplicité qui les rendait plus admirables encore.

« Ces lois une fois bieu connues, il fut possible de contrôler le résultat des analyses, de prévoir même un grand nombi'e de comliinaisons alors inconnues, et de porter dans tous les travaux une exactitude dont il n'eût lias été possible jusque-là de prévoir même la possibilité. Ne bornant pas leur application aux composés que le chimiste peut former, M. Berzélius procura bientôt à la minéralogie les moyens de connaître scientifiquement une grande partie des substances que lui oflfre la nature , et que jusque-là on n'avait pu faire rentrer dans aucune classification véritablement scientifitjue. Il unit si intimement ces deux sciences, que l'étude des minéraux ne put plus être séparée de celle de la chimie.

« Il serait impossible, à moins d'entrer dans des détails extrêmement minutieux, de rappeler seulement le titre de tous les mémoires de M. Berzélius : peu de chimistes en ont publié un aussi grand nombre; on peut à {jcine citer quelques corps sur lesquels il n'ait pas fait d'essais, et chacun de ses travaux reulerme quelque méliiode nouvelle ou quelque modification de procédés connus qui devient d'une utile application pour la science. Depuis que Bergman a donné les premiers procédés d'analyse exacte, beaucoup de savants se sont occupés de cette branche importante de la chimie; mais les méthodes de M. Berzélius l'emportent sur tout ce qui a été fait de plus exact en ce genre. Les chimistes suédois, parmi lesquels on peut citer principalement Galm, ont fait un usage extrêmement précieux du chalumeau, comme moyen d'essai des minéraux; à peine employé en France, cet important instrument est devenu entre les mains de M. Berzélius un moyen des plus exacts pour l'analyse des substauces inorganiques. Dans un ouvrage sur cet instrument , il a fait counaîtri! son utilité et toutes les ressources que l'on peut tirer de son emjiloi. Cet iraportant ouvrage a été traduit ea français (2).

(\) M. Gaultier de Claut)ry.

(iJ) Oe Ccmploi du chuLumcati dans les analyses

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Indépendamment de ses mille travaux de détails sur le sélénium et le silicium, qu'il a découverts; sur le /î^ft/um , découvert par son élève M. Arfwedson; sur les quantités proportionnelles du soufre dans les sulfates et les sulfures; sur les propriétés de l'acide tungstique, découvert par Schecle; sur l'osmium, découvert par Smithson-Tennant; sur les fluides animaux, sur les proportions relatives des principes constituants de l'eau , sur i'acido tluorique, sur le thoriimi, sur les propriétés du tellure; sur le lantanium, nouveau métal récemment découvert par M. Mqsander, et en laissant de côté un très-grand nombre de mémoires intéressants insérés dans l'Annuaire des progrès des sciences physiques, qu'il dirige à Stockholm, M. Berzélius a pu. lié d(^ux ouvrages qui méritent une mention particulière : son Traité complet de Chimie, qui a paru pour la première fois, en 1825, en suédois; traduit en anglais et ea allemand, et enfin, eu 1829, en français, à Paris, sous les yeux mêmes de l'auteur, par MM. Jourdan et Esslinger. On a reproché à cet ouvrage , dont la traduction forme 8 volumes , de contenir trop de détails : c'est, en effet, le répertoire le plus exact et le plus complet de tous les faits aujourd'hui acquis à la science, et le défaut qu'on lui rejiroche est une qualité précieuse qui rend la lecture de cet ouvrage aussi utile aux savants qu'aux étudiants.

« L'autre ouvrage particulièrement important de M. Berzélius est son Essai sur la théorie des proportions chimiques, et sur Vinfluence chimique de l'électricité, 1 vol. in-8°, également traduit en français. Cet ouvrage , oii l'auteur traite de l'union des particules les plus divisées des corps ou atomes, les unes avec les autres, pour former les corps composés, renferme la base des nombreuses recherches auxquelles s'est livré M. Berzélius sur une partie importante de la science, aux progrès de laquelle il a ]iarticulièrement contribué : nous voulons parier de la chimie organique, à l'étude de laquelle il a appliqué les mêmes idées électro-chimiques qui l'avaient guidé dans l'observation du mode de combinaison des éléments de la nature inorganique.

