VÉGÉTAL
COKE. Yoy. éclairage au gaz.
COLCOTHAR ou ROUGE D'ANGLE- TERRE. — C'est un tritoxyde de fer qu'on emploie dans les arts, et en médecine sous le nom de safran de Mars astringent. Il sert à la i)einture sur porcelaine, au pohssage des glaces, etc. Yoy. Fer, peroxyde.
COLIQUE DE PLO.MB. Yoy. Plomb, alliayes.
COLLAGE DU VIN. Yoy. Vin.
COLLAGE DU PAPIER. Yoy. Papier.
COLLE.— On emploie, pourfaire de la colle, des tendons, des cartilages , des rognures de peau, etc. Si, à la dissolution concentrée d'un poids déterminé de colle, on ajoute une égale quantité de sucre de canne, que l'on couj)e la masse solidifiée en plaques, on obtient ce qu'on appelle la colle à bouche, qui se ramollit par le seul fait de son apposition sur la langue, et dont on se sert pour coller rapidement du papier où autres objets sembiaijies.
La colle forte contient les matières extractiformes dont nous venons de parler et une multitude d'autres substances étrangères, de l'alumine coagulée, etc., auxquelles elle doit sa couleur jaune, ou même brune foncée. Mais on peut la débarrasser aisément de ces matières en la ramollissant dans de l'eau froide, que l'on a soin de renouveler souvent, jusqu'à ce qu'elle ne la colore plus Pour s'en servir, on commence par la ramollir avec de l'eau froide, que l'on décante ensuite, puis on la fait fondre sans y ajouter d'eau, et on la fait bouillir jusqu'à ce qu'il se forme une pellicule à sa surface. Lorsqu'on veut s'en servir, ou la fond au bainmarie et on chautfe les surfaces que l'on veut coller ensemble, afin qu'elles ne solidifient pas de suite la colle par leur température inférieure à la sienne. On favorise l'adhésion par la pression exercée au moyen de presses à vis, jusqu'à ce que le collage soit au moins à moitié sec.
La colle de poisson est préparée avec la meiiibi'ane interne et brillante de la vessie natatoire de Icoturgeon [accipcnscr huso et
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s(urio). Pour l'ohlonir, nii nimollil la vessie naUitoiro dans do l'oaii iVoidc , on enlève la int'inlirano extérieure, dès (lu'elle iieiit se détacher, on rnnie l'interne, et on la l'ait sécher.
Mlle forme une col!(> parfaitiMiient incolore clliiu|ii(le connue de l'eau, sert dans les cas où il tant qiH> la colle ne coinnuinii|ue point de coideur. On la laniollit d'abord dans do l'eau-de-vie, avec la([uelle on la fait ensuite bouillir, jusqu'à ce ([u'clle soit dissoute. L'eau-de-vie fait que la colle à l'état de gelée se conserve mieux sans s'altérer ; mais elle colle bien plus faiblement ([ue la colle forte, et comme elle est d'un prix beaucoup plus élevé, il y a un |.;rantl avantage à la remplacer par cette dcrnièie , (ju'on épuise, comme on l'a dit tout à l'heure, avec de l'eau dont la température ne soit pas au-dessus de 14°.
La colle sert en outre à fixer les couleurs îi l'eau dans la peinture, et, uiôlée avec de l'alun, à coller le [taiiier. !'«(/. Gélatine.
COLLE DE POISSON.- Voy. Colle.
COLLE A BOUCHE. Voy. Colle.
COLLE FOUTE. Voy. Colle.
COLLODION. Voy. Coton-pouube
COLOMBIUM. Yoy. Tantale.
COLOPHANE. C'est la résine que laissent les différentes espèces de térébenthine, après qu'elles ont été débarrassées de l'huile volatile. On l'appelle aussi brai-sec. Telle qu'elle reste dans la cucurbite, elle a une couleur foncée, et paraît brun jaunâtre, vue par transparence. Lorsque là distillation n'a pas été poursuivieassez longtemps, la résine qui reste est encore molle et reçoit le nom de térébenthine cuite. On la fond alors h l'air libre, pour la débarrasser de l'eau et de l'huile quiy restent. Après le refroidissement elle se présente sous forme d'une masse brunâtre, dure et cassante, qui est la colophane. On fond celleci avec -j- de galipot,on place la masse fondue sur un Idtre de paille, et on projette sur la résine liquide un peu d'eau. On obtient ainsi de la résine commune, colorée en jaune d'or, et appelée aussi poix de Bourgogne.
La colophane est employée en grande quantité par les pharmaciens et dans les arts. Tout le monde sait qu'on s'en sert pour frotter les archets, afin d'empêcher qu'ils ne glissent sur les cordes des violons.
COLOSTRUM.— Lait sécrété immédiatement après la délivrance. 11 dilfère essentiellement du lait proprement dit. Ainsi, le colostrum des vaches est jaune, visqueux, non coagulable par la présure et ne renferme que des traces de beurre.
COLZA. Voy. Huiles.
COMBINAISON. — Ce mot est très-fréquemment employé en chimie. La combinaison est le résultat de l'union de deux ou un plus grand nombre de corps, opérée en vertu d'affinités réciproques. Deux circonstances sont nécessaires à sa formation, savoir : l'affinité des corps en présence, et leur état respectif ; ce dernier n'est pas toujours à considérer quand les corps ont un grand degré DicTioNN. DE Chimie.
d'affinité l'un pour l'autre, mais quand la cohésion remporte sur cotte force, il faut l,i délruii-e (lar riiillin-ncc du calorique, lors- (|u'on v(!Ut combiner (huix corps solides. Ainsi les anciens philoso|ilies, (pii avaient r('man[ué en général la nullité d'action eidre les corps solides, avaient icconnu celte vérité dan-; l'.ixiome ((u'ils ont donné sur la combinaison (corpora non (igiinl nisi sini siilitl(t). Ils exprimaient par là t\iH\ les corps ne |)ouvaient s'unir s'ils n'avaient été li{)uéliés, ou du moins l'un d'eux, ou, ce qui est la même chose, si leur force de cohésion n'avait été détruite.
Plusieurs jihénomènes se manifestent au moment où les corps entrent en combinaison. Il y a tantôt dégagement de lumière et de chaleur, tantôt seulement dégagement de chaleur sanslumière, mais jamais de lumière sans chaleur. Quelquefois aussi il y a production de froid. Indépendanunent de ces phénomènes plus ou moins apparents, il en existe d'autres qui ne sont pas aussi faciles à constater, et qui exigent le concours d'appareils particuliers : ce sont les phénomènes électriques qui sont une conséciuencc générale de l'union des corps entre eux. Les expériences faites par M. Becquerel à l'aide du multiplicateur électro-magnétique prouvent que la plus faible action chimique développe de l'électricité;
Suivant leur degré d'affinité entre eux, les corps peuvent fournir deux genres de combinaisons. 1° Ceux qui jouissent d'une grande affinité l'un pour l'autre ne se combinent qu'en un petit nombre de proportions dont les rapports sont toujours simples. Prenons pour exemple le cuivre et l'oxygène, cjui se combinent en deux proportions pour former le protoxyde et le deutoxyde de cuivre. En comparant les quantités d'oxvgène absorbées par ce métal pour constituer ces deux oxydes, l'on voit que le protoxyde est composé de 100 cuivre -f ^2,5 oxygène, et le deutoxyde de 100 cuivre -|- 25 oxygène , quantité précisément double de celle que contient le premier oxyde ou le moins oxygéné. Par conséquent, lès cjuantilésd'oxygène dans ces deux oxydes sont entre elles comme 12,5 : 25, ou dans ce rapport plus simple, qui est absolument le môme , comme 1:2.
Lorsque les corps se combinent entre eux, la combinaison se fait toujours entre des parties tellement ténues ciu'elles échappent par leur petitesse à l'œil, armé même du meilleur microscope, ce ciui prouve que l'affinité de composition s'exerce entre les dernières particules de la matière, ou les molécules qui sont invisibles et ne peuvent être divisées, ou les atomes.
