‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 77 sur 354 · CIR · texte numérisé non relu

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■• Quelquefois on i'ah\C\e la cire en la mêlant avec de la IV^cule du pomme do terre, fraude nui se découvre par la fusion. Quelquefois elle est mêlée avec du suif, dont la présence est moins facile à constater, quand il se trouve en petite quantité. On prétend qu'on pi'ut le découvrir par l'odeur de suif que répand la mèche d'une bougie faite avec une paredle cire, lorsqu'on «souftle la llamme et que la raêche présente encore des points en ign tion. Selon Boude' et Boissenot, on peut déciiuvr.ir le suif par la distillation sèche. La cire pure ne donne point d'acide henzoiqu,ô (sébacique); mais si elle renferme seulement deux pour cent de suif, on obtient de l'acide benzoïipie, facile à reconnaître en ce qu'il communique à l'eau avec laquelle on fait digérer le produit de la distillation, la propriété de précipiter l'acétate plombique neutre.

La cire , par sa combustibilité , est nonseulement employée pour la formation des bougies, mais encore elle entre dans plusieurs compositions fort usitées; elle fait la base de l'encausliqne [lour cirer les meubles ou les ]iarqucts; combinée k l'huile d'olive , elle forme le cérat , et fait partie constituante de beaucoup d'onguents et d'em- [ilàtres employés en médecine.

Cire du imjrka. — On l'obtient en faisant bouillir avec de l'eau Ips baies de plusieurs espèces de myrica, surtout celles du myrica ccrifera. La cire ainsi obtenue est verdàtre; mais en la faisant bouillir dans l'eau, elle se décolore en partie, et, |iar l'exposition au soleil, elle blanchit tout à fait. A froid, elle est ]>lus dure que la cire d'abeilles, et peut être réduite en poudre; k chaud elle se laisse ))lus diflicilement ])éirir que la cire ordinaire; elle entre en fusion à 43°. Sa pesanteur spécifique est de 1,015. Les dilférentes espèces de cire tirées immédiatement du règne végétal sont en général plus cassantes et plus fusibles que la cire d'abeilles; employées à la confection des bougies , elles répandent moins de lumière que la cire blanchie, et on est obligé d'y ajouter du suif pour les rendre moins cassantes.

La cire du palmier s obtient en grattant l'écorce du ceroxijlon andicola, fondant sous l'eau la cire ainsi obtenue, et la couljnt.Elle est jaune clair ou vert sale, cassante et susceptible d'être réduite en poudre. L'alcool froid en dissout très-peu , mais elle est soluble dans cinq ou six fois son poids d'alcool bouillant; par le refroidissement, la solution -se prend en masse. Elle est soluble dans l'éther, et donne du savon avec la potasse. Mêlée avec du suif, on s'en sert pour fabriquer des bougies qui répandent une forte lueur quand on les triture dans l'obscurité. Bonastre a doinié à cette substance crislalhne le nom de céroxyline.

Cire extraite du lait de l'arbre de la vache. — On l'obtient en évaporant le lait et faisant ainsi coaguler l'albumine. Elle se sépare à l'état fondu, et petit être décantée. Le lait en contient à peu près la moitié de son poids. Par ses propriétés , cette cire approche plus

qu'aucune antre de la cire d'abeilles. Elle est (l'un blanc tirant un peu sur le jaune, se ramollit à 'rO° et peut alors être pétrie; se fond à 60°, se dissout dans l'alcool bouillant, d'où elle se iirécipite par le refroidissement , se saponifie facilement avec les alcalis caustiques , et brille très-bien à l'état de bougies.

Chlorophylle ou cire prorenant des feuilles et des tiyes vertes. — On l'obtient, soit en traitant par l'alcool ou l'éther le coagulum dont nous avons parlé, soit en exprimant l'herlje , après l'avoir fait bouillir avec do l'eau , et traitant le résidu par l'alcool qui dissout la matière colorante verte, et en même temps les résines. En mêlant la dissolution alcoolique avec de l'eau, et distillant l'alcool, la cire verte vient nager à la surface. Après le refroidissement, elle est encore molle, et elle ne devient dure qu'après quelque temps. Elle est blanchie par l'exposition au soleil et par le chlore, et ce dernier la rend en même temps plus ferme. Les acides détruisent également sa couleur. La potasse caustique la transforme en savon. Elle se dissout dans l'alcool , l'éther, les huiles grasses et volatiles.

CIRE A CACHETER. Voy. Gomme laqde.

