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qu'il no nous est pas doiuié de réduire J3n (l'aud'cs pai'lics coiislituantes. Nolic iuqiuissaiicc à cet égard ne jirouve cependant [)as qu'elles soient réedement simples; mais si elles doivent naissance à la condjinaison de sid)stanccs plus siuqiles (pi'elles, celles-ci nous sont vraisemblablement inconnues, et les forces qui i>résident .'i leur association, trop énergicpies pour que nous jiuissions les surmonleravec le secours d'aucun des moyens dont nous disposons. Elles se comportent donc couune corps simples par rap[)ort à nous. Leur nombre est considérable, car il s'élève îi plus de 60. On les trouve en quantité très-diverse à la surface et dans l'intérieur de la croûte qui revêt le corps de notre planète, corps sur la nature duquel nous n'avons aucune notion. Quelques-unes fout la base des montagnes et de la terre, comme l'oxygène, le silicium, le potassium, le calcium, l'aluminium, le carbone. D'autres, au contraire , sont moins répandues, par exemple, le cuivre, l'argent, l'or, le platine. Certaines, enfin, sont si rares, qu'on a de la peine à s'en procurer des quantités suffisantes pour étudier leurs propriétés ; tels sont l'yttrium et le tantale. Parmi ces corps simples, il n'y en a qu'un nombre très-limité qui fassent la base de la nature organique , c'est-à-dire qui soient parties constituantes des êtres vivants, dans lesquels ils sont combinés d'après un mode d'association qui ne peut s'ett'ectuer qu'en vertu de l'influence de la vie, sur laquelle nous n'avons que des notions incomplètes : ceux-là sont l'objet d'une branche spéciale de la chimie.
La description des corps simples et de leurs combinaisons se partage donc en deux parties distinctes, la chimie inorganique et la chimie organique.
Ouand la pile électrique se décharge à travers des liquides, certains corps se portent ordinairement au pôle positif, et d'autres au pôle négatif. L oxygène gagne toujours le ))ôle positif, comme aussi le potassium va toujours au pôle négatif. Nous tirons de là le moyen de ranger les corps entre ces deux extrêmes, suivant qu'il leur arrive plus fréquemment de se porter vers un pôle que vers l'autre, quand les combinaisons dans lesquelles ils entrent viennent à être décomposées. Il en résulte, entre l'oxygène et le potassium , une série do corps à la moitié desquels on peut donner le nom d'électronégalifs, c'est-à-dire qui se portent de préférence au pôle positif, tandis que les autres peuvent être désignés sous celui iV électropositifs , c'est-à-dire qui se portent de préférence au pôle négatif. Cette série, bien établie, forme, à proprement jiar- 1er, la base de la chimie, considérée comme un système scientifique de faits et de leurs causes.
Certains corps sont si généralement répandues et doués d'aflînités si puissantes, que nous les employons de préférence à tous les autres dans nos recherches pour étudier ces derniers. Les bien connaître est
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uu préliminaire indispensable pour faire ([l'elques pas. do plus dans la science. C'est donc par eux (ju'il a fallu commencer. Mais si l'on rangeait les corps d'après la fréquence de l'emploi qu'on en fait, dans les expériences et suivant la métiiode adoptée par les anciens chimistes , avant que la science fût arrivée au point oîi elle est aujourd'hui, il pourrait aisément résulter de là ({uelque confusion dans les idées. Il est donc nécessaire de suivre en général un ordre scientitique pour la classification des corps, mais de sacrilier quelquefois cet ordre, atin de rendre l'élude plus facile-
Parmi les corps simples, il en est un certain nombre qui se distinguent par des caractères extérieurs particuliers et bien tranchés. Nous appelons ceux-là métaux.
D'autres ne possèdent point ces caractères, cl ne sont point des métaux. D'après cette dillérence, on a divisé les corps en non métalliques ou métalloïdes, et en métaux. Cotte division n'est pas dépourvue de quelque connexion avec les propriétés chimiques et électro-chimiques des corps; car tous les métalloïdes appartiennent à la série de ceux qui, soit quand ils se trouvent isolés, soit quand ils sont combinés avec l'oxygène, vont gagner de préférence le |>ôle positif, et sont par conséquent électro-négatifs. Cependant )iarmi ceux que l'on range au nombre des métaux, il y en a beaucoup qui sont également dans ce cas; et quand on cherche à établir des limites précises entre les deux classes, on reconnaît que, sous le rapport de leurs |iropriétés, les corps passent d'une classe ;i l'autre , et le font même par une transition si insensible, que plu- .sieurs d'entre eux peuvent être rangés, à aussi bon droit, dans l'une que dans l'autre.