Dans les corps composés, les propriétés respectives des corps changent ; ils en acquièrent de nouvelles par l'ellft de la combinaison, comme dans leur état physique, leur couleur, leur saveur, leur odeur, leur solubilité et leur action sur l'économie animale. Ainsi deux coriis à l'état de gaz peuvent produire par la combinaison un corps
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limiide; exemple : l'oxygène et 1 hydrogène, qui par leur union, forment l'eau ; le souire, qui a une couleur jaune, et le mercure un éclat brillant argentin, forment par leur union un composé d'un rouge vif ( cinabre ou sulfure rouge de mercure). En se combinant avec une certaine dose d'oxygène, le soufre donne naissance à un corps caustiqoe d'une saveur très-acide, l'acide sulfurique). L'liy« drogène, uni à l'azote ou au souire, constitue deux composés particuliers très-odorants, quoique les éléments , pris séparément , n'aient aucune action sensible sur l'odorat ; «'un est l'ammoniaque ( hydrogène azoté ), qui jouit d'une odeur si forte qu'il produit la suffocation et le larmoiement; l'autre, l'acide fivdi'osulfurique, remarquable par son odeur fétide d'œufs pourris et son action délétère. Nous pourrions multiplier ces exemples sur les changements qui arrivent dans les corps à la suite de leur combinaison entre eux, si ceux que nous venons de présenter ne suftisaient pas déjà pour faire concevoir de quel uitérêt doit être l'étude de ces actions et des résultats qui en proviennent. C'est de la connaissance de ces réactions réciproques que naissent les applications de la chimie, si util(% à la médecine et aux arts industriels.
2" Dans les combinaisons qui résultent d'athnité faible, les corps peuvent s'unir en proportions variables, du moins entre les hmitesoiileur combinaison peut s'elïectuer; mais alors les propriétés du composé sont peu diiférentes de celles des composants; c'est ce qu'on observe dans l'action de l'eau sur le sucre et le sel de cuisine. Ces derniers cor[)S communiquent leur saveur parliculière k ce liquide, et le résultat de cette action peut être regardé comme une combinaison faible d'eau avec le sucre ou le sel.
Nous avons dii plus haut que lorsque deux corps se combinaient dans plusieurs proportions, on remarquait un rapport simple entre les quantités pondérables de l'un d'eux; dans les corps à l'étal de gaz ou de vapeur, on observe également dans leur combinaison un rapport simple entre leur volume, comme Gay-Lussac l'a fait connaître le premier par des observations et des expériences nombreuses.
Lorsque, par l'effet d'une combinaison, les corps out été unis, et qu'ils jouissent d'une grande afiinité l'un pour l'autre, il n'est plus possible de les séparer qu'en mettant le composé qui en est résulté en contact avec un troisième corps qui ait plus d'aftinité pour l'uu des deux éléments que ceux-ci n'en ont l'un pour l'autre. C'est ce qu'on pratique lorsqu'on fait l'analyse d"un corps composé.
1! arrive souvent qu'un composé binaire A 4" B no peut être liécomposéni paruncorps C, ni par un corps D pris séparément; mais si l'on prend leur combuaison C -f i>; t^t qu'. a la mette en contact avec A -f B, alors, cuve; tu ii'une afiiiJité dou >le, e-* élémenfs tOKSlilulil's des deux com|!Osés se sépareut, se cdiLibiiieiit dans un autre ordre, d'uCi lésulleiit deux nouveaux coaiposés A -|- D et B -|- C. C'est à ce genre d'attraction récinro-
que qu'on donne en chimie le nom de double décomposition.
L'aftinité des corps les uns pour les autres n'est pas aussi absolue qu'on le croyait autrefois ; elle est intluencée , comme nous l'avons di'jà dit, par la quanlilé des corps mis en présence, la force expansive des uns et la cohésion des autres. Ainsi, un composé binaire dont les éléments A -f B auraient beaucoup d'aftinité l'un pour l'autre, peut, dans certaines circonstances, être en partie ou entièrement décomposé par un troisième corps C, qui aurait moins d'aftinité qu'en ont A et B. Ce cas se présente lorsque G est en excès par rapport à A B, ou qu'il peut former avec l'un des éléments un composé plus fixe.
Ce sont ces différentes causes qui rendent la mesure de Taftinité impossible.
Toutefois on peut , en mettant les corps en contact, et en réagissant sur leurs com|)Osés, déterminer l'ordre de leurs aftitiités relatives. Voy. Nomenclature chimique.
COMBUSTION. — Action chimique dont le feu et l'air sont les -intermédiaires. Pendant cette action, l'oxygène de l'air se combine avec un des éléments du corps qui brûle.
Dès l'année 1630, Jean Bey, médecin du Périgord, observa que le plomb et l'étain augmentent de poids quand ou les calcine, et attribua cette augmentation à de l'air qu'ils absorbent. L'Anglais Kobert Hooke donna ensuite, en 1665, dans un livre intitulé Micographie, l'explication suivante de la combustion : « L'air dans lequel nous vivons est le dissolvant de tous les corps combustibles. Celle dissolution (la combustion) n'a lieu qu'après que les corps sont échauffés, et l'effet de la dissolution détermine 1 élévation de température que nous appelons feu. La dissolution du corps combustible est le résultat d'une substance inhérente, qui se trouve mêlée à l'air. Cette substance ressemble à celle qui est tixée dans le salpêtre ; mais elle n'est pas la même. Une paitie du corps combustible se convertit en air et se volatilise ; mais une autre portion se combine avec l'air; et forme un coagulum, ou un précipité dont quelques parties sont si légères que l'air les entraine, taudis que d'autres sont plus grossières et restent. » On voit que Hool^e a parlé de la combustion des matériaux ordinaires de chauffage, et qu'il s'en était formé une idée plus exacte que ne l'ont fait beaucoup d'écrivains après lui. Son compatriote et contemporain Jean Mayow, écrivit, en 1674, surlaugmentatiun du poids de l'antimoine et du plomb pendant la calcination, Mayow attribuait aussi ce jibénomène à la combuiaison, avec les métaux, d'un [)riiicip8 constituant de l'air, auquel il donnait le nom d'esprit nitro-aérien, et qu'il croyait se comporter de la même manière avec les autres métaux. Ses idées étaient du reste confuses et mystiques. Robert Ko, le cheicha dans le luèuie temi>s ' prouver que l'aUnin- iilaiion do poids provient de la tixatiou ùu teu, qui s'est combiné avec le corps brûié. Vers 170Q, Bêcher, chimiste allemand, commença à dé-
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river lo |ilu^iiomt'no do la combustion d'uno tiMTi' vnlalilouu (l'un soufre, qui se di^^siiiait, et «lu'ii ;i|i|)oiait Icna accHiuld, inpiiminaliilis, piiu/uis, sulphurrn, admettant (]ii'il existe dans tous les eorps C(jiiil>uslibli!s. Sou disei|iie, tîeorfïO Eruest Staid, tlouna plus d'extension encore à cette iilée, tït imposa h la suhstancc do Bêcher le nom 'do plilogisl'unie ^combustible). Niij^lij^eant raujj;meiilution de poids des corps brilles, qui avait été le principal objet des rociicrches des |)b.ysioiens ani;l.iis, il déclara tous les corps composés de pblogistique et d'un radical incomouslible particulier. Ainsi, par exemple, le soufre élait (îomposé, suivant lui, de pblo- ^istiquc et d'acide sulfurique, et lo for, do ph!oy;islique et d'oxyde lei'riqu(\ Le iiiiénouièiie du l'eu tient, dans cette théorie, au dégageuuMit du pidogistique, qui laisse le radical incouduistibb'.La réduction d'un oxyde métallique par un autre métal ou jiar un corps coud)ustililc résulte de ce (|ue le phlogisticjue passe du corps qui opère la réduction à celui q.ii est réduit. De là les termes de plilogisliqué et déphloyisliquc, dont se servaient les anciens chimistes, et dont le premier signiliait réduire, le second oxyder. Du reste, Stahl considérait le plilogistique comme une terie, et lui supposait de la pesanteur.
