‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 46 sur 354 · BRO · texte numérisé non relu

BRO

BM

peau en lit leif^nant en jaune orangé; à— 20°, M (lovicnl solide et très-fragile. Le brome bout à + hT\ ^ la température ordinaire, sa l-eiision (!st telle que sa vapeur se ré|>and très-vite dans <le grands espaces. On met obstacle à cette cause de perte du brome en lé conservant dans des flacons sous une couche d'acide sulfurique concentré qui en dissout à peine des traces. Le brome est un peu soluble dans l'eau, plus dans. l'alcool ; l'éther en dissout de fortes proportions. L'alliiiité du brome pour l'oxygène est faible, tandis que, de même que le chlore, il a une telle tendance à se combiner avec l'hydrogène, que pour s'en emparer il décompose une foule de substances organiques et de gaz hydrogénés.

Applications du brome. — Jusqu à 1 époque de la découverte de Daguerre, et même quelque temps après, le brome n'était employé que dans les recherches scientifiques ; aujourd'hui, l'application qui en fait consouimer le plus est relative à la préparation des épreuves ]iliotographiques : son concours avec l'iode rend en etfet les épreuves plus belles, iiar la rapidité des effets obtenus de la lumière.

On doit transvaser ce corps avec beaucoup de précautions : ses propriétés corrosives, à la tension de sa, vapeur, son poids et sa liquidité exposent les manipulateurs à des contacts fort dangereux, par l'énergie de l'agent et les grandes surfaces qu'il peut rapidement atteindre.

Lebroineagitraêmeàpetitedose,commeun

poison caustique très-vinlent. Une goutte ingérée dans le bec d'un oiseau suffit pour lui donner la mort en peu de temps.

L'acide bromique, l'acide hydrobromique, le bromure de carbone, l'hydrocarbure de brome, le chlorure de brome, etc., sont des composés de peu d'importance.

BHOME, son extraction. Voy. Varechs.

BROMURE DE POTASSIUM. Voy. Potasse.

BRONZE.— Il se compose essentiellement de cuivre et d'étain, mais presque toujours il renferme accessoirement plusieurs autres métaux, tels que zinc, fer et plomb.

Cet alliage, beaucoup iilus dur et plus fusible que le cuivre, est employé avec avantage pour la fabrication des canons, des cloches, des statues, des médailles, des cymbales, des timbres d'hoilogerie , des tamtams, etc. La proportion de Fétain qu'on allie au cuivre, pour le convertir en bronze, varie suivant les usages auxquels on doit appliquer ce dernier. Voici les proportions généralement suivies pour les diverses espèces de bronze de commerce.

Cuivre. Elain. Fer.

Bronze des statues 90,10 9,90 »

des luédailles 88 à 92 liiS »

des canons 90 à 91 10 à 9 >

des cloches '8 22 »

des cymijales et

taniuuns 80 20 t

des lim lires de

pendidos 71 2" 2

des miroirs de télescopes 06,7 53,5 >

On croit généralement , dans le monde, que les cloches anciennes renferment des niétaux précieux et surtout de l'argent , qu'on ajoutait à l'alliage pour embellir le sou. « Pas un habitant de Rouen, dit M. Girardin, ne met en doute que la cloche d'arf/cnl du betfroi de la Grosse-Horloge ne renferme une grande quantité d'argent, comme semble l'indiquer son nom. Elle n'en contient cependant pas une parcelle, ainsi que je m'en suis assuré en 1830, et il est trèsvraisemblable que les autres cloches anciennes n'en contiennent ]3as davantage. 11 est pourtant Inen constant que lors de la ionte de ces grands corps sonores, on introduisait dans le bain une assez forte proportion de ce métal précieux. Mais voici comment les fondeurs d'autrefois tiraient habilement parti de la crédulité de leurs contemporains.