« L'étude chimique de la nature organique, dit .M. Berzélius dans un im|3oriant rapport |iublié il y a quatre ans, est devenue une des branches les plus intéressantes des sciences physiques. Délaissée pendant longtemps par une suite naturelle du peu de développement des idées, elle est devenue tout à coup, par ses progrès toujours crois.>auts, une de celles qui préoccupent le plus un grand nombre de chimistes. Ses progrès unt été miraculeux , et les acquisitions de la science dans cette partie ont été telles, dans les dix ou douze dernières années, que la cliimie urganicjue est aujourd'hui une science beaucoup plus vaste et [)lus éienJuc que Ja

chimiques el les déterminations nùnéraloqiques , tra- (liiii (lu suédois par Fiesnel. Paris, 18'21; 1 vol. .w-8°.

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chimie iiiortiimiquo, qui ne lui est plus comjmnilili', et (|iii avait (''te; Licaiicon|i jjIus 6tudii'O. ('('iitMiciaiit cmnIiR'ii Vdil-iui de corps oi':;ani(iiios ccmiiiis (|iii n'ont point ('ni<jiu été anal\s6s, l't coniljii'n painii ceux inconnti.s Ml' ponriait-on pas l'aire lii^ (N'couveitcs 1 Aprt's avoir uiontit! les ilillii'nllL'S de celto nartio tle la scionco qui n'clierohc les lois suivant lescpicUos les ('■lémiuils se coinliiiiont dans h^s corps orfi;aniques, sous l'in- (luenco clos pliénoirùnos si nombreux et si varices île la vie, M. Hriv-élius |)onse que le moyen le plus silr est de procéder du connu à l'Inconnu, en veitii d'un priiui|)e (|u'ii fornude ainsi : « L'application des phénomènes « cpii nous sont connus dans le mode de « conihinaison des éléments de la nature « inori;ani(pieau\ combuiaisons de la nature « organi(pie est le lil au luoyen duquel nous « pouvons espérer de |>arvenir à l'explica- « lion exacte et consér[neiite du mode de « comiiosition des l'orps so\imis à l'inlluence « des fonctions de la vie. »

X Or les idées électro-cliimiques en vertu desquelles les molécules des corps simples se riHuplacenl suivant leur rany; dans la série électrique, formant la base des précédentes recherches de M. Berzélius , et se trouvant sur quelques |ioiuts contredites par la théririe des substitutions, lécemment dévelo|)p(^e par un de nos plus éminenfs chimistes, M. Dumas, il en est résulté entre ces deux savants une suite de discussions fort importaules, dont le résultat no tendrait à rien moins, suivant M. Dumas, cpi'à renverser to;ito la théorie électro-chimique de M. Berzélius.

« Ne ]iouvant ni ne voulant entrer dans 'es détails d'une discussion qui n'est pas plus de ma compétence que de celle de la majorité de mes lecteurs, je crois devoir cependant poser la question et donner les conclusions des deux parties.

« Que doit-on entendre, dit M. Dumas, par « théorie des substitutions ? On a reconnu , « depuis quelques années, qu'une substance « organique hydrogénée, qui est soumise à « Faction de l'oxygène, du chlore, du brome « ou de l'iode, et qui perd de l'hydrogène « sous leur influence , prend presque tou- « jours une quantité d'oxygène, de chlore, do « brome ou d'iode, équivalente à celle de « l'hydrogène qu'elle a abandonné. Dans le « jilus grand nombre des cas, le chlore qui « s'engage ainsi dans le produit nouveau '< perd ses propriétés caractéristiques. Ainsi, « quand on traite l'huile de cannelle par le « chlore , elle perd huit volumes d'hydro- « gène, gagne huit volumes de chlore, et « donne ainsi naissance à un composé nou- « veau, dans lequel la ]irésence du chlore no « se reconnaît qu'autant qu'on ramène , par « une décomposition totale, la matière à ses « éléments inorganiques; c'est cette règle qui « a reçu le nom de théorie des substitutions, « auquel je préfère celui de nu'talepsie (rcm- « placement). Depi s qu'elle a été r(;connue, « elle est devenue la base d'excellentes re- « cherches. Nier l'existence de cette relation