L'hypothèse du phlogistique permettait d'expliquer les phénomènes de la combustion avec quelque vraisemblance. Slah] fut ainsi le créateur d'une théorie chimique qui s'est maintenue pendant plus d'un demisiècle, et ([ui, au moment de sa chute, trouva des défenseurs ardents parmi les premiers chimistes du temps. Cependant on lui lit subir quelques restrictions, et l'on liait môme par considérer le phlogistique comme la matière fondamentale du feu. Un ancien chimiste de la Suède, Wallerius, soutint cette doctrine (1). Macquer croyait le phlogistique identiijue avec la matière de la lumière , parce que l'acide nitrique, l'oxyde aurique et l'oxyde argen tique sont réduits par la lumière du soleil (2). La théorie de Stahl subit encore beaucoup d'autres mo cilications, dans le nombre desquelles il s'en trouve même d'absurdes, qui ne méritent point d'être rappoitées. Tandis qu'elle se répandait dans toute l'Europe, et qu'elle imp -imait une direction scientifique à la chimie, un chimiste écossais, Joseph Black, était conduit à ■ des vues nouvelles par des recherches pleines de sagacité sur la chaleur. Il avait déjà découvert l'acide carbonique, au commencement de l'année 1750, et fait connaître la différence qui existe entre les alcalis caustiques et les alcalis doux, noms sous lesquels on désignait alors les carbonates. Ses expériences l'avaient également conduit à rechercher la cause des dilférentes formes d'agrégv.tion des corps. C'est à cette occasion qu';l développa la théorie de la chaleur libre et combin<^e, qui est presque ei.tièiemeut son ouvrage.
(t) De nialcriali difTerentia luminis el ig^nis : in Disp. iicart. Case. I, u. 8 liolmia; et Lipsia;, 1780. (Si) Diclioiiiiaire de Cli.. ^e, par Macquer.
Dès l'an 1703 , il lut son travail remar- (juable devant une coin|iagine de savants, et sa théorie fut depuis lors confirmée et (lévelopp('C cluupm année par les travaux qu il exécula de concert avec Watt. Les expéricuKU's d(î Black avaient fait voir comment un gaz q\i\ se condense dégage de la chaleur; de sorte qu'il avait mis au jour une des vérités (pii étaient néces^aires pour expliquer la combustion. Son caractère calme et modeste le i'(>tint dans une sphère bornée. Ses découvertes ne se répandirent que fort tard, parce qu'il se contenta de les exposer, i)Our la plupart, dans ses cours et dans ses entretiens avec les savants (pii le visitaient. Les copies des cahiers de ses élô ves se vendaient fort cher dans divers pays; ce qui ])urta un graml nombre de savants, d'ailleurs recommaudables par leur mérite, à s'attribuer des découvertes dont ils puisaient le germe dans ces manuscrits, ce qui leur réussissait jjendant quelque temps (1). De son coté, l'anglais Crawiord avait fait une multitude fl'expériences lortinléressanles sur la dillerence qui existe entre les corps à l'égard de la chaleur spécilique, et il croyait être parvenu, à constater par ses essais que la combustion consiste en une combi<fcison du phlogistique avec l'air, ce qui devait diminuer la chaleur propre de ce dernier. La combustion devait aussi, suivant lui, mettre plus ou moins de chaleur en liberté, suivant que le corps qui brûlait avait plus ou moins de phlogistique à communiquer ii). Déjà, en 1774, Bayen, chimiste français, avait remarqué que la théorie de Staid ne pouvait point s'appliquer au mercure, dont la chaux se réduit sans addition de phlogislique, et que la conversion de ce métal en chaux ne tenait point à une perte de phlo,4sti(|ue, mais à la combinaison du mercure avec l'air, dont le poids, ajouté au sien, était la cause de l'augmentation de pesanteur qu'il subissait pendant la calcination (3). Les expériences de Bayen dirigèrent sur cet objet l'attention de Lavoisier, qui, la même année, fit ses premières recherches ayant pour but de prouver l'absorption de l'air pendant la calcination. Lavoisier ht fondre de l'étain dans un grand matras de verre, fermé hermétiquement, et dont le poids avait été déterminé d'avance, ainsi que celui du métal; lorsqu'au bout de trois heures l'étain se fut recouvert d'une couche épaisse de centire métallique, il laissa refroidir l'appareil et le pesa : son j)oiils était le môme qu"aup;u-avarit;*niais lorsqu'on le déboucha, l'air s'y précipita, et le matras devint plus htuid de dix grains (ju'il ne l'était auparavant. .\ peu près vers la même époque, Priestley , en Angleterre, et Scheele en Suède, a\ aient découvert l'oxygène. Scheele démontra la com position de l'air par une série d'excellentes
(i) Cours sur 'e.s éléments do cliimie du i)'' Josèpiic [ilack, pu' :ie par le D' .lean Kobisoii.
(-2) Adair {àiwlcirds Exporlnienls and obsertalioiis on animai iieal. L:)ndoi., 1788.
(5) Journal de l'Iiysique, 1774, p. 288-294.
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recherches, et fit voir la aifférenco qui existe entre les gaz nilrogèiie, oxygène et acido (Mrl)oniiiiie. Il appela le premier air tnephili'iiir, le second «(/• vital, et le troisième acide ae'rim. En 1777, il publia, à Leipzick, en langue allemande, son excellent traité du feu et di' l'air, dans lequel toutes ses expériences étaient décrites. 11 s'y hasarda aussi à donner une théorie de la combustion. 11 avait reconnu, par des expériences, que du phosphore qui brûle dans du gaz oxygène, absorbe complètement ce gaz; de manière que le vaisseau dans lequel s'opère la combustion devient vide, et que quand on l'ouvre sous l'eau, il se remplit de ce liquide. Le gaz ayant ainsi disparu, Scheele crut qu'il s'était combiné avec du phlogistique, et dissipé sous la forme de lumière et de chaleur; de sorte qu'il admettait que le phénomène du feu tenait à une combinaison de phlogistique avec du gaz oxygène, lequel donnait do la lumière ou seulement de la chaleur, suivant que la quantité de phlogistique était plus ou moins considéral)le. Mais , dans toutes ses expériences, Scheele avait négligé de peser les corps brûlés, sans quoi il aurait certainement trouvé la théorie de l'oxydation. La tfkmG année, Lavoisier prouva que la combustion consiste en une absorption de gaz oxygène, et que l'augmentation qu'on observe dans le poids du corps qui a subi la combustion, correspond au poids de l'oxygène qui a été absorbé (1). L'année suivante, il démontra que l'oxygène entre dans la composition de tous les acides; ce qui le détermina à lui donner le nom sous lequel on le désigne encore aujoiu-d'hui. D'après cela, il remplaça ladénoaiinalion d'air vital parcelle de gaz oxygène. Le vaste génie de Lavoisier imprima une direction tout à fait nouvelle à la chimie. En 1789 parut son traité élémentaire, où la nouvelle tht'orie se trouvait exposée dans tout son excellent ensemble. L'incertitude où Ion était i)ar rapport à l'origine delà lumière dans la combustion, fut une des circonstances qui tirant que la théorie de l'oxydalion rencontra longtemps des adversaires. Quelques-uns proposèrent une sorte de terme moyen, et, tout en admettant cette théorie, consitlérèrent la lumière comme un élément des corps combustibles, qui, dans la combustion, se combine avec le caiorique du gaz oxygène, et s'échappe .sous la forme de feu. D'autres, qui ne voulaient [loint admettre l'oxydation, soutinrent que le phlogistique a une pesanteur négative, c'est-à-dire qu'il tend à s'éloigner du centre de la terre; de sorte qu'il rend plus légers les corps avec lesquels il se comlune, et que, quand il se sépare d'eux, il les laisse avec leur jiesanteur primitive.
Lavoisier s'attacha principalement à déve- . lopperet à soutenir par des (jreuves sa nouvelle opinion sur la nature de la combustion. 11 ne négligea point le pnénomène du feu ; mais celui qui suit le développement de ses
(1) Mémoires de l'Académie des sciences, 1777
idées, s'aperçoit qu'il ne l'explique qu accessoirement. Dan.' nombre de cas, le gaz oxygène absorbé s'était solidifié, et son calorique latent, mis en liberté , avait produit de la chaleur. Cependant, comme dans la théorie antiphlogistique, la lurtiière et le calorique sont des substances différentes, il restait la difliculté de concevoir d'où venait la lumière; mais la fureur des troubles civils ne permit pas à Lavoisier de terminer ses grands travaux. Il périt à la fleur de son âge, avant d'avoir pu achever l'ouvrage qu'il venait de commencer. S'il lui avait été donné de profiter des moyens que nous offrent aujourd'hui de nombreuses expériences et d'étonnantes découvertes, quel fruit la science n'aurait-elle pas dû recueillir des travaux de l'homme de génie qui aperçut d'abord ce qu'un grand nombre de ses contemporains ne purent reconnaître qu'à la suite de longues discussions 1
Gren voulut remédier à la difficulté que présentait l'explication de l'origine de la lumière dans la théorie de Lavoisier, en rendant la combustibilité un corps matériel. Il admit que la lumière combinée avec un corps le rend combustible, et que, pendant l'oxydation, elle se dégage et se combine avec le calorique émis par le gaz oxygène absorbé. Ce changement dans la théorie n'ajamaisété ni généralement adopté, ni combattu.
