‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 47 sur 354 · CAD · texte numérisé non relu

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splière humide, devient un jreu pâteuse, possède une saveur astringente, mais qui ne retient plus l'arrière-goût douceâtre du cachou jaune. On reconnaît ces cachous bruns factices par rincinération et l'analyse des cendres, dans lesquelles on constate aisément la ])résence de l'oxyde de chrome.

CADAVRES (moyens de conservation). — Nous avons exposé au mot Embaumement le jirocédé de M.Gannal, et au mot Momies celui des Egyptiens. Dans certaines localités , le sol , en raison de sa porosité, de sa température, ou de sa constitution chimique, jouit de la propriété remarquable de dessécher et de conserver, à l'abri de toute corruption, les cadavres qu'on y dépose. Les grottes calcaires présentent surtout ce i)hénomène qui, dans plusieurs pays, a donné lieu à une foule d'inées superstitieuses et à ces histoires de vampires, qui étaient supposés sortir de leurs tombes , poussés par un esprit de vengeance , pour aller sucer le sang des vivants. Auprès de Maëstrichl, est la montagne de Saint-Pierre, dont on tire, dej)uis plus de la siècles , une pierre calcaire tendre , et qui est traversée jiar un si grand nombre de galeries , qu'elle olTre un labyrinthe inextricable d'environ 1'* kilomètres de circonférence. En 1831, deux Anglais, en la visitant, trouvèrent dans une galerie un cadavre, une véritable momie desséchée, que l'air sec et l'absence de toute espèce d'insectes avaient parfaitement conservé. La contraction des membres du cadavre fit supposer qu'un voyageur , après s'être égaré dans le dédale épouvantable des galeries, avait succombé aux angoisses de la faim. A la forme de ses habits, restés intacts, ou rapporta l'époque de sa mort au milieu du xvui' siècle.

Le charnier des Cordeliers de Toulouse, celui des Jacobins de la même ville, l'église souterraine de Sa.nt-Michan , à Dublin, possèdent cette propriété de momitîerles corps. Les auteurs de l'Histoire du Languedoc attribuent le phénomène de conservation des corps dans les caveaux de Toulouse, au long s'^jour d'une grande quantité de chaux qui y aurait été déposée lors de la construction des monastères dont ils font partie.

Non loin de Palerme, il existe un couvent de Capucins très-renommé dans toute la Sicile par la propriété merveilleuse dont jouit son caveau de {iréserver les corps de la corrui)tion. Après six mois de séjour dans ce caveau, les corps , revêtus de leurs habits, sont rangés le long des murs de galeries souterraines qui en renferment ainsi des milliers ; car non-seulement on y place les religieux décédés ilaiis le couvent, mais encore tous les Palermitains de distinction, qui, pour disputer quelque chose à la destruction, veulent reposer dans le caveau (les tils de saint François. Voilà bien des siècles qu'on y enfouit des catlavres. M. le baron d'Haussez , qui visita cet immense charnier en 1833 , a su d'un moine qui l'accompagnait, que, pour prévenir les effets inévitables de la putréfaction, on injecte une

préparation de sublimé dans l'intérieur f^cs cori)s, et qu'on les couvre d'une légère couche de chaux. Ce n'est donc plus h la nature chimique du sol, mais bien au sublimé corrosif qu'il faut rapporter la faculté conservatrice du caveau des Capucins. Ceci nous apprend l'ancienneté de l'emploi du perchlorure de mercure comme antiseptique. Toutefois, comme jusqu'à M. d'Haussez rien n'avait transpiré sur la partie fondamentale du procédé des Capucins , il est juste de conserver à Chaussier le mérite d'une application si heureuse des connaissances chimiques.

CAD.MIUM. — Ce métal a été découvert au commencement de l'année 1818. L'année ])récédenle , la fabrique de produits chimiques, à Schonebrck, avait fourni à plusieurs pharmaciens allemands un oxyde de zinc impur , qu'on avait obtenu en Silésie , en procédant à la réduction du zinc, et que l'on avait débarrassé par la lévigntion des impuretés qui pouvaient s'y trouver à l'état de simple mélange. Cet oxyde de zinc fut rejeté en I lusieurs endroits par les médecins, parce qu'on trouva qu'après l'avoir dissous tlans un acide, il doniiait avec le sulfide hydrique un précipité jaune , que l'on supposa provenir de la présence de l'arsenic. Ces observations furent faites sur ditféients points, de manière que plusieurs personnes éloignées les unes des autres se trouvèrent conduites à analyser en même temps l'oxyde en question , et tirent simultanément la découverte du nouveau métal. La première notice , publiée à ce sujet, fut celle de Roloff, insérée dans le cahier d'avril 1818 du journal médical de Hufeland. Peu de temps après, Hermann, [)ropiiétaire de la fabrique de Schonebeck , annonça qu'il avait trouvé un métal nouveau dans l'oxyde de zinc de Silésie; là-dessus , Stromeyer , à qui principalement nous sommes redevables de ce que nous savons sur ce métal, rappela que, dès la fin de l'année 1817, il l'avait trouvé dans l'oxyde de zinc impur et dans plusieurs minerais zincifères, et qu'il lui avait donné le nom de cadmium, tiré de cadmia fossilis, dénomination sous laquelle on désignait autrefois le minerai ordinaire de zinc , en l'honneur de Cadmus.

Le cadmium se rencontre , surtout en Silésie, dans plusieurs minerais de zinc, mais toujours en très-petite quantité ; il est facile de reconnaître sa présence au moyen du chalumeau ; car à la première impression du feu de réduction , les minéraux cadmifères tapissent le charbon tout autour d'eux d'un cercle jaune rougeâtre d'oxyde de cadmium. Pour ol.itenir le cadmium , on s'est presque toujours servi jusqu'à présent de l'oxyde de zinc impur de Silésie , qui en contient, suivant Hermann, depuis 1 \ jusqu'à 11 i)ûur 100.

Le cadmium a la couleur do l'étain; il est brillant , et susceptible d'un beau poli. Sa cassure est fibreuse ; il cristallise facilement en octaèdres réguliers, et en se solidifiant , sa surface se couvre d'arborisations en feui-lles de fougère. 11 est mou , facile à

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