CITRIQUE (acide). — Le nom de cet acide est tiré du mot lalincitrus, citron, parce que c'est dans ce fruit qu'on a constaté d'abord l'existence de cet acide. 11 a été découvert par Scheele , en 1784. On l'a depuis rencontré dans les limons, les oranges; associé" à l'acide maliqu?, il se trouve, mais en petite quantité, dans les groseilles, les cerises, les framboises et les fraises.

L'acide citrique se présente en prismes rhomboidaux blancs et demi-transparents, contenant -j^ d'eau. Sa saveur est d'une acidité très-]irouoncée; il est inaltérable à l'air. Exposé à l'action de la chaleur, il fond, aban donne son eau de cristallisation , et se décompose ensuite en donnant naissance à un nouvel acide volatil (acide pyrocitrique), à do l'eau, de l'huile empyreumalique, de l'acide acétique , de l'acide carbonique et de l'hydrogène carboné. 11 est très-soluble dans l'eau , qui en dissout plus do son poids k la température ordinaire.

Réduit en poudre et mêlé avec du sucre aromatisé avec quelques gouttes d'essence lie citron, il forme une limonade sèche, qu'il suint de délayer dans l'eau pour obtenir aussitôt une boisson rafraîchissante fort agréable. On rend cette limonade gazeuse , en y ajoutant une petite quantité de bi-carbonate de soude tjui , au moment où on le dissout, est déconqiosé avec eti'ervescence par l'acide citrique.

De nouvelles expériences entreprises par M. Tilloy, pharmacien à Dijon , ont démontré qu'on pouvait extraire cet acide des groseilles avec avantage , et le livrer k un prix très-inférieur k celui retiré du suc de citron.

Le procédé k l'aide duquel on le retire des groseilles k maquereau consiste k les écraser et faire ensuite fermenter leur jus. Par la distillation , on retire 10 parties d'alcool, inarquant 20 degrés, sur 100 parties de

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grosoillos.LiMTsidiiilo la distill.ilion, satiuv par le caiiionato ilo cliaiiv, t'ouinit tlii cilialo do cliaux , d'où l'on l'xlrait l'acido citi-iiiiK! par l'ai'lion do l'acido suU'ariipin; le poids do l'iicido citrique sVlt>ve , terme moyen , à jtf du poids des groseilles.

11 est ornplo,v(^ [lar les teinturiers pour obtenir le rougo de carthaiiio , et aviver les nuances do cette belle matière colorante; l)our pr6|)ai'er une dissolulion d'^tain ipii ))roduit , avec la coehenillo , de plus beaux écartâtes que le sel d'étain ordinaire , surtout pour la soierie et le uiaroipiin. Les iudiennours l'utilisent comme rongeant et pour faire des réserves. On s'en sert encore pour enlever les taches de rouille et les taches alcalines sur l'écarlate , pour pré[)arer une dissolution de fer qui est en usage chez les relieurs de livres pour donner (à la surface de la peau une apparence auirbrée.

Lo suc do citron peut rem|)laccr et remplace souvent l'acide citrique dans ses dilïéreuts emplois. 11 est d'un usage journalier dans l'économie domestique , conune assaisonnement; il est bien plus agréable que le vinaigre. Les marins anglais en consomment une grande quantité. Pour le conserver à bord des bâtiments, on y ajoute 10 pour 100 d'eau-de-vie , qui précipite le mucilage et prévient ainsi l'altération du suc. Lord Anson et le capitaine Cook furent , à ce qu'il paraît, les premiers navigateurs qui firent iisage du suc de citron pour guérir ou pi'éserver leurs équipages du scorbut. Les anciens regardaient ce suc comme un antidote précieux pour toutes les espèces d'emjioisonnements ; ses propriétés ont été célébrées par Virgile. Salmona l'Arabe tit, dans les premiers siècles de l'ère chrétienne , un traité sur la dissolution des perles dans le suc de citrons.

CIVETTE. — La civette provient de deux espèces du genre viverra (v. zihetlia et v. civetla), dont l'un vit eu Afrique, et l'autre en Asie. On apprivoise ces animaux et on les élève eu domesticité pour en obtenir le produit.

La civette est une matière grasse, onctueuse, ayant une forte odeur analogue à celle de l'ambre, qui coule d'elle-même ou qu'on retire par une ouverture située entre les organes génitaux et l'anus. A l'état frais, elle est blanche, mais avec le temps, elle jaunit, en acquérant une odeur plus agréable. L'analyse en a été faite par Boutron- Gharlard, (jui a trouvé q.ie son odeur provenait d'une huile volatile, susceptible d'être séparée par la distillation avec de l'eau. Cette huile est d'un jaune clair. Elle a une forte odeur de civette et une saveur ûcre et biûlante.