On til bientôt l'observation que le charbon qui brûle dans le gaz oxygène ne change point le volume de celui-ci en le convertissant en gaz acide carbonique ; mais que , quoique le gaz oxygène ne subisse aucune diminution de volume , et que le carbone liasse de l'état solide à celui de gaz, la température s'élève considérablement. Il n'y a ici aucune consolidation à laquelle le dégagement du calorique puisse être attribué; au contraire, le cliarl)on perd sa forme solide , pour prendre celle de gaz. On s'imagina donc que la chaleur spécifique du gaz acide carbonique était inférieure à celle du gaz oxygène et du carbone, avant leur combinaison, et que cette différence produisait l'élévation de la température. On ne connaissait pas alors la chaleur spécifique de ces corps, ou bien les expériences que l'on faisait pour la trouver étaient trop imparfaites pour que les résultats fussent dignes de confiance. Cependant, comme elles ne démontrèrent point le contraire, on crut que cette exjilication était admissible ; et autant qu'on peut juger par les écrits de la plupart des chimistes actuellement vivants, elle leur a paru jusqu'ici probable; mais notre expérience a acquis, même sur ce point, des lumières qui nous mettent en état de mieux examiner cette hypothèse. Nous connaissons maintenant la chaleur spécifique de plusieurs substances gazeuses, et la lorme d'agrégation ne met plus d'obstacles à la détermination de la valeur réelle des changements de cette chaleur. D'après les expériences de Delaroche et Bérard, qui paraissent être faites avec tout le so'in nécessaire pour mériter
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ContÎBiioe, la clialfiir spiniluiue du ^!\/. oxygèiu-* est 0.1)7(i5, t't rcllo (lu i,'a/, ;u:ide carl)(^iiii]ue l,-J.')83, ccllf (lo l'eau aluiii.s|)hr'iiijut' prise |)(iuiunitt''. H suit de là que l(,';-;a/ acide carlidiutiao ayant luu^ plus f^raiidu elialetir spiVitique (|uc le n;i/. oxygène, a dil absorber du calorique pour s(^ uiaiiiteiiir h sa |irO|>re température; il faut donc q"0 la dilléronce eniro la chaleur spéi iri(|uo du charbon et celle du ^az acide carbonique ait 6l6 assez grande i)our produire une élévation de température jiorléo jusqu'à l'ignition. Mais la chaleur spécilique tiu charluin (coniparc'C avec c(?lle d'un ])oids d'eau pris pour unité) est de 0,26, c(!lle du gaz acide cai-bonitiue est de 0,221, et celle du gaz oxygène de 0,23(). L'acide carbonique est composé, en négligeant les fractions, de 27 de carbone et de 73 d'oxygène. Or, en supposant qu'il ne résulte de l'union des deux éléments aucun changement spécifique, celle de la combinaison doit être 0,232 ; mais l'expérience a donné 0,221. Outre que cette diflérence n'est pas trop grande pour ne pouvoir dériver d'une erreur d'observation, il paraît assez évident (lu'clle ne suffit point pour expliquer la chaleuf intense produite par la combustion du charbon dans le gaz oxygène.
On pourrait dire qu'ici le feu est produit par une plus grande chaleur latente ou com- Dinée dans le gaz oxygène que dans le gaz acide carbonique : mais cette explication ne serait guère mieux fondée , puisque lo gaz oxygène conserve son volume sans altération, et que le charbon qui se dilate doit rendre latente une nouvelle quantité de calorique. On ne peut pas supposer un dégagement de calorique là où au contraire il y a absorption de calorique latent.
Mais choisissons un autre exemple, dont le résultat est encore plus frappant, savoir , la combustion du gaz hydrogène. La chaleur spécifique d'une partie d'eau est toujours prise pour 1,000 ; il faut donc que dans cent parties d'eau, il y ait 100,000 de chaleur spécifique. Nous venons de voir que la chaleur spécifique du gaz oxygène est 0,2301 ; celle du gaz hydrogène, comparée avec celle d'un poids égal d'eau, est 3,2936. Il y a dans 100 parties d'eau 11,1 parties d'hydrogène, dont la chaleur spécifique peut être représentée par 36,55, et 88,9 parties d'oxygène, dont la chaleur spécifique est 20,99. En ajoutant 20,99 à 36,55 , on a 57,54 pour la chaleur spécifique du mélange de gaz hydrogène et de gaz oxygène nécessaire pour produire 100 parties d'eau. La combinaison faite, il en résulte de l'eau gazéiforme, dilatée par un feu violent à un volume plusieurs fois plus grand que celui du mélange des deux éléments gazeux. Mais la chaleur spécifique de cette eau refroidie et liquide est 100, c'est-à-dire 42,W de plus que celle de ses deux éléments à l'état de gaz. D'où vient donc celte énorme quantité de c,ilori(iue dégagée par la combustion tlu gaz hydrogène ? Elle n'est point due à un changement de chaleur spécifique, puisqu'il devrait produire
un haut flegré de froiil ; ni au dé-gagcment du (;dori(pie, (pii donne la l'orme gazeuse à l'oxygèiii^ et à riiydrogéne, i>iiisqu(! l'eau, au moment où elle c^t formée, [jinduit une vapeur beaucoup [ilus dilaté(( (pie ses éléments gazeux, et (pie la coiidensalion do l'eau n'est que l'ellet du refroidissement par les corps enviroiinanls. Si (huic les exiiérienccs qui nous servent ici de bases ne sont pas trop inexactes, il faut que toutes les explications admises .jiusqu'à [trésent sur l'origine du feu soient défectueuses, et nous nous voyons forcés à en chercher d'autres.
Kiinkel avait déjà observé que les métaux chaulfés avec le soufre se combinent avec ce dernier en produisant un feu qu'il comparait à celui du salpêtre, et il on conclut que le souffre participede sa nature. Ce phénomène, oublié depuis le premier période de la chimie aniiphlogistique, fut rappelé au souvenir des savants par quelques chimistes hollandais, et parut d'autant [ilus remarquable que ce fait était contraire à la théorie qui attribue le feu à la seule oxydation , puisqu'iciil était produit par la combinaison de deux cor])s solides. II y eut pourtant des savants qui voulurent expliquer ce phéno-mène par la présence d'une quantité d'air ou d'eau, qui devait être décomposée par l'action réciproque du métal et du soufre. Mais l'expérience décida bientôt que cette opinion était mal fondée; et nous savons maintenant que la combinaison des métaux avec le soufre est accompagnée du même phénomène de feu que leur oxydation, et que ce feu est le même, que le métal chaufïé soit exposé à l'action du soufre liquide ou transformé en gaz, soit par l'efiTet de la chaleur, soit par sa combinaison avec l'hydrogène. La combustion produite dans ces cas est absolument la même que celle qui naît de l'oxydation ; et il n'y a de différence que dans lo corps avec lequel le métal se combine. L'expérience a encore prouvé que la combinaison de deux métaux peut être accompagnée de l'ignition ; et l'on a vuune base chauffée dans le gaz d'un acide, s'allumer et brûler un moment en produisant un sel. Il est depuis longtemps connu que l'acide sulfuriqua concentré, mêlé avec de la magnésie caustique, se combine avec la terre, en élevant la température au point de faire rougir le mélange. En un mot , l'expérience a prouvé qu'il se dégage du calorique à chaque combinaison chimique, faite dans des circonstances favorables pour rendre ce dégagement sensible, et que, par la saturation (ïes affinités les plus fortes , la température monte souvent jusqu'à un feu incandescent, tandis qu(8 les plus faibles ne font que l'élever de quelques degrés.