« Lors du baptême d'une cloche, les parrains et les gens pieux, qui a|iportaient en offran le à la paroisse la quantité d'argent nécessaire à embellir le son de la cloche, étaient invités à plonger dans le four, et de leurs propres mains, l'argent qu'ils consacraient à cette opération ; mais, le trou ouvert sur le haut du fourneau, et par lequel se faisait cette introduction , était pratiqué directement au-dessus du foyer et par conséquent très-éloigné de la sole du four sur laquelle les matières étaient mises en fusion. Il résultait de là que la totalité de l'argent qu'on projetait par ce trou , au lieu d'ôtre introduite dans le bain de bronze liquéfié , tombait immédiatement dans le foyer, coulait et allait se rassembler dans le cendrier, d'oii les adroits fondeurs s'empressaient de le retirer, une fois la cérémonie terminée et l'atelier désert. » [Voy. Cuivre et Etain, alliages.

BRONZITE. Voy. Diallage.

BROU DE NOIX. — La liqueur provenant de la macération prolongée du brou de noix dans l'eau est employée dans la teinture de la laine; mais comme la partie soluble du iirou est susceptible d'é|irouver une altération progressive , et qu'il n'y a pas d'époque précise pour l'employer, il en résulte que l'on peut obtenir des couleurs assez différentes du brou de noix, quoiqu'elles rentrent cei)endant toujours dans ce qu'on ajipelle le fauve ou la couleur de racine.

Le fauve du brou de noix tire i)lus ou moins sur le rouge violAtre; il se fixe également bien sur la laine non mordancée et sur la laine alunée: il est solide, et la laine qui en est teinte, loin d'être dure, est, au contraire, douce et facile à filer.

BROUILLARD. Voy. Eau.

BRUCINE. — Cette base salifiable organique a été découverte, en 1819, par MM. Pelletier et Caventou, dans l'écorce de la fausse angusture ibrucea aiitidysenterica) ; elle s'y trouve combinée à l'acide gallique , et peut en être obtenue par les mômes procédés que

la strvchnine. ,• . . i

Le'mode d'action de cette base saliliable

CAC

est analogue h celui do la strycluiiiio, oUe diUiMMuino lies attiKiiu's do tétanos, ot agit sur les nerfs sans attaquer le cerveau, ni utfoctor les facultés inlellocluoUos.

CAC

l,os sels de brucine se rappioclieiit boaucou|) de ceux dos sels de strycbuine.

HUTYUiNK. Von- IJEUuuii.

BYSSUS. Voy. Coton.

CACAO. ■Foj/. Hdiles.

CACHALOT. Voij. Conps gras.

CACHOU. — C'est un extrait astringent, jiréparé au Pégu, dans les Indes orienlales, avec le liois de Vacaeia cutecliu et du lititea frondosa, et (|ui était nonuné jaiiis terre du Japon. Ou s'en seit, en etlet, depuis fort longlenips dans les Indes, pour la teinture et le tannage des peaux. Avec cette substance, la fabrication du cuir est opérée dans l'esiiace de cinq jours, et il n'en faut qu'un kilog. pour remplacer 7 à 8 kilog. d'écorce de ehône. 11 était uniquement employé autrefois, en Europe, jiour les usages de la médecine; mais depuis une douzaine d'années, cet extrait joue un très-grand rùle dans les fabriques d'indiennes et les teintureries. 11 donne des couleurs très-solides sans l'emiiloi des mordants, et il colore le coton et la laine en brun; mais en y associant différents sels ou mordants, on obtient une grande variété de teintes : ainsi, des carmélites, des couleurs de bois foncées et claires, avec le verlde-gris et le sel ammoniac; des gris, des olives, des bronzes, des jjruns plus ou moins foncés, avec les sels de fer et île cuivre; des jaunes paille et chamois, avec le sel d'étain ; des rouges et des rouges l)ruus, avec l'écorce de saule et le chromate de potasse. Généralement, après avoir teint en cachou, on passe les tissus ou les fils dans un bain de bichromate de potasse, ce qui rend les couleurs plus foncées et plus solides.

