COB
COR
VMmv ot los tinilos; cllo st> dissout dans l'o;iu,h la ravL-iir des oi'idt's ; les alialis l'en Iir^ii.iili'iil il TiHal do lldciui-; ; lo (aiiiiiii la |ir'i'i|.ite éj;aloiiieiit. Elle réduit l'acide ioliimio à l'état d'iode.
C'est h la |iréseiiee de cette substance que la iiieuibraii' luiiqueuse de l'estouwK' desuuiiiiaiix, et le lii|Uiile do l'estoinac lui-iiiéiiie, doivent la (H0|iriété do |iréci|iil(M' lo lail.
La j)ré>ui'e est oiii|iloyéo, laiitôl à l'état li- "uiiie, tantôt h l'état soc. \oici <-oiiiimMit ou a prépare : on [)rend la caiilelte d'uu veau (|ui na pris qu(! du lait pour iiouirituro, ou on diMaolie les plumeaux et on les lave à l'oau fraîche. Après les avoir essuyés avec un linge bien [iropro, on les sale et on remet lo tout dans la caillette, qu'on fait sécher pour s'en servir au besoin.
r.a ininiiuo (pianlité de présure, soit liquide, soit solide, qui suflit pour provoquer la la coaj,ulat!ou du lait, exprupic coiuiucnt il se fait que, chez les peuples })asteurs, les vases iioreux de terre cuite ou même de bois qui ont sirvi une fois à la coagulation du lait jieuvent servir constauuucnt au mémo usage, et la déterminent sans qu'on ait besoin de rien ajouter au lait. Pendant les premières coagulations, il se forme desfeiments particuliers qui se logent dans les pores des vases et que des lavages n'enlèvent | as. La môme chose arrive aux vases préparés pour faire le lait tilant.
îl y a une remarque à faire suc. le séium (ju'on sépare du précipité des matières caséeuses et grasses, quand la coagulation a élé faite de la présure. Il suffît, d'après M. Schubler, d'ajouter un peu d'acide acétique à ce sérum , et de porter sa température à "75°, pour obtenir un coagulum qui, d'après cet observateur, posséderait des propriétés iiiteimédiaires entre celles de l'alliumine et celles lie la caséine. Mais toutes les propriétés de la substance qui se précipite, dans cette circonstance, sont analogues h celles do la caséine précipitée par l'acide acétique. On s'en sert en Suisse pour faire un l'i'omage jiauvre auquel on donne le nom de zicç/er.
Dans quelques départements français, on évapore le sérum, dont on a séparé" le premier précipité de caséine, et on le coagule de nouveau. On obtient ainsi des fromages de qualité inféi-ieure connus sous le nom de broute, qui sont consommés sur place.
COBALT. — Ce nom vient de cobold, cobnltis, dénomination sous laquelle les ouvriers superstitieux du moyenâgedésignaient un mauvais génie des mines, et il parait que les mines de cobalt ont reçu ce nom, parce que les mineurs étaient trompés par leur apparence avantageuse.
L'usage des mines de ce métal pour la coloration du verre en bleu, parait avoir été connu longtemps avant qu'on eût appris que cette (iropriété était due à un métal particulier. Ce fut Brandt, en 173.3, qui le distingua des autres métaux par le nom de cobalt.
Ce métal existe dans la nature condjiné à l'oxygène et à certains acides ; mais il se trouve plus abondamment uni au soufre, à
l'arsenic, au fer et au nickel. C'est sous co dernier état qu'on lo rencontre h 'J'unaberg on Siiôdo, ,\ Mailnm, vu Norwége, à Cierii en Sil(:sie, et dans pliisieuis parties île l'AIiemagiu;. Ciîtlo mine se [irésento en masse grise plus ou moins éclatante, sous diverses formes, et cristallisée en cubes ou en octaèdres.
L'extraction d(^ ce métal, h l'état de pureté, exige des grillages prolono;és pour la séparation de la plus grande partie du soufre et de l'arsenic qui s'y trouvent, et ensuite un ti ailement particulier de la dissolution dans les acides de la mine grillée.
Ces moyens de purilieation du cobalt ne sont usités (pje dans les laboratoires; ils soiil dus principalement aux recherches de Laugier, qui est jiarvi'nu le jiremier k obtenir ce métal dans le plus grand état de pureté.