La civette était employée autrefois en médecine ; mais aujourd'hui elle n'a plus que des usages très-bornés dans la parfumerie.

CLARIFICATION DES VINS. Voii. Vin.

CLAKIFICATION DES EAUX TROU- BLES. Voy. Alun.

CLINQUANT. — C'est une lame de cuivre

doré ou arg(Milé, amincie par lo laminoir. Il est souveni ciiloi'é et protégé par lui vernis Irauspari'ut. 11 sei't i\ augmcntor le biillant et l'éclat des galons, des rubans et des bi'Oderies. C'est, avec l'oripeau, l'or et l'argent desthé.\tres. Voy. Oku'kau.

CLIVAGE (de l'allemand /f/oi'^pn, fendre du bois). — Do mémo qu'il y a deuv sortes de formes dans les minéraux, il existe deux sortes de structures : une structure régulière polyédrique, et une structure irrégulière, ou accidentelle.

La structure régulière se manifeste lorsqu'on vient à briser certains cristaux ; chaque fragment présente alors un p(^til polyclire, et la poussière même de ces corps, considérée au microscope, est un assemblage do petits solides régulièrement terminés. C'est ainsi que le sel commun, le minerai de |ilomb, se brisent en petits cubes; que le iluor, le diamant, se brisent en octaèdres; que le sulfate de baryte, la topaze, se brisent en pr'ismes romboidaux ; que la pierre calcaire cristallisée, le rubis et le sa|)hir se brisent en rhomboèdres, etc. Ces divisions naturelles des corps sont généralement désignées sous le nom de clivage.

Tous les corps bruts cristallisés n'ont cependant pas cette propriété ; il en est beaucoup qui ne bi'isent jamais qu'en fragments irréguliers, comme le cristal de roche, le grenat, l'émeraude, elc. Dans d'autres, il n'y a que deux directions de clivage, souvent même une seule, et par conséquent point de solide déterminé. Souvent aussi les clivages ne se manifestent que par des miroitements qu'on aperçoit à l'intérieur du cristal.

L'observation des clivages est extrêmement utile pour distinguer les différents corps qui appartiennent au même système de cristallisation. C'est ainsi quele diamant, si caractérisé d'ailleurs, ne se confondra pas avec le sel commun, quoique cristallisant dans le môme système. A plus forte raison distinguera-t-on les substairces de systèmes dilférenls, lorsqueles formes extérieures seront masquées ou détruites par une circonstance quelconque.

CLOCHES. Renferment-elles de l'argent ?

Voy. Bronze.

COAGULATION DU LAIT. — Abandonné à lui-même, pendant quelciue temps, dans un lieu propre et fiais, le lait, au bout de 2'i. heures, se sépare en deux couches distinctes ; la première, qu'on nomme crème, surnage ; la seconde a reçu le nom de lait écréme. Les globules graisseux, spéciliipiement plus légers que le liquide dans lequel ils lloltent, se réunissent à la partie supérieure du lait, et y constituent cette couche de crème beaucoup plus jaiuie que lui, et composée principalement de la matière grasse; cette couche finit par devenir assez homogène, à mesure que la j)lus grande partie du sérum s'en sépare; celui-ci retient cependant une portion assez considérable de matière butyreusc.

Conservé plus longtemps, le lait finit par devenir fortement acide et par se coaguler,

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Ce ph(<nonl^nfl est dû h la production spontanée d"iino certaine quantité d'acide lactique, qui réagit suc la caséine et la précipite en entier. L'acide lacti(iue se [)roduit toujours k la suite d'une fermentation s|iéciale, que MM. Boutron et E. Freuiy ont étudiée dans ces derniers temps.

Cette propriété du lait se rattache donc aux phénomènes si variés des fermentations.

Gay-Lussac a démontré, en etfet, que de même que, dans ta fermeuiatiiin du jus de raisin, l'air intervient en provoquant la formation du ferment alcoolique, de même aussi il intervient dans la formation du ferment qui produit l'acide lactique. Ou peut en effet conserver le lait pendant plusieurs mois, si on le fait bouillir tous les jours ; de cette manière, on chasse l'air qu'il a pu absorber, et on prévient sa coagulation.

Darcet a cherché à retarder la coagula tion du lait, (jui se consomme en si grande quantité à Pans, et qui est surtout sujet à cette altération en été; il conseille d'y ajouter, quand il doit être tiausporlé un peu loin, ^Lj de son imids de bicarbonate de soude : l'uinocuité de ce sel en permet l'emploi d'une manière avantageuse.