Pour rendre philosophique l'étude des corjs simples, il faut évidemment, autant que la science le permet, réunir par groupes les corps (|ui olïrent des ressemblances et des |)ro[)riélés communes. On a reconnu Jes rajiports évidents qui lient le chlore, le brume et l'iode les uns aux autres. On a constaté des rapprochements de même ordre entre le bariuai, le strontium et le calcium. Ce sont ces observations préliminaires, ilont chacun est vivement frappé, qui ont porté M. Dumas à - grouper de la même manière un certain nombre de corps, en les choisissant parmi ceux qui sont les mieux caractérisés, et dont les propriétés communes sont manifestes. C'est ainsi que le chlore , le brome et l'iode se réunissent sans contestation : le fluor viendra se placer à côté d'eux quand on l'aura isolé.
Le soufre a plusieurs analogues : tout nous porte à placer à côté de lui le sélénium et le tellure. En comparant l'eau oxygénée et le polysulfure d'hydrogène, les oxydes et .'es sulfures, on est mémo conduit à placer l'uxygène avec ces tri)'<; corjjs. De même l'arsenic et l'aïuimoine se placent h côté du phosphore, avec lequel ils ont tant d'analogie. Très-près de ces trois éléments on re-
raarquo l'azote, qui en diffère à quelques égards, quoique à bien d'autres il s en rapproche beaucoup : enfin on forme un.quatrième groupe avec le carbone et ses analo» gués, qui sont le bore, le silicium et le zir^ conium.
Comme 'l'hydrogène n'a pas d'analogim parmi les métalloïdes , on est conduit à adopter la classification suivante pour les corps simples non métalliques.
1579 Iode. 802 Tellure.
978 Brome. AU Sôléiiium.
U-2 Clilore. 201 Soufre.
253 Fluor. 100 Oxygène. ;
Hydrogène, 76 Carbone. 177 Azote.
272 Bore. 19t5 Phosphore.
277 Siliciuni. 470 Arsenic.
420 Zirconium 1620 Antimoine
Dans chaque groupe de ce tableau les corps ont été rangés selon leur afïînité pour l'hydrogène, qui augmente à mesure qu'on se rapproche de l'hydrogène placé au centre. 11 est à remarquer que le poids de l'équivalent diminue à mesure que cette affinité augmente. Comme cette circonstance se leproduitidans tous, elle ne saurait être fortuite.
Il est à remarquer aussi que le corps prend de plus en plus des caractères métalliques quand son poids d'équivalent augmente, et que son affinité pour l'hydrogène diminue tellement, que certains d'entre eux qui occupent les derniers rangs , comme le tellure, le zirconium, l'arsenic et l'antimoine, ont été confondus avec ces métaux eux-mêmes. C'est là une raison puissante qui porterait à réunir les corps précédents aux métaux dans la classification naturelle, puisqu'on passe des corps non métalliques aux métaux par une nuance insensible.
Les caractères précédents sont déjà trèsimportants; mais on en peufjoindre d'autres, tirés des combinaisons que iieuv«nt former ces corps : car le iluor, le chlore, le brome et l'iode forment avec l'hydrogène des acides gazeux énergiques et fumants à l'air. Deux volumes d'hydrogène et deux volumes de chacun des trois derniers corps en f irmenl quatre d'acide : il n'y a donc pas condensation. L'oxygène, le soufre, le sélénium et le tellure produisent avec l'hydrogène des composés très-faiblement acides, ou même indifférents. Deux volumes d'hydrogène unis à l'autre corps ne forment (jue deux volumes du composé, ce qui revient à dire qu'il y a condensation du volunie du corps électro-négatif, mais que l'hydrogène lui-même ne se condense pas. L'azole, le phosphore, l'arsenic, produisent avec l'hydrogène des composés qui jouent le rôle de l'eau. Six volumes d'hydrogène unis à l'autre c^rps en font quatre du composé; ce qiii revi ni à dite que dans ce(oi-ci le i oips éioctro-ln'gatii' se condense tout entier, et qu'en outre l'hydrogène lui-même se confionse dans le rai>ix)rt de 3 à 2. Enfin le carbone oui ,
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siiil ]inrmi les coi'ps auxquels on le compare, .1 eh' niiuhiiii^ avci' riiydi'OLÇiNno, paraît proihiiiT »li' pri'IV'roucd (ios coiiihinaisons qui lo.iciU aussi l(! nM(< (lo base, et dans los-
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'liydrogèut! so l'oiuiouso plus ou
iiMiins, et souvent beaucoup plus que dans le cas préei'dent.