<i entre l'hydrogène qui s'en va et le chlore « ipii le renqilace, ce serait nier l'évidence; « aussi n'est-ce pas h ce [)oint de vue que « s'est placé M. Hcizélius pour la combattre. « Il veut bien arciuder 1(! fait comme un cas « ])arliculier, sans doute, de la théorie des « équivalents. 11 partage h cet égard une « opinion souvent reproduite en Allemagne, « savoir : (jue la Ihéorio des é(iuivalents suf- « lisait pour apprendrii ([ue V'iyilrogène se- « rait remplacé par son é([uivalent de cldore « ou d'oxygène. Je no saurais dire qui le « premier s'est servi do cette oljjeclion con- « Ire la théorie des substitutions; mais je n'ai « jamais pu croire qu'elle fit quelque im- « pression sur res[)rit des chimistes. «

« Après avoir prouvé qu'il ne s'agit pas ici d'un remplacement en quantités dill'érentes , susceptible de s'exprimer par des éipiivalents quelconques , et appartenant comme tel à la théorie des éipiivalents, mais bien du remplacement exact d'un corps par l'aulre, volume à volume, et à quantités parfaitement égales , lequel cas constitue le caractère précis de la loi des subtitutions ^ M. Dumas continue ainsi :

« Mais ce n'est pas là encore que l'objcc- « tion de M. Berzélius s'adresse ; ce qu'il ne « saui'ait admettre , c'est que l'hydrogène « puisse être remplacé par du chlore , du « lirome ou do l'oxygène ; c'est qu'un corps a aussi remarquable que l'iiydrugène par « ses iiropriétés électro-positives jjuisse être « remplacé par les corps les plus électro- « négatifs que nous connaissions. Avant « d'exposer à quelles conséquences l'examen « de cette objection m'a conduit sous le point « de vue théorique , je crois devoir faire « connaître quelques faits qui me [laraissent « décisifs : de ce nombre est la production « de l'acide remarquable dont je vais parler. « Il s'agit du vinaigre, de l'acide acétique, « dans lequel je suis parvenu à faire dispa- « raître tout l'hydrogène , et à le rem[)lacer « par du chlore; c'est donc du vinaigre sans « h.vtirogène , du vinaigre chloré ; mais , « ciiose l'omarquable , au moins pour ceux. « qui répugnent à trouver dans le chlore un « corps cafiahle do se substituer à l'hydro- « gène dans le sons complet du mot , le vi- « naigre chloré est toujours un acide comme « le vinaigre ; son pouvoir acide n'a pas « changé. »

« Après avoir développé scientifiquement et avec une série de formules tous les faits relatifs à la formation et aux propriétés de cet acide chloracétique , M. Dumas conclut en ces termes :

« 11 est évident qu'en m'arrêtant à ce sys- « tème d'idées dicté par les faits, je n'ai pris « en rien en considération les théories élec- « tro-chimiques sur lesquelles M. Berzélius « a généralement basé les idées qui do- « minent d.ins les opinions qu'il a cherché « à faire prévaloir. Mais ces idées éloclro- « chimiques , cette polarité spéciale , attri- « buée aux molécules des cor|)s simples, « reposent-elles donc sur des faits tellement « évidents qu'il faille les ériger en articles

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« fie foi , ou du moins , s'il faut y voir des « liypotiièses , ont-elles la pi-opriétô de se « piier aux faits , de les expliquer, de les « faire prévuir avec une sûreté si parfaite « (lu'on en ait tiré un g-rand secours dans « les recherches de la chimie ? 11 faut bien « en convenir, d n'en est rien..., etc., etc.» « Voilà l'attaque; elle sent peut-être un peu Vacide acétiijue , c'est-à-dire le vinaigre. « Voici maintenant la défense , qui mo semble avoir, sinon plus de force, ce que je suis incompétent à di'cider , du moins peutêtre un peu moins d'aigreur.