De toutes les comhinaisons tlu cobalt avec les cor|)S combustibles non métalli(|ues , la |dus curieuse est sans contredit le chlorure. Ce composé peut se pré|)arer directement ou en dissolvant l'oxyde de ce métal dans l'acide hytlioclilorique, et évajiorantà siccité la dissolution.
Ce chlorure est susceptible de cristalliser en prismes courts d'une belle couleur rosefoncé ; il est déliquescent , et très-soluble dans l'eau, qu'il colore en rose. Exposé à l'action de la chaleur, i! perd son eau et prend une couleur bleue, en se convertissant en chlorure anhydre ; mais ce chlorure reprend peu à jieu de l'eau à l'air, tombe en déliquescence et redevient rose.
C'est en raison de cette propriété qu'on emploie la solution de ce chlorure pour composer une encre dite de sympathie. En écrivant sur du papier blanc avec une semblable solution étendue d'eau, les lettres formées, qui ne peuvent se distinguer quand l'écriture est séchée spontanément, deviennent tout à coup visibles en chauifant légèrement le papier, et disparaissent par suite de leur exposition à lair, ou en dirigeant sur elles l'air humide qu'on expire.
L'oxyde de cobalt est particulièrement employé dans les arts pour colorer le verre et les émaux en bleu. C'est avec lui qu'on forme les fonds bleus sur la porcelaine et la faïence. On fait rarement usage de l'oxyde de cobalt pur; on se contente de griller plusieurs fois la mine de cobalt, pour la séparer d'une partie de l'arsenic, de dissoudre le résidu dans l'acide nitrique ou hydrochlorique, et de précipiter cette dissolution par le sous-carbonate de potasse. C'est ce précipité qu'on vend dans le commerce aux manufacturiers, sous le nom impropre d'oxyde de cobalt. C'est un mélange de sous-carbonate de cobalt, de fer et d'arséniates de ces deux mét.iux.
On donne, dans le commerce, le nom de sttfre au produit du grillage du minerai de cobalt mêlé avec k h 5 parties de snble et 2 |iarties de potasse. Ce safre fondu et vitritié fournit Véwail bhu, ou smalt, qui, après avoir été pulvérisé et lavé, produit Yazur, que l'on distingue sous les noms d'azur 1°,
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2*, 3° et 't." feu, suivant son degré de ténuité.
COBALT ARSENICAL. Voy. Smaltine.
COCHENILLE (coccus cacti). Cet insecte est très-riclie en matière colorante, et fournit les plus belles couleurs rouges, tant à la peinture qu'à la teinture. Il vit sur les Cactus coccinellifer, opuntia, tuna et peresxia, que l'on cultive, pour soti éducation, dans jjlusieurs pays chauds. Après l'accouplement, on récolte les femelles, on les tue par la chaleur, et on les fait sécher. Elles sont ensuite versées dans le commerce, sous la forme de petits grains d'un hrun foncé, çà et là couverts d'un emluit blanc d'acide margarique. La cochenille a été analysée par Pelletier et Caventou.
La cochenille est employée pour préparer des couleurs à l'usage des peiulres, et pour teindre tant le coton que la soie. On se sert jiour cela de sa décoction; celle-ci contient, outie la matière colorante, une substance animale, qui, par l'addition d'acides, se préci|)ite, entraînant avec elle la matière colorante, laquelle, ainsi combinée, prend des nuances beaucoup plus belles que celles qu'elle a quand elle est seule. Les couleurs qu'on prépare avec la cochenille sont le carmin, la laque carminée, ou laque de Florence, et une encre rouge pour écrire. En communiquant ici quelques notions générales sur la manière de les obtenir, notre but n'est nullement île donner des méthodes techniques pour arriver à une préparation certaine de ces couleurs.
On obtient le carmin de la manière suivante. On fait bouillir douze livres d'eau de pluie filtrée dans une chaudière d'étain, et on y ajoute ensuite 4 onces de cochenille finement jiulvérisée ; on laisse bouillir le mélange pendant cinq minutes, en te remuant toujours avec une baguette de verre, puis on y ajoute 5 scrupules d'alun réduit en poudre fine et parfaitement exempt de fer. On continue encore de faire bouillir pendant deux minutes, on retire la chaudière du feu, et on laisse la masse s'éclaircir, après l'avoir couverte. Dès qu'elle est claire, on verse la liqueur éclaircie et encore chaude dans des capsules de verre ou de porcelaine, qu'on laisse en repos jiendant quelques jours, en les garantissant de la poussière. L'alun [irécipile peu à peu la matière colorante, en combinaison avec la matière animale et un peu d'alumine, qui cependant n'est point essentielle à la couleur. On met le précipité sur un filtre, on le lave et on le fait sécher à l'ombre.