Ainsi, parmi les caractères nombreux com- III uns aux cor|>s qui eom[)osout chacun do ( (S ((ualrc gi'oupcs , ceux que l'dii tire de liurs coudjinaisons hydrof^cnéos oH'rcnt une iiril(Hé qui les rend prclérables à tous les antres quand il s'agit de justilier la classiliialion adoptée. Ceci posé ,-M. Dunm» obsci ve que si, au lieu tie classer ces corps < >iumc on l'a lait plus liaut, on les dispose d.uis un ordre inverse, c'est-à-dire en mettant près de l'hydrogène ceux qui ont le plus de ressemblance avec ce corps, ou le moins d'allinité {)ourlLii, on obtient le tableau suivant :
Fluor Chlore Broiue Iode
Oxygène Soufre.
Sélénium Tellure
llydr
ogène.
Zirconium Silicium Bore Carbone
Antimoine Arsenic Phosphore Azote
dans lequel il est évident qu'à mesure que le cori)S perd de son affinité pour l'hydrogène, il acquiert le caractère métallique. Car on sait que les corps qui se ressemblent le i)lus sont ceux qui ont le moins de tendance à se combiner ; de là M. Dumas arrive à conclure cjue l'hydrogène n'est probablement pas autre chose qu'un mêlai gazeux, ce qui s'accorde d'ailleurs avec des considérations d'une autre nature, et ce qui conduit à confondre l'hydrogène avec les métaux les plus électro - positifs. On peut dire que la base de la classilication des corps précédents consiste à réunir ceux qui se ressemblent par la nature, les proportions et le mode de condensation de leurs combinaisons avec Vhydrogène. Voy. Nomenclatdue chimique.
CORPS ORGANISÉS, composition atomique. — Les corps organisés se reconnaissent à leurs formes arrondies et à la diversité de leurs parties, soumises néanmoins à la loi de symétrie. Ces parties sont, en elfet, différentes, suivant les fonctions qu'elles sont chargées de remplir; la plupart paraissent avoir pour molécules constitutives des globules plus ou moins sjihériques : il est donc impossible de confondre un corps organisé avec un autre qui ne l'est pas, attendu que, dans celui-ci, toutes les parties sont similaires et susceptibles de donner naissance , en se groupant régulièrement, à des polyèdres à faces planes.
Iv.ais il existe encore une différence caractéi'istique entre ces deux grandes " ''goriès du cor,is, 1 s uns pouvant toujours exister ScùiS éprouver de changement , tandis que les autres naissent, vivent et mcurenl. Les
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éléments des derniers sont donc dans nu mouviMuent continuel, conséipu'iice de la vie, tandis (]U(! h\s éléments des premiers restent en éipiilihro, lorsque aucune cause étrangère n'inlervi(ïnt. Si on prend les corps à leur naissance, on ti-ouve encore de grandes dill'érences. Dans les corps organisés, il y a génération ; dans les autres, accroissement moléculaire. Les premiers naissent de germes semblables à eux, et toutes les espèces se perpétuent sans que nous puissions apercevoir aucime différence dans leur configin'ation ou dans leur constitution ; ils sont composés, en outre, d'un très-petit nondire d'éléments. 11 n'en est pas de môme des corps inorganisés qui sont formés chacun d'un nombre plus ou moins grand d'éléments, que nous regardons comme sim[)les et doués de propriétés ])articulières, en vertu desquelles ils peuvent se combiner ensemble et produire des milliers de composés.