Mais l'expérience a aussi prouvé que le phénomène du feu peut être (luelquefois produit par des corps déjà combinés, sans qu'il y ait aucune addition ni dégagement, et (pi'alors la combinaison perd de sa tendance à s'unir à d'autres C(ir|)s. Nous savons que c'est le cas de la zircone, de l'oxyde chromiquej de quelques aniimojiiateset an-
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tiinonites métalliques, de la gadolinite, etc. ; et nous avons sujet de croire que la répugnance de quelques corps à se combiner et à se dissoudre après leur exposition au feu, provient d'un pareil c'iangemeut, quoique l'augmentât on. de la température n'ait pas été assez forte pour produire l'ignition. C'est cette espèce d'insolubilité que nous trouvons, après la calcination , dans l'alumine, dans l'oxyde ferreux, l'acide titanique, etc. L'explication antipliloi;islique de la combustion doit être modiliée de cette manière : 1° que, comme l'on entend par combustion la combinaison des corps, accom|)agiice de feu, elle n'appartient pas uniquement aux combinaisons avec l'oxygène , mais qu'elle peut, dans des circonstances favorables, avoir lieu dans les combinaisons entre la plupart des corps; 2° que la lumière elle calorique qui en naissent, ne proviennent , ni d'un changement dans la densité des corps, ni d'une moindre chaleur spécilîi|ue dans le nouveau produit, puisque sa chaleur spécilique est souvent aussi grande, ou même plus grande que celle des divers éléments réunis.
11 ne paraît pas juste de faire ici distinction de la lumière : lorsqu'on décrit les propriétés de la lumière et du calorique , on trouve l'explication plus facile en les considérant comme des corps différents; mais nous ne pouvons pns assurer qu'ils le soient en effet; et si nous examinons soigneusement les phénomènes, nous trouverons que la lumière accompagne toujours une certaine température ; en sorte que l'on peut dire que l'iguition, c'est-à-dire le dégagement simultané de la lumière et du calorique, n'est qu'un degré de température plus élevé que celui du calorique sans lumière. On sait que des combinaisons qui produisent ordinairement le feu, peuvent s'opérer de manière que la température ne s'élève |ias jusqu'à la chaleur linnineuse: par exemple, la magn.'sie et l'acide sulfuriqiie concentré, qui, à l'instant de leur combinaison, s'échaulîent souvent au rouge, ne dégagent qu'une chaleur modérée, si l'acide eit étendu d'eau, et la température diminuera à mesure que l'acide est plus étendu, [larce que le calorique qui, dans le premier cas, produisait l'ignition, sert, dans l'autre, à élever In temp rature de l'eau ajoutée. 11 ne se fait alors aucun dégagement de lumière, quoiqu'il semble que si elle était un cor|)s particulifr, elle devrait être sensible à la vue, bien qu'à un moindre degré, de même que la chaleur se manifeste à des températures peu élevées. Ceux qui ont l'habitude de faire des expériences au chalumeau doivent avoir souvent remarqué que ce n'est pas toujours la partie la plus ardeiite de la flamme qui donne le pins de hnnière, mais que des corps solides, pinces dans ce point, deviennent à l'instant même lumineux, et ([ue quelques-uns jettent môme une claité si vive, que r(jeil |)eut à peine la supporter. Que l'on dirige, dans une chambre obscure, un courant de gaz oxygène sur la flamme d'une lampe à l'es-
prit-ae-vin, les objets n'en seront pas éclairés; mais que l'on mette dans cette llamme un fd de platine assez épais pour ne pas se fondre, il passera en quelques instants à la chaleur blanche la plus intense, et éclairera les objets d'alentour. Nous ne pouvons pas explii|uer la cause de.ce piiénomène; maisil paraît démontré, à l'appui de ce que nous avons déjà exposé, que le calorique, dans certaines circonstances, produit ou devient la lumière; et il semble parfaitement prouvé que la chaleur, par enue à une certaine température, est toujours accom|)agnée de lumière, bien que cette température varie suivant les corps, qui d'ailleurs, à la même température, éclairent plus ou moins. Les gaz ont besoin, l)Our produire de la lumière, d'une température inflniment plus élevée que les corps solides. On a cru, d'après quelques expériences faites par Wedgewood, que les gaz n'en jiouvaient i)as donner; mais la flamme du gaz acide carboniqiie et du gaz hydrogène prouve le contraire, puisque le corps brûlant et le produit de la combustion sont également gazeux. Mais, malgré toutes ces probabilités en faveur de ce que nous avons exposé, l'on rencontre des difticultés que l'on ne peut ramener d'une manière conséquente au même principe : car il y a des phénomènes de la lumière qui ne sont jias accompagnés d'une quantité sensible de calorique, comme, jiar cxeuiple, la lumière de la lune, diverses phosphorescences produites par les corps organiques, etc. Néanmoins l'on pourrait admettre que l'explication de la combustion, qui expliquera complètement l'origine du calorique, aura en même tenips montré la source de la lumière. Il reste donc à examiner d'où provient la clialeur dans les combinaisons chimiques.
En exposant, dans les livres élémentaires de chimie et de physique, les circonstances qui produisent l'iguition , on a ordinairement omis ou négligé le phénomène du feu produit par la décharge électrique, et composé, dans sa forme la plus pure, par l'étincelle électrique : c'est pourquoi l'on y a prêté peu d'attention, jusqu'à ce que la découverte de la pile électiiiiue eut fait comprendre l'électricité dans la théorie chimique. Ce feu électrique est cependant le même que celin produit par des combinaisons chimiques (1). L'étincelle électrique allume l'hy-
(I) Quelques pjiysiciens ont aUiibué la production de l'éiiuceilc éleiiri(|ue au passage rapide de 1 elec-
^ pide tricilé à travers lair (jui en est l'orlemenl comprimé, et s'écliaulfe par le calorique que cette compression fait dégager. Mais l'explication du feu électrique doit, non-seuh^nient convenir aux phénomènes du passage de la décharge élecirique à travers l'au', elle doit aussi être applicable h tous les phénomènes de lumière et ('( calorique qui sont produits par l'électrlcilé, dans le vide, dans les liquides et dans les solides. H est dilBcile de concevoir comnienl, dans l'expérience iniéressanle de Davy, où l'eau est échauitée jus(|n'à rél.ullillon par Taetion de la pile voliajiiue, il pourrai! y .,voLr une compression, ou quel est le corps qui, par sa compression, laisse dégat^cr du calorique. On peut donc regarder cette explication comme réi'nlée par nombre de faits découverts pos lérieuremcnt.
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L'i'liiuclli' (''l('(^lri(|ii(î .•illiiiiK^ tmis les corps (■iinihu>lilili's, ('iliaiiirc, I'oihI et volatiliso les ini'laiix. La iliîcliaij;c (winliriuu ilu la pilo l'Ii'iliiqiio ('('liaiill'c l'oanjusiiirà réhiillilioii, cl les ciiriis solitl('^.jus(|iraii l'eu rouij;e ; un cliarbtm qui esl l'hauH'é jus(|irau l'dugn dans le vidu |)Ui la pile éU'ilii(|U(; osl, rclativeiiifiit au plu'aoiii(''iuî de rifj,iiitioii, dans le niriiu' (Hat (lu'un cliarbouipii brûle par i'oxydalidu. La (fitlV'renc.o n'iist pas dans l'état do J'ij;nili(»n, mais dans la uianiôre dont elle est produite. Or nous avons toujours sujet d'allribuer des pliéiioiiii'nes semblables auï nu^nies causes; et toules les autres manières d'expli(|uer la cause du ieu n'étant pas justes, il nous reste Ji examiner si l'union dos électricités opposées ne pourrait pas élre la cause de riynilion dans la ( ombinaisoH chimique, aussi bien (pic dans la (lécbai',L;c élechique.
('ette idée est venue h la plupart des savants (|ui ont suivi les progrès communs de la chimie et de la théorie de l'électricité, (iepuis 180'2, époque à laquelle l'influence de l'cdectricité sur les afliiiités chimiques commen(ja ^ fixer leiu- attention.
Longtemps même avant la découverte de la pile électrique, l'on pressentit le rapport de l'ii^nitiou avec l'électricité. Wilke écrivail, (iès 17(i6, qu'on [louvait s'attendre à obtenir avec le temps des lumières, sur les rapports que tu nouvelle physique vomit de dniiuvrir entre le feu et Vélectricité; et plus tard Winterl fit entrer aussi l'électricité (ians ses fictiims de théorie chimique. Quelquesunes de ses idées sur cette matière se sont conlirmées dans la suite ; mais il laisse toujours le lecteur dans l'incertitude si ce qu'il expose de vrai n'est pas aussi fantastique que le grand nombre d'erreurs et même d'absurdilés que l'on trouve dans ses écrits.