On pré[)are également des espèces de carmin, en ajoutant de la crème de tartre et une solution d'étain. le ne dis rien de plus à cet égard, parce qu'une simple recette ne suffit pas. Il reste encore à apprendre des fabricants le procédé même qu'on doit suivre pour que la couleur ait ce grand degré de beauté qui en fait toute la valeur.
On fait un autre carmin en ajoutant à la décoction de cochenille un i)eu de potasse, puis de l'alun exempt de ter, décantHUl la liqueur après qu'elle s'est éclaircie, la faisant
bouillir, et la mêlant avec une dissolution de|H! colle de poisson dans l'eau; le carmin se dépose alors dans l'écume qui se forme; on retire la chaudière du feu, on laisse la masse s'éclaircir, on réunit la couleur sur un filtre, et on la lave. Elle doit se laisser réduire en poudre entre les doigts.
Le carmin est la plus belle couleur rouge à l'usage des peintres. Il coûte aussi fort cher. La matière colorante peut en être extraite par l'ammoniaque. Le meilleur est celui qui se dissout en totalité dans cet alcali, en ne laissant qu'un faible résidu d'alumine. D'autres sortes laissent une matière animale rouge, qui paraît être ou de la colle, ou la matière animale particulière do la cochenille. La dissolution dans l'ammoniaf|ue peut être employée comme belle couleur jiropre à la peinture à l'aquarelle ; mais elle a toujours une teinte de pourpre.
La laque carminée s'obtient en prenant une décoction de cochenille, ou si l'on veut la liqueur qui reste après que le carmin s'est déposé, la faisant macérer avec de l'hydrate aluminique, et ajoutant de nouvelles quantités de décoction, jusqu'à ce que la couleur ait acquis l'intensité qu'on désire. On la fait aussi en ajoutant d'abord de l'alun, puis de l'alcali, et partageant le précipité en première et en seconde portion, dont la première est celle qui a la couleur la plus foncée. L'alun dont on se sert doit toujours être exempt de fer.
On obtient une belle encre rouge en filtrant une décoction de cochenille qui cou ■ tient un peu de tartre, et y suspendant un morceau d'alun de Kome attaché à un fil, qu'on remue jusqu'à ce que la couleur ait acquis le degré d'intensité qu'on souhaite ; si on laisse l'alun plus longtemps, la couleur passe au jaune. La décoction peut aussi être employée seule; mais avec le temps elle devient gélatineuse et se corrompt.
Plusieurs autres espèces de coccus contiennent également de la carminé; tels sont le coccus ilicis, ou kermès, le coccus ficus, ou laccœ, et le coccus polonicus. Ce dernier contient la même matière colorante absolument que le coccus cacti ; mais d'autres substances qui l'accompagnent ne permettent pas de l'employer aussi facilement.
CODEINE. — Ce nouvel alcali de l'opium a été découvert en 1832 par M. Robiquet. On l'obtient des eaux-mères d'oii la morplnne a été précipitée. Elle se distingue de la morphine parce que l'acide nitrique ne la colore point en rouge et que les sels de perroxyde de fer ne la bleuissent pas.
Son action sur l'économie animale est différente de celle de la morphine, tout en agissant sur le cerveau comme celle-ci, et provoquant le sommeil ; elle ne produit d'après M. Barbier d'Amiens, ni engourdissement, ni vertiges, ni accablement chez les personnes qui sont sous son infiuence.
COHÉSION. — L'attraction des molécules des cor|is ne s'exerce qu'à des distances infiniment petites, non jierceptibles par conséquent à nos sens , el décroissant avec uoq
i\-i cou
o\ti(^nio rnpidili^. Ce n'est plus trôs-proba- ' Mrniont on raison inverso du c;ur6 do la (li-laiico, mais liieii d'iiiui puissance incon- .