« Après avoir exposé les prétentions déjà

connues de M. Dumas à renverser la théorie

électro-clnmique et à faire une révolution

complète dans la chimie, M. Berzéliusajoute :

« Quand des questions aussi grandes sont

« agitées , l'amour du vrai dans la science

« doit provoquer un mûr examen des thèses

« de l'auteur d'une tellerévolution, poumons

« engager à nous mettre de son côté s'il a

« raison , et à nous opposer à lui s'd a tort.

« Un des grands avantages de la théorie des

« substitutions sur les idées électro-chimi-

« ques paraît être que le type de composi-

« tion conserve les mêmes propriétés après

« l'échange de l'hydrogène contre le chiure.

« Examinons donc le petit nombre de pro-

« priétés de l'acide cliloi'acélique , que M.

« Dumas nous a fait connaître , en les com-

« parant à celles de l'acide acétique. Nous

« verrons que ces deux acides dillerent

« inliniraent plus entre eux que l'acide acé-

« tique de l'acide formique, par exemple. »

Suit une série de formules dans le détail

desquelles je ne puis entrer , et à la suite

desquelles M. Berzélius conclut en disant :

« On voit donc que , pour éviter la révo-

« lution qui menace les idées électro-chimi-

« ques , il ne faut que mettre les symboles

c< de la formule le l'acide cliloracétique dans

« un ordre un peu différent de celui de M.

« Dumas , et que par ce petit changement

« la nouvelle combinaison renU-e dans une

« classe de corps déjà connue.

« Nous sommes à une époque oti une théo- « rie chimique des combinaisons organiques « se laisse entrevoir; mais si, au lieu de lui « permettre de se développer à mesure que « notre expérience s'étend, on veut la baser « sur des faits isolés, considérés sans égard « pour leurs relations avec le système de « nos connaissances en général , et en don- « nant des explications sans harmonie avec « les principes de la science, et si en outre « on veut en conclure que ce défaut d'accord « iloit faire rejeter comme erronés des prin- « cipes bien constatés d'ailleurs , on ne « réussira jamais à trouver la vérité. A'oilà « àq)eu près ce que j'ai cru nécessaire de « dire à cette occasion pour la défense des « idées électro-chimiques. » Dejmis cette époque , c*est-à-dire depuis la lin de 1839 , le débat s'est souvent reproduit entre MM. Dumas et Berzélius ; je dois ajouter que M. Liebig, un des plus jllustres chimistes du 1 Allemagne, semble être, sur la question

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des substitutions , de l'avis de M. Dumas contre M. Berzélius.

« Mais laissant ces savants se démêler entre eux , je propose au lecteur , pour linir, de le mener à Stockholm faire une visite à M. Berzélius, en prenant pour guide le voyageur anglais que j'ai déjà consulté au commencement de cette notice. Ce petit voyage sera probablement plus agréable au lecteur que le procès entre la théorie électro-chimique et la théorie des substitutions.

« L'étranger , dit mon guide , qui veut visiter Berzélius, se dirige |)ar Drotlning-Gattan , la partie la plus fashionable de Stockholm, et arrive jusqu'à Kunks-Backa, à la rue appelée Kyrko-Gattan ( tout cela est un peu d-ur, mais patience ), au commencement de laquelle se trouve l'église d'Adolphe- Fréderic. La maison qui forme l'angle de cette rue est le grand bâtiment acheté dernièrement pour Berzélius par l'Académie des sciences de Stockholm , dont il est le seciétaire ])erpétuel.