Voila avait observé, dans beaucoup d'expériences laites avec soin, que deux métaux mis en contact deviennent électriques , et que c'est à celte cause (|ue sont dus les phénomènes de la pile électrique. Davy d.'montra ensuite que cet état électrique augmente en raison de la force des aOinités mutuelles des corps employés, et qu'il peut être pro- (lint,et même!aper(}u, moyennant certaines précautions, dans tous les corps qui ont de l'allinité l'un pour l'autre. Il résulte encore des expériences de Davy, que parla température qui, comme nous le savons, augmente l'aflinité, s'accroît également l'intensité de l'état électrique dans les corps qui se touchent ; mais que ce contact mécanique étant suivi (Je la combinaison, tous les signes d'é- Jectricité cessent incontinent, c'est-à-dire qu'à l'instant où, dans des circonstances favorables, il éclate du feu, il se fait une décharge et la tension électrique disparaît. Ces faits s'accordent donc beaucoup avec la conjecture que les électricités opposées dans les corps qui se combinent , se neutralisent mutuellement au moment de la combinaison , et qu'alors le feu est produit do la nii^me manière que dans la décharge électriyue. Des expériences plus récentes, faites
par Becquerel à l'aide (in multiplicateur électroniagnéti(iue, doivent égaleinenl (^Ire considérées comuni des jir(,'uves positivtis (Je l'action éle(tri(jue dans les cond)inaisons chinu([ues; ce savant a [irouvé (pio la plus faible action chimi(pn' produisait sur l'aiguille aimantée l'ell'et d'une décharge éleilrique. l'armi les ex|)érieiices de Becquerel, nous citerons la suivante : il adapta à l'extiéndté d'un des lils du nuilliplicaleur une pincelte en platine, munie d'une pi tite cuiller en or envelopiiéo de fiapier; à l'autie fil il fixa un petit morceau de pliitine; lors(iu'il iilongea les deux extrémités ainsi garnies dans un
les lieux extrémités amsi gai
verre rempli d'acide nitriipie, il n'y
eut
point d'eii'et électri(pie , et l'aiguille resia tranquille ; mais dès qu'on versa dans le liquide une goutte d'acide hydrochloriquu très-étendu, l'aiguille dévia, et |)ar suite de la combinaison produite, la liqueur fut colorée en jaune par le chlorure aurique. En em|iloyanl, à la place de l'or, du cuivre envekippé de papier, la combinaison chiini'pie s'opéra sans acide hydrochlorique, et l'aiguille aimantée dévia.
En exposant toutes les circonstances qui parlent en faveur de cette hypothèse sur l'origine du feu, nous ne devons pas nous aveugler sur le compte de celles qui ne peuvent point s'expliquer de la même manière. De ce nombre est le phénomène de lumière qui se manifeste, quand le suroxyde hydrique, l'oxyde chlorique, l'acide chloreux. le chlorure et l'iodure d'azote, se décomposent avec exjilosion. OHancl on môle du suroxyde hydrique avec de l'eau et de l'oxyde argcntique, la liqueur entre en ébullition', et nous nedécouvrons, [lendant ce dégagement de chaleur, aucun autre phénomène chimique, que la mise en liberté de toutl'oxygène de l'oxyde argentique, et de la moitié de celui cpii est combiné avec l'hydrogène dans le suroxyde hjdrique. Dans ces cas, il y a dégagement de chaleur et de lumière, et ces phénomènes se manifestent dans une occasion directement opposée à la combinaison chimique, c'est-à-dire au moment de la séjiaration des éléments et de leur passage à l'état isolé primitif, circonstance dans laquelle on devrait plut(jt s'attendre à une absorption de chaleur , c'est-à-dire , une production de froid, ce qui n'a pas été confirmé par l'expérience. Si, par exemple, on fait passer à travers la boule d'un bon thermomètre à air un fil métallique, dont les extrémités se terminent hors de la boule par une pointe, et qu'on décharge avec ce fil une batterie électrique, en le tenant à une distance telle qu'il ne se produise point d'étincelle , les électricités contraires par lesquelles les électricités libres de la balteiie se trouvent neutralisées, s'écoulent dutll; mais la température du thermomètre à aime change pas. Les expériences paraissent donc prouver que l'origine du feu est souvent accompagnée de circonstances qui ne nous permettent pas de nous en rendre com|ite, et que l'explication que im^jïounons à ce phénomène, en disant/(ïtnli
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vient de la réunion des électricités, pourrait bien ii'tMrc pas conforme à la réalité. Cependant nous essayerons de tirer parti de cette liyjjotlièse, pour ex|)!iquer les ditïérents phénomènes rjui se présentent, jusqu'à ce qu'on en propose une autre qui s'accorde mieux avec les faits.
Si ces corps, qui se sont unis et ont cessé d'être électriques, doivent être séparés, et leurs éléments ramenés à leur état isolé avec leurs |iro[)riétés iirimitives, il faut qu'ils recouvrent l'état électrique détruit i)ar la combinaison ; ou bien, en d'autres termes, si ces corjis combinés sont rétablis par quelque cause dans leur état primitif d'électricité, qui a cessé par l'union, il faut qu'ils se séparent et qu'ils paraissent avec leurs pro])riétés primitives. Aussi sait-on que, par Faction de la pile galvanique sur un liquide conducteur, les éléments de ce liquide se séparent, que l'oxygène et les acides se rendent du pôle négatif au pôle positif, taudis que les corps combustibles et les bases saliliables sont poussés du pôle positif au négatif.
Nous croyons donc maintenant savoir avec certitude que les corps qui sont près de se combiner, montrent des électricités libres opposées, qui augmentent de force, à mesure qu'elles approchent plus de la température à laquelle la combinaison a lieu, jusqu'à ce que, à l'instant de l'union, les électricités disparaissent avec une élévation de température souvent si grande, qu'il éclate du f(!u. Nous avons, d'autre part, la môme certitude que des corps combinés exposés, sous la forme cunvenable, à l'action du courant électrique produit par la décharge de la pile, sont séparés et recouvrent leurs premières propriétés chimiques et électriques, en même temps que les électricités qui agissent sur eux disijaraissent.
Dans l'état actuel de nos connaissances, l'explication la ))lus probable de la combustion et de l'ignition qui en est l'etïet, est donc : Que dans toute combinaison ihimique, il y a neutralisation des e'iectricilés opposées, et que cette neutralisation produit le feu, de la mèn:e manière qu'elle le produit dans les décharges de la bouteille électrique, de la pile électrique et du tonnerre, sans être accompagnée , dans ces derniers phénomènes, d'une combinaison chimique. —Voy. Oxygène.
CO.MPTF.I'HS. Vol/. ÉcLURAGE au gaz.
CONCRÉTIONS ARTHRITIQUES. Voy. Synovie.
CONDENSATION DES GAZ par les corps poreux, etc. Voy. Gaz.
CONDUCTEURS (CORPS), ou non conducteurs du calori([ue. Voy. Calorique.
CONDUCTIBILITÉ des métaux pour le calorique et l'électricité. Voy. Métaux.
CONGRÈVE ( fusée à ,1a Congrèvc ). — Le mélange qui entre dans les fusées à la Congrève se compose , d'après Darcet , de 53,.5 de salpêtre, et de i6,o do bitume , suif ou graisse, de soufre et sulfure d'antimoine.
Les fusées de guerre qu'on nommait autrefois rocliettes, n'ont pris le nom de fusées àJikXongrève que depuis que lord Congrève
les a remises en usage, en 1801, pour l'attaque de la flotte française à Boulogne. C'est bien à tort qu'il s'est attribué la gloire de l'invention, puisqu'il est aujourd'hui reconnu que cette comjiosition désastreuse date de plusieurs siècles.