I (lo celle distance ((u'ello ay;il. 11 Tant y
iiniKirler : 1" les ellcls de l'aclion mutuelle (Il - molécules similaires, ou do latbrce d'ai:iv-^ilion a|)|)eléo colK-sion ; 2" les [)liénojiK lies capillaires |iroduits au contact des sdliiles et des liipiides; 3" les actions entre les molécules hétéroyônes comprenant les [)li(''iiomènes cliimi(pies. Les forces (pii ()roduisent ces [ihénomùnes, avec l'électricité, la chaleur, la knuière et la pesanteur, comjilètenl le système des forces (jui régit la nature inorganique et intervient dans la nature organique. Nous allons exposer successivement les etfels généraux des attractions agissant h de petites distances, après avoir dit tiuclques mots cependant tle l'inerlie do la matière , dont on a fait une force , quoiqu'elle ne représente en réalité qu'un état passif. Tout corps persévère dans l'état de repos ou de mouvement. Ce défaut d'aptitude à apporter par lui-môme aucun changement dans son état actuel est appelé inertie. Or, lorsqu'un corps en mouvement est sollicité par une force , ce mouvement est accéléré , ralenti , ou la direction de ce corps est changée , suivant l'intensité et la direction de cette force. Si celle-ci est entièrement opposée à la ligne parcourue par le corjis , les effets produits peuvent être comparés à ceux d'une résistance. De même , (piaiid un corps est en repos , il oppose une ré-istance à l'aetion d'une force qui tend à lui faire perdre cet état : cette résistance, ce défaut d'aptitude qu'a le corps pour entrer en mouvement par lui-même, peut donc être assimilé à une force agissant en sens inverse. C'est sous ce point do vue que l'on envisage l'inertie de la matière comme une fon^e, qui intervient dans l'action de celles dont il va être question. C'est pour ce motif que nous en faisons mention.
Pour avoir une idée de la cohésion , on n'a qu'à presser l'un sur l'autre avec frottement deux disques de verre parfaitement jiolis ; si l'on veut ensuite les séparer, on éprouve une résistance plus ou moins grande , qui augmente tellement avec le temps, que 1 on a vu des glaces adhérer avec une si grande foixe, qu'on les aurait brisées pluti'it ([ue de les séparer. Ou doit rapporter é^'alement à la même cause la formation do certains grès comj)Osés- de petits grains de cjuartz adhérents les uns aux autres sans 1 intermédiaire d'un ciment ; ainsi que la liroduction de ces masses compactes qui se forment à la longue dans les poudres homogines , comme M. Chrevreul en a vu un exemple dans du soufre très -divisé. Ces elfets, qui n'ont lieu toutefois qu'au contact immédiat, sont produits quelque minces que soient les corps. C'est donc un phénomène de surface, c'est-à-dire provenant seulement (le l'action des molécules composant ces surf.ires, et agissant par conséquent à do petites dislances. Pour concevoir comment la cohésion augmente avec le temps, soit dans l'ad-
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(tiésion des disques, soit dans la production dos grès , il faut admettre que son action prolongée sollicit(^ les molécules à do petites oscijlalions en vertu tles(pielles les [larties saillantes de clnupie espèce so placent dans les int(M-sli<'es de l'aulri!, ot d'où résulte un rap|iroclioment i>lus intime. Poui' estimer avec précision lo degré de résistance qu'opposent avec le temps les corps à leur séparation , il faut diriger la force (pii tend à produire celle-ci dans le sens où elle agit , c'est-à-dire dans le sens perix'ndiculaire aux surfaces de contact. Parmi les elfels nombreux de la cohésion, nous citerons la formo sphériqueque prennent detrès-petitcs masses liquides projetées sur un plan n'exerçant sur elles aucune action , et cette propriété que possèdent tous les corps de cristalliser, c'est-à-dire de prendre une formo régulière en passant plus ou moins lentement de l'état liquide ou gazeux à l'état solide , qua"nd aucune cause perturbatrice ne vient y mettre obstacle. Dans ce cas, le cristal est formé de molécules similaires qui n'ont pu so réunir qu'autant qu'elles ont eu tonte liberté d'effectuer les mouvements oscillatoires nécessaires pour qu'elles présentent les unes aux autres les faces convenables.
D'après la définition que nous avons donnée do la cohésion , cette force doit être nulle ou à peu près dans les gaz, sensible dans les liquides, et acquérir son maximum quand les molécules prennent l'état solide, et que le corps possède la |)lus basse température. C'est pour ce motif qu'en chauffant les corps on diminue la cohésion , jusqu'au point de la liquéfaction. Peu d'expériences ont été faites dans le but de connaître la loi que suit la diminution de la cohésion avec la température.
