‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 81 sur 354 · I. HUILES VÉGÉTALES SICCATIVES · texte numérisé non relu

I. HUILES VÉGÉTALES SICCATIVES

Huile de lin. Pour la peinture commune, les vernis gras. On la rend plus siccative en la faisant bouillir avec 7 à 8 pour 0[0 de litharge. On l'écume avec soin, et, quand elle a acquis une couleur rougeâtre, on la relire du feu et on la laisse se clarifier par le repos. C'est ce qu'on appelle huile de lin

cuite. La litharge fournit do l'oxygène, car le pinmb est on grande parlio réduit. — On obtieni ra(iidomout un vernis ('xcollont et tièspur eu mélangeant 500 grani. d'huile avec 1^ urain. do lilhai^e fine, ajoutant ,i,' du volume d'une dissolution de sous-acétate du plomb, et agitant le tout convenablement. Après plusieurs heures on laisse le mélange se elarilier par le repos, et on le liltr(! à travers du coton. ! e vernis, d'un jainie clair, se dessèche iiarfaitement dans un endroit chaud en 24 heures. — C'est avec l'huilo de lin rapprochée sur lo feu en consislanco convenable, et broyée avec ^ de son [loids do noir de fumée, ((u'on prépare l'encre des imiirimcurs. Pour Vencrv des lithographes, on donne h l'huile une consislanco plus épaisse. Los tdjj'etus gommés reçoivent leur enduit de plusieurs couches successives d'huile de lin lifliargirée. 11 en est de môme des cuirs vernis, des toiles rirdcs.

Huile de noix. Plus siccative que l'hui.e do lin. Sert do |)référence pour les peintures fines. Emjjloyéo pour les vernis, réclaira;^e, le savon vert. Uécenlo, seit pour la cuisiiie, dans quelques |)ays. On en faisait une grande consommation à Paris aux xii" etxin' siècles, tant pour les aliments que pour l'éclairage. La lampe dont on se servait à cette époque ressemblait à celles encore en usage dans nos provinces méridionales, et qui sont appelées crcziou. Au lieu de coton pour faiie la mèche, on employait la moelle d'un certain petit jonc.

Huile de chènevis. La peinture, et surtout le savon vert. Sert peu dans l'éclairage, parce qu'elle forme vernis sur le bord des lampes.

Huile d'œillctte ou huile blanche. Dans le midi de l'Allemagne et le nord de la France, employée comme aliment : car elle n'a, contre l'opinion ancienne qui l'avait fait proscrire, aucune des |)ro[iriétés nuisibles de in capsule du pavot. Un arrêt du Châtelet, de 1717, enjoint aux épiciers de ne pas mêler l'huile d'œillette à l'huile d'olives, et surtout de la vendre l'.our cotte dernière, sous peine d'une amende de 3000 livres. 11 y eut des punitions exemplaires; mais comme elles no suffirent pas pour arrêter la fraude, le Ch;\telot, en 1742, défendit la vente de l'huile d'œillette; et, 12 ans après, le parlement, déclarant que cette huile était d'un usage pernicieux, ordonna qu'on y mêlerait de l'essence de térébenthine dans le moulin même où elle serait fabriquée, et interdit aux marchands d'en vendre autrement qu'altérée ainsi. Malgré les observations de l'abbé Rosier et l'avis de la Faculté de médecine, qui, en 1774, déclara que Vhuile de pavot n'a rien de narcotique et rien de préjudiciable ou de nuisible, les arrêts précédents eurent force de loi jusqu'à l'époque de la révolution française. — Eclairage. — Dans la peinture, sert à délayer les couleurs blanches et claires, dont elle n'alfaiblil pas l'éclat; on la blanchit, à cet effet, en l'exposant au soleil dans des vases plats et ouverts (jui sont remplis d'eau salée et d'huile à parties égales

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Huile (le ricin. Employée en médecine, comme purgative.

Huile (le croton. Employée en médecine.; elle est si violemment purgative et émétique, qu'une goutte ou deux procure de fortes évacuations. Elle renferme un acide volatil très-acre, l'acide crotonique, qui est une de ses parties actives.

Huile de belladone. Sert en Souabe et dans le Wurtemberg à l'éclairage et dans la cuisine. Les vapeurs qu'elle oxliale pendant qu'on l'extrait étourdissent les ouvriers. Le principe narcotique de la plante est retenu par les tourteaux ou marcs, qu'on ne peut, par conséquent, donner aux bestiaux.

Huile de sapin. Vernis et couleurs. C'est surtout dans la Forét-Noire qu'on l'extrait très-en grand.

Huile de pin. Idem.

Huile de raisin. Employée comme aliment dans quelques localités.

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