CONSERVATION DES MATIÈRES ORGA- NIQUES.— Les corps organiques les plus altérables peuvent se conserver indéfiniment si une seule des conditions suivantes manque : 1° une température au-dessous de 5°; 2° la présence de l'eau; 3° la présence de l'oxygène. Ainsi , pour éloigner la putréfaction , il suffira : 1" ou de placer les corps qu'on voudra conserver dans un milieu audessous tle 0 ; 2° ou de les dessécher complètement ; 3° ou de les jjlacer dans un milieu [irivé d'oxygène. On peut aussi employer des corps qui entrent en combinaison avec la matière rirganique et qui forment avec elle une combinaison imputrescible. La première condition est très-difficile à remplir artificiellement; dans nos climats tempérés on avait essayé de transporter du poisson dans la glace, mais cette spéculation, qui repose sur un principe vrai, n'a pas réussi. La seconde condition se remjilit beaucoup plusfacilement. On dessèche des plantes et desparties pourles conserver. Plusieurs moyens sont employés pour arriver à ce but : 1° la dessiccation au soleil, à l'étuve , par la pression, dans le vide; on a desséché avec succès de la viande par ces moyens réunis ; 2° les corps qui peuvent absorber l'eau sans communiquer aucune mauvaise qualité au produit, et parmi ces corps les plus heureusement employés sont le sel et le sucre. On aide l'emploi de ces moyens par une dessiccation préalable. On conserve de la morue et des harengs au moyen du sel. On y a, dans quelques cas , substitué le sucre avec beaucoup d'avantages pour la conservation des poissons. Mais il n'est pas bien prouvé que le sel ne fasse que s'emparer de l'eau ; il jieut former avec les matières organiques une combinaison imputrescible, de même que plusieurs acides ouautressels, et comme euxil peut utilement s'opposer au développement des productions d'êtres microscopiques moteurs de la fermentation putride. 3" La conservation dans un milieu dépourvu de gaz oxygène est sans contredit le moyen le plus parfait; mais cetie condition ne peut pas toujours être remplie d'une manière complète. S'il s'agit de matières sur lesquelles l'oxygène de l'air ait déjà réagi et (pie l'action décomposante ait commencé, on a beau priver ces corps organiques de la présence de l'oxygène , la |iutréfaction qui a commencé continue toujours ses périodes. On doit encore observer que les matières organiques contiennent dans leurs interstices de l'air atmosphéri(iue dont il est très-diûicile de les débarrasser complètement , et cet air suffit pour déterminer la putréfaction.
Boucanage. — Très-souvent on ne se con7 tente pas de saler les viandes et les [loissons, mais on les dessèche encore en les exposant à la fumée. L'art de fumer ou de bon-
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muer los viandes a Mû poih', h llanilioiii'^ , à uiio ti'llo |u'it'i'ili<iii, (|U(' lus )uiti-cs iiatiims n'ont pu l'alti'indi'c, (>t Ir Inruf fiunr de llumboiiri/ jniiil iiarlDiil du la plus t;i'an(!(^ répiitalion. l'.i'l ail est cependant assez, simple, puis(|n'il consiste ;\ evposer, pendant ([uairo ou eiiKi ■■^C'niaines, les viandes (l(5péci'es, saliV'set suspendues dans une eliainl)iM>, .\ l'action di' la l'innét' |iroiIuile par des ci)|ie.uix (l(i clu^ne tri'S-sees. Le sunnite du liareni;; est une opt''i'ation seniblahle : soulernent on suspend les poissons Sidés dans des espèces de cheuiint^es faites exprès, aiii)clt''es roussublcs, et oii l'on fait un petit feu de menu bois, (ju'on niénay:e do manière h ce qu'il donne peu de llanmie et Ij^aucoup de fumée. On laisse le hareng jusqu'à ce qu'il soit entièrement sauré ou sec et enfumé. A'ingt-quatre lieures snflisent jiour cette opération. Dix à douze milliers do harengs iieuvenl être saurés à la fois. Ce genre d'industrie est tièsétendu en Hiillando ; cette nation vend, chaque année, aux autres |ieu))los, ])0in" plus de GOmillions de fr.de harengs blancs on snle's, et de harengs niugcs ou saurs, sanrés ou fumes. La découverte du mode de pré[iarer ot d'encaquer le hareng fui faite dans le milieu du XV' siècle, par un pécheur nommé Ik'uckels. Ce fut une invention d'une importance sans égale pour la Hollande , qui accrut par elle sa richesse et sa puissance , et pour les peuples chrétiens , qui purent se procurer ainsi, pendant le carême, un aliment économique. L'empereur Charles-Quint se trouvant en lo9G, à Bierwlict.où Beuckels avait été enterré , alla visiter son tombeau , et lui lit élever un monument magnitique.
Procédé d' Appert. — Le moyen le plus parfait pour conserver les aliments frais est celui proposé par Appert: il repose sur les principes suivants : 1° les matières qui ont déjc\ absorbé l'oxvgène de l'air et sont devenues fermes, iierdent cette propriété si on les expose ù 100°, et elles ne la re|)rennent que par une nouvelle absorption de gaz oxygène; 2° les matières organiques placées dans un vase hermétiquement clos absorbent à lOO" tout l'oxygène contenu tians ce vase sans devenirferment. Voici comme Apjiert opère: II remplit, par exemple, entièrement un flacon de pois verts frais, le bouche hermétiquement, le ficelle , et goudronne le bouchon ; il place ensuite le tlacon dans un pot d'eau, qu'il chaull'e jusqu'à l'ébullition. Pendant qu'on les chaufl'e , les pois absorbent Inxygène de l'air contenu dans le flacon, qui n est plus remplacé par l'oxygène extérieur. I Les pois se conservent sans altération peni dant toute une année. Mais si le bouchon ne ferme pas horméti(juement, l'air pénètre dans le flacon, s'y renouvelle et détermine prornptement la putréfaction des pois , qui répandent alors une odeur infecte. On peut , par le môme moyen, conserver des matières véuétales et animales. Il suflit pour cela de les placer dans des vases hermétiquement fermés, et de les y chaufl'er lentement jusqu'à loo" pendant un temps variable et selon les substances.
M. Rérard avait conseillé IVimpIid du gaz a/.ole poui' ciinscrver les hiiils; un obtient co gaz en plaçant de l'hydrate (l'oxyde IVtreux dans des vases contenant ces fruits. (]et oxyde s'euqiare de roxygèno<l(^ l'air, et l'azote reste libre ; mais l'oxygène contenu dansées fruits i'(''agit sur eux, et,a|irès cpichpies jours, l'altéi-ation conuncnce ; sa niarclu! est siiigulièrem<>nt ralentie, mais h?s fruits perdent leur a|iitarence; il n'est i)us douteux (pie l'action vitale continue malgré l'absence d'oxygène, et no contribue à ralt('ration.
L'emploi du dcutojcyde d'nzotc , conseillé par Priestley, et qui a le môme résultat ([uo le protoxydo de fer, est très - avantageux ; mais ce moyen n'est guère exécutable eu grand, caria viande prend une couleur rouge, et souvent une saveur étrange.
CONSKKVATION DES BOIS. Voij. Bois.
CONSTITUTION CHIMIQUE DES BO- CHES. — Au premier coup d'œil que l'on jette sur la distril)ulion géographique des roches, et sur l'étendue que chacune d'elles occupe dans les |iarlies accessibles de l'écorce du globe, on reconnaît que la substance la plus répandue est Vacide silicique, ordinairement opaque et coloré. Immédiatement ajirès l'acide silicique solide vient la chaux carbonatée, puis les combinaisons de l'acide silicique avec l'alumine, la potasse et la soude, avec la chaux, la magnésie et l'oxyde de fer. Les substances que nous comjirenons sous le nom générique de roches sont des associations déterminées d'un nombre i'ort restreint de minéraux simples, auxquels viennent se joindre quelques autres minéraux parasites, mais toujours d'après certaines lois fixes. Les éléments ne sont pas ])articuliers à telle ou telle roche; ainsi le quartz (acide silicique) le feldspath et le mica, dont la réunion constitue essentiellement le granit, se retrouvent isolés ou combinés deux à deux, dans un grand noniliro de firmations difféi'entes. Une citation sullira ])Our montrer combien les proportions de ces éléments peuvent varier d'une roclic à l'auti'o, par exemple, d'une roche felds[iatlii(iue à une roche micacée; Mitscherliclia fait voir que, si l'on ajoute au feldspath trois fois la quantité d'alumine, et le tiers de la proportion de silice qu'il renferme déjà, on obticnit la composition chimique du mica. Ces deux minéraux contiennent de la potasse, dont la jjrésence dans un grand nombre de roches est un fait antérieur, sans aucun doute, à l'apparition des végétaux sur la terre.
COPAUU (baume ou résine.) — On l'extrait au Brésil et aux Antilles, par incision de plusieurs plantes du genre copaifcra. Pen(.lant longtemps on croyait qu'il provcînait uniipiement del'esiièce copatfcra ofjicinalis, mais il est prouvé aujourd'hui (pie plusieurs autres espèces en fournissent, |)ar exemple, les copaifera coriacra, Lanf/sdorffii, nniltijufju. Celte circonstance cxpli(pie la dillérence qui existe dans les données sur cette résine. En gem'ral, le baume de copahu tiré du Brésil est regardé connue lo meilleur, car celui des Antilles manque ordinairement
liZ COR
de limpidili'. 11 est quelquefois jaune clair, pari'dis jaune foncé et transparent ; sa fluidité , qui est presque égale a celle d'une Iniile grasse, diminue quand on le conserve pendant longtemps, en sorte qu'il Onit par avoir la consistance du miel. Il a une odeur particulière aromatiiiue, qui n'est pas désagréable , et une saveur ilcre , amère, pcrslslante.