Les corps organisés ne renferment, comme parties constituantes esseniiellos, que quatre éléments, le carbone, l'oxygène, l'hydrogène et l'azote. Ce dernier se montre rarement dans le règne végétal, tandis qu'il est indispensable dans le règne animal. Ces corps renferment en outre, accidentellement, de petites portions de soufre, de pliosphore, de chlore, de fluor, de fer, de potassium, de sodium, de calcium, de magnésium. Mais comment se fait-il que ces quatre éléments inorganiques, en se groupant en diverses proportions, donnent naissance à des quantités innombrables de corps organisés? D'après quel principe la matière passet-elle lie l'état inorganique à l'état organique? Ce sont, nous le répétons, des mystères que l'homme n'a pu découvrir, et qui sont tellement impénétrables que si, par une cause quelconque, tous les corps organisés étaient réduits à leurs éléments simples, nous ne voyons pas comment les forces qui régissent la nature inorganique pourraient à elles seules reproduire les germes de ces corps. ^
Les faits les plus authentiques nous apprennent que vers la formation des terrains intermédiaires, la matière a été organisée, animée par une cause créatrice , et que depuis lors la terre n'a pas cessé d'être habitée par une multitude d'animaux de tous genres, et recouverte d'une végétation plus ou moins riclie. 11 suffit , en effet , d'interroger les diverses formations jusqu'aux terrains primitifs , pour èlre convaincu que le développement de la vie a été graduel , c'est-àdire qu'il a commencé par les êtres les plus simples , et a continué jusqu'à l'homme, qui pai'ut quand la surface du globe eut cessé d'être bouleversée par ces grands cataclysmes dont nous voyons i)artout des preuves irréfragables. Nous dirons avec Berzélius : «Qu'une force incompréhensible, étran- « gère à la matière morte, a introduit le « p inci|ie de la viedan.^ii nature inorgani- « qae, et que cela s'est i' ' non comme un « effet du hasard, mais avec une variété « aumiidble, une sagesse extrême, et dans le
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« but de produire des résultats détermirK^s « cl une .succession non interrompue d'indi- « vidus ]iérissables, naissant les uns des au- « très, et parmi lesijuels Forgaiiisation d6- « truite des uns sert à l'entretien des autres ; « et ç'^e tout ce qui tient à la nature orga- « nique prouve un but sage et nous révèle « un entendement supérieur. L"homni\ en « comparant ses calculs, pour atleindie un « certain but, avecceuv qui ont dû [)résider « à la composition de la nature inorgani- « que, a été conduit à regarder la jiuissance « de penser et de calculer, comme une « image de cet être au(juel il doit l'exis- « tence. »
Les corps organisés eux-mêmes n'ont le pouvoir d'organiser la matière qu'à l'aide de matériaux déjà organisés; la végétation et la vie animale nous en ofTrent chaque jour des exemples. En ell'et, pour se dévelo])per, les plantes ont besoin de détritus de matières végétales ou animales; les herbivores se nourrissent de plantes, et les carnivores de débris d'autres animaux. La chimie, malgré ses ell'orts pour former des composés organiques, n'a pu obtenir, en faisant réagir divers agents sur des composés déjà organisés, que les acides malique , oxalique, acétique, etc. ; l'urée et les huiles empyreumatiques, au moyen de la distillation, et quelques autres substances placées à la limite des deux, règnes, telles que le tannin artificiel et une substance qui a de la ressemblance avec l'extrait de terreau bouilli.
Les matières organiques doivent être classées d'après des considérations physiologiques et chimiques. C'est sous ce point de vue (pi'a été envisagée la question par M. Dumas, que nous allons jirendre pour guide dans les considérations générales que nous allons présenter à cet égard.
Quand on voit, par le seul effet de la vie ou par la putréfaction, les paities des animaux se résoudre en acide carbonique, eau ammoniaque, et que, d'un autre côté, on voit les i)lantes se nourrir essentiellement d'ammoniaque, d'eau et d'acide carbonique, on est disposé à regarder ces corps comme la limite ([ui sépare le règne minéral du règne organique. Les substances qui précèdent l'aijparition de ces trois composés |biuaires dans toute décomposition de matière organique, sont encore des substances organiques elles-mêmes; celles qui en sont le plus éloignées olfrent le type le plus élevé des produits de l'organisation.
On est conduit, par ces considérations, à diviser la matière de l'organisatiou en cinq classes, savoir:
1 " MalUres organisées. — En général non cristallisées, elles se présentent sous forme de cylindres ou de sphéroïdes. Les masses qu'elles constituent ne sont jamais terminées par des plans. Non volatiles, elles sont toujours décomposées par la chaleur. Putrescibles , elles éprouvent des altérations spontanées sous l'intluence de l'eau et de l'air à la température ordinaire. Nutritives, elles peuvent ordinairement servir à l'alimeutution
des animaux. La fibrine, ralbumine, le caséum, la cellulose, l'amidon, ajipartienncnt à ce groupe. 2° Matières organiques fixes. — Crislallisaljles et capables de former des combinaisons cristalbsables. Non volatiles , elles éprouvent des transformations souvent peu compliquées par la ciialeiir. Non putrescibles, mais capables de s'altérer sous l'intluence de l'air et de l'eau à la tem[)éiatuie ordinaire. Capables de nourrir d'une manière absolue, mais pouvant [)articiper aux phénomènes de la vie animale. Le sucre, l'acide tartrique, l'acide citrique, (appartiennent à ce groupe. 3° Matières orgauiqucs volatiles. — Elles sont volatiles en bUet, sans altération; elles cristallisent ou constituent des combinaisons sous-cristallisables ; elles ne sont pas nutritives, et ne prennent même, en général, aucune part aux phénomènes de la vie animale ; elles se conservent presque toujours sans altération spontanée en présence de l'air et de l'eau à la température ordinaire. L'acide acétique, l'alcool, l'acide benzoique , appartiennent à cette classe. 4° Composés binaires de la nature minérale. — Eau, acide carbonique, ammoniaque, cyanogène. 5° Eléments. — Carbone, hydrogène, oxygène, azote.