La cohésion est loin d'être la môme dans tous les corps ; elle varie non-seulement en raison de leur nature , mais encore avec l'arrangement de leurs molécules. C'est aux moditications qu'elle éprouve qu'il faut rapporter non-seulement dans tous les corps, mais encore dans lo même corps, ces propriétés ou plutôt ces quantités designées sous la dénomination do dureté, fragilité, ductilité, élasticité, qui varient suivant l'arrangement des molécules et la température, et que l'on a un si grand intérêt à connaître pour les besoins des arts. Enumérons les dilférents elfets de la cohésion.
De la cristallisation. — La cohésion nous conduit naturellement à l'étude de la force en vertu de laquelle les molécules similaires se grou[)ent régulièrement pour former des cristaux, ou du moins des circonstances l)rincipaies qui moditient son action, car la nature de la force nous est tout à fait inconnue. Une substance tenue en dissolution dans un liquide cristallise toutes les fois que ce liquide s'évapore lentement, qu'aucune cause ne met obstacle à l'action de la force d'agrégation, ou bien lorsque les molécules do cotte substance, en se déposant lentement, jjeuvent si; jifacer les unes à côté des autres, suivant les faces couvcuables ;
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mais, dans tous les cas, la forme du cristal qui en résulte est susceptible de varier, comme la nature nous en offre un grand uiiinlire d'exemples. Beudanl , qui a fait uni- si'iie iioiubieuse d'expériences pour déterminer les causes de ces variations, en reconnaît trois fomiamentales, dont chacune ])eut agir isolément, ou avec les deux autres, ce qui donne naissance à cette multitude de formes qu'uni' mèmi; subslance peut affecter. Voici ces causes :
1" Les mélanges mécaniques de matières étrangères qu'un sel peut entraîner en cristallisant ; 2" la nature du liquide au nnlieu duquel se forment les cristaux, laquelle peut varier par la |irésence des matières solides, lifiuides et gazeuses tenues en solution et non susceptibles de se combiner avec la subslance qui cristallise; 3° la combinaison en proportions variables de telle ou telle substance avec celle qui cristallise. Citons quelques exemples de l'influeuce de ces trois causes.
Influence (hs mélanges mécaniques. — En général, on observe dans la nature que les cristaux mélangés mécaniquement de matières en particules plus ou moins tines ont toujours une forme plus simple que ceux formés d'une substance pure. Les cristaux d'axinite, de feldspath, en sont une preuve. La même chose arrive quand on fait cristalliser un sel au milieu d'un dépôt de matières incohérentes, en particules très-tines, et dont les cristaux en entraînent une portion qui s'y trouve à l'état de dissémination.
Influence de la nature du liquide. — Cette intluence se fait sentir, soit jtar un changement de forme, soit par la production de facettes additionnelles. Le chlorure de sodium, par exemple, cristallise presque toujours en cubes dans l'eau pure, en cubes tronqués sur les angles dans une solution d'acide borique. L'alun prentl la forme octaédrique.en cristallisant dans l'acide nitrique, colle de l'icosaèdre dans l'acide chlonydrique; en ajoutant dans ce dernier cas de l'alumine, on fait naître des faces du cube plus ou moins étendues. Dans l'eau ])ure, ce sel donne l'octaèdre complet. On lait varier la cristallisation de plusieurs sels, en versant quelques gouttes de leur acide dans leur solution, etc.
Des effets analogues ou t dû être produits dans la nature lors de la formation des substances minérales qui ont rarement cristallisé seules. On observe effectivement qu'un même composé affecte en général la même forme quand, il est accompagné des mêmes substances, et qu'il présente des formes diverses quand il se trouve entouré de substances différentes. Ainsi, l'arragonite des mines de fer est eu cristaux |iyraiiddaux très-aigus; elle est, au contiaire, en cristaux prismatiques dans les argiles gypseuses des dépôts salifères. Nous pourrions citer bien d'autres exemples semblaltles, mais ceux-ci sufiisent pour montrer l'ii.tluence des matières mélangées sur la cristallisation.