« En entrant par Drottning-Gatlan, l'étranger monte deux petites marches et se trouve vis-à-vis une porte; ce qu'il a de mieux à faire alors est d'entrer. Qu'il ne craigne point d'entrer à l'improviste; le son d'une i)etite cloche lui servira d'introducteur; il reconnaîtra, par divers ustensiles disposés dans la première [lièce, qu'elle fait partie d'un laboratoire de chimie. S'il n'est ni chimiste, ni même amateur, et quelle que soit la délicatesse de son odorat , qu'd ne s'effraye pas à la vue d'appareils de chimie; il n'aura rien à redouter de ces émanations qui , dans la plupart des laboratoires , aU'ectent si péniblement les organes de la respiration. Ici un système de ventilation habilement disposé les fait disi)araître aussitôt; et même, si quelque opération est en train , il pourra s'en approcher sans crainte. A sa droite il verra, ajustée avec soin, près de la fenêtre, une cuve à mercure qui brille au soleil d'un vif éclat. Plus loin il apercevra une petite table en porcelaine à bords relevés , et sur laquelle quelques verres indiqueront peutêtre les traces d'une expéiience récente. Après avoir jeté un regard sur le chalumeau dont Berzélius a tiré un si grand parti , sa grande lampe et tous les objets qui l'environnent , il arrivera au bain de sable. C'est en vain qu'il chercherait dans ce laboratoire des fourneaux en brique ou en pierre; on peut s'en servir sans doute pour les opérations les plus grossières , mais ils ne pourraient être employés dans les opérations délicates de l'analyse. L'appareil dont se sert Berzélius consiste en un foyer ou àtre élevé de trois pieds au-dessus du sol, et surmonté d'un manteau pour faciliter la dis|iarition des vapeurs. Sur ce foyer est un i)etit bain de sable, chauffé avec le charbon de bois , et un petit fourneau de fer présentant des ouvertures pour des tubes, des cornues, et..., etc. « Dans la seconde pièce , le premier objet qui se fait remarquer est une cage en verre ()ui repose sur une table; sous cette cage est la balance. Que de lumièies cet instrument sj

BER

DËU

fragilo et si siiuplc a rcpaïuhu'S sur los sciences naturelles ! ([ue de |ilir>MiiiiR^nos il a e\|iliqués I Cduihien de vérités eacliées il a révélées ! Qui pourrait eoiM|iler les discussions (^u'il a tenuiuécs? (,)ui eiU ])U croire, dans les teni|)s anciens, ((ue la découverte des lois les plus mystérieuses do la nature sei'ait duo aux oscillations de ces doux bras niohiles ? Mais considérez cette ljalanc(; avec attention, car elle a rendu de f;rands services ii la science, et les uiodilicalions ([u'ello [)résento n'y ont ]ias peu contrihué... Suit une description de la balance.

« Autour do cette pièce sont placés , dans des tiroirs ou dans des armoires vitrées, divers appareils et ]ilusieuis pré|)arations chimiques dans un ordre parlait, ^ous tournez ensuite à gauche , et vous apercevez , dans une autre pièce, celui que vous aviez cherché en vain dans les deux [iremières : c'est JJerzélius. 11 est occupé h écrire; sa table est couverte de journaux, et ses tablettes ploient sous le poids des livres. A sa gauche est un petit cabinet, dans les armoires duquel sont placéis les substances et les préparations chimiques les plus rares , le rhodium . l'osmium, le sélénium et leurs composés, les fluorures , les sels de lithium , d yttrium et du thorinium , ainsi que beaucoup d'autfes combinaisons précieuses que l'on cherclierait en vain ailleurs, et cjii'il i)rendra plaisir à vous montrer; peut-être même ne vous retirerez-vous pas sans en recevoir de lui quelques échantillons. Mais vous pouvez vous avancer vers le maître du logis et vous présenter, certain , avant niôuie d'avoir remis vos lettres d'introduction, d'une réception amicale et bienveillante.