En général, les matières organisées sont celles qui ont les atomes les plus composés ; viennent après les matières organiques lixes, puis les matières organiques volatiles.
Ainsi, le travail d'organisation que la vie effectue a pour objet de produire des matières complexes ou organisées. Quand la vie cesse ou quand les matières organisées se défont, se Ijrûlent, elles passent à l'état .le matières organiques hxes, de matières organiques volatiles, de composés binaires enlin, car c'est là que leur décomposition s'arrête généralement.
Passons à la composition atomique des substances organisées. Les opinions sont très-parlagées à cet égard. Les combinaisons inorganiques sont binaires, ternaires ou quaternaires, etc. La combinaison binaire est formée de deux éléments possédant des propriétés différentes, et appelés, par cette raison, antagonistes, l'un jouant le rôle d'acide, l'autre celui de base. Ces "éléments peuvent toujours être séparés l'un de l'autre. Bans les combinaisons d'un ordre supérieur, l'antagonisme existe encore , et l'on peut également séparer les deux éléments composés , du moins dans le jjlus grand nombre de cas ; surtout en employant l'électricité, sans ramener chacun d'eux à leurs éléments simples. C'est ainsi que dans l'acide sulfurique, composé d'un atome de soufre et de trois atomes d'oxygène, le soufre joue le rôle de base et l'oxygène celui d'acide, et que ces deux éléments peuvent être séparés 1 un de l'autre. Dans le sulfate de potasse formé d'un atome île potasse et d'un atome d'acide sulfurique, l'acide et la base peuvent être également séparés. Toutes les lois de combinaison des atomes dans les. composés inorganiques sont, en générai , simples et faciles à découvrir; mais il n'en
con
est pas de môme îi ré)j;;ird des compos(?s or- Haiiiiiiies, iiiiilgrt^ les travaux Récents e\écutés dans le hiil de ramener leur composition à celles des autres corps. Quelques exemples vont en donner la [)reuve.
L'acide sult'uri(|ue (S O), avons-nous dit, renl'eruie un atome d(> soufre et trois d'oxytit'ne; l'acide hydrochlorique, un atomi^ do chlore et un d'Iiydro^i'-ne, tandis que l'acide tartrique, cpii appartient à la nature vést^tule, est composé de quatre atomes de carbone, (juatre atomes d'hydrogftne et cinq atomes d'oxygène.
L'acide gallique a une composition encore plus complexe, puiscju'il renferme quatorze atomes de carbone , six d'hydrog(''ne et cinq d'oxygène. On ne reconnaît plus, dans ces deux derniers acick's , la composition atomique simple h laciuelle sont soumises les condjinaisons des atonK^s inorganiques; c'est-à-dire que l'oxygène de l'un, or- (iiuairement de l'oxyde organique , est un nudti|)le par un nombre entier de l'oxygène de l'autre; ou que, lorsque des acides organi([ues contieiaient cinq atomes d'hydrogène, l'oxygène de ces acides est à celui de l'oxyde inorganique dans le même rapjKjrt que celui qui existe pour les atomes inorganiques à cinq atomes d'oxygène. C'est en partant de ce principe que Berzélius a déterminé , dans les combinaisons organiques, le nombre d'atomes simples dont elles sont formées. Continuons notre examen.
Deux substances organiques peuvent être composées des mêmes éléments en même proportion atomique, et cependant ne pas jouir des mômes propriétés physiques et chimiques, comme le sucre et la gomme en sont des exemples. Dans ce cas, il faut que les mômes éléments, en se groupant de diverses manières , donnent naissance à des molécules constitutives différentes. La nature inorganique nous offre des exemples semblables d'isomérie.