La coagulation spontanée du lait est due à la fermentation lactique, mais elle devient bientôt elle-même un obstacle à sa continuation ; si on veut que cette fermentation continue, il faut neutraliser par du bicarbonate de soude l'acide qui se [iroduit. Ce sel, en rendant le caséum soluble, le dispose à agir connue ferment lactique.

Mais, si on laisse subsister la réaction acide, la fermentation prend un autre caractère ; on observe un dégagement de gaz, et il se produit de l'alcool.

On sait depuis longtemps que les Tartares convertissent le lait de jument en une liqueur spiritueuse, dont ils retirent de l'alcool par la distillation. Voici comment ils opèrent.

Le vase destiné à faire fermenter le lait est fait avec de la peau de cheval non tannée, mais fortement durcie par la fumée. Sa l'oiuie est conique et un peu triangulaire. 11 jiaraît se composer de trois morceaux attachés aune base circulaire. C'est dans celte espèce d'outre qu'on introduit le lait qu'on veut faire fermenter; on la rem[ilit à peu près jusqu'aux trois quarts, et on ferme sou ouverture avec une lanière faite de la môme peau que celle qui a servi à fabriquer l'outre. On agite ce vase plusieurs fois parjour et on l'ouvre de temps en temps. Au bout de quelques jours, le lait a déjà acquis une saveur et une odeur vineuses. On continue à l'agiter, jusqu'à ce que l'acidité soit devenue plus considérable; bientôt il arrive un monii nt où il diminue; on décante alors la li- (jucur, pour la séparer du magma qui s'est déposé; on l'enferme aussitôt dans d'autres outres, et on la consomme comme vin.

Ce procédé n'est pas le seul qu'emi)loient les habitants des diverses contrées de la Tartaiie.

Quelquefois ils se contentent d'ajouter au

lait qu'ils veulent faire fermenter, une i)ortion d(i lait aigre : ou bien ils versent le lait frais sur le magma «[ui constitue. le résidu d'une fermentation précédente ; d'autres, enfin, ajoutent au lait de la pâte aigrie de farine d'orge ou d'avoine.

Parmentier et Deyeux ont examiné les produits de la fermentation spontanée du lait de vache, et ont constaté la nature alcoolique de cette fermentation, en recueillant l'acide carbonique et isolant l'alcool. Scheele avait déjà observé le dégagement d'acide carbonique. M. Hess a com[)lété cette étude.

Si on laisse la liqueur alcoolique au contact de l'air, la fermentation change encore de nature; il y a absorption d'oxygène et formation d'acide acétique. Scheele avait proposé d'appliquer cette piopriété du lait à la fabrication du vinaigre. En mettant une cuillerée d'esprit-de-vin, renfermant 30 p. 100 d'alcool, parlitre de lait frais, on obtient, dit-on, au bout d'un mois, une liqueur chargée d'acide acétique et exempte d'acide lactique.

L'alcool, le tannin, la plupart des sels métalliques précipitent le lait, soit en s'emparant de l'eau, soit en se combinant au caséum.

Beaucoup de plantes peuvent coaguler le lait ; elles agissent ordinairement par les acides qu'elles renferment. Parmi celles qui n'offrent pas de réaction acide, les tleurs d'artichaut et de char. Ion jouissent cependant de la propriété dont il s'agit. Chose remarquable ! lorsqu'on prépare l'infusion de ces tleurs à chaud, elles ne coagulent ]>lus le lait, quoiqu'une infusion froide agisse d'une manière plus rapide et plus efiicace, lorsque le lait a été préalablement chauffé.

Le piru/uicula lulgaris possède la propriété d'aigrir le lait et de le rendre si visqueux, qu'on i^eut aisément le tirer en fils. Une fois que cette opération a éti' faite dans un vase de bois, celui-ci conserve cette propriété. Le lait, ainsi modifié, provoque une altération semblable dans du lait frais qu'on met en contact avec lui.

Dans quelques provinces septentrionales de la Suèdt', on se sert du lait ainsi modifié comme nourriture. On liii donne le nom de talmjolk.

Parmi les corps qui déterminent la coagulation du lait, aucun n'agit d'une manière aussi remarquable que la présure; une partie de présure coagule, en effet, 30,000 parties de lait.

La présure, telle qu'on l'emploie à Paris, est un liquide acide très-complexe: elle renferme de l'acide chlorhydri(|ue, de l'acide lactique, des acides gras volatils, des sels terreux, du sel anuuoniac, du sel marin; en outre, la substance animale azotée, à laquelle elle doit particulièrement la propriété de coaguler le lait. On a donné à ce corps le nom de chymosine ; ses caractères se rapprochent de ceux de la pepsine, si toutefois ces deux corps ne soui pas identiques. La chymosine est insoluble dans l'eau, l'alcool,

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