Influence des ikulières qui se combinent. —
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Les modifications dues à cette influence sont du même ordre que celles produites par la cause précédente. Ainsi Je sulfa'e de fer, mélangé de sulfate de cuivre, prend toujourf la forme simple d'un prisme obliijue rhomboidal. Le sulfate de nickel produit le mômij etlet, celui de zinc un effet ditlei'ent, etc. Les nK'danges clnmi(iucs modifient également les foi'uies : [)ar exemple , l'alun [larfaitement pur cristallise dans l'eau pure en octaèdre plus ou mouis modifié; vient-on à le faire ciistalliser dans une soUition simple d'alumine assez concentrée pour qu'il en entraîne une partie, il prend la forme cubique. Lors donc qu'on place un cristal, tel (|u'un octaèdre d'alun, dans une solution qui donne ordinairement la forme cubique, le premier continuera h s'accroître, mais prendra la forme cubo-octaèdre pour arriver au cube. Des effets semblables ont dû se produire et se produisent probablement encore dans la nature, surtout quand on voit sur le même groupe des formes difforerdes superposées, ce qui tend à prouver qu'elles n'appartiennent pas aux mêmes époques.
Les observations qu'on a faites sur la production de gros et petits cristaux nous indiquent qu'en général les premiers sont formés qufaid la solution est plus volumineuse et que la concentration a été mieux conduite ; que les seconds s'obtiennent ordinairement dans (ie petits vases, ou lorsque la solution est plus étendue. On jjcut ce[tendant obtenir un ou plusieurs gros cristaux avec une solution peu volumineuse, en enduisant les parois intérieures du vase d'une couche de matière grasse, à l'exception de l'endroit où l'on veut obtenir un cristal. On peut encore placer la solu ion dans un vase cylindrique étroit, ayant dans le bas une petite cavité où s'opère la cristallisation. Au moyen de celte disposition, la solution est toujours saturée da s la partie inférieure quand il ne se produit plus de cristaux sur les parois, puisque, lorsque la solution est épuisée dans le bas, elle est remplacée immédiatement par celle des couches supérieuris.
11 n'a été question jusqu'ici que des causes qui président à la producfiun des cristaux réguliers, et nullement de celles s'ont l'action donne naissance a des formes [Jus ou moins oblitéiées i{ui ne permettent pas toujours de reconnaître les lormes régulières d'où elles dérivent. Cette partie ue la ciistallographie est encore peu avancée.
A'oici ni'anmoins ce que nous savons à cet égard. Pour obtenir des cristaux réguliers, il faut que la solution soit dans un état de concentration suliisanle et que lien ne trouble la cristallisation ; si l'évaiioraiou e>t interrompue ou que la solution prenne de l'eau à l'atmosphère, alors les arêtes de cristaux s'arrondissent et leur Surface devient rugueuse.
Avec une solution trop concentrée, ou a souvent des groupes irréguliers de cristaux, et quand ils se forment dans une solution très-concentrée au iiii.ieu d'une matière
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tcrroiiso, ils so prôsoiitoiit nsscz frrqiipmnii'iit avec dos l'aces creuses, les nitMes seules élaiil nettoineiit IbriiuVs. Les erislaux iialiirels à laces creuses paraissent se lorluer ilans des eircoiislaiices semblihles , CDiimie iiiius en avons les [ircuves dans les cri>tanx de iiuart/. qui se ri'iiciiiilient au milieu de nialières lei reusos ineolif'ienles.
Les cristaux acieulaiies se pioiiuisent à corlaius de,;;i'és de température; ainsi on lieul, avec la même substance , obtenir à volonté des aiguilles ou des cristaux parfaitement réguliers ; plusieurs sels, te! (pu' le sulfate suu|ilo d'alumine, no peuvent être obtenus (pie sous lormes d'aiguilles.
On obtient d; s deudrites quand les dissolutions salines sont peu concentrées et que i'évaporation est peu ra])ide, et, dans ce tas, les molécules salines se tléjioseut les unes à côté des autres sur les parois des vases, et ylbrnu'ntdes végétations plus ou moins irrégulières, ayant de la ressemblance avec les arborescences.
IJeudant a fait des expériences curieuses qui mettent sur la voie du mode de ccrlsiues macles ; en faisant cristalliser du sulfate de soude, du sulfate double de potasse et de magnésie, du tartrate dépotasse et de soude, etc., au milieu d'un précipité de cyanure de fer, il a reconnu que la partie de cette dernière substance, qui est entraînée dans Tintéiieur du cristal par l'action cristallisante, présente une pyramide quadrangulaire à base carrée ou à base rhombe, plus ou moins allongée, suivant le sel, et dont les arêtes forment souvent des prolongements suivant les diagonales du solide, eu dessinant sur sa base une croix plus ou moins nette. Quelquefois aussi la matière bleue se dépose eu couches plus ou moins espacées, parallèles aux faces prismatiques du cristal.