Le baume de copalui est très-employé en médecine ; assez souvent on le f.dsifie. Autrefois on le mêlait axec une huile grasse quelconque, fraude qu'on parvenait facilement à découvrir , en traitant le bauiwe par l'alcool, qui laissait l'huile sans la dissoudre.
COPAL (résine). — Elle s'écoule spontanément du rhus copallinum et de Yelœocarpus copali férus. Le premier de ces arbres croit en Amérique , le second dans les Indes orientales. Une troisième espèce se trouve aux côtes de la Guinée, surtout dans le voisinage des rivières, où on la relire du sable. Cette résine n'est employée qu'à la préparation des vernis.
COPAL FOSSILE {résine de Highgate). — Substance résineuse , jaune ou brunâtre , très-fragile , odeur aromatique. Elle a été trouvée en grande quantité, dans des argiles blancs , U la colline de Highgate , près de Londres. Beudaut jiense qu'il y a probablement plusieurs sortes de matières fort ditïérentes rangées sous ce nom
CORINDON [spath adamantin). — On le trouve dans l'Inde, sur la cûle de Malabar, etc. Il est en masses, en cristaux ou en morceaux roulés , d'un blanc verdâtre qui passe au gris de cette couleur, et quelquefois au gris de perle passant au rouge de chair. Il raye le quartz.
Le corindon prismatique comprend le chrysolithe, l'olivine, la coccolite, l'augite et la vésuvienne , qui , par leurs principes constituants , rentrent dans la famille des silicates.
CORINDON GRANULAIRE. Voy. Emeril.
CORINDON VERMEIL. Vorj. Sapuir.
CORNALINE. — La couleur la plus estimée de cette pierre est le rouge de sang. Cette couleur varie dans certaines cornalines du rouge de chair au blanc rougeûtre, au blanc de lait, au jaune et au brun rougeâtre; son éclat est très-grand.
Les plus belles cornalines nous viennent de Cam])aye et de Surate, dans l'Inde. On la trouve dans les lits des torrents de ces contrées, ayant une couleur d'olive noirâtre passant au gris; on les expose à la chaleur dans dos ]iots de terre pour leur donner ces Ijellos couleurs qui les font recherclïer des joailliers.
Les la|)idaires divisent la cornaline en deux classes : ils rangent dans la première, suus le nom de cornalines de vieille roche, celles qui sont d'un rouge vif, foncé; dans la deuxième ou cornalines femelles des anciens, celles qui sont d'une couleur pâle ou qui ont une teinte jaunâtre. Les premiè-
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res sont très-estiméos; elles proviennent de Cambaye et de Surate; les anciens tiraient leurs cornalines de la Perse, des Indes, de l'Arabie, dos îles d'Assos,de Paros et de Ceylan, de la Lvdie, etc.
CORNALINE. Yoy. Sardoine.
CORNUE.— 'V^ase pyriforme, à col allongé ; c'est le plus simple des vases distillatoires. On distingue dans une cornue, la panse , la voûte et le col. Les cornues sont quelquefois tubulées,et la tubulure peut être fermée avec un simple bouchon de liège ou avec un bouchon de verre. Les cornues sont faites en verre, en terre , en porcelaine, en fer battu, en fonte, en plomb et en platine, selon les usages auxquels on les destine. Quand on se sert d'une cornue comme vase distillatoire, on y joint presque toujours un récipient destiné à recevoir le produit de la condensation. Ce récipient a un col allongé à large ouverture, ou bien un col court . Le récipient est souvent joint à la cornue par une allonge qui sert pour l'éloigner du feu. Les trois pièces peuvent être réunies. Les cornues de verre peuvent être chauffées à feu nu, au bainmarie, au bain d'huile ou au bain de sable. Les cornues de grès et de porcelaine sont généralement chauffées dans un fourneau à réverbère. Les cornues de plomb servent à la préjiaralion du fluorure hydrique et pour celle du florure borique. Les cornues de platine servent à la distillation des acides.
CORPS GRAS ^leur usage).— Pour les chimistes, les corps gras sont des substances neutres, d'une consistance variable, qui fondent à une température peu élevée , qui tachent le papier, c'est-à-dire le rendent transparent, sans que la chaleur lui restitue son opacité et sa blancheur premières ; qui sont douces au toucher, peu sapides, insolubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool froid et même bouillant; que les acides et les alcalis rendent, en général, solubles dans l'eau, en les converlissant en de nouveaux produits connus sous le nom desavons.
Les corps gras pénètrent facilemient les substances avec lesquelles on les met en contact, mais ils ne les ramollissent pas, comme le fait l'eau. Lorsqu'on veut graisser, avec de l'huile, du cuir ou d'autres substances analogues, afin de leur conserver de la mollesse et de la flexibilité, il faut d'abord ramollir le cuir devenu dur. A cet effet, on le met trcra[)er dans l'eau, et on le graisse pendant qu'il sèche. L'huile se loge alors dans les pores ouverts par l'eau.
L'argile absorbe très-bien les corps gras, mais par un simple effet mécanique, et non par une aftinilé chimique. On protite de cette propriété pour faire disparaître les taches d'huile répandues sur du papier, des vêtements, du bois ou desjiierres.Un recouvieles taches avec de la terre à foulon ou de la ferre de pipe, réduite en pâte ferme avec de l'eau. La pât:', en se desséchant, absorbe si complètement l'huile, qu'il n'en reste plusde trace sur l'olijel. On peut même enlever avec de l'argile sèche, mais souvent renouvelée, les taches d'huile sur des objets qui, tels que lo
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jiapier, no doivoiit pas (Mro mouilU^s... Toutolois, le il(''L;rniss;inc par l'argile no roussit bien (pTaiitant que les (acli(^s no sont jias ti'dp ancifinios, atlcndii cpio les corps gras, a'tt^M's pjir un lonj^ conlact avec l'air, m; sont plus alisorbés par ootle sulislanuo. 11 faut, dans ce oas, recourir à ronijjloi souvent répété (les alcalis t'aihlos on de r('thor, qui dissolvent tr^s-bion les corps j^ras.
Los corps gras nous rendent dos services nuillipliés. Non-seulomont ils servent d'assaisonnement .\ nii grand nombre d'.dimonts, auxquels ils couuuuniquont une qualité tlouce et onctueuse, mais ils peuvent *^lre également considérés comme un excellent aliment, pris en t]uantité convenable et associés aux autres substances nutritives. Chez les ours et les autres animaux dormeurs, ce sont eux (pii servent à rentretien dos organes, pendant la cessation de leurs fonctions durant l"lnver.
La médecine utilise de toutes les manières ces mêmes matières, surtout à l'extérieur, en les convertissant en pommades, cérats, onguents, emjjlâtres otliniments. Longtemps on a cru que chaque espèce de graisse ou d'huile était douée de vertus médicinales I^iarticulières; aussi les anciens médecins laisaient-ils souvent usage des graisses d'ours, de blaireau, de renard, de cerf, d'homme même, en particulier de la graisse de pendu, que le bourreau avait seul le droit de vendre. Encore aujourd'hui, les coilfeurs prétendent que la graisse d'ours et la moelle de bœuf sont préférables à toutes les autres pour faire pousser les choveux. Mais ces opinions n'ont aucun fondement. Toutes les graisses, toutes les huiles, suflisamment purifiées, jouissent des mêmes propriétés, et le choix qu'on fait do certaines d'entre elles repose uniquement sur la facilité de se les procurer.
Dans les arts, les corps gras servent à la fabrication des savons, des vernis gras, à délayer les couleurs pour la peinture, à enduire une foule de corjis que l'on veut rendre plus mous, glissants et flexible, ou que l'on veut défendre des injures de l'air. On les emploie aussi pour favoriser le jeu et le mouvoiueiit des machines, pour composer des mastics. Los anciens en mettaient dans leurs mortiers hydrofuges. Mais leur plus grand emploi, c'est de nous fournir de la lUmière, au moyen des lampes, dos chandelles, ou du gaz hydrogène bicarboné qu'on en obtient par leur décomposition en vases clos.
Nous allons indiquer, d'après un habile chimiste, M. (liirardiu, les divers usages de chaque espèce de corps gras