« Berzélius est un homme d'une soixantaine d'années , de taille moyenne, avec des dispositions à l'embonpoint; sa ligure n'est peut-être pas très-belle , mais ses traits sont Irês-délicats , et leur expression est pleine d'agrément; celle de la bouche est tout à fait particulière et indique un bon naturel. Cette expression se trouve très-bien indiquée dans un de ses portraits gravés à Berlin. C'est en vain que l'on chercherait dans son extérieur quelque chose qui correspondît à sa grande célébrité : rien , sous ce rapport , ne le distingue du reste des hommes; il n'aflicho ni prétention , ni réserve , ni originalité; il n'a même rien de cette pédanterie qui caractérise généralement les savants de sa nation; il est d'un caractère aimable; son abord est simple et franc; ses manières sont celles I d'un homme bien élevé, et il comble d'attenti ms et de prévenances les étrangers qui vont le visiter. Berzélius avait autrefois des élèves particuliers , mais depuis quelque temps il a renoncé à cet usage. Leur nombre était cependant fort restreint , car on n'en compte guère plus d'une douzaine en Suède et en Allemagne , au nombre desquels trois se sont distingués particulièrement , Henri U'ùse et Woliler , que l'Allemagne compte parmi ses chimistes les plus eminents , et I Mitscherlich , peut-être le j)lus grand miné- I ralogiste de l'époque. Berzélius a abandonné

(• DiCXIOK.N. DE CUIJIIE.

depuis plusieurs années la chaire de professeur à son suppléant , le docteur Mosander, p(jur n'avoir plus (ju'à s'occuptn- de recherches scientilii|ues. Il travaille (louz(! à quatorze luMires par jour; c'est dans son cabinet (lu'il reçoit les visites du matin , et , n'étant point marié, il est rarement obligé de lo quitter.

« Le dernier roi de Suède lui a conféré, outre la noblesse, la croix de l'ordre de Wasa et la grand-croix de l'Ktoile Polaire, ainsi que le liatronage de toutes les chaires de chimie et de médecine du royaume. La noblesse l'a choisi pour la représenter à la diète , mais il ne prend ([ue très-])eu de part aux affaires politic[ucs , et n'assiste guère aux débats do la Chambre ([ue lorsque ses lumières peuvent être plus particulièrement propres à éclairer la discussion. La plupart des souverains de l'Europe l'ont honoré de justes distinctions; il est membre corresjiondant de toutes les sociétés savantes; il a fait, depuis 1819, plusieurs voyages à Paris , où la grâce de ses manières et l'aménité de son caractère lui ont acquis l'atfe'ction do tous ceux qui ont eu l'honneur de le connaître personnellement. Dans un de ces derniers voyages, il a été présenté par l'ambassadeur de Suède au roi Louis-Philippe , qui connaît non-seulement la Suède , jadis visitée par lui , mais aussi , dit-on , k chimie , sur laquelle il disserte avec la même facilité et la môme abondance que sur toutes choses , et le roi et le chimiste ont pu discuter ensemble la théorie des substitutions.

« En un mot, et pour conelure , la vie de Berzélius est une belle et noble vie, et la Suède est justement fière de le compter parmi ses enfants. »

L'illustre chimiste est mort depuis la publication de cette notice biographique, que nous empruntons à l'auteur de la Galerie des contemporains illustres.

BETEL, POIVRE BETEL.— Tous les indigènes des régions intertropicales en mâchent les feuilles, comme les Européens le tabac, après les avoir mêlées avec de la chaux et des noix d'arec. Ce masticatoire rougit la salive et les parties internes de la bouche, g;Ue les dents et cause une sorte d'ivresse les premières fois qu'on en fait usage; mais il aide à digérer et soutient les forces atfaiblies par l'action débilitante dii climat chaud et humide des Indes,

BÉTONS. Voy. Chaux hydrauliques-

BEUKUE.— On l'obtient de la crème en la battant pendant quelque temps, opération qui est connue sous lo nom de barattage. Les globules de graisse se réunissent par l;i en petits grumeaux, et abandonnent la matière caséeuse, qui reste en emulsion , avec une plus petite quantité de graisse. Ce qui prouve que la présence de l'air n'est point une condition nécessaire au succès de l'opération, c'est que la formation du beurre lieu également dans des vaisseaux clos, expériences faites, dans ces derniers iel par Macaire-Prinsep , ont prouvé mfsi ■ qu'il n'y a i)oint d'oxvgène absorbé

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