La première question qui se présente quand on s'occupe de la composition des substances organiques est celle-ci : Les combinaisons suivent-elles la loi de l'antagonisme, c'est-à-dire, ont-elles toujours lieu entre deux éléments doués de propriétés opposées"? 11 est difficile de répondre à cette question , en raison de la difficulté que l'on éprouve à séparer ces éléments. On est réduit à imaginer des formules pour représenter la composition des corps inorganiques, en s'appuyant sur l'antagonisme. On peut toujours faire valoir des considérations chimiques qui engagent à adopter une théorie plutôt qu'une autre. Ces théories ne doivent donc pas être considérées comme des vérités absolues , mais bien comme des moyens de classer les corps, de manière à en faciliter létude.
1 Ceux qui désireraient connaître ces théories auront recours aux ouvrages de MM. Dumas, Liebig, Kopp, etc., qui ont émis sur ce sujet les idées les plus vraisemblables.
CORPS HÉTÉROGÈNES en contact développent l'éleclricité. Voy. Électricitk.
DiCTiONN. DE Chimie.
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COTON. — C'est une matière filamenteuse,
fine et soyeuse, (pii entoure les S(unences do plusieurs (espèces de ()luntes et d'arbustes do la t'amilli^ des mauves. Les cotonniers sont originaires des Indes orientales, et aussi, h ce qu'on croit, du Rrésil et des Antilles. On en a jieu à peu étendu la culturis vers le nord, jus(iu'à la latitude à laqu(^lle ils ont entièrement refusé de produire. Il y en a l>lusieurs espèces; mais il en est deux surfont qui sont cultivées de préférence :
Le coConnier herbacé, qui croît en Egypte, en Perse, dans l'Asie Mineure , aux Etats- Unis et dans plusieurs contrées de l'Europe méridionale; c'est tantôt une plante annuelle de 5^) à 55 centimètres d'élévation ; tantôt un arbuste de 1 mètre 60 centimètres à 2 mètres;
Et le cotonnier arborescent , arbrisseau de 5 à 6 mètres 50 centimètres, qui croît dans les Indes, l'Egypte, l'Arabie, les Canaries et le Nouveau-Monue.
La culture de ces plantes est un objet de la plus haute importance pour tous les pays qui s'y livrent. Elle est fort ancienne dans les Indes, la Chine, l'Arabie et l'Egypte, où. la fabrication des tissus de coton avait acquis, depuis une longue série de siècles, un tel degré de perfection, que ces tissus égalaient, par leur délicatesse, les toiles d'araignée. Chez les Egyptiens, et plus tard chez les Juifs, les prêtres portaient des vêtements en coton. Les mots schesch et buz, employés si souvent dans les Livres saints pour désigner certains tissus, doivent s'appliquer au coton, d'après M. Penot; il doit en être de môme du mot byssus des auteurs grecs et latins. Du temps des Carthaginois , Malte s'était élevée à un haut point de prospérité par ses manufactures et son commerce de beaux tissus de coton. Lorsque Christophe Colomb aborda en Amérique, il en trouva les habitants vêtus de coton. Beaucoup d'antiques manuscrits mexicains, qui nous ont été conservés, sont peinis sur toiles du coton. Ce n'est, toutefois, que depuis un demi-siècle qu'on a commencé à cultiver les cotonniers dans la Caroline et la Géorgie, et ils y ont si bien réussi depuis , que leur duvet forme maintenant une des productions les plus importantes des Etats-Unis (1).
Le coton entoure les graines qui sont contenues dans des capsules sèches et ligneuses, à quatre loges. On en fait la récolte
(1) Le mot coton dérive de l'arabe. 11 parait que, de temps immémorial, cette substance a élé désignée dans cette langue sous le nom de coton ou yodon. Les Maures, qui cultivaient cette plante en ^Espagne, y ont apporté aussi ce nom qui, précédé de 'l'article al, a formé alijodon, qui est le nom espagnol du coton. Ce mot, légi^rement modifié, a été ensuite adopté par tous les peuples de l'Europe. — - Le nom grec (SOo-o-of, que nous rendons par byssus, paraît venir évidemment de l'iiébreu ou du chaldéen buz; M. Fée pense que celui de gossypium, adopté en botanique, et qu'on trouve dans les auteurs latins, était le nom barbare du cotonnier. (Penot, 1" Mémoire pour servir à l'histoire du fotoM. — Société de Mulliausen, t. XIV, p. 99.)