Il existe encore des structures accidentelles, dues à des causes que nous devons indiquer. La structure saccharoïde a lieu avec une solution très-concentrée, qui, en se prenant en masse, forme un agglomérat de très-petits cristaux. La structure fibreuse est le résultat de l'accumulation, dans le sens longitudinal, de molécules formant des dendrites, ou bien lorsque la solution s'échappe par des tissures de matières poreuses. Dans la nature, on trouve des elfets du même genre produits dans des circonstances analogues ; c'est ainsi que les substances fibreuses remplissent ordinairement des fissures dans les roches. Nous nous bornons à indiquer les causes générales , ne pouvant entrer dans tous les détails des circonstances très-variées qui en modiûeut les effets. Il ne reste plus maintenant, pour compléter ce que nous avons à dire sur les causes qui concourent à la production des cristaux et aux modifications qui en résultent quelquefois, qu'à parler de celles qui intUient sur le changement de sysième cristallin.
Boudant, qui a tâché de remonter aux causes do variation du système cristallin, a trouvé quelques résultats qui no sont pas sans intérêt pour la physique moléculaire.
Suivant lui, ces causes paraissent dépendn; du la natur(* du dissolvant. Voici connuent il s'e\pi-iine ?i cet égard après avoir rappel» que l'eau peut dissoudre souvent h satura tion deux sels dilVérents ; cela posé, voici ce qui arrive ordinairement : <( Si le sel que « l'on fait dissoudre dans un lupiiih* déjà sait tiné par nu aulre sel est plus cristallisablo « (pie celui-ci, il arrive (ju'il se dépose bieri- « t(^t en cristaux, qui, au lieu d'affocter la « foruK! (pii leur est particulière, prennent « celle d(i l'autre sol. » Le nitrate de chaux et celui do potassi; en solution saturée sont dans ce cas, car le nitrale de potasse cristallise dans le système rhoinl)0(Mlriipie, ()ui est celui du nitrate de chaux, au lieu du système |)iismatique rectangulaire droit, qui lui est propre. Le sulfate de fer cristallise en octaèdre régulier, dans une solution renfermant à la fois beaucoup d'alun et de sulfate de magnésie. En suivant cette marche et en opérant à des températures élevées ou basses, Beudant est parvenu à faire cristalliser une même substance dans les trois systèmes différents. De là, il a été conduit à cette conjecture, que la cristallisation est indépendante des substances cristallisables, et n'est que le résultat des forces plastiques de la solution.
La chaleur seule peut aussi produire un changement dans le système cristallin. 11 suffit, en effet, d'élever la température de certains cristaux pour obtenir ce changement; nous en avons un exemple dans l'arragonite, qui tombe en poussière en la chauffant suliisamment, et qui se change trèsprobablement alors en carbonate de chaux ordinaire.
Les cristaux octaèdres du soufre obtenus par la voie humide, en laissant évaporer du carbure de soufre tenant du soufre en solution, appartiennent au système prismatique rectangulaire droit ; tandis ((Lie ceux formés par la voie sèche, en faisant fondre du soufre et le soumettant à un refroiclissemont lent, dérivent de prismes obliques à base rhomboidale incompatibles avec les premiers. Ces cristaux , abandonnés à euxmêmes à la température ordinaire, deviennent opaques, friables, et se convertissent en petits octaèdres disposés bout à bout. On pourrait citer un grand nombre de faits du même genre : ainsi, l'iodure rouge de mercure, chauffé de 150 à 200°, per(J sa couleur rouge pour prendre la couleur jaune-citron, changement qui annonce un nouvel arrangement moléculaire. L'acide arsénioux fondu donne une masse vitreuse, transparente et d'une couleur tirant sur le jaune ; abandonnée à elle-même à la température ordinaire, elle se convertit peu à peu en une substance oiiaque d'un blanc laiteux. Nous citerons encore comme exemples de dimorphisme les changements de couleur qu'éprouvent certains corps quand ils sont éehaulfés; ainsi l'acide titanique, chautfé au rouge, passe du blanc au jaune verdàtre ; l'oxyde de mercure, du rouge au violet, etc. Tous ces faits et bien d'autres que nous
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