Il y a dans le commerce deux espèces de cachou bien distinctes ; le brun, qui vient do Calcutta, et \e jaune, qui arrive de Batavia. Le briin est distingué en brun luisant coulé sur feuilles, et en brun coulé sur terre ou sur sable.

Le cachou brun coulé sur feuilles, qui a une couleur brune rougeâtre ou noirâtre uniforme, est en pains de 35 à 40 kilog., envelop[)és dans les feuilles de l'arbre qui l'a produit; il est sec et luisant. Celui qui est en morceaux détachés est moins estimé. Il arrive dans des emballages de grosse toile, et en sacs de 35 à 40 kilog. Il vaut actuellement 45 fr. les 50 kilog.

Le meilleur cachou lirun coulé stir terre ou sur sable est celui qui contient le moins de terre ou de sable. Il arrive en sacs, en caisses et en barils de dilférents poids. Il est peu emi)loyé, parce qu'il est moins [>ur que le précédent et qu'il donne beaucoup de déchet. Il ne vaut que 15 à 20 fr. les 50 kilog.

Le cachou jaune est eu petits jiains CLibiques de couleur cannelle; il doit ôtre sec et d'une couleur brune dans sa cassure récente; celui qui est d'un jaune pille est

moins estimé. Il est emballé dan* une toile légère , en forme de suron , et recouverte d'une natte tressée; chaque suron pèse 75 h 80 kilog. Il vaut actuellement 40 fr. les 50 kilog.

Si l'on en juge par les prix res|»e('tifs, le cachou brun coulé sur feuilles doit être su|)érieur au cachou jaune; cependant les avis sont partagés. En Normandie, on préfère le jjremier pour la teinture, et on estime qu'il fournit plus de matière colorante; en Alsace et en Suisse, on emploie de préférence le second, surtout pour l'indienne. Cette divergence provient, sans aucun doute, de la manière de les mettre en œuvre. En Angleterre, c'est surtout le cachou jaune qui sert pour le tannage, et on en consomme, pour cet objet, des quantités considérables.

En 1829, la France ne recevait que 191 kilog. de cette substance. En 1837 et 1838, les teinturiers de Rouen en ont employé, à eux seuls, un million de kilogrammes; et de 1839 à 1841, il est arrivé des ludes trois millions de kilogrammes des trois espèces de cachou. La consommation s'en est un peu ralentie dans ces derniers temps.

Le cachou peut être traudé par l'addition de sable , d'amidon , de sucs astringents de moindre valeur. On a trouvé, sous Le nom de cachou épuré de Paris, des cachous noirs qui renfermaient jusqu'à 40 pour 100 de sang desséché. Par l'incinération , on reconnaît le sable; tout ce C[ui dépasse 5 pour 100 repré'sente les matières terieuses ajoutées. Pour l'amidon , on traite le cachou |)ar l'alcool; le résidu, bien lavé par l'alcool faible, est repris par l'eau bouillante; cette dissolution bleuit alors par la teinture d'iode , dans le cas de fraude. Quand le cachou est additionné de sucs astringents , la dissolution prend alors, par les sels ferriques, non pas une coloration voit foncé, mais une couleur noire plus ou moins prononcée. Enhii , quand le cachou contient du sang, le résidu laissé par l'alcool contient de la fibrine reconnaissable à sa forme , à sa solubilité dans les acides et le.s alcalis , et aux produits ammoniacaux de sa calcination. Les bons cachous ne doivent pas donner plus de 11 à 12 pour 100 de résidu dans l'alcool bouillant.

On transforme quelquefois le cachou jaune en cachou brun , en le fondant à une douce chaleur et en y ajoutant un centième de bichroniate de potasse réduit en poudre fine, qui abandonne vraisemblablement de l'oxygène au cachou ; le cachou fondu est versé dans des vases de bois où il fornu^ , après le refroidissement , une masse brune loiràtre, à cassure conchoide , qui , dans une atmo-

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